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ACTUALITE 2011

11 décembre 2011
Je n’en ai pas fini des rencontres de hasard de ce samedi 12 novembre… Un arbre étonnant…



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… que j’ai déjà signalé à l’association Arbres remarquables (www.arbres.org), qui avait labellisé les 3 tilleuls du château d’Etelan en septembre.
Et un charmant village (Gonzeville), avec église et maisons… remarquables…

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… ainsi qu’une ancienne école devenue musée, et où, chaque année, les volontaires peuvent passer ou repasser leur certificat d’études. Je devais me risquer à l’épreuve (2/3 décembre), mais le déluge qui n’a pas cessé ces jours-là m’a découragée de faire cette sortie campagnarde (j’ai seulement sacrifié au proche salon du livre pour la jeunesse, où j’ai réussi à résister à toute tentation !).
Quant au cinéma, j’ai enfin vu Toutes nos envies, qui est aussi excellent que je le supposais. Mais j’aurais dû ne pas céder à … l’envie de voir Contagion, qui n’est qu’une de ces grosses machines américaines, dont on peut se passer.
Côté littérature j’ai évidemment relu le recueil de nouvelles d’Anne-Marie Damamme, le jour-même de son inhumation


Mais je n’ai, depuis, rien lu d’autre, comme si un répit, un « sas de décompression » m’était nécessaire après la mort de cette consœur.
J’ai préféré continuer mes ouvrages de couture, qui devraient m’occuper bien au-delà de cette période honnie de gabegie festive, que je boude chaque année. Cette activité a cependant un point commun avec Noël : j’ai ressorti ma collection de jouets, et c’est sur mes nounours (2) et poupées (8) que j’exerce mes talents, restaurant les parties usées des nounours, et rhabillant les poupées. L’ours Popov est déjà restauré – et plus élégant qu’avant, et 3 des poupées arborent de nouvelles tenues, où ne manquent pas d’excentriques chapeaux. Ces travaux suscitent un grand désordre, car j’ouvre des cartons, des valises, des boîtes, pour y puiser des coupons de tissus, des rubans, des fleurs artificielles , de la passementerie. Mais j’ai une aide (dont je me passerais bien !) : l’espiègle Mira, qui me vole régulièrement rubans et fleurs en tissu, fait rouler mes bobines. Elle préfère nettement me voir à cette activité qu’à la lecture. Et pendant qu’elle s’acharne sur moi, Cyber peut dormir tranquille…
Je ne terminerai pas ces nouvelles sans rappeler mes internautes au rendez-vous du 20 décembre à l’Académie de Rouen (rue Beauvoisine) : Philippe Davenet y présentera/vendra (15 euros) son C.D. tout neuf (où il a mis son talent au service de Rameau Chopin Ravel Debussy Satie), en compagnie de sa charmante productrice Annick Campin, de 17h à 19h30. Pour ceux qui rateraient cet unique rendez-vous, ils pourront toutefois commander l’objet à Philippe ou Annick (annick.campin@wanadoo.fr ou campin.annick@wanadoo.fr).


2 décembre 2011

Une vieille dame, veuve depuis longtemps, est morte cette semaine, dans sa jolie maison de pierres. Le lieu avait été nommé La closerie, sans doute par esprit de contradiction, car la grille du jardin était toujours ouverte aux visiteurs, aux chats en vadrouille. Dans cette maison (qui, en 1960, avait servi de cadre au film L’ours et la poupée), elle avait élevé ses quatre filles et ses deux garçons. Ce qui aurait pu suffire à emplir sa vie. D’autant que trois petits-enfants étaient venus continuer la lignée.
Mais Anne-Marie Damamme avait un autre centre d’intérêt, ainsi qu’elle l’a résumé elle-même dans un annuaire d’auteurs : uniquement le plaisir d’écrire (j’admire cet uniquement , qui remettait, poliment, au singulier, le centres d’intérêt proposé au pluriel par les éditeurs de l’annuaire !)
Nous nous étions donc rencontrées, à plusieurs reprises, dans des salons littéraires, où chez elle, car elle était aussi l’aimable voisine de mon plus ancien ami, celui qui me donna le goût du théâtre dès le lycée où nous nous étions connus. Dans son salon, autour d’un thé accompagné de scones (elle ne cachait pas son goût pour l’Angleterre), il y eut même une agréable soirée de lectures théâtrales.

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Quand je la rencontrais à l’extérieur, elle portait généralement un chapeau, ayant ce goût, à présent bien démodé de ne pas sortir en cheveux. C’était un goût qui nous était commun et elle me dit un jour, dans un sourire, que nous devions sûrement être surnommées, dans ces salons littéraires, les dames au chapeau.
Oserai-je, aujourd’hui qu’il y aura foule autour de son cercueil, dans la si jolie église de son village, oserai-je porter ce chapeau rose fushia, que j’ai récemment agrémenté de dentelle violette, et donc à présent assorti à mon manteau violet, gansé de ce même rose percutant, au col et aux revers des manches ? La tenue serait d’une excentricité tout anglaise, et ce serait manière de lui rendre hommage. Mais ne serais-je pas terriblement shocking pour cette ultime cérémonie où la tradition (qu’aimait également Anne-Marie) veut que le noir, le sombre, les ténèbres soient de bon ton ?
Las, les ténèbres, Anne-Marie y est pour l’éternité, alors que ma tenue pourrait aussi lui rappeler les roses impérieuses et les violettes discrètes de son jardin, qu’elle a tant aimé…


26 novembre 2011

Nous n’étions pas nantis de nos appareils photos lors de notre promenade du 12 novembre. Mais Jean-Pierre Fournier retourna ensuite sur les lieux, et je peux donc illustrer, avec quelque retard, cette promenade. En commençant par un beau jeu de pierres et silex dans ce qui fut le rempart de Longueil :


Ce mur a été récemment restauré avec l’aide du Conseil général, qui n’a pas hésité à … défigurer cette restauration par une pancarte plantée là comme un trophée guerrier :


Ce joli village, où coule la Saâne, n’est qu’à 3km. de la mer (et à 15 de Dieppe). Mais il existe également une ville canadienne nommée Longueuil (au fil du temps et d’un océan traversé l’orthographe varia). En effet un certain Charles Lemoyne, né en 1626, d’un père aubergiste à Dieppe et d’une mère originaire de Longueil, s’embarqua pour la Nouvelle-France dans sa quinzième année. Il fut donné (tel était le terme) à une tribu huron, avec laquelle il vécut quatre années, afin de devenir truchement (= interprète). Il continua sa carrière en garnison à Trois-Rivières, puis se fixa à Ville-Marie (= Montréal). Annobli par Louis XIV en 1668, Charles Lemoyne de Longueuil acquit des terres, et lorsqu’il mourut (1685) il était le plus riche citoyen de la ville. Son corps repose dans la crypte de l’Eglise Notre Dame de Montréal. Ses descendants s’illustrèrent également, l’un d’eux fondant la Louisiane - dont une amie m’envoya cette photo il y a quelques mois :


Il avait été précédé, dans son rôle de truchement, par un autre adolescent : Etienne Brûlé (probablement né et mort aux dates incertaines de 1592-1632, embarqué avec Samuel de Champlain à Honfleur). L’un et l’autre, comme nombre d’autres intrépides aventuriers sont toujours célébrés au Canada. Pourquoi donc en est-on aussi oublieux en Normandie ? Si les internautes sont curieux de mieux connaître ces divers personnages, je les renvoie, sur ce même site, à ma rubrique Dieppe et le Canada. Ils y trouveront moult renseignements, collectés par les élèves de mes derniers ateliers d’écriture et leurs enseignants Jean-Pierre Fournier et Sébastien Pagnier
Notre Normandie étant semée de châteaux, en voici encore un, proche de Longueil…


… et son colombier :


Ce 12 novembre, je remportais de chez mes amis, outre des pommes de leur verger et des confitures maison, un livre dont s’était débarrassé une … bibliothèque (justifiant cette protestation déjà ancienne, d’un célèbre poète : Oh conservateurs qui ne conservaient rien) et qu’ils me prêtaient, connaissant notre commun intérêt régional : Comment j’ai vu 1900 signé Comtesse Jean de Pange (née Princesse Pauline de Broglie, 1888-1972). Il y était question de Dieppe, station balnéaire alors à la mode. Mais aussi de Broglie, si proche de mon village natal, et pas très éloigné de Beaumesnil, où se trouve le plus beau château d’époque Louis XIII (qui me fut ouvert, en plusieurs occasions, pour des ateliers d’écriture, voir, sur ce site, la rubrique Méllicie Hallucine et, dans les textes d’ateliers, celui titré Le portrait) :


Je ne résiste pas au plaisir de recopier (à destination des toqués du portable, ce substitut de cordon ombilical, cette variante du bracelet électronique !) quelques lignes de ces souvenirs d’enfance de Pauline de Broglie (qui avait, entre autres aïeules Germaine de Staël), consacrés à l’installation du téléphone (cette nouveauté) à l’hôtel particulier (évidemment parisien) de ses parents, vers 1896-1898 :
L’appareil fut posé chez nous dans un salon de passage. Il était en bois de palissandre et fut cloué au mur. Il ressemblait assez par sa forme aux petites boîtes distributrices de papier hygiénique dans les W.C. Il y avait deux écouteurs pendus à des crochets de chaque côté, et, au centre, un bouton sur lequel on appuyait pour obtenir la communication avec le poste central. Et cela de plus en plus rageusement car la réponse était lente à venir. On parlait devant une petite planchette que ma mère essuyait soigneusement « pour enlever les miasmes » disait-elle, après chaque conversation. La sonnerie était déchirante et s’entendait dans toute la maison. Mais on ne courait pas au téléphone ! Un domestique était préposé à ce soin, décrochait l’écouteur, s’informait de ce qu’on désirait et allait chercher la personne demandée.
J’entendais de ma chambre la sonnerie et l’étrange appel, de sonorité si exotique : Allo ! Allo ! que ma mère s’efforçait de prononcer à l’anglaise : Heuloh ! Heuloh ! Naturellement il n’y avait pas d’annuaire, puisqu’il n’y avait pas de numéros. La demande était directe et c’était de continuelles batailles avec les « Demoiselles du téléphone ».
Après une demie-heure d’énervement et de discussion ma mère en prenait des crises de nerfs et des migraines mais elle y revenait toujours, tandis que ma grand-mère ne voulait même pas approcher l’appareil. Elle avait horreur de cette manière de se parler sans se voir.
J’ajouterai que, bien après 1900, jusqu’à ma vingtième année il ne m’a pas été permis de décrocher moi-même l’écouteur ! Une jeune fille bien élevée ne répondait au téléphone que lorsqu’on se fût bien assuré de l’identité de la personne correspondante. Un jeune homme de bonne éducation ne se serait jamais permis d’appeler une jeune fille au téléphone sans passer par ses parents.

Le téléphone a bien changé depuis ces débuts, et les mœurs tout autant. Mais, pour ma part, je suis demeurée comme la grand-mère de la narratrice : j’ai horreur de cette manière de se parler sans se voir !
Pour en rester au chapitre des souvenirs, de la mémoire, je signale cette exposition :


Je n’irai pas la voir car elle est un peu trop éloignée de mon domicile : malgré le nom bucolique de la ville où elle se tient – Sainte-Geneviève-des-bois
– elle est en périphérie parisienne.
Mais je ne manquerai pas de hanter, sur les quais de Rouen, ce prochain festival livresque :




21 novembre 2011

Cinéma : l’épisode pourrait être titré : détournement de film. Je souhaitais voir Toutes nos envies de Philippe Lioret dont j’avais déjà apprécié Welcome. Mais, au dernier moment, je m’en détournais pour Intouchables, annoncé comme une comédie – qui serait donc meilleur pour mon moral. La semaine suivante, j’étais décidée à en revenir à mon premier choix, mais j’en fus cette fois détournée par Claude Duty, qui m’emmena voir … Tintin. Choix étonnant pour qui me connaît : j’ai fort peu lu, dans mon enfance, les aventures de ce personnage, un garçon, essentiellement entouré d’hommes (Haddock, les Dupond-Dupont, Tournesol), et où la seule femme (Castafiore) était tournée en ridicule ; j’allais oublier le chien, mais c’est normal puisque j’ai toujours préféré les chats. Bref : Tintin ne me parut jamais écrit pour des filles. Je lui préférais nettement Les aventures de l’espiègle Lili dont, plus particulièrement Lili aux Indes
– que la lecture du second tome de Kénizé Mourad Le jardin de Baldapur me remit en mémoire. Une 3° fois je décidais d’aller voir Toutes nos envies. L’homme qui déchira mon ticket d’entrée me dit : « salle 4 ». Mais en salle 4, on projetait La femme du V°, dont je pris les premières images pour une des bandes-annonces. Quand je compris, il me parut impossible de ressortir pour chercher dans quelle autre salle (ce cinéma en compte 17) je devais me rendre : je perdrais trop de précieuses minutes. Je subis donc un film dont j’ignorais tout, mais qui ne m’a pas déplu. Je soupçonnais l’auteur d’être polonais, comme un de ses personnages, car ce film me rappelait un peu nombre de ceux que je vis toutes ces années (23) du défunt festival de cinéma nordique. Effectivement, c’est un film de Pawel Pawlikowsky, d’après un roman éponyme de l’américain Douglas Kennedy
Verrai-je enfin, cette semaine, Toutes nos envies ? Vous le saurez dans un prochain épisode…
Côté lecture, j’ai reçu en cadeau, 3 titres que je souhaitais lire :
Le poil et la plume d’Anny Duperey (dont je possède tous les titres précédents)
Une fois encore (sous-titré Mémoires) de Diane Keaton
Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan
Je n’ai pour le moment commencé que le premier cité, je reviendrai donc sur ces lectures ultérieurement.
Peinture et sculpture : je m’en fus samedi au vernissage du salon annuel d’Isneauville, dont les invités d’honneur sont Nicolas Odinet et Vincent Prieur :

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J’y ai également retrouvé avec plaisir les encres de Gérard Pelisse, dont celle intitulée Bibliothèque, qui ne pouvait que me séduire (mais dont le prix fut dissuasif à tout achat !).
On peut admirer toutes les œuvres de ce salon jusqu’au 26 novembre.
Théâtre ? Mais oui, j’ai également sacrifié à cet art :


Curieuse production, où le texte de Molière est absolument respecté, mais où le mélange d’un décor et d’une machinerie résolument contemporains, associé à des costumes et maquillage d’époque peut surprendre. Quant aux comédiens, ils méritèrent bien les applaudissements nourris qui terminèrent cette représentation.
Pour la circonstance, utilisant ce merveilleux courrier électronique (qu’on envoie sans sortir de chez soi acheter des timbres, trouver une boîte à lettres, et qui parvient aux destinataires aussi vite - mais en moins impératif - qu’un appel téléphonique) je leur avais envoyé ces deux images :
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La première est la pochette d’un calendrier (de 1965) comptant douze images (correspondant à 12 pièces de Molière), commandées à Jean Effel (1908-1982) pour assurer la publicité du … suppositoire Eucalyptine-aspirine-quinine des laboratoires Le Brun.
Et la musique, me direz-vous ? Hé bien non : aucun concert récemment. Mais je peux annoncer la sortie d’un C.D. très attendu de Philippe Davenet



… qui sert Chopin Satie Debussy Ravel (etc.) avec sa brillance coutumière.
On pourra l’acquérir très exactement le 20 décembre, entre 17h et 19h30, dans les salons de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, où le maître (actuel président de cette Académie fondée en juin 1744 sous l’égide de Fontenelle) et sa charmante productrice Annick Campin accueilleront le public.
Cette Académie est située au 190 de la rue Beauvoisine, dans les bâtiments qui furent un couvent de l’Ordre de la Visitation créé par Jeanne de Chantal grand-mère de Marie de Rabutin-Chantal, plus connue sous ses titre et nom d’épouse : Marquise de Sévigné. L’église catholique fit une sainte de Jeanne de Chantal, mais, personnellement, je lui décerne un … carton rouge, car elle n’hésita pas à abandonner ses cinq enfants pour répondre à l’irrésistible appel de Dieu. Le père de notre chère marquise, adolescent à ce moment crucial, s’était couché devant son indigne mère, déclarant qu’elle devrait lui passer sur le corps pour passer la porte, ce qu’elle fit sans hésiter. Cela lui vaudrait aujourd’hui quelque procès bien mérité. Mais, pour parodier un célèbre proverbe : L’église a ses raisons que la raison ne connaît pas.


