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ACTUALITE 2012

25 décembre 2012

Nul doute que le personnage d’Aïe-Ti 4 (voir actualité précédente) m’ait été inspiré par un souvenir de lecture, retrouvé aujourd’hui en rangeant ma bibliothèque enfantine :


C’est en effet le jour où se consacrer aux lectures enfantines (même si ce n’est pas le Père-Noël qui porta chez moi les trois albums ci-dessous, acquis lors du récent festival du livre pour la jeunesse) :






Qu’on se rassure cependant : j’ai également quelques lectures adultes sous le coude ! L’une d’elles – Le promeneur amoureux de Dominique Fernandez - a suscité ma curiosité, par un feuillet que n’avait sans doute pas prévu son auteur : le menu du déjeuner du dimanche 22 octobre 1989 du Service 260 des Wagons-lits. Un menu qui est double d’ailleurs, selon qu’on souhaite manger chaud ou froid. Il est également bilingue, et, quel qu’en fût le choix, il en coûtait 155 francs
Ce feuillet précédait la … table des matières ! Etait-ce ironie volontaire de qui avait possédé ce livre avant moi (il m’a été offert par un ami chinant régulièrement chez les bouquinistes) ? Ou cela signait-il que la lecture était achevée ? Et où donc se rendait ce voyageur des Wagons-lits ? En Italie sans doute, puisque le sous-titre du livre précise : De Venise à Syracuse. Mais un 22 octobre, c’est bien tard dans la saison, pour un voyage d’agrément…
Bref : je sens mon imagination titillée par L’inconnu des wagons-lits. Ne dirait-on pas le titre d’un roman ? Et si je me remettais à en écrire un ?


22 décembre 2012

Je n’ai pas retrouvé mon casque télépathe (voir actualité précédente), mais j’ai tout de même bénéficié d’un secours possible en cas de fin du monde, car j’ai reçu la visite de Aïe-Ti 4, venu de la planète Kripton 8 :


Il (ou elle ? je n’ai pas posé l’indiscrète question sexuelle) avait posé son engin spatial sur le toit de mon immeuble, auquel mes invités, mes chats et moi-même aurions pu accéder par la trappe du palier. On nous accordait trois heures pour dîner et préparer un mince bagage. Nous attaquions le dessert quant Aïe-Ti apprit que la fin du monde était remise à plus tard. Il (ou elle) est donc reparti(e) sans nous, retrouvant son compagnon de navigation inter-stellaire :



19 décembre 2012
Ordinairement, à pareille date, je suis déjà cloîtrée chez moi, attendant, maussade, que la Grande Gabegie de fin d’année passe.
Mais j’ai la tête ailleurs, toujours très occupée par la préparation du programme 2013 d’Etelan.
Et Philippe Davenet m’a tirée de mon ordinaire retraite en m’invitant à la remise des prix annuels de l’Académie de Rouen (15 décembre), cérémonie qui commence toujours par un discours sur la … Vertu.
Et je suis allée au cinéma voir un film qui m’a beaucoup plu, empli de bons sentiments certes (il en faut en ces temps si durs) mais sans mièvrerie : Mes héros, que je conseille vivement autour de moi. Josiane Balasko y est particulièrement épatante !
Et Philippe (encore !) ayant émis l’ irrésistible souhait que nous soyons ensemble pour la fin du monde, je songe au menu du 21 décembre, et je cherche dans tous mes placards mon casque télépathe, fabriqué il y a quelques années (je trichais encore sur la couleur de mes cheveux) afin de pouvoir communiquer avec les extra-terrestres qui viendront nous sauver du maelström annoncé en nous enlevant de mon 4° étage dans leur soucoupe volante :


Nous aurions bien convié Claude Duty
à nous accompagner dans les sphères célestes, mais il est actuellement dans les neiges d’un festival de cinéma…


6 décembre 2012


Ah, soupire-je, effondré dans ma cour du mont Gargan, j’ai écouté le bulletin météo ce matin, en même temps que je happais les tartines de pain grillé de mon maître, et j’ai appris qu’il neigerait. Je vais donc m’ennuyer de ma Tatie-Biscuits, car elle refusera sûrement de se promener au premier flocon. Ah, ces humains, quels frileux ! Ils ont pourtant manteaux et bottes pour affronter le mauvais temps, alors que moi, été comme hiver, je n’ai que mon pelage…

Espérons que le bulletin météo entendu par Loulou soit erroné, non seulement pour que je puisse encore me promener avec ce cher animal, mais que Marie-Thérèse Vandichèle et moi puissions continuer à honorer nos divers rendez-vous à travers le département, en bonne commises-voyageuses du château d’Etelan…
… et que je puisse également me rendre sous la tente du festival du livre de la jeunesse…


… ainsi qu’au cinéma, où j’ai récemment vu avec grand plaisir Populaire, que je conseille de ne pas rater.
Côté vernissage rien au programme, mais je retournerai volontiers à la très belle exposition d’Annie-Claude Ferrando, annoncée dans ma précédente actualité et dont voici trois images :








28 novembre 2012

Non seulement mon nouvel ordinateur m’a fait de nombreux caprices, mais mon web-master (et grand secouriste quand je suis en butte à ces caprices d’impertinentes machines) a eu quelques soucis de santé, ce pourquoi ma dernière actualité (du 27 octobre) ne fut mise en ligne que très tardivement.
J’espère à présent reprendre un rythme plus régulier…
Donc, depuis un mois, qu’ai-je fait d’intéressant ?
D’abord j’ai eu la bonne surprise d’être invitée, pour la première fois, par le président du Conseil d’administration du château d’Etelan, Jean-Yves Apard , à une réunion de ce conseil. Et cette première surprise s’est doublée d’une seconde, car on me proposa de faire dorénavant partie de ce conseil, pour m’y occuper des manifestations culturelles. Lourde tâche, acceptée avec d’autant plus de plaisir que je ne serai pas seule à l’assumer puisque j’ai pour co…manifestante Marie-Thérèse Vandichelle, elle aussi intégrée au conseil, pour le même office que moi. Nos ordinateurs chauffent d’échanges de mails car nous nous sommes littéralement jetées sur ce travail ! Détails en 2013…
Cinéma : j’ai vu Argo, que j’ai apprécié. Et Capital de Costa Gravas, qui m’a beaucoup plu, même si je n’ai pas pour autant tout compris des magouilles banquières dénoncées. Avertissement au public : après avoir vu ce film on a bien envie de descendre dans la rue jeter des pavés dans les vitres des banques, voire en retirer son argent (comme l’avait soufflé certaine glorieux sportif il y a quelques mois)… Je me suis cependant contentée de rentrer chez moi (il pleuvait…)

Expositions passées …

.....

ou à venir :

....
Théâtre : Loin d’Hagondange
à l’Echo du Robec, et un mémorable Songe d’une nuit d’été, revisité par Nicolas Degremont et ses excellents comédiens, qui n’ont d’amateurs que l’appellation, car ils pourraient en remontrer à quelques professionnels (non : je ne nommerai personne, et qu’on ne suppose pas qu’il puisse s’agir d’Albane Louvet et Jean-Claude Dubosc, eux aussi excellents dans la pièce montée à l’Echo du Robec)
Lecture : je suis toujours dans ma dégustation gourmande de La France fugitive de Michel Chaillou :

Ma préoccupation essentielle quand je me déplace consistera-t-elle, désormais à dérouler essentiellement les ornières d’autres époques ? A l’étape, dois-je tout en soupant dans tel hôtel, auberge de hasard, croire à l’existence d’un mot de passe, à ce qu’avoue d’elle-même cette bâtisse dans la solitude de ses écuries, de son garage ? A l’étranger de passage qui sait faire le tour du propriétaire, tout parle, chuchote, souvent les communs les plus éloquents : la cuisine, la buanderie, l’appentis insurgés contre la maîtresse façade. Dans le jardin éventuel, ma volonté d’ouïr les obscures réminiscences du puits.

Est-ce cela vraiment voyager, exercer son ouïe à entendre de mémoire ce que le pays crie de lui-même dont personne ne s’occupe ? Un bosquet peut être une façon de hurler fortifiée en arbres ? une suite de près l’enfilade de plusieurs soupirs ? Qui s’avise de la gloire modeste d’un talus ? de la pierre particulière d’un muret, sauf celui qui la rafistole ? Combien d’yeux se sont perdus à ruisseler avec ce ruisseau ? Remonter le fil de leurs regards tisse une autre toile, elle que j’essaie de toucher, ravauder, une France des encoignures, des ombres, des seuils qu’on n’ébrèche plus, des coins de rues qu’on ne tourne pas toujours, une France du banc à l’instant déserté sur la place aux platanes, de la porte qui a envie de témoigner, porter plainte, plaider sa cause qu’on repousse.
En conclusion de ces citations (il y en aura d’autres), et comme à l’appui des lignes de Michel Chaillou, une photo de John Belmont :



27 octobre 2012

L'automne est donc arrivé. Histoire de le fêter, une petite prose ancienne (automne 1976) adressée à une amie récemment mariée et partie vivre en Bretagne :

S'éveiller dans la quiétude mouillée d'un matin trembleur, qui hésite encore entre l'été bleu et l'automne roux...
Fouler d'un pied botté le cristal éclaté de la rosée des jardins fanés, où languit, à demi défolié, un ultime dahlia crispé...
Détisser d'un doigt patient les fils de la Vierge, qu'ont tendus, cette nuit, entre les branches, les vigilantes Parques arachnéennes...
Appeler la chat fugueur, qui rapportera dans sa fourrure frissonnante tous les parfums mystérieux, et les secrets nocturnes, de ses chasses solitaires...
Ramasser les premières feuilles mortes du tapis crissant de l'allée, et les dernières pommes qu'ont délaissées les guêpes agitées...
Voler aux caquetantes poules rousses les oeufs pondus la veille, dans la paille chaude du chenil abandonné aux vents des prés.
Tirer au soleil l'eau verte et froide du puits ombreux, où dorment les dieux anciens et nos angoisses païennes...
Attendre, dans l'odeur fumante de la tarte cuite l'heure pâlissante des volets clos, qui ramènera l'aimé à l'auréole de la lampe...
Le Bonheur est sûrement là, fantôme transparent et têtu, dans cette campagnarde douceur silencieuse qu'a choisie Marie


L'automne des villes est moins joli. Les feuilles mortes (et les derniers insectes s'y cachant) ont une vie écourtée par les aspirateurs des jardiniers, les chats en maraude ne rencontrent guère que les grands bacs poubelles, les pommes et les oeufs sont bien rangés dans les supermarchés...

Serais-je mélancolique?

Evidemment puisque demain la France passe en horaire d'hiver! Les sommeilleux seront heureux de dormir une heure de plus le matin, mais moi je serai triste, l'après-midi, de voir disparaître la lumière du jour une heure plus tôt.

Heureusement l'automne est aussi la saison des vernissages. Il y en eut un le 25 – auquel je ne pus assister car j'étais invitée au Conseil d'administration de l'Association des Amis du parc et du château d'Etelan (que j'évoquerai ultérieurement), mais j'irai à celui d'aujourd'hui (Halle aux toiles de Rouen, 18h30), dont Annie-Claude Ferrando est l'invitée d'honneur (en sculpture).

Demain, si la neige qui voletait aux aurores ne songe pas à renouveler cette précoce plaisanterie, j'irai peut-être me dégourdir les genoux en promenant Loulou. La promenade de dimanche dernier commença assez mal pour lui, qui se vit interdire de folâtrer dans le parc du château de Saint-Pierre de Varengeville. Il fut donc bouclé dans la voiture, tandis que son maître et moi pouvions nous joindre à la foule admirant, à l'intérieur du château, la très belle rétrospective consacrée au peintre Daniel Authouard

Cinéma? Pas eu le temps de voir quoi que ce soit cette semaine.

Lecture? Je suis toujours dans La France fugitive de Michel Chaillou. C'est une gourmandise dont il faut se délecter à petites bouchées. Et je me sens très compère de cet auteur dans sa manière de se promener, comme on pourra en juger par deux extraits de ce livre magnifique:


On l'a déjà compris, je voyage comme je parle, à bâtons rompus, m'attardant si le lieu m'enchante, m'esquivant dès qu'il me fâche, flânant, recherchant à perte de vue l'objet toujours en fuite de ma flânerie, aspirant à respirer aussi bien la fleur d'une idée que celles, odorantes, du chemin, de la sente que le bois touffu commente, sensible au bouquet dont l'agile maçon coiffe la maison neuve, m'aventurant aux abords de tout, hameau, village ou clocher, ville ou cathédrale, préférant le vicinal, le cantonal, le département au national, à ces forcenées d'autoroutes, m'écartant, longeant les murs que le lierre envenime, changeant de sujet comme on change de chemise, mettant volontiers une cravate à cet arbre, ôtant ma veste quand le beau temps ouvre la sienne, mes souliers quand le sable crisse pieds nus, musant à tout bout de champ, croyant aux Muses.


Somme toute, se perdre, c'est peut-être lire enfin, vraiment ligne à ligne, le sauve-qui-peut général du paysage, cette marche en avant. On ne sait plus où l'on se trouve. Les arbres n'ont jamais su, ni ce pré, encore moins les sources, ces étourdies. Convient-il donc d'abord de se perdre pour discerner, apercevoir le caractère brusque du végétal, du minéral, le mouvement d'épaule d'un chemin, l'ornière sentencieuse où le pied tourne, trébuche?



20 octobre 2012

Que de temps écoulé depuis ma précédente actualité! Que de temps à plusieurs vitesses surtout...
Vitesse de vieille patache, le 6 septembre, entre Maromme et Sahurs, où je comptais ruser : emprunter le bac me traversant jusqu'à La Bouille (autrefois surnommée Le Tombeau des Vertus), afin d'éviter le détour par Rouen, redevenue encombrée; et, passée l'eau, m'en aller benoîtement vers Trouville, où m'espéraient mes acolytes (Claude Duty Marc Prieur, etc.) ayant tourné, nuitamment, sous la houlette d'Anne Revel, le kino que j'avais concocté pour eux ce matin du funeste dimanche précédent, où Jean-Pierre Lazzerini fut découvert endormi pour toujours dans sa chambre d'hôtel. Jean-Pierre, qui ne serait donc pas de ce kino, et auquel serait rendu un hommage ce 6 Septembre.
Las! Sur la Seine un banc de brouillard mettait son nuage épais, comme un brouillard de cinéma aurait, par quelque effet spécial, tendu une nappe improbable un jour de ciel bleu. Le bac, amarré sur l'autre rive, attendait la fin du phénomène. Attendit une heure. Dans les autres véhicules stationnés devant et derrière moi, on patientait ou s'impatientait, selon les tempéraments ou obligations, oreilles généralement collées aux téléphones portables, ces substituts de cordon ombilical, maudits bracelets électroniques. Moi, je n'avais qu'un livre et mon très vieil appareil photo. Autour d'un carré d'herbe - qui fut autrefois la terrasse d'une gargotte à frites souvent hantée par Daniel Caplain - de généreux rosiers tendaient leurs fleurs vers l'azur, entre de maussades araignées pestant de voir leurs toiles imprégnées de rosée les dénonçant à leurs proies éventuelles.
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C'étaient les mêmes rosiers, approchés de plus près, par l'appareil sophistiqué de John Belmont, en septembre 2011:
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John Belmont? Mais oui: cet Américain inconnu qui, du Kansas, m'avait envoyé un aimable courriel concernant ma rubrique consacrée au tableau Repas de noces à Yport, découvert lors de son passage au musée de Rouen ce même septembre 2011. Intriguée, j'avais répondu, et il s'en était suivi une régulière correspondance, et l'annonce d'une visite... Il arrivera dans 12 jours, décomptais-je, encourageant les araignées à patienter devant leur étendage.
Le soleil séchait enfin leurs toiles, en même temps qu'il dissipait le brouillard. Le bac fit ronfler son moteur, et trancha bientôt le courant. Je passais!
Il n'était plus temps de muser en route. Et pourtant, avec des gendarmes en planque à tous les coins de bois, je ne pouvais trop appuyer sur la pédale de l'accélérateur. Les amis se gaussent de mon habituel train d'escargot, mais j'écopais tout de même, en 2011, de mes deux premiers procès-verbaux pour excès de vitesse, et, beaucoup plus récemment d'un troisième.
Enfin j'arrivais, garais ma petite auto au plus près du festival. Les premières personnes que je rencontrais furent les deux fonctionnaires municipales - ô combien plus gracieuses que les gendarmes - chargées de ramasser les bouteilles vides (ou verres perdus - qui ne furent pas perdus pour tout le monde... Mais je digresse, je dérive, bonheur de retrouver mon verbe abandonné plus d'un mois, j'en viendrai aux causes plus avant):