14 novembre 2011

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Je suis donc allée à ce vernissage, y admirant les fort belles œuvres, mais ne pouvant en féliciter l’artiste, trop en retard pour que je l’attente (j’ai patienté 45 minutes sans qu’il paraisse).
N’ayant pu être présente au vernissage d’une expo photo à Maromme (puisque j’étais à celui du salon d’Elbeuf), je suis également passée la voir, hier. Et je conseille vivement de ne pas la rater (encore 2 week-ends pour l’admirer)…

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… d’autant qu’elle présente également une importante collection de caméras.
J’ai beaucoup lu également, puisant dans les provisions (de bouquins d’occasion) faites récemment. J’y avais fait un choix d’autobiographies :
- Une femme d’Egypte de Jehanne Sadate
- Mémoires d’outre-mère (sic) de Guy Bedos
- L’Américain de Franz-Olivier Giesberg
J’avais également choisi un polar me fiant à l’étiquette sélection 2008 du prix des lecteurs. C’était une erreur de jugement. Tout comme pour Sans sang d’Alessandro Baricco, dont j’avais tant aimé Novecento pianiste et, encore plus Soie.
De cette récente provende il me reste encore à lire L’Eté de Valentina de Rose Tremain, auteur que j’apprécie particulièrement puisque j’en ai déjà 5 autres titres dans ma bibliothèque :
- Le Don du Roi,
- Le Jardin de la Villa Mollini
- Musique et silence
- Les Royaumes interdits
- Les Silences

Et j’avais déjà feuilleté (pour les photos) les deux livres d’art faisant partie de ma récolte :
- France ma douce de Terence Conran, ce Britannique fondateur de la chaîne de magasins Habitat
- L’Art de vivre à Rome de Bruno Racine
A propos de Rome, je tiens à préciser comme j’ai vivement apprécié la manière dont ses habitants ont salué le départ de leur premier ministre tellement honni : avec un chœur chantant l’Alleluia de Handel. Il n’y a bien que les Italiens pour assurer les sorties politiques avec autant de goût et d’humour !
Par cet automne si clément (près de 20 degrés samedi) je suis également sortie de mon antre, pour visiter des amis, avec lesquels je me suis promenée sur la côte normande. Notre idée de nous rendre à Varengeville-sur-Mer n’était pas particulièrement originale car il y avait foule au célèbre cimetière marin, mais nous fûmes ensuite plus tranquilles dans les villages de Longueil et Ambrumesnil
Nous ne sommes pas allés jusqu’à Etretat, mais en voici tout de même une photo, pour la comparaison avec une carte postale, reçue récemment, du Portugal :

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9 novembre 2011

D’abord, et parce que je ne vois plus que l’humour pour nous alléger un peu des catastrophes économiques et financières dont est menacée l’Europe, cetrte lithographie :


Elle est signé Zouchet (illustrateur des années 1925/1950 semble-t-il) qui, pour cette oeuvre, était le publiciste du Glottyl, un sirop pour la gorge, d’où le titre faisant allusion à la voix : La voix de l’oracle. Je l’ai achetée, en même temps que trois autres (même série, même artiste), il y a quelques années au salon des vieux papiers de Bonsecours

Ma semaine passée eut une fin bien remplie, puisqu’en deux jours je m’en fus à :
- au vernissage du salon d’automne d’ Elbeuf, que je trouvais un peu décevant, mais où la tradition de pouvoir y acquérir, pour une somme très modeste (5 euros) une petite œuvre accolée au programme, était respectée. J’achetais donc une aquarelle me rappelant mon voyage au Sénégal :


- au salon du jouet ancien (Caudebec-lès-Elbeuf)…


…où j’allais surtout par nostalgie, et pour voir quels étaient les prix de ces jouets anciens, pour le jour (improbable ?) où je me déciderai à vendre les miens. Hélas, si je me suis régalé les yeux, je n’ai pu les poser sur aucune étiquette. J’en conclus que ce devait être à la tête du client, et/ou qu’il faudrait marchander, une pratique qui se généralise de plus en plus. Hélas, je ne sais absolument pas marchander, raison pour laquelle je n’ai rapporté aucun souvenir de voyage du Sénégal, ni d’Egypte. Aucun souvenir monnayable en tout cas, car j’ai toujours, du Sénégal, l’épi de mil offert par le chef du village de Badoudou, quelques coquillages, un fruit de baobab (qui a eu la délicatesse de ne pas pourrir mais dessécher), et un fragile nid de tisserins, que je n’ai évidemment dérobé à aucun oiseau car il était tombé à terre, vide d’occupants. Lui aussi a séché, au voisinage d’une photo découpée dans une revue (pardon à l’auteur de ne pouvoir rapporter ici son nom, faute de le connaître) :


- une vente de livres d’occasion du Secours Populaire (hall des cinémas Gaumont de Grand-Quevilly), où j’ai acheté dix bouquins (je reviendrai sur le sujet ultérieurement)
- un salon du polar (Franqueville St Pierre)



Quand au cinéma, j’ai vu, comme prévu La Source des femmes de Radu Mihaileanu, que j’ai beaucoup aimé car je suis une inconditionnelle de ce réalisateur. J’ai vu, également, à la télévision, un film que je regrettais d’avoir raté au cinéma : La vague de Denis Gansel, sorti en 2008. Il n’a rien perdu de son actualité…

Pour la présente semaine, j’ai déjà eu une extraordinaire surprise, sous forme d’un cadeau offert par Philippe Davenet. Historique (et on verra que l’allusion à l’Histoire n’est pas fortuite !) : cet ami regardait divers flacons dans une parfumerie, et comme il en remarquait plus particulièrement un, pour sa jolie forme, le vendeur lui précisa que le contenu valait le contenant car il s’agissait du parfum qu’utilisait … Catherine de Médicis ! Ce nom fut comme un sésame : Philippe acheta le flacon, sans même demander à le respirer. Il est fabriqué à Florence, à l’Officina profumo Santa Maria Novella, fondée en … 1612. On nous opposera peut-être qu’à cette date Catherine de Médicis était morte ? Certes. Mais avant la fondation de cette maison, la parfumerie était l’affaire de la pharmacie du couvent Santa Maria Novella, construite au 13° siècle, sur l’emplacement de l’ancien oratoire Santa Maria delle vigne, qui datait du 9° siècle. Les anciens bâtiments du cloître jouxtant cette église renferment d’ailleurs un musée de la pharmacie-parfumerie. Nul doute donc que ce parfum (modestement titré Acqua di Colonia) fut bien celui de Catherine de Médicis. Cela me trouble, car ce parfum me la rend beaucoup plus vivante que ses portraits, ses écrits, et toutes les pages d’historiens, où elle n’est jamais qu’une femme morte il y a 422 ans…
Merci Philippe !
Ultime précision : en juin 1982, je fis un joli voyage à Florence, emmenée là-bas par mon frère, et nous avions évidemment visité l’église Santa Maria Novella, que je préférais à toutes les autres !


31 octobre 2011

Jour de deuil planétaire : nous sommes 7 milliards depuis cette nuit. C’est une petite Philippine qui a été désignée comme porteuse de cet effrayant chiffre. J’espère qu’on l’aura nommée Catastrophe et qu’on aura offert des moyens contraceptifs à la mère.
Partout on sonne le tocsin quant à la surpopulation planétaire et pourtant on continue à procréer. Je suis effarée.
Il faudrait peut-être en revenir à la lecture d’ Aristophane (445 av. J.C.-385 av. J.C), qui, dans sa pièce Lysistrata, présentait sans doute la 1ere … gréviste de l’histoire : son héroïne prônait en effet la grève du sexe, pour contraindre les hommes à cesser la guerre. A présent ce serait la grève de la natalité qui devrait être programmée.
Quand je dis qu’il faudrait en revenir à Aristophane, le conditionnel est de trop : c’est déjà le cas au cinéma. Car Nadine Labaki, dans son film Et maintenant on va où ? et Radu Mihaileanu dans La Source des femmes présentent des héroïnes proposant (pour des raisons différentes) ce même type de pression sexuelle sur les hommes de leur communauté. Nihil novi sub sole concluraient les pages roses de mon dictionnaire (Larousse 1906, je suis assurée que les anglicismes n’y fourmillent pas…) Rien de nouveau sous le soleil ? Certes quant à la bêtise du plus grand prédateur de notre planète : l’Homme…
Donc, je conseille de relire Aristophane (auteur de 44 pièces, dont seulement 11, hélas, nous sont parvenues). Ce sera une forme d’allégeance à la Grèce, dont nous sommes en passe d’oublier qu’elle demeure notre Alma mater. Rien de tel qu’un peu de littérature pour nous consoler des diktats des économistes, financiers et autres banquiers, nos actuels Cassandre.
J’ai d’ailleurs beaucoup lu ces temps derniers, continuant (voir actualité précédente) à puiser dans mes derniers achats :
- Retour à Uzès de Jean Carrière (1928-2005) m’a beaucoup émue, même si la seconde partie m’a un peu déconcertée.
- De la part de la princesse morte de Kénizé Mourad m’a tenue en haleine tout au long de ses 800 pages (et je vais donc lire, du même auteur, Les jardins de Baldaphur
… si ce titre est encore en librairie)
- Le Pays de la liberté de Ken Follett est du … Ken Follett
- Voyage avec ma tante de Graham Greene (1904-1991), d’un comique désopilant, m’a beaucoup fait rire…
… et rire nous manque fort depuis quelque temps. Même nos vieux amuseurs publics Jean Amadou et Robert Lamoureux, sans doute découragés, viennent de déserter notre malheureuse planète.
J’en termine par une photo que j’avais prise à Torcello. Il s’agit évidemment d’un masque de théâtre antique, que je dédie à la mémoire d’Aristophane. La saison des prix littéraires ne se prête-t-elle pas, ironiquement, à pareil anachronisme ?



20 octobre 2011

Comme annoncé précédemment, ma rubrique cinéma a été scindée en deux, pour une plus grande commodité de lecture :
Cinéma textes critiques
Cinéma participation active
Dans la seconde partie, ou pourra, cliquant sur l’affiche de Little Appaloosa, voir ce court-métrage, que j’ai co-réalisé avec Claude Duty en 2008. On pourra également trouver toutes les références nécessaires pour voir, sur le site d’Off-courts, les kinos auxquels j’ai participé en 2009, 2010, 2011, comme scénariste ou comédienne.
Quant à mon actualité récente, je suis allée, comme prévu, faire une provende de lectures à la vente annuelle d’Amnesty International. J’y ai trouvé 8 livres (dont 7 en poche) et deux revues pour … 7.40 euros !
Les 2 revues et 1 des livres ont été offerts à des amis. Il me reste donc 7 livres :
Au nom du père de Tracy Chamoun, le premier sur lequel je me suis jetée, car mon intérêt pour le Liban (voir rubrique à ce nom) n’a pas faibli depuis que j’ai découvert ce pays en avril 2010.
Jeunesse dans une ville normande de Jacques-Pierre Amette, que je lis lentement, avec délectation, et qui n’est pas sans me rappeler, par la précision des descriptions (que certains lecteurs sautent allègrement, alors que j’ai toujours trouvé qu’elles étaient vraiment la chair des textes !) : Domestique chez Montaigne de Michel Chaillou (1982) et L’Enterrement de François Bon (1992, en poche).
Quant aux 4 titres (poche) me restant à lire, ce sont :
Retour à Uzès de Jean Carrière
Le Pays de la liberté de Ken Follett
Voyages avec ma tante de Graham Greene
De la part de la princesse morte de Kenizé Mourad
Et le dernier livre acheté (qui n’est pas en poche) c’est la réimpression (2004) d’un best-seller de … 1557 : Nus, féroces et anthropophages de Hans Staden (1525-1579). Ces anthropophages m’intéressent non pour leurs mœurs culinaires (qu’on se rassure !) mais parce qu’il s’agit des peuplades rencontrées par les navigateurs du XVI° siècle, et dont certains spécimens furent présents à Rouen lors de l’entrée d’Henri II et Catherine de Médicis (1550). Ce livre contient force illustrations, tout comme l’autre best-seller de la même époque, concernant cette entrée royale, et dont je possède une belle réédition en fac-similé (XIX° siècle), où figure, entre autres, cette image d’une reconstitution de la vie quotidienne d’une peuplade brésilienne :


Cinéma ? Je n’ai rien vu récemment, condamnée à rester sagement chez moi pour cause … d’angine. Je me dorlote donc dans mon lit, à l’exemple de Cyber dans le berceau de mes poupées :