Je retrouvais les amis.
Je participais à l'émouvant hommage rendu à Jean-Pierre, qui partit dans un autre monde, au son de la cornemuse de Pierrick, son âme emportée par des plumes, qu'à la manière des Indiens du Canada, nous avions ramassées, entre le lieu du festival et la plage, où, main dans la main, nous avons formé un cercle éploré.
Et je pus voir, au soir de cette journée bizarre, notre kino (parmi une quarantaine d'autres!), titré La Solution, où Marc et ses complices, cagoulés, kidnappaient, du proche festival américain, Martin Scorcese, incarné par Claude Duty:
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Le 9 Septembre, la lecture musicale que Philippe Davenet et moi-même avions préparée, sur le thème d'objets du patrimoine, eut lieu au château d'Etelan, devant un public acquis d'avance à la question d'Alphonse de Lamartine, reportée sur le carton d'invitation:
Objets inanimés avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?
Pour les curieux qui n'auraient pu être de ce plaisant moment, voici les titres des textes lus (qu'ils pourront retrouver sur ce site):

Femme au jardin
Mémoire de bois
La Protection du voyageur
Traces amoureuses
Marine
Retour
Dame de carreau

Je précisais évidemment à quels objets se rapportaient ces textes. Mais, n'ayant pu révéler à quelle toile du musée du Havre se rapportait Retour (je n'avais pas eu le droit de la photographier durant l'atelier d'écriture que j'y assurais en avril 2000, et le musée n'en proposait aucune carte postale), je mis un courriel, dès le lendemain, à ce musée pour en retrouver les références. J'eus la bonne surprise d'une réponse précise et rapide (La terrasse de l'atelier du peintre à Marseille d'Alfred Lombard), illustrée d'une photo de l'oeuvre, qu'on me permettait de reproduire. Elle accompagne donc à présent le texte en question (qui fut apprécié de mon aimable correspondant).
Avant de continuer à feuilleter mon agenda de septembre et de la première quinzaine d'octobre, petit retour en arrière, pour quelques photographies obstinément argentiques (et donc tardives) de mes pérégrinations ou divertissements de l'été:
- dans la catégorie donjons, celui du château de la Roche-Guyon tout à fait médiéval...
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... surmontant un château ultérieur, en partie troglodythe:
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- une accueillante piscine privée, où je fus invitée à joyeusement patauger un jour de soleil :
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- la suite (et fin) de notre Gendarme de Saint-Protais, dont nous avions commencé le tournage en mai, et qui sera sur le site de Claude Duty dans quelque temps:
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...

- un portrait de mon nouvel ami, Rousseau, avec lequel je me suis souvent promenée. Il a, dans ce bois d'Hénouville, détaché la laisse par laquelle il tient ordinairement son maître lors de balades plus urbaines. C'est une âme fort sensible car il vint, un jour que je pleurais d'un vieux chagrin, tendrement poser sa patte sur mon genou, manière canine de m'offrir sa consolation. J'en conclus qu'il avait lu le célèbre philosophe dont il porte le nom, lequel affirmait, comme chacun sait : l'animal est naturellement bon ...
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Par cette citation, la transition est faite pour embrayer sur la lecture. Comme d'autres rentrent quelques stères de bois pour l'hiver, j'ai rentré quelques kilos de livres pour réchauffer les heures de lumière avare, achetés à des prix défiant toute concurrence, sur les quais de Rouen le 16 septembre (opération annuelle de vide-bibliothèque des habitants) ou chez les chiffoniers d'Emmaüs. Après être venue à bout de la longue biographie d'Alexandre Pouchkine (854 pages) due à Henri Troyat, j'ai attaqué Ma vie d'enfant de Maxime Gorki, et, pour ne pas quitter le domaine russe, La comtesse de Ségur ou l'enfance de l'art de Claudine Beaussant. Et de là je m'en irai naturellement glisser vers Du malheur d'avoir de l'esprit d'Alexandre Griboïédov puis au Madame Récamier (qui voyagea jusqu'en Russie) de Françoise Wagener. Je n'ai concédé aux personnages contemporains que ceux nés de l'imagination du toujours burlesque Arto Paasilinna avec Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison et Week-end de et chasse à la mère de Geneviève Brissac.
J'ai attaqué ces réserves hivernales avant l'heure, car il m'est arrivé un gros désagrément le 19 Septembre : mon ordinateur a rendu son âme (en forme de disque dur) au Diable. D'où mon long silence jusqu'à aujourd'hui. Les péripéties multiples du passage de ce défunt (vieillard âgé de 7 ans! J'ai chez moi divers meubles et objets plus que centenaires restant aussi serviables qu'esthétiques, imaginez ma rage de voir claquer un si jeune serviteur!) à la nouveauté d'un portable pourraient faire l'objet d'un roman tant elles furent nombreuses, mais ce serait accorder une trop grand importance à la technologie, ma bête noire.
Ce 19 Septembre, mon correspondant américain était arrivé en Normandie depuis la veille. Il y resta jusqu'au 22, ce qui me permit de lui faire découvrir quelques châteaux et jardins, ainsi que notre gastronomie (dont il est friand) à ma table et celles de mes amis. Nous visitâmes même, à Orbec, la fromagerie Lanquetot, exceptionnellement ouverte aux visiteurs le 22, décrété journée annuelle de la gastronomie française suite à son classement au patrimoine mondial de l'Humanité!
John s'en alla ensuite pérégriner plus au sud de cette France qui lui est si chère, et dont il emporta de nombreuses photos en souvenir (ainsi que quelques cadeaux : ma Nuit d'Etelan, quelques DVD de films faits par Claude Duty (sous-titrés en anglais pour plus de commodité - bien que John parle parfaitement notre langue) et le dernier CD de Philippe Davenet).
J'ai également, en ces temps si durs d'absence d'ordinateur (je me sentais naufragée sur une île déserte) beaucoup fréquenté :
- les salles obscures, y voyant (cinéma) : Cherchez Hortense, Pauline enquête, Les délices du palais, Dans la maison, Tous les espoirs sont permis et (théâtre) :
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- les ateliers d'artistes, ouverts au public les 29 et 30 Septembre, poussant même ma curiosité jusqu'à Blainville-Crevon, où j'étais invitée au vernissage de la maison consacrée aux collections d'Anatole Jakovsky (1907-1983)...
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... léguées par sa veuve à ce village où les bénévoles de l'association La Sirène ont beaucoup oeuvré pour le classement, le nettoyage et la présentation de ces abondantes collections. Je conseille vivement d'aller visiter ce lieu. Informations sur le site www.lasirene76.com


10 septembre 2012

Cette actualité pourrait être titrée : d’un château à l’autre…
A commencer par celui d’Etelan…


…où Philippe Davenet et moi proposions hier une lecture musicale, sur un thème cher à Alphonse de Lamartine :
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?

Lectrice et musicien remportèrent un beau succès. Pour ceux qui ratèrent ce chaleureux moment, s’ils ne peuvent espérer entendre la musique, ils peuvent lire mes textes sur ce site :

Femme au jardin
Mémoires de bois
La protection du voyageur
Traces amoureuses
Marine
Retour
Dame de carreau

Et ils pourront également aller sur le site de Claude Duty, qui en a grappillé quelques moments (qui seront en ligne quand il sera moins absorbé par le montage de son long-métrage Chez nous c’est trois tourné en juillet !)
Quant à l’autre château, c’est celui de Saint-Pierre de Varengeville…


… qui, récemment restauré, est devenu un lieu d’exposition somptueux. Je n’y suis pas allée sévir autrement qu’en contemplatrice, mais j’ai fait quelques recherches sur son histoire :

Château Lebreton

Ce château fut précédé d’un autre, construit au XVII° siècle, pour un certain Duval, dont la dernière héritière vendit bâtiment et parc à la famille Casimir Perrier, qui compta un ministre de l’intérieur ayant réprimé la révolte des canuts de Lyon et un président de la République. Le château eut ensuite d’autres propriétaires, moins illustres, et fut transmis, par les femmes, à l’original Gaston Lebreton, qui le fit raser en 1889, pour fêter, supposera-t-on cyniquement, le centenaire de la Révolution ayant épargné ces murs vénérables. – à moins que ce ne fût pour contrarier son épouse, dont il le tenait…
Né en 1845, directeur des musées rouennais depuis 1875, il se trouvait, cette même année 1889, en Egypte, pour y mener de ces fouilles clandestines qui étaient alors monnaie courante (Flaubert lui-même s’y exerça, regrettant que les momies découvertes ne puissent transiter par la valise diplomatique). L’Egyptomania avait gagné Rouen dès 1833, lorsque le navire transportant l’obélisque destiné à Paris, resta 3 semaines à quai. En 1889, Gaston Lebreton triomphe dans une lettre adressée au directeur du musée de Cluny, avec lequel il compte partager sa razzia archéologique : « J’ai eu la joie de mettre au jour seize momies ! Et j’ai fait faire une caisse pour emporter trois de ces momies ainsi que les étoffes dont j’ai dépouillé les autres ». Pendant ce temps les travaux du nouveau château avancent, ils seront terminés en 1898 , et l’heureux propriétaire fera graver sur son fronton : Omnia pro arte : tout pour l’art, en latin c’est chic, en hiéroglyphes c’eut été plus difficile.
Revenons-en aux trois momies destinées au musée. L’une est d’un enfant, dont l’embaumement n’a pas été assez soigné. Sous nos climats humides elle commence à se décomposer, exhalant une odeur de pourriture rebutant les visiteurs. On décide de l’ôter des collections, demandant, par lettre au préfet, de pouvoir l’enterrer dans un cimetière rouennais. La poste sans doute fonctionnait mal et la paperasserie noyait les bureaux de la préfecture car la momie ne fut mise en terre que le 21 octobre … 1930. Le lieu de cette mise en terre ayant été gardé secret on ignore si le bambin mal momifié voisina la tombe de son profanateur : Gaston Lebreton était mort depuis dix ans.
Son fils hérita du château où il séjourna jusqu’à sa mort en 1964. Il s’y trouva probablement un peu à l’étroit les années 1941-1944, devant y cohabiter avec l’occupant allemand, qui céda ensuite la place aux Américains, quelques mois.
Après un accident de chasse en 1953, tuant un cousin de Raymond Lebreton, un dernier épisode tragique marque l’histoire de ce domaine, le 27 mai 1966, alors qu’une ménagerie y avait été installée par ses nouveaux propriétaires, des coiffeurs parisiens : leur jeune dresseuse fut tuée par deux tigres, qui auraient dû, pour un numéro en préparation, à destination d’une tournée à Las Vegas, se contenter de la déshabiller. Mais sans doute cette chair juvénile dénudée leur parut-elle appétissante…
Souhaitons qu’à l’avenir la vie de ce château merveilleusement restauré par la MATMUT soit plus calme…
Simone Arese
2 septembre 2012

(d’après les documents de J.P. Hervieux sur Internet et le catalogue des collections égyptiennes du Musée des antiquités)



4 septembre 2012



Beau souvenir du festival Off-courts 2010…
Hélas, nous ne rirons plus ensemble en tournant des kinos car le comédien Jean-Pierre Lazzerini (ici entre Marc Prieur et Dorothée Blanck) est mort dans la nuit de samedi à dimanche, à Trouville, où il était pour le festival Off-courts 2012.
Nous sommes tous très tristes car, en plus d’être un comédien talentueux, c’était un homme extrêmement gentil, serviable, joyeux.


18 août 2012

Suite de mon été touristique :


église de Bonsecours


toujours à Bonsecours : monument à Jeanne d’Arc


église de Nassandres


donjon de Conches


four de verrier à Blangy-sur-Bresle


château de Rambures


moulin de Saint Maixent
Et quelques images du tournage de Chez nous c’est trois de Claude Duty au Val-de-la- Haye








5 août 2012

Mon humeur joyeuse a été assombrie, le 20 juillet, par un message lapidaire m’annonçant la mort de Xavier de Prémonville, que j’aurais pu connaître dans mon enfance si le fossé social n’avait, à cette époque, bien cloisonné les enfants de commerçants et ceux des châteaux.
Il ne me fut présenté que beaucoup plus tard, par Dorothée Blanck, en septembre 2010, au festival d’ Off-courts. Et à peine avions-nous évoqué notre village commun, que nous fûmes entraînés à tourner un kino délirant où nous incarnions un couple diabolique.
J’ai donc peu connu Xavier, juste assez pour apprécier son tempérament joyeux, blagueur, sa générosité. Juste assez pour garder un souvenir impérissable du tournage de ce kino.
Nul doute que son ombre portée sera sur le prochain festival (31 août-8 septembre).
Pour en rester au cinéma : le tournage du 3° long métrage de Claude Duty
Chez nous c’est trois est terminé. Contrairement à ce que j’avais annoncé, je n’ai aucune photo dont l’illustrer ici. Quant à le voir sur les écrans, il faudra attendre 2013.
J’ai profité de la désertification urbaine de saison pour voir une exposition consacrée au patchwork…


à la corderie Valois, cet ancien moulin…


… dont la roue est toujours en action…


… pour faire tourner les machines…


… qui, hélas, ne fonctionnent plus que pour le plaisir des visiteurs car l’endroit est à présent un musée.
Autre musée auquel je suis retournée : celui de la céramique, dans l’ancien hôtel d’Hocqueville, à Rouen. Il présente une étourdissante collection (5000 pièces !) de faïences, céramiques, porcelaines, dont voici quelques exemples :








Et pour se remettre de cet éblouissement, on peut, montant quelques degrés dans la cour pavée, accéder au jardin Masséot Abaquesne (premier grand faïencier normand, actif entre 1526 et 1564), cette si jolie surprise, gardée par Pan lui-même…


… et peut-être, quelque fantôme repentant, dans la maison du bourreau, au fond de ce jardin.
Ces deux personnages m’ont d’ailleurs inspiré un court texte, écrit au crayon à papier, sur un cahier à spirales, dans mon lit, ce qui renouait avec ma pratique d’avant l’ordinateur. Ensuite recopié en bleu, de la couleur des fleurs entourant la statue de Pan :

Sur le jardin endormi, nul souffle d’air.
Au ciel, la lune pleine, ronde, blanche, dont la lumière intense ternit les étoiles.
Même Canicula, la constellation la plus brillante ce 27 juillet, même Canicula semble quelque luciole.
Tout est immobile, silencieux, comme un arrêt du temps, une parenthèse enchantée.
L’heure magicienne ainsi réglée, les herbes fleuries s’agitent autour de la statue. Et le dieu qui l’habite se met en marche, dieu quittant sa prison de céramique pour son corps vivant, sa chair faillible, son odeur de créature mi homme mi bouc.
Il retrouve même, sur sa hanche, dans une petite poche de cuir, une flûte taillée en roseaux. Et des sept tuyaux inégaux qu’il porte à sa bouche, embroussaillée de barbe, il tire une frêle musique, son appel à Syrinx, la nymphe lui ayant échappé, il y a longtemps, si longtemps, par sa métamorphose en tiges creuses, lors qu’elle atteignit le marais.
Pan a du chagrin, sous la lune blanche, dans le jardin du faïencier. Pan a du chagrin, car jamais Syrinx ne répond. Comment le pourrait-elle, si loin de lui ? Pan est en exil.
On a même prétendu, sous l’empereur Tibère, qu’il était mort. Ce fut une voix puissante, qui, soufflant sur la mer depuis l’île de Paxos, annonça : le grand Pan est mort !
Lui, le dieu des bergers, le dieu qui danse et qui chante, on l’a dit mort !
Pan cesse sa musique et s’assoit sur le banc de pierre, accablé au souvenir de ses troupeaux, chèvres, brebis et nymphes parfois confondues. Pan accablé de ne plus trouver en ce jardin les libations de miel et de lait dont on honorait sa présence, au pays ancien.
Pan soupire.
Et le soupir d’une porte lui répond. Le soupir d’une porte qu’on pousse doucement dans la petite maison au fond du jardin. Un homme en sort, un flambeau à la main, demandant d’une voix tremblée : Qui vive ?
Pan se redresse, de tout son corps géant, son corps joyeux. Enfin un être à qui parler ! Il répond, dans sa langue disparue, il répond qu’il est un dieu. L’autre comprend, car c’est l’heure magicienne, l’heure d’avant Babel. Dieu, dit l’homme, Dieu enfin, j’ai tant de péchés à confesser ! Pan entend le mot dont il ignore le sens, le mot de la religion qui l’a tué. Mais il est si content d’un peu de compagnie, qu’il invite son visiteur à rejoindre le banc. Le visiteur qui, un nuage passé sur la lune, ne voit pas que le dieu a des pattes de bouc. Bientôt assis près du dieu déchu, l’homme se confesse. Il fut bourreau, en d’autres siècles, et, sans doute, parmi les têtes qu’il trancha sur ordre et lui méritèrent cette jolie maison, sans doute y en eut-il d’innocentes. Ce soupçon d’erreurs, devenu certitude au fil du temps, ce soupçon le ronge, et il voudrait quelque absolution. Il parle, énumérant les faits, les noms, implorant le pardon. Et sous cette litanie, l’ennui, le terrible ennui de vivre en exil, reprend le dieu.
Alors de nouveau, Pan remet sa flûte entre ses lèvres lippues, appelant Syrinx. Sous la gémissante musique, il pleure sa nymphe, et le bourreau ses condamnés disparus.
Ainsi jusqu’à l’aube.
Ainsi jusqu’aux derniers passages des chats, aux premiers chants des oiseaux.
Et l’aube, chassant la lune, chasse les deux amis nocturnes. Le grand dieu retourne à son effigie de céramique, et le bourreau à sa maison hantée.
Le jardin n’est plus qu’un jardin de ville.
Un jardin où une flûte a été oubliée sur un banc, près d’un flambeau éteint, un banc où des larmes sembleront la rosée du matin.

I


17 juillet 2012

Cinéma : j’ai vu le très excellent To Rome with love de et avec Woody Allen. A ne pas rater…
Pour en rester à la rubrique cinéma, je reviens sur le tournage en cours du 3° film de Claude Duty. Je vous avais précédemment proposé d’en être figurants. A présent, vous pouvez en être …coproducteurs ainsi que j’en ai reçu la proposition :
« J’aimerais vous faire découvrir le film que nous vous proposons de coproduire sur touscoprod :
http://touscoprod.com/project/produce/id/328.
Il s’agit d’une charmante comédie de Claude Duty avec dans le rôle principal Noémie Lvovsky. Mais n’en disons pas plus ! Likez, faites partager et pourquoi pas coproduisez !
»
Quant à moi j’irai demain, en curieuse, sur ce tournage (dont je vous promets quelques photos), en attendant d’y participer, à la fin de ce mois. J’y figurerai alors en … pensionnaire de maison de retraite ! Dur, dur… Mon rôle dans Les Vieilles du Canadien Vincent Wilson me colle à la peau ! Laurence Brebec et moi-même y assurions la promotion du Meuh-Cola (boisson normande, qui a réussi à s’imposer dans le commerce et sur les tables de nos crêperies, merci !). Pour ma participation au film de Claude, j’aurai à déguster une galette des rois, dont j’ignore si elle sera accompagnée de Meuh-Cola ou de cidre … breton. Oui : breton et non pas normand, car toute l’histoire contée dans ce film se passe en Bretagne. Non : je ne porterai pas de coiffe Bigouden. Mais peut-être m’appuierai-je sur une canne pour mieux interpréter ma future caricature ? J’ai gardé celle de mon père. Ce sera, magiquement, assurer sa présence bienveillante auprès de moi…


13 juillet 2012

J’ai vu au cinéma un film absolument hilarant, d’un humour burlesque, comme on n’en fait peu en France : La Clinique de l’amour de et avec Artus de Penguern. Que n’ai-je connu ce monsieur quand il fut question de confier mes romans Mado et Madame la Comtesse préfère le jazz
à des réalisateurs ! Mais à l’époque, le contrats d’édition ne laissaient pas vraiment les mains libres aux auteurs puisque ce sont les éditeurs qui s’occupaient des « droits annexes ».
Ce film fut un rayon de soleil dans une saison estivale aussi froide et pluvieuse qu’un mois d’octobre !
J’ai pourtant affronté la pluie pour me rendre au désherbage des bibliothèques municipales de Rouen. Et pas seulement la pluie : voiture + transport en commun + plus marche à pied + trois quarts d’attente pour approcher des cartons sous deux tentes + trois autres quarts d’heure pour farfouiller dans les cartons à la recherche de pépites + retour dans les mêmes conditions que l’aller, mais chargée du poids des 13 livres achetés (pour un total de … 13 euros). En voici la liste, en commençant, pour en rester au sujet cinéma, par celui-ci :


suivi de :
Le Commandement de Michèle Desbordes, dont j’avais tant aimé La Demande, et qui, hélas n’écrira plus puisqu’elle est morte en 2006.
Un Paysage de cendres d’ Elisabeth Gille (fille de Michel Epstein et d’ Iréne Nemirovsky, tous deux morts en déportation), dont j’avais aimé Le Crabe sur la banquette arrière (évoquant le cancer qui devait finalement l’emporter en 1996).
Ma Vie d’enfant d’enfant de Maxime Gorki
Pouchkine d’ Henri Troyat
Les Ailes de la colombe d’ Henry James
La Cloche de détresse de Sylvia Plath
L’Autre Venise de Predrag Matvejevitch
Les Egarements de Lili et Les Ivresses de Madame Monro d’ Alice Thomas Ellis (dont j’avais aimé Les habits neufs de Margaret)
Piège pour Cendrillon de Sébastien Japrisot
Le Tueur du dimanche de José Giovanni
Et pour terminer, cet achat sentimentalo-documentaire, dont le titre correspond à mon année de naissance :


Je rentrais chez moi absolument trempée (mais les livres au sec dans un sac), et prête à repartir, dès que je fus changée, en compagnie d’une charmante voisine qui m’emmenait écouter Daniel Mesguish nous lire des extraits de Madame Bovary, dans un lieu inattendu : le temple de Luneray (qui fut et demeure une bourgade huguenote) :


Ce temple, toujours en usage (sous la houlette de son aimable pasteur anglais Andrew Rossiter) reçoit volontiers des concerts, des lectures et des conférences, dont je garde le programme sous le coude.
Le lendemain (où la pluie s’était arrêtée pour un court répit), j’allais, au Grenier de la Mothe lieu aussi insolite mais totalement voué aux spectacles, concerts et ateliers musicaux. J’y avais entendu, d’autres années, un concert de jazz et un de tango. Cette fois j’allais écouter les louanges du … fromage, célébrées par deux faux moines : Vincent Roca et Jacques Bonaffé (que j’avais eu le plaisir de rencontrer après un de ses spectacles à … Beyrouth, voir rubrique Liban sur ce site). Cette célébration – qui était aussi celle des mots – était suivie d’une dégustation de fromages normands et de cidre. Je signale au passage que le Neufchâtel est le plus ancien ce ces fromages normands car on en trouve mention dès le XI° siècle. A l’origine extrêmement salé (au point de me rebuter dans ma jeunesse), il satisfait à présent autant les palais délicats que les Camembert Pont-Lévêque Livarot. Pour la petite histoire sa forme en cœur daterait de la guerre de cent ans pendant laquelle quelques donzelles françaises séduites par l’occupant anglais se voyaient remettre ce goûteux hommage en guise de déclaration , d’où cette publicité :


Journées studieuses mardi et mercredi, en compagnie de Philippe Davenet pour mettre au point le programme de la lecture musicale que nous donnerons au château d’Etelan le 9 septembre, et pour laquelle j’ai conçu cette affiche :


La pluie étant revenue depuis ce dimanche parfumé d’effluves fromagères, je renonce – hélas – à voir et entendre ce soir la compagnie Catherine Dellatres dans Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux… car le spectacle est prévu à 21 heures, dans le parc du Manoir de Villers


5 juillet 2012

En vrac, les nouvelles de juin…
… en commençant par les dernières de mai (celles dont j’eus les photos tardivement !) :
J’ai fêté mon anniversaire en bonne compagnie…


… tournant, après ces agapes, dans la prairie de nos hôtes, une scène d’un court- métrage intitulé le Gendarme de Saint-Protais






… sous la houlette de Claude Duty



… qui a toujours la gentillesse d’être le complice des mes idées farfelues. Nous devrions poursuivre ce tournage en août, avec Marc Prieur dans le rôle titre (quand il aura son costume) et Hervé Boudin (qui a déjà le sien) :


… après que Claude, beaucoup plus sérieusement, en aura terminé du tournage de son troisième long-métrage sur lequel il est actuellement. Il recherche d’ailleurs des bénévoles pour faire de la figuration les 18 et 19 juillet (au Val de La Haye) ainsi que les 26 et 27 juillet (Halle aux toiles de Rouen). Si vous êtes intéressés, joindre Nathalie Tocque au 06 18 93 11 15 ou : natoc@wanadoo.fr. Merci pour lui !
Autre anniversaire, fêté dans une jolie maison de Veules-les-roses, louée pour l’occasion. Je ne sais si c’est la proximité des oiseaux de mer, mais il semble que notre hôte fût prêt à s’envoler au moment de souffler les bougies :


Entre ces deux journées festives, un peu de tourisme, à Giverny. Non pour y visiter la maison de Claude Monet ou le musée des Impressionnistes (je connais déjà l’un et l’autre) mais pour une simple promenade dans ce charmant village, qui possède de belles maisons et une église consacrée à sainte Radegonde (princesse thuringienne née en 519, devenue reine de France par son mariage – pas vraiment consenti – avec Clotaire 1er, fils de Clovis. Elle mourut en 587, à Poitiers, où elle avait fondé, en 552, un monastère, pour y mener enfin la vie pieuse à laquelle elle aspirait depuis son plus jeune âge). Une curiosité dans cette église : un corbillard ancien (de ceux qui étaient tirés par des chevaux), dont je me suis demandé s’il avait porté le corps du célèbre peintre, enterré, avec ses proches, dans le cimetière attenant à cette église).
Plus certain : le premier atelier du peintre…


… construit en 1887, sur l’arrière du célèbre café Baudy qui est toujours en activité, ayant conservé sa façade d’époque et son joli jardin :


Ayant repris la route nous avons également fait un arrêt devant le moulin de Fourges…


… dont on prétend que l’architecte en fut celui du célèbre hameau versaillais de la reine Marie-Antoinette. C’est à présent un restaurant. Tout proche, et beaucoup plus modeste, un ancien lavoir…


… et quelques iris d’eau, en bordure de la rivière qui l’alimente :


Pour en rester aux iris, ceux du jardin des plantes de Rouen





… au moment de l’opération annuelle Graines de jardin, pendant laquelle quelques artistes ont également présenté des installations, dont celle-ci…


… due à Christophe Le Baquer (http://lebaquer.over-blog.com).
Je suis évidemment allée applaudir Alain Bézu et Philippe Davenet (au service de Jean de La Fontaine) au château d’Etelan le 10 juin. Et je les ai de nouveau retrouvés à l’Académie de Rouen le 16, où ils accompagnaient Bernard Boullard,
éminent professeur de biologie végétale, sur le thème Ages et saisons. J’aurais aimé, le même jour, entendre également un concert de trompes de chasse, au château de La Vacherie, évoqué dans une précédente actualité…


… mais, n’ayant pas don d’ubiquité, je dus renoncer à ce rare plaisir.
Et le 17 j’allais aussi applaudir les élèves d’Hervé Boudin
à L’Echo du Robec.
Le 23 je retournais de nouveau à Etelan, pour l’annuelle assemblée générale, où nous avons fêté les trois aînés de notre association : un centenaire et deux nonagénaires (belles nonagénaires, vives, élégantes, quels exemples !). Et nous avons également pu féliciter Marie-Claire Fréret, qui s’est vu remettre un diplôme du bénévolat, récemment créer par le Conseil Général.
Et le 27 j’étais invitée par un charmant groupe féminin, dans un excellent restaurant, pour y évoquer « mon » cher Repas de noces à Yport (voir, sur ce site, rubrique à ce titre).
Tout cela sans pour autant négliger le cinéma, car j’ai vu beaucoup de films ces deux derniers mois (oubliant parfois d’en rendre compte !) :
Nouveau départ que je ne pouvais manquer puisque l’histoire est celle du sauvetage d’un zoo (à présent que les zoos ont perdu leur mauvaise image de marque : ils ne sont plus les prédateurs qu’ils furent aux siècles précédents, mais, souvent, les sauveteurs d’espèces menacées).
Marging call qui m’a permis de mieux comprendre ce qu’est un trader – et de constater jusqu’à quel point de cruauté peut aller le monde de la finance !
Indian Palace conte délicieux mettant en scène une bande de retraités croyant embarquer vers un palace indien. Tous les comédiens (dont Judi Dench que j’apprécie depuis longtemps) y sont excellents.
Bienvenue parmi nousPatrick Chesnais est plus émouvant que jamais.
Adieu Berthe film à mon avis inclassable alors qu’il a été étiqueté comédie. En effet il ne déclenche pas un rire bruyant, physique, mais un rire intérieur, froid, et une émotion poétique.
La primera bella cosa dont j’attendais beaucoup et pour lequel je suis hélas demeurée à distance, n’y ressentant pas l’émotion qu’il devait produire (et qu’il a bien produite sur d’autres spectateurs que j’entendis larmoyer)
La petite Venise autre film italien, qui ressemble plus à un documentaire qu’à une fiction, et qui, pour cette raison peut-être, m’a parfois semblé à la limite de l’ennui (alors que d’autres spectateurs etc.etc.)
La Part des anges ou comment Ken Loach nous fait enfin rire, tout en gardant son univers habituel des paumés de la vie.
L’un de ces films m’approche d’ailleurs un peu de celui dont Claude Duty débute le tournage car la comédienne Noémie Lvovsky (qu’on voit ici pleurer sur l’épaule de Denis Podalydès dans Adieu Berthe)…


… y tiendra le rôle principal. J’avais pu déjà l’admirer récemment dans Les Adieux à la Reine où elle campait… Madame Campan, première femme de chambre de Marie-Antoinette.
La lecture ? Je boude toujours l’actuelle production puisque je me suis plongée dans la Marche de Radetsky (1ere édition : 1930) de Joseph Roth (1894-1939), dont j’avais lu, il y a quelques années Le Poids de la grâce (1ere ed : 1932). Nul doute que je chercherai d’autres titres de cet auteur puissant, au destin si tragique.
Et je vais probablement relire les livres d’Hector Bianciotti, dont j’appréciais tant le style (dans une langue qui n’était pas sa langue d’origine, ce qui ajoutait à mon admiration !). Il est mort le 12 juin. Les médias ont été discrets sur cette disparition, alors qu’ils nous ont abreuvé jusqu’à plus soif de celle d’un chroniqueur sportif disparu le 16 ! C’est à cette différence de traitement qu’on peut mesurer le degré d’une civilisation. La nôtre n’est pas très éloignée de ce qu’avait de pire celle des Romains, fustigée par Juvénal (1er/2° siècle de notre ère) : « Panem et circenses » (du pain et des jeux de cirque). Certes, les jeux actuels ne se terminent plus par les mises à mort qui étaient souvent d’usage chez les Romains (quoiqu’encore, pour les taureaux, la cause n’est pas complètement gagnée), mais la violence et la vulgarité ont fait un grand retour depuis quelques années, dans la rage de certains supporters et les écarts de conduite, de langage, des sportifs eux-mêmes. Quant aux tricheries et dopage, il durent aussi depuis l’Antiquité. Pour preuve cette inscription du stade d’Olympie, où les tricheurs devaient confesser publiquement, gravées dans la pierre, leurs fautes :


Boudant (depuis toujours !) les retransmissions télévisées des matchs de foot j’ai préféré prendre plaisir aux épisodes de Orgueil et préjugés et Raison et sentiments tirés des romans éponymes de Jane Austen (1775-1817), dont les personnages sont à des années-lumière des supporters et sportifs ci-dessus évoqués !
A propos de sport (panem et circenses suite. Et on enchaînera avec les jeux olympiques ; pas un moment de répit dans l’engouement sportif) : le tour de France est passé par Rouen, dont il a deux jours paralysé la circulation (grrr…). Les coureurs ont même gravi la rude côte de Canteleu, où le maillot jaune a été arrêté par un curieux vélo-stoppeur, très assoiffé :




Je plaisante évidemment car nul koala ne hante notre Normandie ! Ces photos me sont parvenues d’un autre continent où une terrible sécheresse contraignit ces malheureuses bêtes à s’approcher des humains, rentrant même parfois dans les habitations pour y mendier de quoi boire…


… et même prendre un bain :




Quel beau souvenir pour la petite fille de la maison ! Et je profite de ces images de secours à animal en détresse, pour lancer l’appel habituel : ô vacanciers, n’abandonnez pas vos animaux au moment de partir en vacances - ni à aucun autre moment d’ailleurs. Mais le pic des abandons est, chaque année, en juillet août !