12 octobre 2011

De bon matin…


… un employé de banque (Jean-Pierre Daroussin) abat deux de ses supérieurs, dans le film de Jean-Marc Moutout.
J’ai vu ce film, dont je suis ressortie … partagée. L’histoire est on ne peut plus actuelle, les acteurs excellents. Mais je n’aime pas les films qui … commencent par la fin et dont le déroulement n’est plus qu’un long flash-back. Et ici le flash-back alterne même avec le présent (après la tuerie l’employé s’assoit dans son bureau et repense à sa vie), j’ai donc eu l’impression de devoir sans cesse mettre en place les pièces d’un puzzle. C’est inconfortable, ça disperse l’attention. Et bien sûr, connaître la fin avant le début, casse tout suspens et nuit à l’émotion. Mais sans doute tout cela était-il voulu par le réalisateur, applaudi par Télérama ( ?) et je suis une spectatrice primaire !
De bon matin, dimanche dernier, j’étais allée à l’annuel salon des fossiles et minéraux, que je ne rate jamais chaque année. Ce qui me permit d’acheter deux modestes bijoux (en agate) pour des amies. C’était à la Halle aux Toiles de Rouen, dimanche dernier.
Et pour le week-end à venir, il y aura le choix de divertissements : vendredi, la Maison de l’Université (Mont Saint-Aignan) fêtera ses dix ans, couleur Brésil :


Quant aux samedi et dimanche, on pourra se partager, au cœur de Rouen, entre la Fête du ventre…


… et la vente annuelle de bouquins d’occasion (il y en aura trente mille !), au profit d’Amnesty International, à la Halle aux Toiles.
On aura compris que le second événement m’intéressera plus que le premier !
Quant à la semaine prochaine, encore un peu de littérature… ambulante :


Et pour en rester aux livres, un diaporama fort intéressant (titré La révolution technologique) que j’ai reçu cette semaine. Pour le voir il suffit de cliquer sur :
http://www.youtube.com/embed/Q_uaI28LGJk

3 octobre 2011

Encore du cinéma, puisque j’ai vu : Et maintenant, où on va ? de (et avec) Nadine Labaki


… ainsi que Les hommes libres de Ismaël Ferroukhi, tous deux excellents et qui, sur des registres différents (le premier oscillant entre drame et comédie, le second annoncé comme historique) ont un sujet commun : la tolérance/intolérance religieuse, qui, de tous temps, a entraîné les conflits que l’on sait. Sujet qui demeure donc très actuel. Le premier de ces deux films montre les efforts (et les ruses) des femmes d’un village isolé, qui, dans un pays en guerre civile, tentent de garder en paix les deux communautés (chrétienne et musulmane). Le second part du même postulat que Lacombe Lucien de Louis Malle : dans une France en guerre (1940-1945) un jeune homme, qui ne se sent pas concerné par cette guerre, est mené, un peu par les nécessités de survie, un peu par hasard, à prendre un chemin qu’il n’avait pas prévu. Le personnage de Louis Malle prenait le mauvais chemin ; celui d’Ismaël Ferroukhi, Algérien au chômage, survivant petitement de marché noir, à Paris, devient finalement un combattant de la liberté. Ce passage, cette élévation pourrait-on dire, passe par la Mosquée de Paris, dont le directeur (Mikaël Lonsdale, décidément remarquable dans les rôles religieux !), tout en gardant une nécessaire façade diplomatique avec les Allemands, n’hésite pas à cacher des juifs et des communistes. L’amour et la musique tiennent également un grand rôle dans cette prise de conscience d’un jeune homme initialement frustre (Tahar Rahim, lui aussi remarquable).
J’ai aussi passé beaucoup de temps au château d’Etelan (http://www.château-etelan.fr) ces deux premiers jours d’octobre :
- le 1er avait lieu la remise du label arbres remarquables, décerné aux 3 tilleuls du parc (que la tempête de Noël 1999 a heureusement épargnés alors qu’elle mit à terre, en quelques secondes, 800 arbres de ce domaine) par l’Association ARBRES :

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- le 2, j’y présentais, avec Philippe Davenet au piano et Véronique Dupuis
à la flûte, notre lecture-concert consacré à La Nuit d’Etelan. Si je n’avais pas eu le labeur d’apprendre mon texte, je m’étais beaucoup dépensée dans la communication, et l’élaboration (toute manuelle car je suis aussi fâchée avec les machines à coudre qu’avec les téléphones portables !) du costume me transformant en Catherine de Médicis :

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Et notre hôtesse avait ajouté sa note en me prévoyant une estrade sur laquelle, royalement assise, je dominais mes sujets.
Philippe avait évidemment trouvé-adapté les musiques qu’il fallait et choisi une excellente comparse pour illustrer le monologue de la reine.
Nous fûmes très applaudis, et tous (hôtesse, artistes, public) très heureux de ce moment musical (suivi, comme toujours d’un goûter à la bonne franquette)



Et je retournerai encore là-bas dimanche prochain pour y écouter la conférence de Raphaël Mallard, qui fut déporté à Buchenwald. Cette conférence sera audible à 15h30, elle est gratuite, qu’on se le dise ! Elle marquera aussi la clôture de la saison 2011 du château d’Etelan.
Vivement la saison 2012 !


18 septembre 2011

Pour en rester au cinéma :
- J’ai vu Habemus papam, de Nanni Moretti, qui a un départ magistral mais s’enlise ensuite. Quelque chose manque, ou n’est pas accompli, je ne sais pas, certaine seulement d’être restée sur ma faim.
- J’ai revu (à la télévision) L’aîné des Ferchaux (1962, d’après un roman de Georges Simenon) de Jean-Pierre Melville avec Charles Vanel et Jean-Paul Belmondo, que je n’ai jamais aimé que dans ses rôles sobres (par exemple dans La Sirène du Mississipi de François Truffaut (1969, d’après une nouvelle de William Irish) et non pas dans ses emplois de cascadeur. C’est un film sur la dépendance. Dépendance à l’argent, à l’alcool, dépendance due au vieillissement, à la maladie. Bref : un film sur la cruauté humaine. Cette seconde vision m’a autant plu que celle faite dans ma jeunesse.
Côté littérature, j’ai lu Une chambre pour un moment de Dorothée Blanck paru en 1991, et qui ne doit plus donc exister en librairie, mais qu’on peut toujours acheter à son auteur (site : http://mapage.noos.fr/dorotheeblanck ).
Et je comptais me rendre (avec mon caddie de ménagère !) sur les quais de Rouen où avait lieu, ce dimanche 18, l’opération annuelle justement intitulée Quai des livres. Mais la pluie qui n’a pas cessé depuis cette nuit me décourage (comme elle découragera probablement les exposants).
Ce ouiqand (orthographe approximative de Raymond Queneau) étant également celui des annuelles journées du patrimoine, j’ai donc été prudente d’être allée dès hier écouter le concert d’une chorale à l’Archevêché de Rouen. Cet ancien palais, construit à l’arrière de la cathédrale dès le moyen-âge et agrandi, embelli jusqu’au XVIII° siècle, est toujours en service, mais n’ouvre sa grande porte au public que pour ces journées du patrimoine. Hélas, l’organisation laissait un peu à désirer car il y avait le choix entre des visites libres, des visites guidées, le concert, ou la conjugaison des visites avec le concert. Moi, ayant déjà visité ces lieux en 2002 (photo des cuisines ci-dessous)…


… je n’étais là que pour le concert. Hélas, aucun siège n’étant prévu pour le public, je ne pus que choisir de m’asseoir sur la dernière marche du grand escalier menant à cette Salle des Etats où il avait lieu (et dont la porte restait ouverte). L’acoustique étant excellente, ça n’aurait pas dû poser de problème, et je pris du plaisir… quelques minutes. Mais les « visiteurs libres » ne cessèrent de monter cet escalier, de le descendre après avoir jeté un œil sur les quatre toiles de Hubert Robert. Quant aux auditeurs souffrant comme moi de rester debout ils ne tardèrent pas non plus à renoncer et descendre également l’escalier ! La musique fut donc polluée par le martèlement de ces pieds divers. Agacée, j’abandonnais rapidement d’ écouter ce concert, pour me rendre au Val-de-la-haye.
Cette seconde destination fut plus heureuse, car j’y découvris une merveille bien cachée, elle aussi exceptionnellement ouverte au public pour ces Journées du patrimoine : la grange dîmière de l’ancienne commanderie des Templiers :


Ce bâtiment (du XII° siècle, et dont seule la toiture a été refaite récemment) surprend d’abord par ses dimensions et sa construction sur un terrain pentu. Mais la plus grande surprise est à l’intérieur, où la charpente d’origine est exceptionnelle. Et la famille à laquelle appartient ce bâtiment (et quelques autres autour, dont une charreterie du XVI ° siècle) a eu la bonne idée de le laisser dans son jus et non pas de le transformer en musée, salle de spectacle ou je ne sais quoi d’autre. Le sol est toujours de terre battue, et le parfum du bois reste présent. Ce sont d’ailleurs des membres de la famille qui assurent les visites, offrant même généreusement une petite collation aux visiteurs. Je fus particulièrement sensible aux souvenirs de notre guide ayant, dans son enfance, creusé dans les ruines de l’ancienne chapelle, avec son père, y découvrant quelques squelettes de Templiers (auxquels ils offrirent une seconde inhumation dans le cimetière du village) et des carreaux de céramique, en cours de datation (probablement XII° siècle). Ayant beaucoup, dans mon village natal (Beaumont-le-Roger), traîné mes sandalettes de petite fille sur les ruines du Prieuré de la Trinité (avant que sa partie troglodyte n’en soit fermée par sécurité), je pus parfaitement m’identifier, même si je n’eus jamais le bonheur d’enfoncer pioche et pelle dans le sol de ces ruines ! Je demeure certaine que la présence des restes de ce Prieuré (qui garde d’imposants murs fortifiés) façonna mes goûts, mon inclination pour l’Histoire et toutes ses traces (on peut voir des photos de ce Prieuré sur mon site http://passagedutemps.fr)
Le patrimoine continuera à être honoré dans l’agglomération rouennaise les 24 et 25 septembre (10h-19h), où les curieux pourront investir 200 ateliers d’artistes régionaux; dont, évidemment, celui d’Annie-Claude Ferrando (90 rue de la Pierre Naudin à Petit-Couronne. Tel. 02 35 68 13 90 ou 06 68 07 86 69).


16 septembre 2011

Retour sur mes promenades estivales :
Quelques images du Val-de-la-Haye, où il reste bien des traces d’ anciennes propriétés des Templiers :

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… et d’un relais de poste :


Vierge bucolique, veillant à une croisée de chemins :


Un tour au Maghreb ? Pas du tout ! Ce n’est qu’un jardin de Honfleur !


Initiation de Claude Duty aux courses hippiques, par Marc Prieur et Annick Delaunay-Vasse (qui, la veille, l’avaient initié au pocker !)

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Pour en terminer de mes souvenirs du dernier festival d’Off-court, un texte que j’ai écrit pour Dorothée Blanck (et qu’on peut également retrouver sur son blog) :

Labyrinthes

Nous avions peu de chances de nous rencontrer, toi, à demi-polonaise, à demi-allemande, juive, née dans une prison du nord de l’Europe, durant cette effrayante période de l’ascension d’Hitler, et moi, née en France, après la guerre, au cœur d’un village normand, dans le parfum sucré des gâteaux, ayant père et mère bien présents pour me protéger.
Le chemin fut long car nous ne nous sommes connues que sur l’autre versant de notre âge : celui qui redescend vers les ténèbres. Mais dans le plaisir du jeu, les lumières du cinéma.
Et pourtant…
Il y eut des clins d’œil du Hasard (assez généreux pour mériter une majuscule) sur cette route menant de l’une à l’autre…
J’étais encore une petite fille, sagement assise entre ses parents, quand je te vis sur la scène du Mogador, dans Violettes Impériales. Avant cette représentation nous avions probablement déposé nos bagages à l’hôtel Voltaire (où officiait un garçon d’étage en gilet à rayures noir et jaune), puis dîné à La Maxeville, où je préférais les tables de la mezzanine, pour la vue plongeante sur les convives du rez-de-chaussée. Au théâtre, je dus avoir le programme entre les mains pendant ces minutes fiévreuses où le public s’installait, où un frémissement du rideau signalait le passage de quelque comédien, éclairagiste, pompier de service. J’ai toujours aimé ce moment d’attente, et aucune musique ne me paraît plus belle que la délicieuse cacophonie des musiciens accordant leurs instruments.
Bien sûr, je t’ai vue sans te voir vraiment car tu n’étais pas la vedette. Et ce dont je me souviens précisément c’est ce rideau s’ouvrant (pour quel acte ?) sur le tableau vivant de Winterhalter : L’Impératrice Eugénie et ses dames d’honneur. Le public applaudit vigoureusement, et mon père, dont l’enthousiasme n’était jamais bridé, cria peut-être « bravo ! ». C’est que nous avions tous trois parfaitement reconnu l’œuvre, car elle figurait en bonne place dans notre pâtisserie, sur une grosse boîte de bonbons Coq blanc. Une boîte métallique que je possède toujours, et qui dut bien contenir dix kilos de bonbons. Elle a perdu son parfum sucré, mais c’est une boîte-mémoire car j’y ai couché des souvenirs de mes parents. Je suis très attachée aux objets, non pour leur valeur marchande, mais pour toutes les histoires qu’ils racontent. Les vendre ou les donner, c’est détruire ces histoires. Les objets qui changent de mains deviennent muets.
Je viens de retourner vers cette boîte, je l’ai mesurée (37/31/17) et surtout, je l’ai ouverte, car je me souvenais qu’à l’intérieur du couvercle les noms des belles dames du tableau étaient inscrits. Quelle surprise : l’une d’elle (au centre) est la comtesse de … Montebello ! J’en ai poussé un petit cri joyeux, car ce nom nous est familier, la villa Montebello de Trouville étant un peu nôtre depuis que nous y avons tourné des kinos !
Un fantôme de Violettes impériales était donc présent dans ce lieu ? Un fantôme taquin sans doute, qui aura volé le pantalon que Marc n’a pas retrouvé après avoir quitté sa tenue de Tarzan !
Mais était-ce la comédienne incarnant cette comtesse sur la scène de Mogador, ou la comtesse elle-même ?
J’incline pour le modèle, n’ayant nul renseignement sur l’interprète. La comtesse était née Adrienne Villeneuve-Bargemont, en 1826 ; elle épousa Olivier de Lannes Montebello, 4° fils d’un maréchal d’Empire. La villa portant leur nom fut construite en 1865 par l’architecte Jean-Louis Celinsky. C’est assez de dates…
Toutes les dames d’honneur de l’impératrice sont mortes avant leur souveraine déchue.
Elle aussi m’était familière dans mon enfance, car la route de son exil passa par mon village natal, et en souvenir une villa porta son prénom, gravé dans la pierre au-dessus de la porte. Elle avait fui l’insurrection des Parisiens, par une porte dérobée des Tuileries, avec sa lectrice, à pied, puis en fiacre jusqu’à la demeure du docteur Evans, dentiste de la cour, qui les embarqua dans sa calèche, en direction de la Normandie. Calèche abandonnée à Pacy-sur-Eure, remplacée par une mauvaise voiture de louage, dont une roue se rompit près d’Ecardenville. Une vieille dame assurait encore, il y a quelques années, que son aïeule avait vu l’impératrice, accueillie dans la ferme de ses parents pendant qu’on réparait le véhicule. Le trio de fuyards reprit la route, traversant mon village, pour s’en aller dormir à moins de dix kilomètres, au relais de poste de La Rivière Thibouville. Au matin on abandonne encore le véhicule de louage, pour continuer en train jusqu’à Lisieux puis Deauville (où séjournait l’épouse du dentiste). Le dentiste américain déniche un lord anglais, qui accepte de prendre les fuyards à bord de son yacht La gazelle pour les emmener en Angleterre. Une tempête s’en mêle. On accoste enfin à l’île de Whigt.
J’ai envie de dire : Rideau !
Rideau sur l’impératrice, qui donna son titre à un dessert : le Riz à l’Impératrice, que mon père aimait particulièrement. Beaucoup de gâteaux furent d’ailleurs inventés pendant ce 19° siècle, portant souvent des noms d’opéras (tel le Salambô) ou de compositeurs. Et le petit four nommé Biarritz est encore un hommage à l’impératrice Eugénie, qui mit cette station balnéaire à la mode.
A propos : l’exposition estivale de la villa Montebello est consacrée aux élégances passées des bains de mer. Je n’ai pas eu le temps de la voir, entre tous nos kinos…
Il faudra que je retourne à Trouville…
Je t’apporterai un bouquet de violettes et nous mangerons du Riz à l’Impératrice.
Peut-être évoquerons-nous aussi une autre dame d’honneur présente sur le tableau de Winterhalter : la baronne d’Aiguives de Malaret, née Nathalie de … Ségur. Mais oui : c’était la fille de la conteuse d’histoires, ma parente en quelque sorte ! La comtesse de Ségur, née Rostopchine, dont le père mit le feu à Moscou, pour empêcher Napoléon (n°1) de s’en emparer…
Mais c’est encore une autre histoire. L’Histoire. Et parler de gâteaux m’a affamée ! Je t’abandonne pour filer dans une pâtisserie…