30 Mai 2012

Où il ne sera surtout question que de théâtre :
Notre ami Sergueï Vladimirov, ci-dessous au festival Off-Courts de Trouville en 2010…


… rentre d’un long périple théâtral et ferroviaire, avec toute la compagnie ZOU (Zone d’Ombre et d’Utopie) de Philippe Fenwick, qui fit ainsi voyager son spectacle Atavisme de Brest à Paris, Berlin, Donetsk, Saint Pétesbourg, Moscou, Perm, Samara, Irkoustsk, Oulan-Oude, Komsomolsk-sur-l’Amour et Vladivostok, soient … 15000 km. Et pas dans le confort luxueux de l’Orient-Express, mais sur les lignes « normales » (je mets des guillemets car la norme n’est pas nécessairement la même dans les différents pays traversés) avec les décors et costumes dans les 17 valises portées par les comédiens. Je ne fais que résumer ici le très long article (4 pages) consacré à cette équipée dans le Libération des 26/27 mai d’où j’extrais cette autre photo de Sergueï :


On peut également voir des vidéos concernant cette aventure exceptionnelle :
http://www.lefourneau.com/creations/12/collectifzou/depart.htm
http://www.youtube.com/watch?v= x7GJrCeXUHO
http://fakty.ictv.ua/ru/index/view-media/od/12471
http://www.youtube.com/watch?v=XPXJ9AQOaQ
http://guberbiarv.ru/material/10499.html
Pour ma part, j’aurai un récit de vive voix dans quelques jours, quand Sergueï me rendra visite pour un projet que nous avons en commun (dont je ne dirai rien pour le moment !)
Je me suis, hier, déplacée beaucoup moins loin (Bois-Guillaume, où je fus en 10 minutes) pour voir la mise en scène d’un autre ami comédien, Nicolas Degremont, présentant le travail de ses élèves, dans Les Cuisinières de Carlo Goldoni, prolixe auteur né à Venise en 1707, souriant pour l’éternité sous un des iconoclastes pigeons de sa ville natale…


… qu’il quitta en 1762, pour s’installer à Paris, où il mourut en 1793. J’ai eu le bonheur de voir au théâtre de Padoue, il y a bien longtemps, La Locandiera, en V.O. (comme on dit au cinéma), dans l’inoubliable mise en scène de Georgio Strehler (1921-1997), avec Carla Gravina dans le rôle-titre. Et j’ai également un souvenir ébloui de la retransmission télévisée de La Trilogie de la villégiature , toujours mise en scène par Giorgio Strehler, avec la Comédie Française (ici : soupir de regret en comparant les actuels programmes de mes 19 chaînes…). Du même Goldoni, j’ai encore lu ses Mémoires, dont l’édition d’origine (1787) fut parisienne (tout comme l’édition que j’en possède, de 1982, dans l’excellente collection Mémoires retrouvées du Mercure de France).
Et je retournerai encore à Bois-Guillaume cette semaine car ce festival théâtral, qui débuta hier, durera jusqu’au 9 juin. Renseignements sur : www.compagnienicolasdegremont.fr
J’y verrai entre autres Ce formidable bordel d’Eugène Ionesco (1909-1994)
Et, du même Ionesco, j’irai également voir La cantatrice chauve, mise en scène par Hervé Boudin (mon complice de notre tournée théâtrale au Liban), pour ses élèves de L’Echo du Robec à Darnétal, qui présenteront aussi Le Défunt de René de Obaldia et Le Rêve de Georges de Roland Dubillard (15 et 16 juin à 20h30, 17 juin à 16h30).



Et j’en reviendrai à Nicolas Degrémont, qui, abandonnant élèves et mise en scène, sera de nouveau comédien dans la compagnie Catherine Delattres, qui nous émerveille tous les deux ans dans différents lieux patrimoniaux qu’elle investit pour l’été :


Pour tous renseignements quant aux lieux et dates, voir sur le site : www.compagnie-catherine-delattres.com
Sur ces nouvelles théâtrales, je vous annonce, chers fidèles internautes, que vous allez devoir faire abstinence quant à cette rubrique actualité durant 4 ou 5 semaines car mon web-master part en vacances, sans son ordinateur !
Pour vous consoler il reste toutes les autres rubriques, que vous n’avez sûrement pas épuisées. C’est le moment d’y plonger…



25 mai 2012

L’été semble arrivé ! C’est la saison des couleurs éclatantes, comme celles des œuvres de Braïma Injaï (qu’on peut admirer jusqu’au 8 juin à l’IUFM de Mont Saint-Aignan)…

…et celles de Benjamin Rabier (1864-1939)…

… ou d’Armand Rapeno (1883-1934)…





… illustrant Jean de La Fontaine (1621-1695) dans ma bibliothèque enfantine.
Pourquoi cette évocation de notre célèbre fabuliste ? Parce qu’il sera illustré, d’une autre manière, au château d’Etelan, le 10 juin, à 17h, par Alain Bézu, qui lira quelques-unes de ces fables, accompagné au piano par…



23 mai 2012

Pour ceux qui, comme moi, sont désolés de savoir Ferrare mutilée par le récent tremblement de terre, quelques souvenirs d’une visite que j’y fis, en juin 1976 :


Le château d’Este


Cour intérieure du château d’Este
(avec mes parents près du puits)


Toujours le château d’Este :
la salle des jeux (XVI° siècle)


Plafond de la salle des jeux


Chapelle de Renée de France
(Blois, 1510, Montargis, 1574)

Fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne, belle-sœur de François 1er, elle épouse Hercule d’Este (1508-1559) en 1528 et part donc vivre en Italie jusqu’à la mort de son mari. On ne s’étonnera pas de l’absence d’iconographie pieuse dans sa chapelle quand on se souviendra qu’elle inclina, dès 1530, vers la religion réformée, à laquelle elle sera fidèle jusqu’à sa mort, malgré pressions et dangers. Elle fut en effet admonestée par Mathieu Ory, grand inquisiteur de France envoyé par Henri II, emprisonnée et interrogée par le jésuite Jean Pelletier, en présence de l’inquisiteur local Girolamo Papino. Plus tard, en 1572, alors qu’elle avait quitté Montargis pour être présente aux noces d’Henri de Navarre et de Marguerite de France (fille d’Henri II et Catherine de Médicis), elle n’échappa aux massacres de la saint Barthélémy que grâce à son beau-fils Jacques de Savoie-Nemours, qui envoya sa garde assurer sa protection.


Place de la cathédrale


Façade de la cathédrale


Palais Bentivoglio (XV° siècle)


Palais des diamants (XV° siècle)



21 mai … 1981



Ma chère Marie,

Le hasard fait que je suis à Paris aujourd’hui, pour des raisons … éditoriales !
M’étant acquittée de mes devoirs d’auteur, je vais respirer un moment dans la verdure des jardins du Luxembourg (à peine suis-je dans une ville que la campagne me manque !).
Puis, aimantée par la musique, je gagne la rue Soufflot. Il n’est que 16h30, mais déjà la foule se presse pour attendre le vainqueur, annoncé pour 18h au Panthéon.
Nous passons le temps dans un bar. Les consommateurs sont survoltés, comme les passants du trottoir. Un homme âgé, entre avec fracas, crie au scandale : « Neuilly a mis les drapeaux en berne ». On lui fait chorus, tandis qu’une femme assise sur un haut tabouret, pleure doucement d’émotion, sans paraître le remarquer, avec, aux lèvres, un sourire extatique. L’hymne à la joie et La Marseillaise, qui s’épanchent dans des haut-parleurs, comme jetés dans notre asile à chaque client franchissant la porte, mettent des frissons sur nos peaux…
La rue, c’est dans la rue qu’il faut être…
La rue où nous ne verrons rien mais communierons avec cette foule, de minute en minute plus compacte. Quel étonnant spectacle : les gens se parlent, se bousculent dans la joie, grimpent sur les voitures, escaladent les grilles, les rebords de fenêtres, les toits même, où ils voisinent, sans peur du vide, avec les cheminées et antennes de télévision. Les gens s’aiment ! Jamais je n’oublierai. Moi qui, habituellement, ai si peur des foules, je me sens, dans celle-ci, en sécurité comme dans le ventre maternel.
Une rumeur sourd, un cri enfle, couvrant la musique…
Il passe, il est passé, je n’ai rien vu, j’ai seulement hurlé avec les autres, tapé des mains, des pieds. La pluie, jusqu’alors menaçante, crève soudain en déluge sur la fête, mais la foule reste immobile et continue de chanter sous les trombes d’eau. L’averse a un parfum de roses. Les barrages de police sont enfoncés, c’est du délire. La rue n’est plus qu’un ballet de parapluies et de corps trempés.
Là-bas, invisible, Placido Domingo entonne la plus belle Marseillaise qu’il me soit donné d’entendre…



20 mai 2012

Petite promenade hier, avec Claude Duty, dans quelques villages proches de Rouen. Non pour espérer trouver quelque merveille inconnue (il en reste : la Normandie en regorge !) mais pour chercher des lieux où tourner son prochain long-métrage. Premier clap en juillet…
Trois photos de cette bucolique sortie :








19 mai 2012

Pour en rester à Venise, je rappelle que j’ai publié, dans cette défunte revue…


… un texte intitulé L’Office des hautes eaux, qu’on peut toujours lire sur ce site (rubrique : nouvelles, catégorie : fantastique).
Et pour en rester aux salons de peinture, celui de Maromme vient d’ouvrir ses portes :


Enfin, côté bucolique, on pourra se rendre aux jardins des plantes de Rouen, pour l’annuelle manifestation…


… dont le programme est si fourni que je renonce à l’exposer ici, préférant conclure par une photo de la si belle serre :




14 mai 2012

Du 10 au 13, j’ai pu « sacrifier » à mon goût pour le cinéma, la photo, les arts plastiques, le patrimoine et le théâtre, avec des bonheurs/malheurs divers.
Le 10 :
La soirée Claude Duty à l’Omnia, (voir programme dans une précédente actualité) a beaucoup plu. Il faudra recommencer !
Le 11 :
L’exposition de photos vénitiennes d’ Yves Richard (jours et heures d’ouverture dans une précédente actualité) est très belle, très différente de ce qu’on peut voir habituellement sur un tel sujet. Et pendant le vernissage le luthiste Vincent Maurice ponctua agréablement l’unique discours. J’ appris ainsi que les « Journées du luth » avaient lieu cette fin de semaine, et donc…
le 12 :
Je retournais entendre le luthiste de la veille. Qui était fort bien accompagné, par ses trois compères des Luths consorts Miguel Henry Leonardo Loredo, Ronaldo Lopes et la chanteuse Sarah Richards. Mais ces musiciens, qui sont aussi enseignants, présentèrent également leurs élèves. Bref : deux concerts pour le prix d’un (ce qui est manière de s’exprimer mais ne correspond pas à la réalité puisque tout cela était offert au public gratuitement). J’ai passé, au cœur de ce cocon musical, un grand moment de bonheur : un havre de paix dans ce monde devenu tellement furieux ! Et je n’entendis pas que des luths, mais également la viole de gambe de François Danger (doublement sa viole puisqu’il est aussi luthier), et de la guitare Renaissance, de la guitare baroque, du théorbe, de la vielle à roue, du cistre (instrument qui m’était inconnu jusqu’à ce jour) et de la cornemuse. Le répertoire était essentiellement anglais, écossais, célébrant John Dowland John Johnson William Byrd Elway Bevin John Bull. Parmi les élèves, une petite fille (7 ans) bien sage, tout de rose vêtue, qui se défendait fort bien au luth alors qu’elle n’en avait commencé l’apprentissage qu’en septembre dernier !
Bref : de quoi rentrer chez moi heureuse, pleine d’espoir en la musique et la jeunesse. Et pour prolonger ce bonheur, écouter encore du luth puisqu’un ami m’avait offert, en 2002, ce C.D. :


Le 13 :
Mon choix fut moins heureux. J’avais en effet prévu de me rendre au château de Robert-le-diable, à Moulineaux, que j’avais vainement souhaité faire découvrir à Sergueï Vladimirov il y a quelques mois (voir actualité du 16 août 2011). Château visité il y a fort longtemps (et fort souvent !) mais fermé depuis quelques années et, plus récemment, en cours de restauration. Le magazine de la C.R.E.A. annonçait : « Voyage au Moyen âge : les 12 et 13 mai le château ouvrira ses portes au publique (sic !) » Nonobstant la faute d’orthographe et les animations qui semblaient surtout destinées à un jeune public, je m’y rendis donc, persuadée d’ enfin pénétrer dans l’enceinte du château où, comme nombre d’enfants de la région, j’avais beaucoup rêvé dans ma prime jeunesse. Pourrais-je encore, sans être prise de vertige, monter en haut d’une tour ?


Descendre, sans frissons, dans les souterrains où nous accueillaient des personnages en cire ? Revoir sous sa halle norvégienne, la copie du drakkar d’Oseberg ?




Que nenni ! Point de portes ouvertes malgré l’annonce : je n’allais pas plus loin que lors de ma visite d’août 2011. Je protestais auprès du personnel de l’entrée (entrée de … l’espace herbeux précédant le monument !) qui me précisa que le château n’était vraiment ouvert que pour les journées du patrimoine. Je crois bon de le mentionner ici car un autre week-end festif est annoncé pour juin, qui sera sans doute aussi « attrape-nigauds » que j’ai qualifié celui-ci. Arrivée à 11h, je quittais le lieu à 11h10, avec, pour lot de consolation, le plaisir d’aller retraverser la Seine par le bac de La Bouille avant de m’enfoncer dans la forêt de Roumare (arrêt pour saluer les marcassins évidemment !). Ah, que la campagne normande est belle sous le soleil du printemps, feuillages encore timides mais d’un vert incandescent, comme le jaune des champs de colza et des boutons d’or qui, dans les prairies, font, sous le ventre des vaches, de si élégantes et lumineuses litières…


8 mai … 1880

Flaubert meurt d’apoplexie, sur son divan turc de Croisset. Maupassant, averti, prévient Zola d’une dépêche laconique : Flaubert mort. Puis, arrivé le soir-même auprès de son cher maître, il le veille.
L’enterrement est annoncé pour le 11. Zola retrouve Daudet dans le train. Edmond Goncourt et Charpentier sont à Rouen depuis la veille. La cérémonie religieuse a lieu à l’église de Canteleu, puis corbillard et cortège prennent la direction du cimetière monumental de Rouen – où la place de l’écrivain est prévue de longue date, auprès de ses parents et de sa chère sœur Caroline. Sept kilomètres d’une colline à l’autre. Enfin, ils arrivent. Zola écrira :
…dès la porte, de grosses touffes de lilas embaument le cimetière ; puis des allées serpentent et se perdent dans des feuillages, tandis que les tombes étagées blanchissent au soleil. Mais en haut le spectacle nous avait arrêtés : la ville, à nos pieds s’étendait sous un grand nuage cuivré, dont les bords, frangés de soleil, laissaient tomber une pluie d’étincelles rouges ; et c’était, sous cet éclairage de drame, l’apparition brusque d’une cité du moyen-âge, avec ses flèches et ses pignons, son gothique flamboyant, ses ruelles étranglées coupant de minces fosses noires le pêle-mêle dentelé des toitures.
Enfin, il faut descendre le cercueil dans le caveau. Mais la place ménagée est trop étroite, le cercueil demeure coincé malgré les efforts des fossoyeurs :
… il ne voulait ni remonter ni descendre davantage, et l’on entendait les cordes crier et les bois se plaindre. C’était atroce ; la nièce que Flaubert a tant aimée, sanglotait au bord du caveau. Enfin des voix ont murmuré : « assez, assez, attendez, plus tard. » Nous sommes partis, abandonnant là notre « vieux », entré de biais dans la terre. Mon cœur éclatait.


7 mai 2012


Etonnante erreur dans ce journal, car ce n’est pas le 7 mais le 6 que nous étions appelés aux urnes pour le second tour des élections présidentielles ! Le rédacteur voulait-il, inconsciemment, plonger les électeurs dans l’erreur ? Etait-il impatient que ce sujet d’information - quasi unique depuis des semaines – soit derrière lui, pour que le reste de la planète existe de nouveau ? Evoquer la Grèce, par exemple, pays où naquit la démocratie et qui a également voté, ce même dimanche 6 mai, élisant au Parlement 21 députés néo-nazis (sur 300 sièges à pourvoir), ce qui est fort triste et doit particulièrement affliger Manolis Glazos, autre député élu (ou réélu peut-être car il est quasi nonagénaire), qui décrocha le drapeau hitlérien au sommet de l’Acropole athénien quand il n’avait que 18 ans. Quels sentiments vont l’agiter de cotôyer sur les bancs où il va se tenir ces clones d’un parti qu’il a combattu ? Saura-t-il garder la sérénité de ce philosophe grec (3° siècle avant Jésus-Christ) ?


Pour en terminer du sujet électoral, cette photo de la plus petite mairie de France…


… à Saint-Germain de Pasquier, un joli village de la vallée de l’Oison, à la limite de l’Eure et de la Seine-Maritime. On remarquera, sous les drapeaux, la niche du saint, car ce qui fut une chapelle avait été érigée, en 1851, sur l’emplacement de l’ancien prieuré St Germain Gaillard, afin de … ragaillardir la piété de pèlerins raréfiés, négligeant quelque peu la fontaine miraculeuse de Sainte Clotilde, qui, aux siècles précédents, avait guéri bien des maux et donné de la force aux enfants plongés dans son eau (lesquels, avant d’affirmer cette force, devaient surtout en sortir grelottant de froid !). Il n’est pas précisé si, comme Achille (on en revient toujours aux héros grecs !) plongé dans le Styx par sa mère Thétis, ils seraient invulnérables - sauf au talon par lequel le héros avait été tenu.
Vint, à St Germain de Pasquier comme ailleurs, la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905), sur laquelle on réfléchit sans doute un moment, car ce n’est qu’en 1910, que, curé et maire étant tombés d’accord, la chapelle devint la mairie. Il restait, pour le culte, l’église voisine, du XII° siècle, dont la charpente est en forme de carène (comme souvent en Normandie car les charpentiers de marine étaient parfois charpentiers d’églises) et le mur ouest de la nef en pans de bois. Mes parents et moi allions souvent, dans les années où nous habitions Elbeuf (1967-1973) passer un moment paisible sur la pelouse proche. Nous emportions de la lecture et l’appareil photo (ô joli temps du noir et blanc !) :


Il m’est arrivé de retourner là-bas, plus récemment (été 2002), pour cette autre image de la dernière tombe, et du calvaire auprès de l’if plusieurs fois centenaire:


Je rappelle, au passage, que cet arbre était censé purifier la terre sacrée (qui pouvait être polluée par les cadavres !). On a d’ailleurs découvert, récemment, que ses fruits seraient efficaces dans des médicaments contre le cancer. Une autre version – quant à la présence de l’if dans les cimetières – prétend qu’il éloignait les animaux car ces fruits leur étaient un poison. De cette manière point de ruminants vaguant entre les tombes…
D’une église à d’autres, voici celle de Rainfreville, consacrée à Saint Martin


… et celle de Brachy-Gourel


… non moins joli village où ce reste de construction nous a intrigués :


S’agit-il de la base d’un colombier ? D’un bâtiment ayant protégé un puits ? D’une ancienne citerne ?
Ces deux villages eurent nombre de moulins sur la Saâne, pour le blé, l’huile, la pâte à papier… Quelques-uns sont encore debout, bien qu’ayant perdu leur usage.
Ah, comme j’aime ces promenades imprévues (celle-ci date du 1er Mai, faite avec mes amis Jean-Pierre et Martine Fournier, auxquels je dois ces photos), où le hasard, le caprice de choisir une direction plutôt qu’une autre, nous fait découvrir de petites merveilles.
Pour un peu j’en écrirais un livre, ainsi que le souhaite Claude Duty, qui, pour m’encourager, m’en a concoctée cette maquette de couverture :


Rêvons qu’un éditeur serait intéressé…


5 mai 2012

Expositions, suite :


Beau lieu que cette Orangerie de Grand-Couronne, qui sera ouverte du mercredi au dimanche, de 15h à 19h


Quant à cette exposition de Simonne L’Hermitte, elle se tiendra du 20 mai au 30 septembre (de lundi au vendredi 9/12h et 14/17h, et le dimanche 15/18h) à l’espace culturel Martial Taugourdeau à Bonneval (Eure-et-Loir).
Un catalogue sera publié pour l’occasion, dans lequel Simonne m’avait demandé de mettre ma plume. Voici mon texte :
Les Chevaux de Simonne

C’est comme un début de conte de fées : il était une fois une petite fille, qui, repoussant les rideaux de la demeure bourgeoise où elle vivait, regardait passer les chevaux. Ils venaient de ce manège accolé aux anciens remparts de la ville d’en bas. Ils montaient vers la belle forêt, celle qui portait un nom de couleur, et où, dans une histoire encore plus ancienne que celle des remparts, un bâtard devenu roi d’Angleterre se délassait de la guerre par la chasse (les hommes, fussent-ils rois, manquent d’imagination). La ville d’en haut avait gardé mémoire de ce conquérant normand car elle se nommait Bois-Guillaume.
La petite fille grandit, eut la permission d’être assidue au manège. C’était son rite de passage, à ce moment d’adolescence où l’équilibre est si nécessaire. Quel meilleur maître, alors, que le cheval ?
Pour ses vingt ans elle voyagea jusqu’au nombril du monde, là où deux aigles lancés par Zeus s’étaient rejoints, et où une pythie cernée de fumeroles avait jadis prédit des avenirs confus. La jeune fille se figea devant une sculpture de déesse : Athéna tenait les rênes de son quadrige, ses chevaux n’attendaient plus que le frémissement des lanières de cuir pour s’élancer. Mais la déesse renouait sa sandale, où, peut-être, un petit caillou la blessait. Ce petit caillou que, plus tard, les Romains nommeraient scrupulum, mot dont notre langue française héritera pour désigner, au figuré, l’inquiétude de la conscience.
J’ai scrupule à poursuivre le conte.
Notre siècle ne se prête plus à ce genre désuet. Notre siècle est noir comme du goudron.
Ce goudron, qui calfata, sous un autre nom, l’Arche de Noé et nombre de bateaux après lui. Ce goudron de nos routes, dont le parfum nous enivre, en été, quand la chaleur le fait suinter. Ce goudron qui se souvient d’avoir été quelque résine du fond des âges, notre espèce n’est pas la seule à posséder une mémoire.
Ce goudron qu’utilise Simonne L’Hermitte pour peindre ses princes charmants à quatre sabots, qu’elle mène par les chemins forestiers, sur le sable des plages. Elle rentre affamée de ces promenades, sort quelque plat du four, cuit une tarte. Et l’odeur de caramel couvre un moment celle du goudron de son atelier, au rez-de-chaussée de sa maison biscornue qui n’en finit pas de monter jusqu’à la terrasse gardée par les nids de mouettes.
Pourquoi le goudron ? Parce que je voulais peindre sans peinture, dit-elle, faire quelque chose avec rien. Et parce qu’il coule, comme la sueur, la bave des chevaux. Il exprime l’effort de son alliance avec l’homme. Et pourquoi le papier Kraft, interroge la visiteuse (qui croit encore que Kraft est un inventeur, alors que, vérification faite plus tard dans son dictionnaire, c’est un mot allemand signifiant force) ? Parce qu’il rappelle la sciure et le sable des manèges, le bois de ses origines.
Le bois, la forêt, on y revient…
Papier et goudron ne sont plus qu’un, marouflés sur toile de lin. Et l’atelier est alors une grande troupe d’équidés caracolant, avec ou sans cavalier. J’ai cru entendre sonner les fers du bonheur. Il y a comme des étincelles sous les sabots. Etincelles d’or, étoiles semées sur le noir, pour rappeler comme le cheval est précieux. Précieux comme la liberté qui fait exulter Simonne sur le dos de sa monture, sous les frondaisons vertes, le vent salé des plages. Est-ce son double, cette sylphide nue sur un cheval, les bras levés au ciel, triomphante ?
C’est cela aussi que Simonne souhaite illustrer dans ses œuvres : l’incarnation de la joie, de la légèreté, de la maîtrise, l’idée du mouvement plus que le mouvement lui-même.
Amateurs de peintres animaliers, passez votre chemin : vous ne trouverez pas ici la sèche précision anatomique. Car si le cheval règne en maître sur Simonne, c’est par l’esprit. Et l’esprit danse, étourdissant, ne se laissant pas épingler comme une peau qu’on tanne, un fer qu’on cloue
.


3 mai 2012

Oui : la date est en couleur car elle me paraît capitale – mais serait sans doute passée inaperçue si l’événement auquel elle correspond n’avait été signalé par Laura-du-web dans l’émission quotidienne Télé-matin : mettre des accents (ces signes graphiques) sera dorénavant possible sur les adresses des sites internet ! Bref : l’hégémonie de la langue non accentuée (que je ne nommerai pas !) cesse enfin. Ce fut un rude combat. Reste à gagner celui de la restitution des majuscules aux noms propres. Poursuivons la lutte, continuons le combat, comme disent les militants.
Militants tenant actuellement le haut du pavé en cette semaine électorale de combat des chefs. Il n’en reste plus que deux, qui se sont bien chamaillés à la télé hier soir, trois heures durant, dit-on.
Oui : dit-on ! Je n’ai pas regardé, préférant, par défaut, un téléfilm allemand (lourdingue comme souvent), au titre cependant de circonstance : Le Réveil du volcan ; le volcan en question se réveillant sous un paisible lac, pour noyer sous laves et cendres toute une partie de l’Europe. En quelque sorte une version contemporaine (et à plus grande échelle) du célèbre roman paru en 1834 : Les Derniers jours de Pompéi de Edward George Bulwer-Lytton (1803-1873)
Nonobstant ma grève politico-télévisuelle, j’irai voter dimanche, comme je le fis il y a 2 semaines. Aucun des deux candidats qui restent en lice n’avait eu ma préférence, il en sera de même dimanche car je ne change pas d’avis ! Mon bulletin sera donc un bulletin nul (ce qui n’est pas exactement la même chose qu’un bulletin blanc), puisqu’il portera cette affirmation manuscrite, avec le nom du candidat pour lequel j’avais voté au premier tour.
Après la victoire des accents sur les sites web, à quand la prise en compte des bulletins nuls et des bulletins blancs, qui ont au moins le mérite d’exprimer la volonté de voter (ce que n’exprime pas l’abstention).
C’était mon billet du jour, que j’aurais sans doute dû mettre dans ma rubrique : papiers d’humeur.
J’aurais aimé, pour l’illustrer, quelque photo de ces graffitis politiques encore visibles sur les murs de Pompéï, mais je n’en ai pas sous la main au moment où je rédige cette actualité. Je remplace donc par ce beau portrait de deux habitants de cette cité : l’avocat Paquius Proculus et son épouse


Et comme je ne saurais terminer sans évoquer quelque lecture, je signale l’excellente anthologie Pompéi le rêve sous les ruines, publié en 1992 dans la collection Omnibus des Presses de la Cité. Elle contient évidemment le roman précité mais également Gradiva de Wilhelm Jensen (parfois intégrée dans les œuvres de Sigmund Freud car il en fit un long commentaire !), Arria Marcella de Théophile Gautier et bien d’autres fictions ou récits de voyages (la cité ayant reçu des visiteurs illustres dès sa redécouverte), sans oublier la lettre de Pline le jeune
à Tacite, contant la mort de son oncle Pline l’ancien, qui, malgré le danger, s’embarqua de Misène, afin d’approcher au plus près des lieux du sinistre, par curiosité scientifique et pour y secourir des amis. Cette lettre, témoignage d’époque, est particulièrement émouvante dans ce qu’elle nous restitue au présent un témoignage du 1er siècle de notre ère.


2 Mai 2012



Robert Horn, Hervé Boudin, Simone Arese…

… ou les retrouvailles de l’ex directeur du Centre Culturel Français de Tripoli (Liban) et de ses deux théâtreux d’avril 2010. Robert est rentré en France prendre une retraite bien méritée, mais nous ne l’avions pas revu depuis notre fabuleux voyage. Il est enfin venu en Normandie quelques jours et j’ai pu le recevoir à dîner, avec sa compagne, laquelle a pris cette photo-souvenir des retrouvailles.
Il m’apportait quelque chose qui me paraît très précieux : le n° de juin 2010 d’une revue pour laquelle, à sa demande, j’avais écrit le compte-rendu de notre séjour au Liban (voir rubrique à ce mot, sur ce site).
Ce mois de mai commence sous le signe des vernissages :


Le carton d’invitation au de cette exposition (qui se tiendra du 6 au 20 mai) annonce :
88 peintres, 26 sculpteurs, 228 œuvres. Découvrez ou redécouvrez des œuvres très différentes appartenant à différents courants parcourant la création artistique régionale durant ces 50 dernières années.
La liste des artistes est également précisée, mais elle est trop longue pour que je l’inflige ici à mes internautes. Je ne citerai donc (pas du tout au hasard !) que quelques noms : Alan, Ferrando, Legoy, Lemaire, Petithon, Ronel, Sauvé, Vervisch. Sans oublier Colliard, organisateur de cette rétrospective. Ceux-ci sont tous vivants, mais quelques artistes morts sont également « présents », à travers leurs œuvres. On s’étonnera donc que Caplain ne figure pas parmi eux…
Quant à Sauvé, qui a ordinairement ses habitudes à la Galerie Rollin (Rouen), il a cette fois choisi la côte normande pour une exposition personnelle :

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26 avril 2012



Ne dirait-on pas un portrait de ma chère Mira, contemplant la nuit de son poste d'observation?
C’est en fait une des nombreuses œuvres d’Harry Eliott, exposées au musée de Vernon, où je me suis rendue deux fois, pour voir l’exposition qui lui est consacrée. De cette seconde visite, j’ai pu rapporter une affiche (dont le stock était épuisé à mon premier passage) :


Mais ce charmant musée recèle aussi une belle collection d’œuvres impressionnistes (un billet conjoint avec la visite de Giverny est assurée) et une collection – plus originale – d’œuvres animalières, dont voici mes chouchoux :


La chèvre de Jean-Jacques Ostier


Couple de chats de Palma di Falco

Une salle est également consacrée à l’archéologie, suite à diverses campagnes de fouilles. On peut d’ailleurs admirer, en ville, un ancien rempart romain (ou médiéval ?), dans lequel une route moderne a malheureusement tranché, ainsi que les quatre tourelles figurant sur l’affiche de l’exposition (où Harry Eliott s’est portraituré en pêcheur) :


Il ne faut pas négliger non plus, juste à côté de l’Office du tourisme (situé dans une très belle maison à pans de bois du XV° siècle), la collégiale (XII°-XVI°), riche d’un orgue du XVI° et de nombreuses œuvres d’art, ma préférence allant à ce magnifique retable :


La plupart des vitraux anciens a hélas été pulvérisée lors des bombardements de la dernière guerre (qui ont également détruit le pont dont on aperçoit les ruines près des tourelles – qui avaient été édifiées pour assurer sa défense). Ils ont été remplacés par des vitraux contemporains.
Par association d’idées, peut-être, après avoir également admiré dans cette collégiale le tombeau de marbre blanc de Marie Maignard (morte en 1610), j’ai proposé à mon acolyte de cette seconde visite, Claude Duty (auquel je dois toutes les photos prises ce jour) de nous rendre dans le petit cimetière de Villez-sous-Bailleul



… pour y voir la tombe, ô combien plus modeste, d’Harry Eliott :


Nous avons ensuite consacré à la seconde partie de notre programme, à Gaillon, non sans préalablement nous restaurer d’une crêpe, accompagnée d’une bolée de cidre normand, dont j’ignore s’il s’agissait de celui vanté par Harry Eliott :


Il y a en effet, dans ce bourg à présent assoupi, les restes d’un château…


… qui fut, au dire d’un visiteur italien du XVI° siècle (époque où l’on s’y connaissait fort en merveilles) le plus beau qu’il ait jamais vu, tel que nous le restitue une minutieuse maquette :

...