15 septembre 2011

Une innovation sur ce site : on pourra y trouver une vidéo, celle de notre Little Appaloosa. Il suffira d’aller à la rubrique cinéma. J’emploie le futur car cette rubrique ayant pris du poids, elle sera un moment en travaux car nous comptons la restructurer en deux parties : mes textes critiques de spectatrice, ma participation active à des tournages (c’est évidemment dans cette seconde partie qu’on trouvera la vidéo)
Par ailleurs, on pourra également trouver, en fin de la rubrique théâtre, un texte qui ne sera pas de moi mais de Geneviève Tourret, faisant le bilan de son triomphe en Avignon cet été avec Madame Marguerite, spectacle que j’ai évoqué à plusieurs reprises dans l’actualité 2010 et 2011


11 septembre 2011


A l’appui de l’affirmation inscrite sur cette photo, j’ai vécu quelques belles aventures au festival Off-courts de Trouville dont je suis rentrée hier.


D’abord : la réalisatrice Anne Revel a accepté, comme les deux années précédentes, de tourner le scénario de kino que j’avais écrit pour en offrir le rôle principal à Marc Prieur. Il y interprétait un psychiatre fatigué de contrarier ses malades. Parmi ceux-ci il y avait la toujours belle Dorothée Blanck

… ainsi que quelques autres, dont Jean-Pierre Lazzerini. Pour la circonstance, la villa Montebello (qui est le musée de Trouville, où nous avions déjà tourné Ab urbe condita en 2010) devint la Clinique des miroirs brisés. Le titre de ce kino (qui sera visible sur le site d’Off-courts dans quelque temps) est : La Méthode du Docteur Blousemental.
J’ai également participé au tournage de trois autres kinos, pour de la figuration (inutile : je disparus au montage !) et deux rôles : celui d’une dormeuse assise sur un banc de la plage (très reposant !) et d’une juge face à trois gangsters albanais ! Pour incarner cette magistrate, je passais entre les mains de notre maquilleuse habituelle (Carole Rostaing) et de la coiffeuse :


Le kino de la dormeuse, intitulé Karma fut réalisé par Pascale Marcotte, québécoise, celui de la juge, intitulé Larmes salées par Marsilda Balla, albanaise ! L’héroïne de Larmes amères est Charlotte Schioler, comédienne danoise vivant à Paris. Bref : pour modeste que soit ma « carrière », elle continue d’être internationale !
Etant à présent une habituée d’Off-courts (j’y vins en spectatrice en 2007 et 2008, et participais à des kinos à dater de 2009), j’ai toujours le bonheur d’y retrouver d’autres habitués, ou de faire connaissance de nouveaux participants. Pas moins de 20 nationalités étaient représentées cette année.
Si j’ai également vu des courts-métrages (car c’est d’abord ça un festival : un endroit où on voit des films !) ? Quelques-uns, mes préférences allant à :
- Trois hommes et un masque de fer du toujours très talentueux Québécois Carnior, qui avait donc enrôlé, entre autres, Jean-Pierre Lazzerini (ci-dessous à droite) et Marc Andréoni


Ce court-métrage fut tourné à Touques, qui possède un beau patrimoine ancien. Et un masque de fer fut spécialement forgé :


- Lundi matin de Nicolas Boulanger
Et je revis également, hors festival, au cinéma Le Morny de Deauville
La peinture à l’huile de Claude Duty, projection privée qui fut suivie d’un joyeux barbecue chez mes hôtes :

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A présent que j’ai parlé de ce très récent passé, un peu d’avenir, avec quelques annonces :
- Claude Duty présentera, le samedi 24 septembre (17 h.), à l’Hôtel des Sociétés savantes de Rouen ses Enervés de Jumièges, tourné il y a une vingtaine d’années, d’après le tableau éponyme d’Evariste Luminais :


Il sera assisté, pour cette présentation, de Dominique Bussillet, écrivain.
- Je lirai des extraits de La Nuit d’Etelan sur les lieux-mêmes (le château d’Etelan) accompagnée au piano par Philippe Davenet et à la flûte par Véronique Dupuis, le dimanche 2 octobre (17h). Réservation au 02 35 39 91 27 ou à etelan@orange.fr comme indiqué sur la très belle affiche que Claude Duty a eu la gentillesse de nous concocter :

J’aurais dû, la veille, à Sahurs, incarner une nouvelle fois George Sand dans le spectacle On vous adore, créé en mai dernier à Bois-Guillaume, mais « pour des raisons d’intendance et d’organisation » mon partenaire a annulé cette représentation. J’en suis désolée pour ceux qui comptaient y être présents. Si ce spectacle est reprogrammé ailleurs et ultérieurement, je ne manquerai pas de le signaler.


2 septembre 2011

Toujours du cinéma. J’ai vu :
- Tu seras mon fils de Gilles Legrand, qui m’a beaucoup plu. Les acteurs sont évidemment impeccables, comme on pouvait s’y attendre : Niels Arestrup, Patrick Chesnais, Lorant Deutsch, etc…
- R.I.F. de Franck Mancuso, qui, avant de travailler au cinéma, fut dans la police, comme Olivier Marchal. On peut donc leur faire confiance : ils sont bien informés quand ils se mettent à tourner des films policiers. Celui-ci est particulièrement efficace, et terrifiant de ce que n’importe quel spectateur peut s’identifier au personnage principal dont l’épouse disparaît brutalement.
- Saint Jacques La Mecque de Coline Serreau que je n’ai pas vu au cinéma mais à la télévision, qui, à la fois, m’a fait rire et m’a émue.
Et puisque j’en suis à la télévision, deux émissions, consacrées au Liban et aux Cévennes m’ont permis de revoir un pays lointain et une région française que j’aime particulièrement depuis que je les ai découverts : 2010 pour le Liban (voir rubrique à ce nom sur ce site), 1979/80 pour les Cévennes (dont on trouve trace dans mon roman La Fiancée du timbalier paru en 1987).
Quant à mes lectures, elles ont été variées :
Tomber sept fois, se relever huit de Philippe Labro qui m’a intéressée mais dont je conclurai que la dépression demeure un mystère total, pour celui qui la subit autant que pour son entourage. On ignore quand et pourquoi ça commence, de même qu’on ignore quand et pourquoi ça s’arrête. Absolument décourageant…
Tâche de ne pas devenir folle de Vanessa Schneider qui est un récit familial, dont j’ai regretté qu’il soit raconté un peu trop platement.
Le Mec de la tombe d’à côté de Katarina Mazetti dont j’ai beaucoup apprécié l’humour et l’originalité (une histoire d’amour improbable, racontée à deux voix)
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, autre histoire pleine d’humour. L’auteur a très bien su se mettre dans la peau de son héroïne (une petite fille).
Je m’apprête, ce jour, à partir au festival Off courts (http://www.off-courts.com) de Trouville, comme chaque année. Nouvelles à mon retour, où la « rentrée » aura eu lieu, y compris pour les peintres :
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24 août 2011

Où il ne sera question que de cinéma (enfin… presque)
D’abord, avec quelque retard car l’événement a eu lieu le 29 mars, j’évoquerai l’entreprise Solibulles qui est « une fabrique artisanale et solidaire de limonades, créée en 2010 » et qui a reçu, cette année le prix du « commerce équitable » du concours Ekilibre (récompensant les entreprises soucieuses de commerce équitable et solidaire). Quel rapport avec le cinéma ? Leur mode de communication, en spots humoristiques destinés à promouvoir leur Meuh-Cola. Trois de ces spots ont été confiés à Vincent Wilson, réalisateur canadien toujours présent au festival Off-courts de Trouville. Et quelles étaient les interprètes du spot gracieusement titré Les vieilles ? Laurence Brebec et … Simone Arese ! Ce spot (de 2009) est visible sur les sites d’Off courts (http://www.off-courts.com) Meuh-cola (http://www.la-meuh.fr) et sur celui de Claude Duty (http://claudeduty.typepad.fr), en manière d’introduction au prochain festival Off-courts (2-10 septembre 2011), dont il est membre du jury chaque année.
Sur le site d’Off-courts, on peut également me voir sévir dans un kino (2010) d’Uriel Jaouen intitulé Ti’ beau, ti’bon, à point c’est bien. Sévirai-je en 2011 ? Réponse dans quelques semaines…
Pour en rester dans la catégorie des films courts (13 minutes), voici notre Little Appaloosa


…tourné en 2008, montré à Houlgate, Trouville, Rouen, il est à présent sur le site de Claude Duty (en date du 23 août).
Quant au dernier film de Claude Duty, intitulé La Peinture à l’huile (33 minutes), j’en ai eu la primeur régionale à Elbeuf cette semaine (projection privée, très privée : pour Claude, le projectionniste et moi !) et je peux annoncer que c’est un chef-d’œuvre. Que les amis rouennais patientent : ils pourront le voir dans leur ville à l’automne…
Côté long-métrage, j’ai vu Impardonnables d’André Téchiné. J’avais de multiples raisons de choisir ce film : j’en apprécie le réalisateur, les comédiens, le lieu de tournage (Venise et l’île de Sant’Erasmo), le sujet (un écrivain en panne d’inspiration…). Je n’ai pas été déçue ! Et j’ai eu, en prime, une petite surprise : découvrir, dans un petit rôle, une Vénitienne d’adoption : Dominique Muller, dont j’avais fait connaissance en … 1979, à Paris, quand elle venait d’ouvrir sa maison d’édition Le Signe, avec Jean-Paul Iommi Amunategui. C’est à eux que j’avais adressé deux manuscrits (vraiment manuscrits : à l’encre bleu des mers du sud !), dont l’un devint mon premier roman publié (en 1980, finalement chez Balland, qui leur avait racheté le manuscrit, maquette déjà prête – y compris la jolie couverture) : Mado.


Cette jeune maison d’édition disparut assez rapidement, mais je garde une profonde reconnaissance à Dominique et Jean-Paul, qui m’ accompagnèrent tout le temps que je retravaillais mon texte sous leurs conseils éclairés. Comme cela dura quelques mois, ils vinrent même en week-end chez moi, sur un pari fou : faire le trajet Paris-Rouen en …vélo (en hommage à la première course cycliste Paris-Rouen, du 7 novembre 1869). Ils s’y tinrent, même si la dernière côte leur fit mettre pied à terre. C’était celle du cimetière monumental, dont voici encore une photo (ne dirait-on pas quelque temple gréco-romain ?) :


Ultérieurement je revis ces nouveaux amis de temps en temps car ils continuèrent d’œuvrer dans l’édition. Et Dominique devint ce qu’elle devait être profondément : écrivain. J’ai évidemment tous ses titres…
Pour en revenir au cinéma, je file voir Tu seras mon fils. Commentaires dans une prochaine actualité…


16 août 2011

Donc, contrairement à beaucoup de vacanciers, je ne vais pas au bout du monde, mais seulement au bout de ma région, en pratiquant ce tourisme de proximité que j’affectionne. Dans cette catégorie, j’ai découvert, à moins de dix kilomètres, le charmant village d’ Hénouville et son église anglo-saxone, dédiée à St Michel :


Elle n’était hélas pas ouverte (comme la plupart de nos églises de campagne, qui se protègent ainsi des vols), et je regrettais donc de ne pas voir ses fonds baptismaux du XIV° siècle, ses bancs de style gothique, et les graffitis marins de ses murs intérieurs. Le chœur en fut agrandi en 1692, en même temps qu’on ajoutait une sacristie. La toiture d’origine, en tuiles, fut refaite en ardoises en 1876, suite à un ouragan, et un nouveau carrelage posé en 1889.
Quant au mur nord de l’édifice, il fut restauré en 1924. Bref : cette jolie dame subit bien des liftings pour réparer les outrages du temps. L’abbé Antoine Legendre, né au Vaudreuil en 1590, y officia de 1622 à sa mort en 1655. C’était un ami de Pierre Corneille et son frère Thomas Corneille. Il fut également l’aumônier du roi Louis XIII et le contrôleur de ses jardins fruitiers. Il est d’ailleurs passé à la postérité pour un Traité sur les arbres fruitiers (publié à Paris en 1622) où il exposait, entre autres, comment greffer les poiriers. On peut conclure de ces responsabilités royales et fruitières qu’il dut souvent être absent de son église d’Hénouville. Il y repose cependant pour l’éternité, sous une dalle portant son nom – ce nom donné à l’un des carrés de l’ancien potager du roi (à présent école d’horticulture de Versailles).
J’ignore si la plus proche demeure de l’église lui appartint, mais je l’ ai trouvée bien jolie !


Un autre jour, je fis dix kilomètres de plus (et dans une autre direction) pour retourner à Elbeuf, où mes parents vécurent de 1967 à 1973, et où, accompagnée de Claude Duty, je visitais la Fabrique des savoirs, ouverte cette année dans une de ces anciennes usines textiles qui firent, un temps, la richesse d’Elbeuf.


L’une de ces usines avait déjà été transformée en logements il y quelques décennies, mais celle-ci abrite les archives, une salle d’expositions temporaires, une autre d’ateliers pour les enfants, et, surtout, les collections du musée, qui était à l’étroit dans les locaux de la mairie. Les collections sont très riches, qu’il s’agisse des vitrines consacrées à la faune, la flore (tinctoriale), les découvertes de vestiges gallo-romains de l’ancienne Uggate, localité celtique, fondée par les Veliocasses, et que longeait la voie romaine joignant Rotomagus (Rouen) à Luticia (Paris). Le passé textile est également présent grâce à des outils et d’énormes machines à carder, tisser…


… ainsi que les très intéressantes toiles de la célébrité locale Berthe Mouchel (XIX° siècle). Mais ce qui nous a frappés dans ce musée, ce n’est pas tant ses collections (nous sommes restés deux heures sans avoir tout épuisé) que son audacieuse et très élégante conception et ses … astuces : panier d’osier géant, en forme d’œuf, pour entourer l’escalier central, empreintes d’animaux surgissant sous nos pas, et, dans l’espace consacré au CIAP (centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine) une maquette-spectacle racontant l’histoire de cette boucle de la Seine depuis le … Paléolithique jusqu’à nos jours. Précipitez-vous à cette Fabrique des savoirs (7 cours Gambetta, tel 02 32 96 30 40), avant que son succès ne la peuple trop ! La première surprise vous attend à la caisse : c’est gratuit !
Sur notre lancée touristique, nous avons également souhaité visiter les 3 églises d’Elbeuf, dont 2 (XV° et XVI° siècles) sont remarquables (tuiles vernissées des toitures, rappelant les églises bourguignonnes) :


Elles étaient hélas fermées. Mais nous avons pu entrer dans celle d’Orival, qui, dans la falaise, est partiellement troglodyte. Nous sommes même montés un peu plus haut, d’où le panorama sur la Seine est superbe…


… et encore plus haut, le raccourci historique est saisissant, entre le clocher et la falaise ayant abrité des hommes préhistoriques !


A propos des hommes préhistoriques d’Orival, je renvoie mes internautes à la lecture de Orival, soleil couchant dans la rubrique Seine en scènes de ce site.
Dans la descente pour rejoindre notre 21° siècle, la surprise de ces jolies portes turquoise (ma couleur de prédilection, comme on sait) !


Et nous avons terminé par un arrêt au magnifique jardin public de Oissel (ouvert tous les jours de 8h à 18h), qui n’est autre que l’ancien parc de la Marquise de Frondeville-Perreuse, dominé par son château (qu’on ne visite pas, mais où je me souviens être allée à des vernissages)


Mais la saison est également propice à la lecture (que je pratique d’ailleurs en toutes saisons). J’ai particulièrement aimé L’art difficile de ne presque rien faire de Denis Grozdanovitch (choisi pour son titre, on s’en doutera !), excellente antidote contre cet activisme forcené et cette bougeotte qui semblent avoir saisi tous mes contemporains. L’auteur rendant ce qu’il doit à de grands aînés, cite (entre autres) Rémy de Gourmont ( né en 1858 à Argentan, mort à Paris en 1915) d’une phrase extraite de son Dialogue des amateurs sur les choses du temps, paru en 1905, et qui me semble toujours (toujours … plus) d’actualité :
« Le petit tas des connaissances humaines est devenu une grande montagne, mais ce sont les mêmes fourmis qui s’y promènent. Les galeries sont plus longues et s’entrecoupent plus nombreuses, mais elles ne sont pas plus larges, ni plus hautes, c’est la même nuit. »
De Rémy de Gourmont également, ce court poème également cité, qui me plaît surtout car la destinataire en portait le même prénom que moi :
« Simone, aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
Elles font un bruit d’ailes ou de robes de femme.
Simone aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
Viens nous serons un jour de pauvres feuilles mortes.
Viens ; déjà la nuit tombe et le vent nous emporte.
Simone aimes-tu le bruit des pas sur les feuilles mortes ?
»
Je rapprochais ces lignes de quelques autres que j’avais en mémoire, et que je savais être d’Henri de Régnier (né en 1864 à Honfleur, mort à Paris en 1936) :
« Et la voix qui s’est tue et le pas effacé
S’enfoncent, côte à côte, au fond de la mémoire
Parmi les feuilles d’or qui sombrent dans l’eau noire
»
Ne pourrait-on supposer que l’un a emprunté à l’autre ? Et qu’un 3° (Jacques Prévert, 1900-1977) a également balayé ces feuilles d’automne pour en faire, en 1945, une chanson dont le succès ne s’est jamais démenti puisqu’elle a connu quelque … 600 interprétations différentes.
Pour en revenir à Rémy de Gourmont et Henri de Régnier, ils étaient l’un et l’autre issus de vieilles familles aristocratiques de Normandie. Henri de Régnier épousa Marie de Hérédia, connue en littérature sous le pseudonyme (masculin !) de Gérard d’Houville. Elle était l’une des 3 filles du poète José-Maria de Hérédia (né à Santiago de Cuba en 1842, mort à Paris en 1905). Ce poète est inhumé en voisin, à Bonsecours (proche colline de Rouen), près de sa mère et de sa fille Louise. J’irai un jour prochain lui rendre visite car j’aime hanter les vieux cimetières, où je n’ai nulle proche famille à pleurer.
N’ai-je pas d’ailleurs hanté longtemps le plus célèbre cimetière de Rouen, nommé à juste titre cimetière monumental ? On y trouve là, outre la famille Flaubert, toutes les tombes de la bourgeoisie du XIX° siècle, qui ne lésinait pas sur la dépense pour ces demeures d’éternité. Quelques exemples ci-dessous

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J’ai même situé là une des aventures de Galuchat (voir, sur ce site, le texte Ici repose à la rubrique Galuchat enquête).
Je suis d’ailleurs retournée dans ce cimetière très récemment, en compagnie de Sergueï Vladimirov, pour un projet dont … nous ne dirons rien encore.
C’est avec ce même Sergueï que je suis également retournée au château de Robert le diable
à Moulineaux


Ce Robert le diable (qu’un opéra – à succès durable - de Giacomo Meyerbeer rendit célèbre en 1831) était peut-être Robert de Montgomery ou Robert le Magnifique père de Guillaume le conquérant.
Quant au château, il fut peut-être aussi construit ou agrandi par Jean sans terre, dans les premières années du 13° siècle, et Richard cœur de lion y séjourna peut-être. Et il fut assurément détruit pendant la guerre de cent ans. Dans ses ruines les habitants de Moulineaux se battirent contre les Prussiens pendant la guerre de 1870 (tandis que sur l’autre rive, Gustave Flaubert enterrait prudemment quelques manuscrits dans le jardin de sa maison de Croisset).
Ce château fut tout de même restauré/reconstruit en 1905 à la manière d’ Eugène Viollet-le-duc, par un de ses élèves.
Je me souviens l’avoir visité dans mon enfance, absolument subjuguée par ses tours, ses fossés, ses souterrains peuplés de personnages en cire, et la réplique d’un bateau viking. Fermé au public depuis 2003, il fait de nouveau l’objet de restaurations, menées avec un chantier d’insertion. Pour le moment, on ne peut qu’en faire le tour…
La saison estivale est encore propice à une autre activité (pour moi au moins !) : celle des rangements divers. M’y consacrant je retrouve parfois quelque objet dont je ne me souvenais plus. Aujourd’hui ce fut un petit couteau pliant, avec un beau manche de nacre teinte en vert émeraude. Sa lame et son mécanisme ayant quelque peu rouillé, je le nettoyais en le frottant avec du papier de verre (ce n’est peut-être pas la bonne méthode mais je ne suis pas antiquaire !), ce qui me permit de découvrir (grâce à ma loupe) sa marque : Mikov, et son origine géographique : Czchoslovakia. S’ensuivit une question : par qui ce charmant objet était-il venu entre mes mains ? N’ayant pas la réponse, je commence à douter de ma mémoire, que j’ai toujours cru excellente ! Mais, bien sûr, j’ai cherché des renseignements sur Internet, et faute d’apprendre qui me l’avait donné ( !) j’ai découvert que Mikov est un prestigieuse fabrique de couteaux, fondée en 1794. Actuellement plutôt spécialisée dans les couteaux à lame automatique. Un personnage de bande dessinée, qui a également envahi les écrans de cinéma ne se sépare jamais du sien : Largo Winch !
Et puisque j’évoque le cinéma (mon divertissement le plus habituel), je terminerai cette chronique en avouant n’avoir vu aucun film récent, mais revu, avec plaisir, à la télévision, Les Comédiens (1967) de Peter Glenville (avec Liz Taylor Lillian Gish Richard Burton Alec Guinness), d’après le roman éponyme de Graham Greene. Je m’en souvenais fort bien, tout comme je me souvenais l’avoir vu au moment de sa sortie (1967), avec ma chère maman, à Elbeuf. Nous en étions sorties assez sonnées pour que je cherche ensuite à mieux me renseigner sur François Duvallier et ses terrifiants Tontons Macoutes. J’avais également acheté le roman, que je possède toujours et que je viens d’ouvrir, pour le relire.


31 juillet 2011


Donc, je m’en fus au château d’Etelan écouter un fabuleux concert, que Françoise Boudier, notre généreuse hôtesse, fit suivre, comme d’habitude, de ce qu’on ne nomme plus que le pot de l’amitié, où il n’y a jamais de pot (c’est un objet tombé en désuétude, qu’on trouve dorénavant dans les musées ethnologiques) mais où l’amitié est toujours forte à Etelan, autour de brioches et de cidre…
Mais avant cela, le 20 juillet j’avais constitué un petit groupe d’amis pour une visite de la cathédrale de Rouen, sous la houlette d’ Alain Lacoume, un ami qui officie là en tant que guide. Visite très particulière, très complète, en intérieur, extérieur (malgré la pluie !) et dans des pièces ordinairement fermées aux visiteurs n’ayant pas de guide avec eux : la sacristie, la crypte, le tombeau des cardinaux d’Amboise. Alain maintint notre intérêt de 14h30 à … 19h. Nous rentrâmes chez nous fourbus mais très heureux. Je n’ai pas de photos de ce grand moment, mais Claude Duty, qui était du groupe, avait sa caméra, on devrait donc prochainement trouver cette vidéo sur son site (http://claudeduty.typepad.fr).
Faute d’avoir beaucoup d’actualité artistique en cette saison vouée aux vacances, je donnerai quelques nouvelles de … ce site : il a reçu, en 2010, 10064 visiteurs de 60 pays, dont 7283 de France, 1316 du Canada, 396 de Belgique, 189 des Etats-Unis, 151 de Suisse, 82 du Maroc, 70 d’Allemagne, 63 de Tunisie, 55 d’Algérie, 47 d’Italie. Pour cette année 2011 (où le nombre de visiteurs dépasse déjà les 5000), la liste est la même pour les 6 premiers pays, mais à la 7° place c’est le Liban (où je séjournais en avril 2010, voire rubrique à ce nom) qui ravit la place à l’Allemagne (passant à la 8° place et suivie par l’Algérie, l’Italie et la Russie).
Merci à tous ces visiteurs inconnus (ou qu’il m’a été donné de rencontrer en France, en Italie, au Liban, et au Sénégal – où j’ai de temps en temps un visiteur de Sokone, ville proche de Badoudou où je séjournais en avril 2002).


15 juillet 2001

Je ne voyage pas cet été. Mais voici quelques nouvelles d’amis qui se déplacent pour … leur travail :
- Geneviève Tourret connaît un franc succès en Avignon : on dut même refuser du monde à sa première de Madame Marguerite au théâtre du Petit Louvre. Photo souvenir, avec les marguerites que je lui offris pour sa première au Robec en mars 2010. On s’étonnera qu’elles durent encore ? C’est qu’elles sont en plastique, car c’était trop tôt dans la saison pour en trouver de naturelles ! :


- Annie-Claude Ferrando connut également un beau succès au … Portugal où elle était l’invitée d’honneur d’une expo de deux semaines. Ce beau voyage est une suite de son expo de l’été dernier à la cathédrale de Rouen, où des touristes portugais avaient admiré ses œuvres et pris note de ses coordonnées. Quelques photos du carton d’invitation…


… de la conférence de presse…


… et du vernissage :

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On peut se reporter à l’actualité du 5 juillet 2010 pour un compte-rendu (avec photos) de l’expo à la cathédrale de Rouen, et à la rubrique Ferrando pour mes textes concernant de précédentes expositions.
A peine cette artiste est-elle rentrée du Portugal qu’elle prépare son expo de l’été Mémoire de femme, qui aura lieu à Cabourg, du 22 juillet au 7 août (espace culturel B. Coquatrix, tous les jours, de 14h30 à 19h. Comme d’habitude, l’artsite sera présente pour accueillir les visiteurs et répondre à leurs questions) :


Quant à moi, loisirs habituels : cinéma (dernier film en date : Switch, prochain : Le Moine), lectures, tourisme de proximité (photos à venir…), et couture. Ayant supprimé une plante qui, chez moi, occupait trop d’espace, j’ai pu rendre au berceau de mes poupées (dans lequel était placé le pot de ce si bien nommé Monster) son usage ; enfin … presque : j’ai en effet fabriqué un petit matelas (à partir d’un de mes oreillers), dont je n’ai pas offert le confort à mes poupées (oui : je les possède encore, ainsi que mes premières peluches, toutes endormies dans un placard !) mais à mes chats. Ils apprécient beaucoup mais c’est parfois une source de querelle entre eux pour l’occuper ! J’ai également recouvert mon siège de bureau d’un nouveau tissu :


Et il faudra que je songe à mon costume de Catherine de Médicis pour mon concert-lecture (avec Philippe Davenet au piano) du 2 octobre au château d’Etelan.
J’irai revoir ce lieu et ma très chère châtelaine avant cela, pour un concert le 23 juillet, où une soprano et un ténor, accompagnés au piano, nous réjouiront les oreilles avec des airs d’opéra (Mozart, Verdi, Puccini…)


7 juillet 2011

Une fois n’est pas coutume, voici un faire-part de naissance. Ce n’est évidemment pas un petit-fils ou arrière petit-fils puisque, pour se prolonger si loin il aurait fallu que je commençasse par faire des enfants !