Il occupait l’emplacement d’une forteresse que Louis IX (passé à l’histoire sous le nom de saint Louis) donna, en 1262, à l’archevêque de Rouen. En 1502, Georges d’Amboise, cardinal, ministre de Louis XII, à son tour propriétaire (depuis 1494), entreprit de transformer cette forteresse en mirifique palais. Les travaux furent continués jusqu’au XVII° siècle, par Jules Hardouin-Mansart et André Le Nôtre, qui s’occupèrent plus particulièrement d’immenses jardins, qu’on pouvait admirer de la terrasse de 1er étage, mais dont il ne reste rien, comme nous pûmes en juger :

...

La Révolution (dont on se demande pourquoi elle a une majuscule car nous ne sommes plus certains qu’elle mérite un si grand respect) est en effet passée sur le château, décrété bien national. Le citoyen Darcy en devient donc acquéreur, le dépeçant quasi dans son entier, de 1797 à 1809. Puis Napoléon 1er fait transformer ce qu’il en reste en une prison, qui ne fermera qu’en 1901. Au bâtiment pénitentiaire succède alors une caserne, abritant notamment un centre d’instruction d’officiers belges durant la 1ere guerre mondiale. Le château est de nouveau revendu après cette guerre, pas toujours très heureusement, et les déprédations continuent jusqu’à une visite d’André Malraux qui, ministre de la culture, classe ces pauvres restes monuments historiques en 1975. La restauration peut commencer, extrêmement lente sinon impossible. Elle a commencé par le bâtiment d’entrée…


… où je me souviens d’avoir vu, sous les combles une première exposition de costumes de l’Opéra (ou de la Comédie française ? Je ne me souviens plus exactement, certaine seulement que c’était avant 1988, année où moururent mon père Gaston Margas et notre amie Jeanne Rapin, qui nous accompagnaient ce jour-là, avec ma mère).
Quelques parties d’ouvrages ont été rendues par l'Ecole Bes beaux-arts de Paris…


… mais il en reste ailleurs, qui ne seront probablement jamais rendues, par exemple celles du Metropolitan de New York – où sont également en exil quelques arches du Prieuré de la Trinité de Beaumont-le-Roger, mon village natal :


Pour ne pas terminer cette actualité sur une aussi triste note, j’évoquerai d’autres notes, de… musique : celles qu’on entendra sous les doigts de Philippe Davenet, dans un spectacle qui connut un beau succès et qui sera de nouveau présenté, à Paris :

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Quant à notre cher camarade cinéaste, c’est à Rouen qu’on pourra prochainement voir quelques-uns de ses films (peu avant qu’il ne commence le tournage de son troisième long métrage, que nous attendrons avec notre impatience coutumière) :




23 avril 2012

D’abord, pour consacrer à la rubrique animalière qui m’est chère, un scandale rapporté dans le n° 71 de La Feuille du C.H.E.N.E :
Oiseaux congelés vivants.
Les services vétérinaires de l’aéroport de Roissy ont congelé vivants des oiseaux saisis par les douanes. Ces oiseaux, victimes de trafiquants, leur avaient été confiés pour être soignés. Voilà le peu de cas que font les services de l’Etat des animaux victimes de trafics en tous genres. Plutôt que de les rapporter au Mexique, leur pays d’origine, il a été décidé de les euthanasier de manière cruelle. Les animaux saisis en douane dans les aéroports sont presque systématiquement tués. C’est quoi la mission des vétérinaires ? Et le serment qu’ils prononcent (comme les médecins), c’est juste de la littérature ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette association CHENE (12 rue du musée 76190 Allouville Bellefosse), vous pouvez visiter leur site : www.chene.asso.fr
Pour en rester à cette rubrique animalière voici cette annonce, illustrée d’un plaisant dessin de Bernard Combe :


Vingt-six agriculteurs participeront à cette opération, ouvrant leurs fermes au public (www.defis-ruraux.fr). Et ils ne se contenteront pas de faire visiter, mais proposeront diverses animations dont un spectacle tiré d’une nouvelle de Jean Giono
L’homme qui plantait des arbres. Je m’interroge : n’est-ce pas sous le titre Joffroi de la Mosan que j’ai vu, il y a bien longtemps une adaptation (1990) de ce texte, par Marcel Bluwal, avec l’étonnant Jacques Dufilho, dont j’ai toujours admiré les interprétations (je me souviens également de son personnage du Huguenot récalcitrant, de Jean L’Hôte, encore plus ancienne puisque ce téléfilm date de 1969 !)
Rubrique lecture : en ayant terminé du passionnant Catherine de Médicis de Jean Orieux (6 ans de travail pour ce magnifique résultat de 800 pages, réhabilitant cette reine si mal jugée), je me suis jetée sur … Lili aux Indes (texte de Paulette Bloney, illustré par Al.G.) dont le moins qu’on puisse dire est que c’est un ouvrage fort différent puisqu’il s’agit d’un album de mon enfance, que j’avais dû prêter puisque je ne le possède plus, et dont mon ami Claude Duty vient de m’offrir une ré-édition :


Quel bonheur de retrouver cette histoire (dont je me souvenais parfaitement !), ces images de belles dames habillées haute couture (comme j’en admirais alors, photographiées dans Paris-Match), d’aventures en bateau et dans la jungle, d’apothéose triomphale au mariage de la princesse Sati, pour laquelle l’espiègle Lili avait dessiné une si merveilleuse robe constellée de pierreries :


Cette image soudain restituée à ma mémoire me fit penser à une œuvre de … Christophe Ronel (auquel je demanderai, à l’occasion, s’il avait lu cet album dans son enfance !)


Quel bonheur également de retrouver un texte respectueux des conjugaisons dans les adieux du père de la princesse et de l’inénarrable inspecteur Minet :
- Mon ami, votre départ me navre ! J’aurais aimé que vous ne me quittassiez plus !
- Mon rêve eût été que nous restassions amis et que vous ne m’oubliassiez jamais !

(conjugaisons si extravagantes pour mon ordinateur qu’il me les soulignait en rouge à mesure que je les recopiais !)
Et puisque j’ai évoqué un peintre contemporain, je signale l’exposition d’un autre, au château de Saint-Pierre-de-Varengeville :


Rubrique théâtre : je suis allée voir, entraînée par Claude Duty qui connaît la compagnie (La Cordonnerie), un spectacle dont j’ignorais tout, et qui est, sous le titre Super Hamlet


… un détournement ( ?), une simplification ( ?), une version décalée, actualisée ( ?) du texte de William Shakespeare (et de la version jeunesse qu’en ont écrite Charles et Mary Lamb). Tout cela à la fois sans doute, dans un étonnant mélange : en fond de scène un écran, sur lequel est projeté un film muet (qui n’est pas une vieillerie, mais a été tourné récemment par cette troupe), et, sur scène, des comédiens, musiciens et bruiteurs assurant la bande son. Cette manière de faire, originale, permit au public d’être à la fois au cinéma et dans les coulisses d’un studio de doublage. Ce public, d’une moyenne d’âge beaucoup moins élevée que la nôtre (nos trois plus proches voisins avaient 5,6 et 8 ans…) a fait un beau succès – mérité – à cette prouesse, que je recommande (et dont on peut voir quelques extraits sur le site de Claude Duty : www.claudeduty.com. On peut également y voir deux séquences d’Une journée catastrophe, tournée le 18 avril et dont je vous laisse la surprise !)
Super Hamlet
était présenté à La Foudre (Petit-Quevilly), qui s’appelait précédemment Théâtre Maxime Gorki. Pourquoi ce changement de nom ? Parce que le bâtiment est sur l’ancien emplacement d’une filature de coton ainsi nommée :


Il s’agissait d’une usine mécanisée, mue par la vapeur, construite vers 1850 par l’ingénieur écossais William Fairbairn (1789-1874), qui s’illustra non seulement dans les constructions de filature, mais également de ponts et de bateaux en fer.


22 avril 2012

Un texte que j’ai écrit en mars 2001, et qui me paraît toujours d’actualité, même si 11 ans plus tard je ne fais plus partie du conseil municipal auquel il était destiné.

ELECTIONS


Quand j’étais enfant, je haïssais les dimanches soir. Le matin il y avait eu, venant du four de la pâtisserie paternelle, le parfum des croissants, des brioches, qu’un peu plus tard je mangeais tièdes, dans mon lit, en compagnie de mon premier chat. Après, habillée de ma robe en velours rouge, de mon petit tablier en broderie anglaise, j’aidais ma mère à vendre les gâteaux, dans la presse de la sortie de messe, l’allégresse des cloches. Et puis tout retombait, comme un soufflé, les familles claquemurées chez elles, autour de leurs tables, pour les interminables déjeuners. Chez nous, c’était expédié, car le magasin restait ouvert, où ma mère demeurerait en sentinelle jusqu’au soir, et mon père était pressé de s’allonger un peu car il s’était levé bien avant l’aube, vers une heure. Je ne le voyais qu’avant le dîner. Et il y avait entre nous, qui aurions pu enfin parler, le gros poste de la T.S.F., où il écoutait les résultats sportifs.
Les seuls dimanches soir que j’aimais, finalement, c’était ceux des élections. Car mon père négligeait alors les ondes, pour, traversant la rue qui nous séparait de la mairie, assister au dépouillement. D’un trottoir à l’autre, nous étions main dans la main, nous aimant sans nous le dire. Je ne comprenais pas bien ce qui se jouait là, mais je sentais que sur les tables, ouvrir les minuscules enveloppes était plus important qu’y poser les cartes ou les dominos. Et les ondes d’hostilité, de sympathie, de joie, de déception, circulant dans cette communauté, me paraissaient bien plus fortes que celles de la T.S.F.
Mon père est mort un matin de juillet 1988, devant le bol de son petit-déjeuner. Et ma mère, qui avait si régulièrement demandé : alors, qui a gagné ? quand nous revenions de la mairie, ma mère est morte aussi, le 14 avril 1997, en ayant oublié le nom des maires, des présidents, le sien, le mien. Ma mère est morte sans mémoire, frappée par la maladie d’Alzheimer.
Ils m’ont manqué l’un et l’autre, ce soir du 17 mars 2001, où, devenue conseillère municipale – ce que je n’aurais jamais imaginé être un jour – j’ai, en public, et dans un rituel impressionnant, élu le maire, nos adjoints. Mais, entre vous tous, membres de ce conseil, et les amis présents, et le champagne festif, l’absence de mes parents demeurait légère, lointaine, désincarnée. Seulement un peu de mélancolie sur les bulles de mon verre. Jusqu’au moment où, cherchant mon manteau, je retournai dans la salle où j’avais pris mes fonctions. La salle vide à demi obscure, totalement silencieuse. Je me suis arrêtée, saisie. Quelque chose flottait encore, me semblait-il, indéfinissable, et que je voulais comprendre. J’ai murmuré : êtes-vous là ? Je n’ai pas eu de réponse. J’ai répété ma question, plus fort, sans craindre le ridicule puisque j’étais seule. Le silence a persisté. J’ai tapé du plat de la main, rageusement, sur la table où j’avais voté peu avant, et j’ai demandé, pour la troisième fois : êtes-vous là ?
Alors, ils ont été là, au premier rang du public disparu : ma mère sur la chaise de l’ancien maire, mon père à côté, où s’était assise la femme d’un adjoint. Ma mère souriait, gardant ce regard d’absence, si étrange, qu’elle avait eu sur la fin de sa vie. Mais elle était belle, coquette, telle que je l’avais connue avant sa maladie. Et mon père était lumineux, triomphant, tout son visage gonflé de joie et d’orgueil de me voir là.
Ils n’ont rien dit. Ils ne pouvaient pas, sans doute. Mais c’était déjà si merveilleux qu’ils soient revenus, un moment, du Royaume des Ombres, dont personne ne revient, jamais. Ils ne bougeaient pas, ils ne parlaient pas. Ils étaient là, simplement, leur bonheur irradiant autour d’eux comme l’auréole des saints sur les images pieuses de notre enfance.
Je suis partie. Mais je sais bien qu’ils demeureront dans cette pièce, même les chaises enlevées. Ils seront là, bienveillants, attentifs, vigilants. Et j’essaierai, ces six années, d’être digne de leur invisible présence, de leur invincible amour. Je leur dédie, par avance, le travail que j’espère accomplir.





13 avril 2012

Pour en revenir aux villas palladiennes évoquées dans ma précédente actualité, en voici encore une :


S’agit-il de :
- la villa Foscari (dite la Malcontenta) près de Mira ?
- la villa Badoer à Fratta ?
- la villa Rotonda, près de Vicence, où Joseph Losey tourna son admirable version du Don Giovani de Mozart ?
Elle leur ressemble certes , mais leurs frontons sont triangulaires, elles sont parfois ornées de statues, ou de cheminées plus fantaisistes. Bref : vous n’avez pas trouvé la bonne réponse ! C’était très difficile, car cette villa ne se dresse pas entre Padoue et Venise, sur les rives de la Brenta, mais près de … mon village natal (Beaumont-le-Roger, dans l’Eure). Ce n’est donc qu’une copie de villa palladienne, construite en 1818. Propriété de la famille de Prémonville, elle ne se visite pas. Il m’arriva, dans mon enfance, d’y accompagner mon père, pour quelque livraison pâtissière. Et dans la maturité de mon âge (septembre 2010), j’eus la surprise de faire connaissance d’un membre de cette famille, au festival Off-courts de Trouville, où nous nous sommes illustrés en couple diabolique dans un kino d’ Uriel Jaouen Zrehen.

Autre devinette : qui sont les charmants bambins illustrant cette image ?


Est-il besoin de vous préciser qu’il s’agit d’une publicité, détournée par quelque malicieux ayant choisi l’humour pour protester contre la dénomination du nouveau palais des sports de Rouen (figurant derrière les deux bambins) : Kindarena. C’est en effet l’objet d’une polémique, qui n’est pas près de s’apaiser puisque ce nom de Kindarena va aussi devenir celui de la station de métro la plus proche : celle jusqu’à présent nommée Mont Riboudet.
Vous donnez votre langue au chat, malgré les indices que je viens de vous fournir ? Allons, réfléchissez un peu… Qui préside la C.R.E.A., à l’origine de ce projet ? Et qui est maire de Rouen ? Ce sont eux les charmants bambins Kinder : Laurent Fabius et Valérie Fourneyron.
Sauront-ils garder leurs places aux prochaines élections régionale et municipale ?

Et puisqu’il est actuellement question (à saturation…) de la prochaine élection présidentielle, je termine cette actualité par une autre image de circonstance, signée Loup, dessinateur caustique qui me pardonnera, j’espère, de remettre ainsi au goût du jour cette carte éditée pour le 200° anniversaire de la Révolution :


7 avril 2012

Rubrique musicale : encore une photo de Philippe Davenet
à l’orangerie du moulin d’Andé le 31 mars :


Et je profite de la circonstance pour rectifier une erreur glissée dans ma précédente actualité : le vibraphoniste accompagnant notre ami ne se nomme pas Claude Reynaud mais Claude Jean

Rubrique animalière :
Une photo de mes chers marcassins, due à Arnaud Bertereau :


L’affiche du film (ô combien hilarant) où l’on découvre enfin que le Marsupilami inventé par André Franquin (1924-1997) existe bien :


Une triste nouvelle, que j’apprends avec retard : mon cher Péli
à été trouvé mort en février. Il aura eu une belle et longue vie puisqu’il arriva sur nos côtes normandes au début des années 1980, où il vécut libre et chouchouté par les pêcheurs d’Antifer :


Pour le récit de ses aventures, je renvoie mes internautes à ma rubrique : animaux du C.H.E.N.E.