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Quant à mes habituels divertissements, une fois n’est pas coutume non plus j’ai vu un excellent téléfilm (sur FR 3 le 21 juin) : Bouquet final de Josée Dayan avec, entre autres, Jean-Pierre Marielle, Claude Rich et la toujours belle Jeanne Moreau


Bien sûr, c’était un de ces contes de fées que j’affectionne – même s’il ne comportait pas vraiment de fées : 3 vieux amis, qui vivent ensemble dans un château, sont menacés d’expulsion par la propriétaire des lieux car ils n’ont plus de quoi payer leurs loyers. Au terme de rencontres et d’aventures diverses ils peuvent finalement … racheter le château, évitant ainsi la case maison de retraite, qui terrifie tellement toute personne normalement constituée. Pour ma part, c’est une case que j’aimerais sauter (dans ce jeu de l’oie qu’est la vie) : je préférerais le cercueil, directement…
Autre spectacle télévisuel de choix en ce moment : le feuilleton-péplum Rome
Côté théâtre je suis allée voir, comme prévu 3 semaines après le Paradis d’Israël Horovitz, mis en scène par le comédien Nicolas Degrémont


Il s’agissait du spectacle de fin d’année de ses élèves, et Nicolas annonça, d’emblée, que le long monologue que constituait cette pièce, avait été divisé en 9, pour les 9 comédiens. Et le rideau s’ouvrit sur une scène totalement vide. J’avoue qu’à ce moment je craignis le pire car je suis, quant à cet art, tout à fait conventionnelle, aimant le respect du texte (était-ce le respecter que l’avoir ainsi découpé ?) autant que les éléments de décor. Mais je dus faire amende honorable car ce spectacle était parfait, tout à fait poignant dans son épure. C’est simple : on oubliait complètement que les interprètes n’étaient que des élèves, et que le metteur en scène était surtout connu pour être comédien. Bref : ils furent tous magistraux.
Et le cinéma ?
Après le chat (du rabbin – voir une précédente actualité) je me suis laissée charmer par le pélican Nicostratos. Ce pélican d’une petite île grecque était en fait … huit, tous venus du parc de Villars-les-Dombes (Ain), que j’ai visité dans ma jeunesse (1972 !) ; ils avaient d’ailleurs déjà joué dans Le peuple migrateur, qui connut tant de succès il y a quelques années. Mais le premier pélican que j’ai approché n’était pas dans ce parc : il était effectivement dans une île grecque (Mykonos, où je séjournais quelques jours en 1969), dont il était l’oiseau-fétiche…


… ami des pêcheurs, comme notre Péli d’Antifer


copyright Didier Pazery

… auquel je prêtais ma … plume quand il séjourna à la clinique du C.H.E.N.E. ou ameuta les populations côtières lorsqu’il disparut de son ponton habituel (et fut heureusement assez vite retrouvé). On peut lire ces textes dans la rubrique Animaux du CHENE de ce site.
Ce film-ci est (encore !) un conte de fées moderne, évidemment habité de quelques humains gravitant autour de ce héros ailé. César personnel du second rôle féminin pour … la chèvre.
Mais l’été n’est pas fait pour vivre enfermé (quoique, en période caniculaire, rien de tel que les siestes dans la pénombre de pièces aux volets fermés, rideaux tirés. Je cède volontiers à ces mœurs méditerranéennes… même si mes chats détestent ne plus pouvoir tenir leurs postes de concierges près des fenêtres !) : l’été est également fait pour les pique-nique, les jardins. Dans celui d’une amie d’Ymare, j’ai pris cette photo, d’un chat fixant également l’horizon…


… et je l’ai cité en exemple de sagesse à mes compagnons Cyber de La Maine et Mira de Courtequeue
… sans aucun succès.
Autre jardin d’amis, à Fécamp :



(photos Geneviève Seminel)

J’en terminerai par mes lectures, car je suis récemment passée par une librairie où j’ai cédé à la tentation de trois livres de poche :
Ap. J.-C. de Vassilis Alexakis, dont j’ai déjà apprécié maints ouvrages,
Un sultan à Palerme de Tariq Ali
Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena
Je rendrai compte de ces lectures dans une prochaine actualité…


20 juin 2011

Encore un excellent film vu hier : L’affaire Rachel Singer de John Madden, avec, entre autres, la toujours parfaite Helen Mirren, qui fut, ailleurs, une si crédible Elisabeth II


Et pour les jours qui viennent j’ai d’excellentes perspectives : le vernissage d’une exposition…



… qui sera suivi (fête de la musique oblige !) des concerts de la fanfare Mona Lisa Klaxon (bien connue des Rouennais puisqu’elle se produit régulièrement dans ses rues depuis des décennies) et de la chanteuse Elisa Jo
… et du théâtre :


Et qu’est-ce que je fais quand je ne me divertis pas ? Mais je … travaille ! J’ai par exemple été guide touristique au château d’Etelan jeudi dernier…


… car Françoise Boudier (sa si charmante propriétaire), quelque peu débordée par différents groupes de visiteurs ce jour-là, m’avait appelée à son secours. Et ce travail fut précédé d’une aimable invitation dans une crêperie de Caudebec !
J’ai également écrit. Ou, pour être plus précise : ré-écrit. Car mon très cher pianiste Philippe Davenet souhaitait depuis longtemps commettre avec moi une lecture-concert autour de ma Nuit d’Etelan, ce long monologue que j’ai prêté à Catherine de Médicis une nuit où elle s’arrêta dans ce château. Nous sévirons donc ensemble là-bas (le 2 octobre à 17h), moi en lectrice de 6 textes courts extraits/ré-écrits de ce roman, lui au piano. Le piano n’existait pas au temps de Catherine de Médicis m’opposeront les puristes ? Certes. Mais on peut faire confiance à Philippe pour trouver une solution ! Et la veille, j’aurai été, de nouveau, George Sand, à Sahurs, avec Germain Bésus dans On vous adore. Bref : l’automne s’annonce bien ! J’y reviendrai en temps voulu…


9 juin 2011

Encore un très joli film vu récemment :

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Le réalisateur en est l’auteur même de la bande dessinée éponyme. L’esthétique est très soignée – dès le générique, superbe – l’histoire est pleine de rebondissements, et, sous un couvert de légèreté, est une critique des excès de nos trois religions originaires du bassin méditerranéen : juive, chrétienne, islamique. Une critique emplie d’humour, cet humour étant dévolu au plus intelligent, plus cultivé des personnages, qui est, évidemment, ce chat du rabbin. Ce film réjouira autant les adultes que les enfants car il est lisible de deux manières.
Pour ce soir je vais à un concert-lecture à l’auditorium du Musée des Beaux-Arts. Titré Le Coricolo, le texte d’Alexandre Dumas sera lu par Marie-Christine Garay, que notre cher Philippe Davenet accompagnera au piano. Ils sont allés présenter ce concert-lecture in situ en début d’année, c’est à dire à Naples, entraînés là-bas par l’association de jumelage Rouen-Salerne, commanditaire de ce spectacle. Je fis un temps parti de ce jumelage, et on peut se reporter, si l’on souhaite voir des photos de Salerne et sa région, à la rubrique voyage de ce site.
Salerne fut la première terre italienne conquise par ces Normands, à l’origine de cet éphémère (mais ô combien brillant !) royaume qu’ils créèrent en Italie du sud et en Sicile aux XII° et XIII° siècle.
Cette famille Hauteville, qui régna quelque 110 ans en Méditerranée venait de cette Normandie, province concédée au Viking Rollon par le roi de France en 911.
Il y aurait donc, cette année, matière à quelques festivités d’anniversaire. Hélas, du côté officiel rien ne semble prévu. Sans doute les caisses publiques ont-elles été trop sollicitées, l’an passé, pour la célébration d’ une Normandie Impressionniste… Nous ne pourrons donc compter, une fois de plus, que sur la vigueur des Associations pour célébrer cette fusion des terribles Vikings venus des mers du Nord et des autochtones de l’ouest français (dont les prières se terminaient, avant cette paix de 911, par : de furore normanorum libera nos Domine, latin d’église se traduisant par : délivre-nous, Seigneur, de la fureur des Normands)
La Seine, le 14 juin prochain, portera encore, du côté de Oisssel, quelques drakkars jadis tellement craints :



4 juin 2011 :

Durant ce mois de mai où je ne pouvais donner de nouvelles à mes internautes pour cause de web-master en vacances, j’ai également vu des films et lu des livres…
Concernant le cinéma, j’ai eu la chance de faire de bons choix avec :
Coup d’éclat, un excellent film policier, qui n’omet pas d’être bâti sur un problème de société : celui des travailleurs clandestins. Catherine Frot s’y montre excellente dans un registre inhabituel de policière alcoolique.
Moi Michel Gagniant, milliardaire et maître du monde, qui, sous couvert de comédie grinçante, démonte les mécanismes financiers de nos sociétés libérales.
De l’eau pour les éléphants (de Francis Lawrence, d’après le roman éponyme de Sara Gruen), qui ne fut pas sans me rappeler Sous le plus grand chapiteau du monde de Cécil B. DeMille, que je vis dans mon enfance, car ce sont tous les deux des films à grand spectacle, dans le milieu des cirques américains. Mais la comparaison s’arrête là, car près de 60 ans séparent ces deux films et, durant ces décennies, notre regard sur le cirque a changé. Nous avons découvert la compassion vis-à-vis des animaux qu’on y exploitait sans ménagement. Cette compassion est d’ailleurs présente dans De l’eau pour les éléphants, ce qui est peut-être un anachronisme puisque l’histoire se passe dans les années de la grande dépression américaine (début des années 1930 pour les jeunes internautes qui l’ignoreraient). Le directeur du cirque est un tyran, qui n’hésite pas à martyriser hommes et bêtes, allant même jusqu’aux crimes. Il est l’époux d’une belle écuyère, totalement soumise. Mais toute cette sordide organisation est peu à peu mise à mal avec l’embauche d’un jeune étudiant vétérinaire. Tous les acteurs sont excellents, mais je donnerai la palme à celle qui fut oubliée dans les nombreuses récompenses que reçut ce film : l’éléphante Tai-Rosie


Minuit à Paris m’a réconciliée avec Woody Allen dont les derniers films ne m’avaient pas convaincue. Celui-ci est bâti sur le schéma d’un conte de fée traditionnel : un jeune homme s’égare (non pas dans une forêt enchantée, mais dans notre Paris contemporain, superbement filmé et agrémenté d’une bande musicale également remarquable), et renonce à retrouver son chemin, alors que minuit sonne. Passe alors un carrosse (sous la forme d’une voiture des années vingt), qui s’arrête devant lui, et dont les occupants (joyeux fêtards remplaçant ici les fées) l’embarquent dans… ce passé parisien des années 20. Cette machine a remonter le temps fonctionne chaque nuit, ce qui complique passablement la vie diurne du jeune Américain, nanti d’une fiancée et de futurs beaux-parents (tous également américains) logés au Bristol et ne songeant qu’ boutiques de luxe contemporain… Là aussi je décerne une mention spéciale, à … l’affiche, qui mêle une photo du jeune héros déambulant dans Paris, sous un ciel de … Van Gogh


Il m’est aussi arrivé de voir quelques films à la télévision, dont Il ne faut jurer de rien adaptation très libre faite par Eric Civanyan de la pièce éponyme d’Alfred de Musset. Ma mention spéciale va, pour ce film (de 2005), à la comédienne Marie-France Santon, magistrale dans le rôle de la Baronne de Mantes.
Alfred de Musset me ramène tout naturellement à George Sand, et donc à notre récent concert-lecture On vous adore. Pour ceux qui l’ont raté à Bois-Guillaume, ils pourront toujours l’entendre à Sahurs le 1er octobre. L’association ARTS classique romantique moderne, à l’origine de cette création recevra également toutes propositions de collectivités, salles de spectacles souhaitant programmer ce spectacle. Tous les renseignements sont à demander à : Artscrm2@aol.com
Autre adaptation cinématographique vue à la télévision : Homo Faber, de Volker Schlöndorff, d’après le livre éponyme de Max Frisch. Le film date de 1991, soit trente ans après la traduction du roman chez Gallimard. Nous l’avions acheté en 1980 (en cette époque bénie où la durée de vie des livres excédait largement les 3 mois actuels…). Il m’avait enthousiasmée, et je l’ai relu plusieurs fois (je me souviens aussi l’avoir prêté, ignorant par quel miracle on me l’a rendu…). Je vais y retourner une nouvelle fois. L’auteur, écrivain majeur, naquit à Zurich en 1911, où il est également mort, en 1991.
L’évocation de cette lecture m’entraîne à celles faites en mai :
L’espèce fabulatrice de Nancy Huston, qui est une excellente analyse de notre espèce humaine.
Sang chaud, nerfs d’acier de Arto Paasilinna, un de mes auteurs de prédilection. Hélas, pour cette fois j’ai été déçue, la qualité essentielle (à mes yeux !) de cet auteur ayant quasi disparu. Rien en effet ne me parut burlesque dans cette narration d’une vie (et quelques autres).


1er juin 2011 :

Mon web-master est rentré de vacances !
Je peux donc reprendre le cours de mes actualités… en revenant sur ce mois de mai :


George Sand et Frédéric Chopin
à Nohant ?


Non :
Simone Arese et Germain Bésus,
photographiés par Claire Baillet
lors d’une répétition bucolique de :
On vous adore !

… dont la Première remporta un vif succès à Bois-Guillaume le 13 mai. J’ai évidemment immortalisé l’arrivée du piano d’époque à l’ancienne chapelle du Carmel …


… et Annie-Claude Ferrando a volontiers rempli sa mission photographe après la dernière note de musique :


George Sand à son bureau


De gauche à droite :George Sand, Frédéric Chopin, le pianiste Philippe Davenet, la comédienne Albane Louvet, qui furent de notre chaleureux public.

Le 14 il y eut le vernissage du 21°salon d’arts plastiques de Maromme, avec le peintre Roland Hibert et le sculpteur José Torres en invités d’honneur :



Le 15 c’était la fête dans le parc du Château d’Etelan, où la vedette était une de ces vaches … écossaises du troupeau installé de longue date dans le Marais Vernier (de l’autre côté de la Seine)


J’étais allée dans ce Marais quasi mythique dès le 6 mai 1999, pour une visite servant de prélude à un atelier d’écriture avec des élèves du collège du Trait. Ces visites marécageuses nécessitent l’accompagnement d’un guide, ce qui cependant ne m’empêcha pas de m’étaler dans la boue, qui avait aspiré une de mes bottes. Un élève ne manqua pas de signaler l’événement dans son texte du jour, joliment illustré…


… mais un des enseignants préféra immortaliser le paysage :

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La vache écossaise avait, dans le parc d’Etelan, ce 15 mai 2011, quelques compagnes… artistiques :







(photos de Geneviève Seminel)


Le 20 : je pus applaudir Peer Gynt, dans la version qu’en présentait Geneviève Tourret au théâtre de l’Echo du Robec. Nul doute qu’elle soit aussi talentueuse dans cette fonction de metteur en scène que dans celle de comédienne, car elle avait mené de main de maître sa troupe d’élèves, ce qui n’était pas évident avec une si grande œuvre, proposée à une quinzaine d’adultes (tenant 26 rôles) de niveaux et motivations divers…

Le 21 : j’étais invitée à un mariage, ce qui me réjouit toujours. La messe eut lieu à Quevilly, mais en manière d’accueil sur le lieu des agapes (le Manoir des Templiers à Ambourville) cette petite Notre Dame de toute tendresse faisait très bien l’affaire :


L’arrivée d’Hélène et David, le nouveau couple (dans la belle voiture de Marc Prieur, père du marié)…
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… et cachées par la robe de la mariée, ses jolies chaussures rose :


Claude Duty photographiant les mariés de … l’an passé (voir actualité de juillet 2010), en compagnie du père des mariés de cette année (vous suivez ?) et de la mère du marié de l’an passé (vous êtes perdus ou ça va encore ?)…


… mais pour réussir à photographier tous les nombreux invités il fallait bien monter à l’étage de l’ancien pigeonnier :


On en revient à des portraits intimes :


Annck Delaunay-Vasse (toujours d’une élégance parfaite) et Caude Duty (non moins élégant dans son costume du festival de Cannes)…
… et Simone Arese (qui faute d’avoir monté les marches du festival de Cannes, se contente de celles du manoir des Templiers…)


Le soleil, qui avait brillé toute la journée, se coucha derrière un vénérable hêtre pourpre



Le 22 (après une très courte nuit, et dans une tenue plus sobre) je retournai au château d’Etelan pour l’Assemblée Générale annuelle. Ouf, c’est plus calme que le 15 semblait soupirer la statue sous les tilleuls…


… ces 3 tilleuls, qu’épargna la tempête de décembre 1999 (laquelle, d’un seul souffle, détruisit pourtant toute l’allée cathédrale d’arbres centenaires) qui vont bientôt être très officiellement intronisés Arbres remarquables. On peut voir les ravages de cette tempête (et bien d’autres choses) sur le site : http://www.château-etelan.fr
Et on peut encore admirer, dans le parc, la majeure partie des vaches, durant tout l’été. Voici encore l’une d’elles :


On peut également soutenir l’Association créée par Françoise et Jacques Boudier :



Le 28, à Beaumontel (Eure), on honorait (enfin !) Albert Parissot, à l’occasion du centenaire de sa mort :


Hélas je ne pus me rendre à ces festivités pourtant attendues (notre site http://parissot.com ayant été créé dès… 2004 pour que les édiles se bougent un peu dans leur devoir de mémoire !) car, pour une raison inconnue, j’eus, la veille, une violente et très handicapante douleur aux reins qui m’empêcha de bouger normalement durant plusieurs jours.

Mais je compte bien être remise pour les festivités de juin, dont la première sera un hommage à Jean-Pierre Engelhard le 3




… la seconde un concert, en soliste, de Germain Bésus (dans un programme Mozart, Schubert, Chopin) au château d’Etelan, le 5, à 18h. Il serait prudent de réserver (etelan@orange.fr ou : 02 35 39 91 27. Tarif : 15 euros, ou 10 euros pour les membres de l’Association)

Suivra un vernissage le 10



… où je serai directement impliquée puisqu’à la demande de Danny Vignal j’y lirai deux de mes textes consacrés à la célèbre toile Repas de noces à Yport (voir rubrique à ce titre sur ce site)


25 avril- 22 Mai 2011

On s’étonnera sans doute que je dévoile, en une seule fois, une actualité couvrant 4 semaines. C’est qu’il arrive à mon si dévoué web-master de partir en vacances sans son ordinateur. Je prends donc mes précautions pour que mes internautes ne soient pas sevrés de mes nouvelles culturelles !

25 avril :
je vis, seule dans une salle de l’Omnia (Rouen était désert en ce lundi de Pâques), le film La nostra vita de Daniele Luchetti, en V.O. (oh bonheur d’entendre cette langue italienne que je n’ai hélas plus l’occasion de pratiquer régulièrement). Le film commence dans un sirop de bonheur quasi vomitif : un jeune couple, dont la femme est enceinte (très enceinte), s’aime, chantant à tue-tête un succès du moment, tandis que leurs deux jeunes fils les écoutent derrière la porte de la chambre. Après cette introduction, qui me laissa croire que j’allais beaucoup m’ennuyer, cassure brutale : la femme meurt en couches. Mais la vita continua ainsi qu’annonçait la chanson, reprise par le veuf, avec rage, et sa famille devant le cercueil. C’est un des moments très forts du film, qui mérita bien le prix d’interprétation décerné à Elio Germano, l’an passé, à Cannes. La vie continue en effet, avec, en sus du deuil, des problèmes de travail, d’argent, dans ce milieu du bâtiment où la magouille sévit et les travailleurs clandestins pullulent. Mais contre l’adversité il y a la famille, les amis. Il y a surtout – interprétation personnelle – la jeunesse du personnage. La jeunesse est combative. Un veuf plus âgé se serait sûrement écroulé. Car la vie qui continue réserve tant de coups qu’un jour arrive où on ne se relève plus. Toutes proportions gardées, j’en sais quelque chose…
Je sortis de ce film – qui se termine pourtant de manière optimiste – avec un grand sentiment de tristesse. Mais je suis toujours triste les jours de fêtes imposées, telles Noël ou Pâques. Réminiscence probable du travail abrutissant qu’elles imposaient à mes parents dans leur pâtisserie. Je me sentais alors dépouillée de ces fêtes où, ailleurs, les familles réunies se réjouissaient.
Et pourtant cette période pascale suscita une jolie photo en 1950


1er mai :


Muguet de circonstance, illustrée par une œuvre de mon père, Gaston Margas, qui découvrit le plaisir d’être un peintre du dimanche quand il n’eut plus la charge matinale – très matinale – de cuire les croissants (et autres délices) dans sa pâtisserie.


4-11 mai :
L’inénarrable troupe de La Pie Rouge sera présente au théâtre de la Chapelle Saint Louis, avec sa version, probablement déjantée, du Malade imaginaire


Il serait prudent de réserver ses places au 02 35 98 45 05 (du lundi au vendredi, de 14 à 18h). Le spectacle se jouera les 4,6,7,10,11 mai à 19h30 et le dimanche 8 à 17h.

5 mai :
J’irai au vernissage d’une exposition des photos de Stéphane L’Hôte, intitulée Des fleuves et des peuples qui se tiendra à IUFM de Mont Saint Aignan, du 2 au 20 mai




7 mai :
Autre vernissage…


Ce même jour, Geneviève Tourret incarnera une fois de plus Madame Marguerite (spectacle que j’ai évoqué à plusieurs reprises et dont on trouvera ma critique à la rubrique théâtre) au centre André Malraux de la Grand Mare (Rouen) à 20h30. Pour réserver : 02 35 60 29 99

10 mai :
Madame Marguerite sera présentée à l’Espace Guillaume le Conquérant de Bois-Guillaume, à 20h30. Réservations au 02 35 61 71 10

13 mai :
Ce sera à notre tour d’être présents à Bois-Guillaume, mais dans un autre lieu (la chapelle de l’ancien carmel), notre concert-lecture étant annoncé par la très belle affiche concoctée par notre ami Claude Duty


… qui ne pourra hélas être présent, parti à Cannes humer l’air du festival annuel.
Voici notre propos résumé :
Octobre 1849 : George Sand apprend la mort de Frédéric Chopin, avec lequel elle s’est brouillée deux ans plus tôt. Seule dans sa chambre de Nohant elle se souvient…

17 mai :
4° anniversaire de ma retraite ! L’évènement fut joyeusement fêté (en même temps que mes 60 ans) chez Marc Prieur (qui s’illustrera ensuite brillamment dans notre court-métrage Little Appaloosa, que je co-réalisais en 2008 avec Claude Duty, puis dans les kino dont j’écrivis les scénarii pour le festival Off-courts de Trouville en 2009 et 2010 : Noces d’étain et Ab Urbe Condita et qui nous accompagna, en brillant Président de la Société d’Alphabétisation des Cochers dans la version spécialement conçue pour le château d’Etelan des Méfaits divers qu’Hervé Boudin et moi-même étions allés présenter, dans sa version courte, sur les scènes libanaises et à l’Echo du Robec cette même année 2010)






On remarquera, sur la dernière photo ci-dessus, Michel Hubin, lisant le discours d’accompagnement au cadeau collectif, dont, avec la complicité des mes amis, il m’avait préparé la surprise : un nouvel ordinateur ! Il fallait bien ça car mon premier site était mis en ligne pour cet événement. Depuis il a été suivi d’un second puis d’un troisième. Il est donc logique que, ce 17 mai 2011, un quatrième soit annoncé. A la différence des trois premiers il ne sera pas totalement personnel car consacré à l’Association ARTS créée par mon partenaire de On vous adore. Pas plus que les 3 précédents, ce 4° site (bientôt en ligne) n’existerait sans son web-master Michel Hubin, que je remercie une fois de plus.

20-22 mai
Geneviève Tourret ne se contente pas d’être comédienne puisqu’elle assurera la mise en scène de la troupe de ses élèves dans Peer Gynt , le chef d’œuvre d’Henrik Ibsen



… au théâtre de l’Echo du Robec les 20 et 21 mai à 20h30, le 22 à 16h30. Réservations au 02 35 88 98 86.
Pour ma part j’irai les applaudir dès le 20, car le 21 je serai au mariage du fils d’un ami. Et le 22, probablement, je me remettrai d’avoir dansé une bonne partie de la nuit…
C’est sur cet événement heureux que j’en termine de cette longue actualité. Ci-dessous le carton d’invitation. Les photos suivront, quand Michel Hubin sera rentré de ses pérégrinations de Mai…




23 avril 2011

Un excellent livre lu cette semaine :
Les Habits neufs de Margaret de Alice Thomas Ellis paru aux Editions de l’Olivier en 1993. J’ai découvert cette merveille sur les tréteaux d’une vente du secours populaire, dans le hall du cinéma Pathé des Docks 76, le jour où je suis allée voir La Proie.
Cette deuxième vie qu’ont les livres dans les ventes d’associations caritatives ne devrait que me réjouir. Mais elle me désole car elle signe qu’on se défait des livres, ces compagnons silencieux qui peuvent pourtant nous réjouir, nous émouvoir souvent mieux que de bavardes compagnies de chair. Celui-ci portait deux tampons, répétés 3 fois (page de titre, page 30, dernière page) : l’un de la bibliothèque qui l’avait acquise, et l’autre, indiquant : pilon, 30 juin 2009.
Pourquoi ce pilon ? Le livre est excellent, je l’ai dit. Il est en bon état. Alors ? C’est qu’il y a surproduction de livres, depuis des années, et contre ce raz-de-marée, les bibliothèques, créées pour les conserver, s’en défont, les nouveaux chassant les anciens, sans discernement de qualité. C’est honteux ? Je ne vous le fais pas dire ! C’est même sûrement à cause de cela qu’un terme jardinier a été détourné : les bibliothèques ne jettent pas, elles …désherbent ! Mais le mot, hypocrite, est finalement pire, car il sous-entend que les livres sont de mauvaises herbes, qu’il faut arracher des belles allées de nos vies…
J’ai aussi vu un délicieux film : La fille du puisatier, nouvelle version (de et avec Daniel Auteuil) d’un film de Marcel Pagnol, tourné en 1939. Des critiques revenus de tout le disent académique (et on sait comme le mot leur pince la lèvre de mépris) mais moi, j’avoue, il m’a donné la mélancolie de ces films qui osaient parler d’amour sans craindre le ridicule. Après la projection des bandes annonces de tous ces films américains, emplis de violence, de bagnoles cassées, et d’effets spéciaux, c’était rafraîchissant. Merci Daniel Auteuil !
J’ai terminé la semaine en me rendant à la fête des imprimeurs au moulin St Gilles, qui abrite, le long du Robec, le Centre d’Histoire sociale fondé par Jean-Pierre Engelhard. Qu’est-ce que le Centre d’histoire sociale ? Je l’ai expliqué dans mon actualité du 10 novembre 2009, à laquelle je vous renvoie. Pour honorer le saint patron des imprimeurs – Saint Jean porte latine – l’atelier de typographie était remis en service, la revue Rouen-Lecture
était présente, ainsi que les éditions Christophe Chomant. Et Christophe lui-même conviait les visiteurs à fabriquer du papier à la cuve sous le joli lavoir restauré. Je me suis prêtée à l’exercice avec grand plaisir. J’ai passé là près de deux heures, mais ne voyant toujours pas paraître Jean-Pierre Engelhard, dont j’aime entendre l’enthousiasme, je demandais à quelle heure il arriverait. Stupeur : on me répondit qu’il était mort le 28 avril 2010.
Cette nouvelle assombrit brutalement ce bel après-midi si ensoleillé…
Une autre nouvelle, découverte sur Internet, ne me rendit pas ma joie mais m’assombrit un peu plus : la tauromachie, cette ultime barbarie résiduelle des jeux de cirque romains, est devenue, grâce à notre ministre de la culture, patrimoine immatériel de la France. Quelle scandale ! Et quelle défaite pour ceux qui se battent depuis des années contre ces corridas… De rage j’en planterais bien quelques banderilles dans le cuir de notre ministre des affaires culturelles. Il avait titré sa nauséeuse autobiographie La mauvaise vie. Il pourrait titrer sa décision nouvelle Le mauvais choix. Monsieur Sarkozy, vous pour qui je n’ai pas voté, et dont je suis très mécontente, un bonne décision, au moins une fois : virez cet homme-là de votre gouvernement.