Rubrique lectures :
J’ai acheté 6 livres de poche à la vente de Terre des hommes (dont je rendrai compte à mesure que je les lirai) et 1 livre … neuf au salon des livres… anciens : Harry Eliott, le gentleman illustrateur de Judith Cernagora :


J’ai vu pour la première fois des œuvres de cet artiste… en Italie, très exactement au musée du carrosse de la villa Barbaro, à Maser, que je découvris en juin 1986. C’est une des célèbres villas commandée (en 1555) à Andrea Palladio (1508-1580) :


Outre l’architecture remarquable, j’y admirais des fresques exécutées entre 1560/1565 par Paolo Véronèse (1528-1588), avec, entre autres, ce trompe-l’œil d’une fillette paraissant ouvrir une porte…


… un auto-portait du peintre…


… et le double portrait de la maîtresse de maison (Elena Barbaro Giustiniani) et de sa nourrice…


… cette œuvre n’étant pas sans rappeler, par sa présentation en surplomb d’une balustrade, les fresques de la chambre des époux à Mantoue, dues à Andrea Mantegna (1430-1506).
A propos de cette chambre, j’ai récemment relu un passionnant livre de Marie Ferranti : La Princesse de Mantoue (grand prix du roman de l’Académie française en 2002).
Revenons-en au musée de Maser, aux murs desquels je découvris donc une importante collection d’œuvres d’Harry Elliot …


… ainsi qu’une magnifique voiture de glacier, égarée entre les carrosses, et qu’aurait adoré mon père :


Bien sûr, autant à cause de son nom que des sujets de ses œuvres, je supposais que ce Harry Eliott était anglais…
Le hasard voulut que le lendemain de notre retour à Rouen, dans l’habituelle brocante hebdomadaire de la place St Marc, je tombais en arrêt devant une œuvre (encadrée) de Harry Eliott (44cm./77), que j’achetais sans barguigner. De plus en plus intriguée je cherchais à me documenter à la bibliothèque universitaire où je travaillais (sans encore d’ordinateur !). Quelle surprise : le supposé Anglais était parfaitement français, de son vrai nom Charles-Edmond Hermet, né à Paris en 1882, ayant vécu près de Vernon de 1940, à sa mort en 1954.
Vernon ! J’y avais terminé mes études secondaires …

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… mais on ne m’avait jamais parlé de cet illustrateur, que j’aurais presque pu croiser dans mon enfance puisque j’avais 7 ans quand il mourut…
Pour combler cette lacune, je l’évoquerai encore dans une prochaine actualité car j’ai projet de retourner à Vernon, où le musée lui rend hommage par une exposition qui lui est consacrée, depuis le 17 décembre 2011 et jusqu’au 29 avril 2012.
Pour terminer un clin d’œil au calendrier, avec ces beaux œufs de Pâques fabriqués par mon père il y a… il y a… je n’ose compter les années (peut-être bien du vivant d’Harry Eliott !) :




1er avril 2012

Le précoce printemps m’a fait négliger l’ordinateur – dont j’étais pourtant si contente qu’il fût réparé, ce dont je rends grâce à Michel Hubin, si obstiné (il ne lui fallut pas moins de trois passages chez moi pour venir à bout de cette panne), si obligeant (il ne vit pas près de chez moi mais en Picardie).
Je suis donc sortie, pour de régulières visites aux marcassins du parc de Roumare. Mais également pour accompagner des amis à l’exposition de Philippe Garel, à Saint-Pierre de Varengeville. Elle devait se terminer hier. Hélas, elle ne fut plus visible de toute cette semaine écoulée, sans que le public en ait été averti. Interdiction d’entrer dans le château – où une nouvelle exposition était en cours d’installation. Nous dûmes nous contenter d’une promenade dans le parc, dont l’aménagement est en voie d’achèvement. En conclusion : bon point pour l’exposition, bon point pour la restauration du château et du parc, mais carton jaune pour la communication.
Je n’avais pas eu plus de succès le dimanche 25, où je comptais entendre chanter, au parc de Clères, le charmant quatuor féminin des Zingarelles.


J’avais eu la précaution de retenir ma place, d’arriver en avance dans ce charmant village où … je ne pus pénétrer car une fête des jonquilles y battait son plein, dans un périmètre interdit aux voitures. Lesquelles débordaient des parkings, encombraient les bas-côtés des routes d’accès et fossés divers. Je dus renoncer, embarquée malgré moi dans une déviation qui m’égara dans la campagne (certes resplendissante sous le soleil). J’avais heureusement fait un arrêt avant cela, avec plus de succès, à l’exposition de l’ancien carmel de Bois-Guillaume, où Danny Vignal et ses amis s’étaient livrés à l’exercice de célébrer/détourner quelques toiles célèbres, non sans humour.
Moins de monde heureusement dans les cinémas puisque j’ai toujours la sagesse de m’y rendre uniquement aux sénaces matinales, en semaine. J’ai donc vu :
- deux plaisantes comédies : Nos plus belles vacances (mention spéciale à l’irrésistible Bruno Lochet en paysan breton) et Comme un chef



- une biographie : Cloclo (époustouflant Jérémie Régnier dans le rôle de Claude François)
- un drame d’actualité (clandestins africains naufragés dans une île sicilienne, où chacun a ses raisons de les rejeter ou de les accueillir) : Terra ferma
- un drame historique, entièrement tourné au château de Versailles : Les Adieux à la reine, avec la belle Diane Kruger dans le rôle de Marie-Antoinette


J’ai également lu quelques livres : Intrigue à Venise d’Adrien Goetz
La femme au masque de chair de Donna Leon La comtesse de Ricotta de Milena Agus Une année studieuse d’Anne Wiazemsky Molloch de Thierry Jonquet, Le petit invité de Mouloudji Le laquais et la putain de Nina Berberova
Et j’irai en faire une nouvelle provision ce matin, à Rouen, où se déroulent, aux mêmes dates, une foire aux livres au profit de Terre des Hommes (halle aux toiles) et l’annuel salon du livre ancien (église saint Ouen) :


J’ai terminé ce premier trimestre 2012 par un très agréable moment à l’orangerie du moulin d’Andé, où se tenait le vernissage d’une fort talentueuse artiste : Chris Talbot. J’y étais avec mes amis Claude Duty et Marc Prieur, aussi heureux que moi de cette invitation, due à Philippe Davenet, qui, au piano, et accompagné au vibraphone par Claude Raynaud, nous réjouit les oreilles pendant ce délicieux moment, dont on trouvera une vidéo sur le site de Claude, qui m’a déjà fait parvenir cette photo de Chris Talbot et Philippe Davenet encadrant des amis rouennais :




15 mars 2012


Hé oui : il est arrivé, le printemps, avec quelques jours d'avance. Et il fallait courir l'honorer car ce serait une fausse entrée...
Je suis donc allée en forêt de Roumare, une amie m'ayant annoncé qu'au parc animalier deux portées de marcassins (8+4) étaient nées. Effectivement j'ai vu les minuscules bêtes à rayures, auprès desquelles ma pourtant petite Mira eut paru très grande... Elles suivaient leur grosse mère en couinant et, suivant son exemple, se roulaient dans la boue d'une flaque (plus grand qu'une flaque elles se seraient noyés...)
Pour qui n'aurait jamais eu le bonheur de voir ces charmants bébés, voici une photo de Cuchi, à peu près au même âge, lorsqu'il fut recueilli au C.H.E.N.E. (Centre d'Hébergement et d'Etude de la Nature et de l'Environnement, à Allouville-Bellefosse)


Et pour en rester au thème printanier, voici l'annonce faite par le parc de Clères:



10 mars 2012

Mon ordinateur a été très méchant avec moi, le 26 février : il n'a plus voulu travailler, m'affichant seulement une page de sabir informatique, avec cet entêtement dont sont seules capables les machines (conçues pour être à notre service et qui ont progressivement inversé ce rôle, faisant de leurs maîtres des esclaves dépendants!)
Quelle angoisse ce fut! Un virus avait-il attaqué? Quels ravages ferait-il? Mon dique dur serait-il détruit? Devrais-je acheter un nouvel ordinateur?
Michel Hubin, mon dévoué web-master/dépanneur est venu tenter de mettre l'infâme à la raison le 5 mars. Mais la bête était bien récalcitrante car il n'a pu terminer sa remise en état, condamné à revenir le 9. Bilan : l'ordinateur est toujours en vie, mes documents sont saufs, mais ma messagerie a totalement été détruite : courriels reçus, envoyés, et carnet d'adresses (environ 300), et ... la bête continue ses caprices divers. Michel devra encore revenir...
Cette information donnée, passons à mon actualité culturelle.
J'ai vu un excellent film : La mer à boire, de et avec Daniel Auteuil
J'ai beaucoup lu, en commençant par un livre pas vraiment récent (comme souvent!): La mort de Philae de Pierre Loti (1850-1923). C'était comme une manière d'accompagner mes amis Martine et Jean-Pierre Fournier, qui retournaient en visite dans ce pays, où ils s'étaient rendus il y a une vingtaine d'années. Dans cette série de textes, datant de 1907, l'auteur dresse un tableau assez terrible des premiers ravages touristiques à Louxor. Je cite :
" Ce que l'on aperçoit de deux lieues, ce qui domine tout c'est Winter Palace, un hâtif produit du modernisme qui a germé au bord du Nil depuis l'année dernière, un colossal hôtel, visiblement construit en toc, plâtre et torchis, sur carcasse de fer. Deux ou trois fois plus haut que l'admirable temple pharaonique, son impudente façade se dresse, badigeonnée d'un jaune sale. Et il suffit d'une telle chose, bien entendu, pour défigurer pitoyablement tous les entours : la vieille petite ville arabe a beau être encore debout, avec ses maisonnettes blanches, son minaret et ses palmiers : le célèbre temple, la forêt des lourdes colonnes osiriennes, a beau se mirer comme autrefois dans les eaux de son fleuve, c'est fini de Louxor!
Et quelle affluence de monde ici! Quand au contraire la rive d'en face semble restée si absolument désertique, avec ses étendues en sable d'or et, à l'horizon, ses montagnes couleur de cendre rose que l'on sait pleines de momies.
Pauvre Louxor! Tout le long des berges il y a une rangée de ces bateaux touristes, espèces de casernes à deux ou trois étages, qui de nos jours infestent le Nil depuis le Caire jusqu'aux cataractes - et ils sifflent, et leurs dynamos font un intolérable vacarme trépidant... Où trouver pour ma dahabieb une place un peu silencieuse, que les fontionnaires de l'agence Cook ne viennent pas me disputer?
On n'aperçoit du reste plus rien des palais de Thèbes, où je me rendrai au déclin du jour. Nous en sommes moins près que cette nuit; l'apparition, pendant notre trajet matinal, a peu à peu reculé dans les plaines dévorées de lumière. Et puis Winter Palace et toutes les bâtisses neuves du quai sont là, qui bornent la vue."

Pour qui ne connaîtrait ce Winter Palace, en voici une photo que j'ai prise un siècle plus tard:


On en trouvera d'autres dans la rubrique Voyages de ce site.
Histoire de me dédouaner auprès du fantôme de Pierre Loti, j'avoue voyager assez peu (seulement lorsque quelques amis m'entraînent dans leur sillage!), découragée moi aussi par la surpopulation touristique, par le rythme frénétique. C'est que j'aurais aimé moi aussi être de ces écrivains voyageurs des siècles précédents, qui prenaient leur temps, tenaient leur journal, parfois illustré de dessins. Le dernier de ces écrivains voyageurs est, selon moi, Albert T'serstevens (1885-1974), dont la compagne Amandine Doré (petite-nièce du grand Gustave Doré) illustrait les textes d'une plume charmante. Ils cédaient aussi à la photographie, mais en noir et blanc... C'est dans ces pages (et le magnifique film de Visconti, adapté du Guépard de Tomasi di Lampedusa) que j'ai eu envie de visiter Venise, et la Sicile (où j'eus le bonheur de me rendre en voyages de noces).
Durant cette pénible panne informatique, j'ai vu des amis, que j'ai parfois convié à m'accompagner au château de St Pierre de Varengeville où l'exposition de Philippe Garel (déjà évoquée dans cette rubrique) est encore visible jusqu'au 31 mars :

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Merci à Geneviève Seminel qui a pris toutes ces photos, ainsi que celles des poupées de mon enfance pour lesquelles j'ai récemment créée de nouvelles tenues:


Ne croirait-on pas quelque mise en scène d'une pièce théâtrale de mon crû : Le mariage de Boucle d'or et du dernier roi d'Afrique?
Mes deux ours ont également posé:


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Michou et Popov

... ainsi que ma toujours curieuse Mira de Courtequeue


Revenons- en à mes lectures:
quelques romans à caractère historique:
- La Canarienne d' Yves Jacob, qui conte, de manière romancée, l'épopée du normand Jean de Béthancourt et de Gadifer de la Salle aux îles Canaries (alors nommées îles Fortunées) en 1402.
- Le Testament d'Olympe de Chantal Thomas, dont j'avais déjà beaucoup aimé Les Adieux à la Reine (qui lui valut le prix fémina en 2002, et dont une adaptation nous sera bientôt proposée au cinéma, avec la belle Diane Kruger dans le rôle de Marie-Antoinette).
- L'Incroyable histoire de Mademoiselle Paradis de Michèle Halberstad
Egalement deux biographies de personnages plus contemporains:
- Alabama Song de Philippe Leroy, écrit sous la forme d'un journal qui aurait été tenu par Zelda Fitzgerald (1900-1948). L'auteur reçut, pour cet ouvrage, le prix Goncourt 2007
- Les Femmes du braconnier de Claude Pujade-Renaud, qui prête sa plume (magistrale!) à divers personnages contant l' histoire d'un trio tragique : Sylvia Plath (1932-1963) Ted Hughes (1930-1998) et Assia Wevill (1927-1969).
Je suis également retournée à un de mes auteurs de prédilection: Anne Wiazemsky, dont j'ai lu Jeune fille, continuant cependant à préférer, de cet auteur, les livres où elle met en scène ses ancêtres russes : Une poignée de gens et Aux quatre coins du monde.
Et puisque, par cet écrivain qui est aussi comédienne j'en reviens au cinéma, j'ai regardé, à la télévision, le téléfilm américain La Fille sauvage, adapté du roman éponyme de Jim Fergus, dont j'avais déjà apprécié Mille femmes blanches.
Restons-en aux Américains : j'ai reçu un courriel d'un inconnu du Kansass, que la lecture de ma rubrique Repas de noces à Yport avait réjoui. Cette toile d'Albert Fourrié (1854-1937) ne lui était pas inconnue puisqu'il la vit là où elle est accrochée : au musée des beaux-arts de Rouen.
Je vais d'autant plus précieusement conserver ce courriel que la remise en service de ma messagerie est très récente. J'essaie de me consoler quant à la disparition de tous les courriels arrivés ou envoyés avant la panne du 26 février, en me disant que, ne pouvant plus consulter ces traces passées je ne peux dorénavant que vivre au présent ou tournée vers l'avenir. Il va falloir m'adapter car ce n'est pas ma nature profonde (comme on en aura jugé en voyant les photographies des ours et poupées de ma si heureuse enfance!)


23 février 2012

Comme souvent je pensais consacrer cette actualité aux livres lus, aux films vus.
Mais je viens d’apprendre la mort de ma tante, et c’est un peu comme si ma mère mourait une seconde fois.
Les voici ensemble à un Banquet des vieux, du temps où elles ne l’étaient pas encore.


La brune, qui vient de s’éteindre, était née en 1915, et ma mère en 1913.
Leur mère était également morte un mois de février, en 1921


14 février 2012

L’actualité, ce fut surtout ça…

… qui m’empêcha, entre autres divertissements, de retourner, avec mes amis de Lintot, voir le château de Saint Pierre de Varengeville et sa très belle expo (voir actualité du 13 janvier) :


Mais, ayant fait des réserves pour mes chats et moi-même, je ne fus pas à plaindre, cloîtrée dans un appartement très bien chauffé, n’ayant nulle obligation professionnelle de sorties (puisque je suis en retraite !).
Et enfin le dégel arriva hier.
C’était une bonne nouvelle, que vint en assombrir une fort triste : la mort de Robert Labaye, foudroyé par un cancer à 55 ans.
François Vicaire lui rend ci-dessous un vibrant hommage :

La disparition de Robert Labaye
Une alerte s'est éteinte …

Robert Labaye était un homme de choix et de volonté. Le choix justement d'assurer jusqu'au bout ses fonctions de directeur d'une maison qui lui devait tout et à qui il avait tout donné et la volonté de garder avec une crânerie exemplaire un ton et une présence qui le préservaient d'apitoiements qu'il refusait.
C'était aussi un homme de caractère et d'engagement. Dans sa lettre mensuelle qui, dans son style et dans ses intentions, échappait totalement à la simple circulaire promotionnelle, il ne faisait pas l'économie de ses opinions. Les réflexions auxquelles il se livrait étaient de véritables « éditos » et dépassaient bien souvent, pour ne pas dire toujours, le cadre de ses fonctions pour prendre un tour politique qui était un bel exemple de cette liberté de pensée qu'il revendiquait.
Il était resté fidèle à des aspirations sociales qu'il défendait sans discontinuer et aux perspectives généreuses et militantes qu'il s'était une bonne fois pour toute assignées. Il était de ceux qui s'engageaient et qui se battaient non seulement pour la culture mais aussi, et surtout, pour l'idée que l'on devrait toujours s'en faire et la manière dont il faudrait toujours la défendre.
Il était, dans ce domaine, sans concession.
Dans la vie, c'était l'homme le plus ouvert et le plus attentif qui soit, même si son honnêteté et son expérience ne lui interdisaient pas de porter des jugements d'une lucidité dont seul l'humour qu'il maniait parfaitement lui permettait d'en atténuer la rigueur.
Ses saisons du « Rive Gauche » étaient exemplaires de sa détermination à faire – suivant en cela une philosophie qu'il avait acquise à Maxime Gorki – une culture pour tous qui ne soit pas pour autant n'importe laquelle et pour n'importe qui.
La danse, on le sait, tient une place prééminente à Saint- Etienne du Rouvray, mais elle n'empêchait nullement Robert Labaye de construire des programmations très ouvertes, profondément originales, d'un éclectisme raisonné et d'une tenue qui faisait honneur à sa profonde connaissance du métier et au respect qu'il avait pour ceux qui l'exercent. Il faut noter d'ailleurs que le « Rive Gauche » est une des rares structures de l'agglomération à accueillir d'une manière régulière de nombreuses compagnies régionales. Grâce à la chaleur de son attention et de celle de toute une équipe qu'il avait su fraternellement réunir autour de< lui, elles y ont toujours trouvé – et y trouveront encore, il faut l'espérer - tout à la fois une assise et un tremplin dont beaucoup ont profité. La vie culturelle de l'agglomération, dans son développement et dans ses aspirations, lui doit beaucoup. Comme quelques autres, il s'est employé à la développer dans le sens d'une qualité qui ne soit pas un opportunisme et d'une action qui ne soit pas un moyen personnel. En fait, notre ami Robert était un regard et ce regard était une alerte. Son souvenir nous demande de rester vigilant !
François Vicaire
Une cérémonie aura lieu au Funérarium du cimetière monumental de Rouen Samedi 18 février à 9 heures. L'après-midi, un hommage lui sera consacré à 14 heures< au Rive-Gauche.


3 février 2012
Toujours concernant les mauvaises plaisanteries sur Internet on me précise qu’existe un autre site pour vérification : www.hoaxbuster.com. Celui que j’ai signalé dans ma précédente actualité ne concernait que celles produites en France.
Quant au cinéma, j’ai vu: The Descendants, que j’ai trouvé excellent, et The Artist, qui m’a paru bien « rafraîchissant » après les trois films précédents, très sombres… Nous avons besoin des reflets de notre monde endurci, mais nous avons également besoin de plaisirs aussi simples que des contes, aussi délicieusement désuets et candides que les films muets originels.
Notre région étant jusqu’à présent épargnée par la neige et les froids extrêmes, j’ai pu, cette semaine, me rendre à Honfleur, chez Simonne Lhermitte, qui nous prépare une exposition sur laquelle je reviendrai ultérieurement, comme chez mes amis de Lintot, avec lesquels j’ai visité, à Dieppe, la villa Perrotte, qui, du nom d’un ancien maire (pour lequel elle fut construite en 1928, par l’architecte Georges Feray), est depuis peu une galerie d’art ouverte au public. Située rue Jules Ferry, dans un alignement de villas 1900, évidemment tarabiscotées (d’où avaient dû sortir quelques protestations scandalisées quant à l’architecture géométrique, épurée, de leur nouvelle voisine !) elle a conservé intacts tous ses décors, dont un grand vitrail géométrique de trois couleurs et les marbres sculptés de ses cheminées. Pour plus d’informations : 02 35 86 94 18 ou www.villaperrotte.fr


26 janvier 2012

D’abord une grosse et triste colère : j’ai été une nouvelle fois victime de ma … compassion naturelle, car j’ai reçu, et fait suivre à de nombreuses personnes, l’appel d’une mère dont la fille adolescente avait disparu depuis 2 semaines et qui demandait la large diffusion de l’information, photo à l’appui, dans l’espoir de la retrouver. Un de mes destinataires m’a appris que c’était encore une de ces blagues cruelles circulant sur internet. JE NE COMPRENDS PAS. Quel plaisir pervers peuvent trouver leurs auteurs à pareillement affabuler ? Comme si le monde actuel n’était pas assez terrible et qu’il faille en remettre quelques couches… Je sais à présent qu’il faut, d’emblée, douter et vérifier toute information. Il existe un site pour cela, que je précise aux naïfs de mon espèce, afin qu’ils ne se fassent pas piéger comme moi : www.hoaxkiller.fr
Ceci étant, je m’absous de mon erreur car je préfère être du parti des candides que des blagueurs cruels…
A présent, calmons-nous, j’ai deux films à conseiller à mes internautes : J.Edgar de Clint Eastwood et Une vie meilleure de Cédric Khan (le second montrant bien la cruauté du monde actuel ci-dessus évoquée).


22 janvier 2012

Un excellent film vu le 17 avec Claude Duty : Parlez-moi de vous de Pierre Pinaud avec Karin Viard
Et le 21 j’ai accompagné Claude à la très belle bibliothèque Simone de Beauvoir de Rouen, pour qu’il y présente (en place d’Ingrid Gogny qui avait un empêchement familial) une sélection d’extraits (18) de films (13) où la littérature, les livres, les bibliothèques tenaient une place importante. Le choix d’Ingrid (réalisatrice et productrice), le montage qu’elle avait préparé était excellent, et le public ne s’y est pas trompé, qui apprécia beaucoup ce patchwork.
Ingrid (aussi rouennaise que Claude l’est toujours et que Karin Viard le fut, tout comme) récidivera en février et en mars, sur les thèmes de l’utopie et de l’adolescence.
Quant à Claude, il se prépare pour le prochain festival de Clermont-Ferrand :


Côté vernissage je m’en fus, toujours, avec Claude, à celui de Bonsecours, où, en avance, nous avons fait un crochet par la basilique Jeanne d’Arc, où nous n’étions pas retournés depuis longtemps. Nous espérions également visiter le cimetière proche, accroché à la colline et où repose José-Maria de Hérédia, mais il venait de fermer.
Pour continuer sur le thème vernissages, voici ceux auxquels j’assisterai bientôt:



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Ma prochaine actualité devrait encore être très cinématographique car les séances seront à 3 euros durant toute la semaine qui s’ouvre demain, et ce dans toutes les salles de Seine-Maritime, grâce au conseil général, qui soutient cet art. Nul doute que je verrai plusieurs films !


13 janvier 2012

Cinéma : j’ai vu :
- Le Havre d’Ari Kaurismaki, cinéaste finlandais bien connu dans notre région grâce au défunt festival de cinéma nordique.
- Une nuit de Philippe Lefebvre.
Je conseille vivement l’un et l’autre (dans des genres bien différents). Mais on peut se passer de La délicatesse et Les lyonnais, que j’ai également vus.
Quant aux expos, j’en signale deux en cours, du photographe Pierre Olingue :




Et je rentre d’en voir une autre, de Philippe Garel, artiste qui m’était inconnu…


… et dont les œuvres sont véritablement époustouflantes, qu’elle soient picturales, en terre cuite ou en métal. Je conseille chaudement cette exposition, d’autant qu’elle se double de la re-découverte du château de Saint-Pierre de Varengeville, et son parc, somptueusement restaurés :


Ce fut une bien belle promenade, par cet hiver si clément, où la température et le ciel bleu semblaient s’être trompés de saison !
J’espère un aussi beau temps, pour me rendre, le 15 janvier, au 19° salon du document ancien (ouvert de 9h à 18h) organisé, dans l’ancien casino de Bonsecours, par l’association Panorama (pour la sauvegarde et la valorisation de la côte Sainte Catherine). On y trouvera, outre les livres, gravures et cartes postales, une exposition sur la ligne de tramway entre Rouen et Bonsecours, qui remplaça, à dater de 1899, le funiculaire, en service depuis 1892. Ce tramway fonctionna jusqu’en 1953. Sur une partie du trajet de cette ligne abandonnée (Eauplet/Bonsecours) on peut à présent randonner.
En préambule à ce salon, un ami bouquiniste m’offrit cette semaine un livre amusant : Les Incarnations de Madame Bovary, de Odette Pannetier, Francis Carco, G. de La Fouchardière, J. de Lacretelle, J. Sennep. Publié en 1933, par Roger Dacosta, pour le laboratoire de l’Hépatrol, il me semble surtout valoir par les illustrations, nombreuses, dans le corps des textes ou en pleine page. Cinq illustrateurs avaient été également sollicités : Joseph Hémard André Galland Auguste Roubille Hellé Hamon J. Sennep (ce dernier illustrant son propre texte). Voici trois des illustrations pleine page :


Joseph Hémard



André Galland



Auguste Roubille

Tous ces auteurs et illustrateurs, nés à la fin du XIX° siècle sont à présent disparus. A ma grand honte je ne connaissais aucun des seconds, et j’ignorais tout de trois des auteurs. Je possède un seul ouvrage auquel participa Jacques de Lacretelle. Il me fut offert par mon frère (qui connaissait bien mes goûts) pour mon 18° anniversaire :


J’avais découvert avec passion les civilisations antiques dès mes premières années de lycée, mais je dus attendre 1969 pour aller en Grèce (où je retournais en 1970,1971,1976 et 2008), 1973 pour me promener dans les ruines d’Herculanum et Pompéï (pour lesquelles la lecture de Gradiva de Wilhelm Jensen avait encore aiguisé mon appétit) et 2008 pour séjourner à Louksor. On peut retrouver récit et photos de ces pérégrinations sur ce même site, à la rubrique voyages.
De J. de Lacretelle, je me souviens également avoir vu à la télévision une adaptation de son roman La Bonifas, faite par Pierre Cardinal en 1968. La sombre héroïne était incarnée avec vigueur par Alice Saprich (1916-1990), une comédienne dont le 1er rôle au cinéma fut celui de Catherine de Médicis dans La Reine Margot de René Lucat (1961) et le dernier, pour la télévision, le rôle-titre de … Catherine de Médicis d’ Yves-André Hubert (1989).
Voici donc un hasard qui introduira parfaitement deux photos que je viens de recevoir, prises au château d’ Etelan le 2 octobre 2011, alors que j’incarnais moi-même cette fascinante reine…


cop. Dominique Dudouble
… accompagnée au piano par Philippe Davenet


cop. Dominique Dudouble
… lequel, Philippe Davenet, découvrit récemment que la construction de l’hôtel d’Aligre, où il vit, fut ordonnée par Guillaume Fieux, qui, entre autres fonctions, occupa celle de secrétaire de … Catherine de Médicis !
Nul doute que le fantôme de Catherine nous surveille ! Essaierons-nous d’entrer en communication, par table tournante interposée ? Il faut que j’en souffle l’idée à Françoise Boudier, notre si charmante hôtesse d’Etelan…


1er janvier 2012

C’est fait : le cauchemar de la gabegie générale est derrière…
Comme chaque année j’avais décidé d’ignorer les fêtes de fin d’année, vivant en recluse à partir du 21 décembre.
Pourquoi cette date précisément ? Parce que le 20 une fête moins traditionnelle et non planétaire avait lieu, où je tenais à être présente : celle de la vente-dédicace du C.D. de Philippe Davenet à l’Académie de Rouen.


Ce fut un beau succès. Que ceux qui ont raté ça en se disant, peut-être, qu’ils achèteraient ce CD dans le commerce (où il ne sera pas !) se pressent de joindre sa productrice (annick.campin@wanadoo.fr) car le stock va très vite être épuisé.
Je restais donc bouclée chez moi jusqu’aux (croyais-je) premiers jours de 2012. Mais le cher Philippe sut forcer ma porte en s’invitant pour un thé le 29 décembre, et Claude Duty sut me faire franchir cette même porte le 30 en m’invitant au cinéma pour voir : Hugo Cabret film en 3 D de son … sosie Martin Scorcese. Ce fut un enchantement, pour lui comme pour moi. Tous les ingrédients étaient réunis pour me plaire : l’histoire n’était pas contemporaine, elle se déroulait dans une gare (lieu de rêves par excellence), on y voyait, en personnages annexes, un vieux libraire (qui n’était pas sans me rappeler celui de mon enfance, monsieur Durvie, ouvrant pour moi seule sa boutique le jour de sa fermeture hebdomadaire), un collectionneur passionné de cinéma, un marchand de confiseries et d’automates, qui se révélait bientôt être Georges Méliès (1861-1938). Ce film (tiré d’un roman pour enfants de Brian Selznick titré L’invention de Hugo Cabret, paru aux USA en 2007, en France en 2008), est d’ailleurs un monument élevé à la gloire de Méliès. Je le conseille vivement, et pas seulement aux enfants (même si Scorcese dit l’avoir réalisé à la demande de sa fille de 12 ans). De retour chez moi pour déjeuner, Claude et moi nous sommes penchés sur un livre que j’ai depuis fort longtemps : Les Automates de Jean Prasteau , paru en 1968 :


Nous y avons retrouvé deux belles mécaniques de Jean-Frédéric Leschot nommées L’Ecrivain et Le Dessinateur, ancêtres (du XVIII° siècle) de l’automate qui est la clef du mystère de ce film.
Je n’ai jamais possédé d’automates aussi sophistiqués que ceux figurant au musée de Neuchatel (Suisse, le Neufchâtel de Normandie étant plutôt spécialisé dans le fromage), mais j’ai eu quelques boîtes à musique, souris mécaniques (pour distraire mes chats) et (toujours en ma possession) une poupée capable de marcher. Il y fallait une clef, bien sûr, que j’ai évidemment gardée même si le mécanisme de la poupée ne fonctionne plus. Je dois même encore avoir, dans cette collection de clefs (de quoi n’ai-je pas de collection ? On se le demande) celle d’un petit yacht blanc et rouge ayant appartenu à mon frère, et que nous faisions naviguer sur l’eau du lavoir de ma maison natale. Quand le bateau s’immobilisait au centre du lavoir (alimenté par une source rejoignant la Risle, et soigneusement dallé des siècles auparavant car ma maison avait été édifiée sur un ancien Hôtel-Dieu médiéval), quelque adulte devait chausser des cuissardes pour nous le récupérer. Le petit bateau a hélas disparu (son ventre peut-être ouvert par son propriétaire qui tenait toujours à savoir comment les objets fonctionnaient ?)
Ce film m’ayant entraîné vers les livres, j’évoquerai celui que m’a récemment offert Philippe, et que j’ai évidemment lu immédiatement :


On sait que j’apprécie Guy de Maupassant, on sait peut-être moins que j’apprécie tout autant son contemporain Gustave Caillebotte (1848-1894) sur lequel je possède un bel ouvrage, que m’offrit … un autre peintre : Daniel Caplain :


D’un peintre à un autre : je rappelle que l’exposition d’ Annie-Claude Ferrando à Sainte-Geneviève-des-bois n’est pas terminée et que ceux qui y ont admiré ses œuvres pourront la rencontrer lors du vernissage décalé du 7 janvier :


De retour en Normandie elle viendra chez moi dès le 8, tirer les rois, puisque, ressuscitant à l’Epiphanie, j’ai coutume de réunir mes amis pour l’occasion, autour de délicieuses galettes.
Ces galettes furent le gâteau que préférait faire mon père, pour une raison que j’ignore. Mais je sais bien pourquoi ceux qu’il détestait édifier étaient les pièces montées : il s’y brûlait toujours les doigts avec le sucre bouillant dont il devait coller les choux ! Pour ceux qui seraient curieux de cette pâtisserie où je suis née, je rappelle mon site autobiographique, constitué à partir de photos : http://passage-du-temps.fr
J’allais oublier :
Bonne année !