18 avril 2011

Nous n'avons pas l'habitude de transférer les informations qui nous parviennent par le réseau internet. Mais celle-ci, transmise par un lecteur, nous paraît importante. Elle confirme que partout des voix s'élèvent pour lutter contre la normalisation imposée par le "capitalisme financier" (C'est le nom donné par les économistes), qui se traduit par le dogme du tout privé et la réduction des services publics, dont l'éducation et l'accès à la culture. Or un peuple sans éducation et sans culture accepte tout, y compris le pire ! En 1852 un poète, Théodore SIX, le rappelait déjà :
Peuple, médite et souviens-toi
Que tu es force et nombre,
Mais que
Tant que tu seras force et nombre sans idée
Tu ne seras qu'une bête de somme.

Nous avons donc pris la liberté à titre exceptionnel de vous faire suivre ce document.

 Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.
Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.
 Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.
Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! »
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».
Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.
Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]
 Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...
[applaudissements]
 Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".
[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
 Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé Ce fut un moment magique dans l’opéra. »
« Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens."
 Sur Google tapez :
Berlusconi muti et cliquez sur «  recherche »
Ou bien cliquez sur ce lien :
Silvio Berlusconi renversé par Giuseppe Verdi - AgoraVox le média ...
 
et vous allez retrouver  le texte ci-dessus…..Mais en bonus vous aurez le droit  à la vidéo d’excellente qualité ( 7' 23 ‘’) du fameux bis, et de la déclaration  du chef MUTI !
C'est sublime
!

16 avril 2011

Je n’aurai, pour rien au monde, raté le vernissage, hier de la 18° exposition internationale du verre à Alizay. J’y ai retrouvé avec plaisir, parmi les exposants, Annie-Claude Ferrando.

.....

Cette exposition durant jusqu’au 1er mai, il serait impardonnable de la rater…
Quant au ouikend pascal, au lieu de chercher d’hypothétiques œufs déposés par les cloches au retour de Rome (quelle imagination eurent parfois les adultes pour bourrer le mou aux enfants !) allez donc plutôt à la fête des imprimeurs, les 23 et 24, au moulin Saint-Gilles. Et vous pourrez précéder, ou prolonger, d’une bucolique promenade pédestre le long du Robec, entre Rouen et Darnétal


3 avril 2011

Un excellent film le matin : Je n’ai rien oublié, d’après le non moins excellent roman de Martin Suter : Small word
Et un concert en fin d’après-midi



30 mars 2011

Salut les Internautes,

C’est encore moi, Cyber de la Maine, chat d’écrivaine.
Je profite une nouvelle fois de ce que la bipède partageant mon appartement se consacre à Euterpe et Thalie pour venir me plaindre, en espérant que quelque association de défense des animaux lui enverra un inspecteur…
Car, ainsi que vous l’aurez déjà compris, elle a remis ça, malgré sa promesse de fin d’année 2010. Elle quittait la scène théâtrale, jurait-elle, car c’était trop difficile pour une si vieille mémoire (pensez donc : elle a 55 ans de plus que moi) d’apprendre un texte, même dont elle était l’auteur. Mira de Courtequeue, dite aussi Filocharde (qui ne devait pas filocher si bien que ça le jour où elle faillit se faire aplatir sous la trémie du Mont Riboudet. Jour maudit pour moi puisque la théâtreuse dilettante la ramassa, au péril de sa vie, pour la conduire chez un vétérinaire, qui n’ eut pas le bon sens de l’euthanasier, si bien qu’ à présent squattant mon royaume elle me pourrit la vie) Mira, donc (oui je sais : je cultive la parenthèse, la digression, le lecteur a parfois du mal à suivre) s’était réjouie avec moi car elle nous avait bien cassé les oreilles en répétant son rôle d’épouse russe fulminant contre le mariage. Nous nous disions : enfin la paix pour 2011, elle en revient au silence de la page blanche... Que nenni ! Elle a reçu une nouvelle proposition, le mois dernier, d’un pianiste cette fois. La voici donc à nouveau répétant son rôle sans pitié pour nos oreilles. Le seul avantage que nous ayons, c’est que pour les répétions en commun elle doit se rendre chez son partenaire car le piano ne peut monter nos quatre étages. Nous sommes donc parfois tranquilles quelques heures. Mais la mauvaise volonté qu’à le piano à venir jusqu’à nous ne nous protège pas complètement : il arrive que le pianiste vienne simplement dîner chez nous, où elle l’autorise à fumer le cigare. Elle parle même de s’y mettre aussi, pour mieux se pénétrer du rôle car son personnage (une femme de lettres comme elle) était également célèbre pour enfumer son entourage. Ce me fut particulièrement pénible hier, où j’avais déjà eu mon comptant de désagréments : elle m’avait emmené chez la vétérinaire parce que, depuis deux jours, j’éternuais. On m’a pris ma température, fait une piqûre, prescrit des inhalations, des gouttes dans les yeux. Sur la table des supplices je me suis tenu coi, mais sur la route de retour, j’ai pissé ma pudeur bafouée dans mon panier. Car si j’éternue c’est encore de sa faute : elle a attaqué cette semaine un grand ménage de printemps, et allez donc les courants d’air pour faire envoler les moutons, c’est comme ça que je me suis enrhumé… Alors pour me remettre, la fumée des cigares, c’est pas vraiment ça…
Comme cependant je suis un bon chat, je vais tout de même lui assurer un peu de pub. en vous révélant avec quelque avance la belle affiche que leur a concoctée Claude Duty, son habituel comparse en bêtises diverses:





17 mars 2011

Au programme des prochains jours :
- un vernissage :


- le 5° salon de la B.D. à Caudebec-lès-Elbeuf, le 20 mars, avec de nombreux illustrateurs, coloristes. Invité d’honneur : Jean-Charles Kraehn. Pour tous renseignements, tel à la mairie : 02 35 74 64 10.
- du théâtre : pour ceux qui auraient raté l’époustouflante Geneviève Tourret au théâtre de l’Echo du Robec, ils peuvent encore la voir, le 25 mars à La Baraque, à 20h30, réservation 02 35 98 24 32


Cette Baraque, rouennaise, est située dans l’agréable quartier Jouvenet, qui, derrière la place du Boulingrin, a des allures de calme village. Je le sais pour y avoir habité, de 1994 à 1998, avec Daniel Caplain, dans une amusante maison avec un jardin en contrebas, que j’eus bien du mal à quitter, et dont les nombreux amis qui vinrent y dîner les soirs d’été se souviennent avec un égal bonheur :




Et, bien cachée dans la végétation…


…ou en compagnie du chat, exposée au regard du peintre…


… j’ai beaucoup écrit : des nouvelles pour Rouen-Lecture, mon 4° roman Madame la comtesse préfère le jazz, et, hommage à ce jardin, le conte Agapanthe et Coquecigrue.
Je trouve à présent bien étrange de vivre en l’air : au 4° étage d’un immeuble (sans ascenseur !). C’est peut-être pour cela que je n’écris plus : perdant le jardin, j’ai perdu l’inspiration…
J’en ai emporté un fragile nid de grives, chu du laurier, et dont les 3 œufs avaient été crevés à coups de bec. Je l’ai toujours et il m’émeut que les grives qui l’avaient construit, aient, pour sa solidité, ajouté aux traditionnelles brindilles, quelques feuilles séchées des lys tigrés et des bouts de ficelle, dont j’avais attaché la végétation s’inclinant trop vers les allées. Ce fragile souvenir en voisine un autre, de même nature : un nid de tisserins, tombé d’un palmier, dans notre campement de Badoudou, au Sénégal. J’ai encore dans l’œil la beauté de ces oiseaux, et dans l’oreille, tous leurs piaillements au coucher du soleil.
Cela, sans doute, s’appelle la mélancolie…


1er mars 2011

INCROYABLE : je suis ce matin retournée à la bibliothèque universitaire, que j’avais quittée le jour de mon départ en retraite (qui correspondait à mon 60° anniversaire : 17 mai 2007), jurant bien de ne plus y jamais y remettre les pieds !
Il fallait donc une raison importante pour que je sois ainsi parjure ?
Certes ! Je dois m’instructionner sur un des auteurs les plus prolixes qui fut : George Sand. Impossible, n’est-ce pas, d’aller razzier les librairies (où il n’est d’ailleurs pas certain que j’aurais trouvé les œuvres souhaitées) ? J’avais prévenu de mon passage et fut fort bien accueillie par mes anciens collègues. On m’accorda une carte de lecteur, et je pus repartir avec quelques volumes de la si prolixe femme de lettres.
Reprendrais-je des études ? Allons donc ! Je n’en ai pas commencées dans ma jeunesse, je ne vais pas m’y mettre dans mon grand âge, à présent que je suis enfin autorisée à la paresse. En fait madame Sand m’intéresse pour les mêmes raisons que monsieur Tchékhov m’intéressa il y a quelques mois. Je n’en dirai pas plus aujourd’hui…
Revenons-en à mes divertissements habituels.
J’ai vu deux films :
True gritt des frères Coen, chouchous de la critique. J’avoue avoir été déçue. D’abord y’avait pas d’Indiens. Ensuite les coy-boys jaspinaient autant que des personnages de Woody Allen.
J’ai voulu comparer avec la précédente version (1969) d’Henry Hathaway, qui passait – hasard de la programmation ? – sur un chaîne télé le lendemain. Hélas, la dite chaîne étant cryptée, je ne pourrai offrir un savant … décryptage à mes fidèles internautes.
Requiem pour une tueuse où rien n’est crédible , du début à la fin. On ne s’ennuie pas pour autant, grâce à … Haëndel
Conclusion : on peut éviter le premier film et préférer écouter Haëndel en concert…
Quant aux prochaines expositions picturales où je me rendrai, elles sont hommage à un artiste, récemment décédé : Jean-Marc, dont les amis ont réuni quelques œuvres à l’ancienne chapelle du Carmel de Bois-Guillaume (5-13 mars, de 14h à 18h30), et à un autre peintre bien vivant : Christian Sauvé, qui accroche aux cimaises de la galerie Rollin à Rouen (8-26 mars) :


J’irai également au vernissage d’une amie, qui fut de l’ancien conseil municipal de Maromme (où elle persista plus longtemps que moi !) : Marie-Jeanne Nouvellon, qui expose ses nouvelles … poupées, après avoir légué les précédentes au Musée de l’Education :


On s’étonnera peut-être de ce que cette actualité est, comme les vieux films, avare de couleurs ? C’est que l’écran de mon ordinateur est gravement malade… Je vais probablement devoir le remplacer…


17 février 2011

J’ai encore vu un joli film cette semaine (dans la catégorie comédie, que j’évite en général !) : Les femmes du 6° étage. Je n’ai pas regretté d’être descendue de mon 4° !
Je suis également allée au vernissage d’un photographe… mexicain à la librairie Polis (http://www.librairie-polis.com)
Et, pour rester dans la catégorie Amérique latine (de saison…) je suis retournée hier, pour la première fois depuis le 17 mai 2007 (jour où j’abandonnais enfin mon emploi de bibliothécaire pour entrer dans ma nouvelle vie de retraitée), à l’université, sur invitation de José Maria Ventura, qui y enseigne toujours sa langue maternelle, à savoir : le brésilien. Il s’agissait de musique :


Mais nous pouvions aussi nous régaler de quelques spécialités :


Et comme il est impossible de résister au rythme d’Agogô Percussions (http://www.agogopercussions.com), nous avons dansé. Pour ma part avec autant de style que ce jour déjà lointain (octobre 2002) où je fus intronisée Vice-Présidente des femmes de Badoudou (Sénégal) :


(on notera que les pieds ne touchaient plus terre…)
Et je n’étais même pas rouillée au réveil ce matin ! Donc, j’y retourne ce soir :


Et demain soir :


Mais, qu’on se rassure, je ne suis pas pour autant infidèle à ma chère Normandie car je suis également allée ouïr une docte conférence à l’Académie de Rouen, titrée : Musique et musiciens en Normandie. Docte conférence certes, mais pas pour autant ennuyeuse, car son auteur Jean-Luc Rigault (qui enseigne au conservatoire de Rouen) a un humour ravageur. Ce qui n’est pas étonnant puisque c’est Philippe Davenet, dont l’humour est également connu, qui assure le programme de l’année 2011 à l’Académie. Il était d’ailleurs présent, au piano, et renforcé de 3 autres musiciens : Christian Lorandin et Edith Dupuis, qui le relayèrent au piano, et Florent Dusson, qui s’illustra brillamment au violon.


8 février 2011

Cinéma et lecture constituent mon actualité de la semaine. Trois films :
Angèle et Tony, qui a, paraît-il, de bonnes critiques. J’entendis beaucoup renifler autour de moi. Enfin, j’entendis… tant que je ne dormais pas ! Bref : ce premier long-métrage d’Alix Delaporte, présenté comme une « comédie romantique » est à éviter (d’autant plus que l’affiche révèle la fin de l’histoire. Ne gaspillez ni votre temps ni vos larmes)… Pourquoi suis-je allée le voir, moi qui n’aime pas les mélo populistes ? J’étais invitée à l’avant-première normande (oui, j’ai oublié de vous préciser : ça se passe sur nos côtes, chez nos malheureux pêcheurs…)
Au-delà, dont le sujet ne m’intéressait pas mais que je suis allée voir pour le réalisateur, Clint Eastwood, et l’actrice Cécile de France. Bien fait, soigné (jolis restau ; jolis hôtels) acteurs impeccables. Mais, décidément : la vie après la mort, la communication avec les chers disparus par médium interposé (Matt Damon) : bof !
Le Discours d’un roi : celui-ci vous pouvez aller le voir en toute confiance. Et pourtant, le sujet était assez casse-gueule : comment le père d’Elisabeth II, devenu roi par défection de son aîné (ce fêtard qui préféra Wallis Simpson
à la couronne), cessa de bégayer. Acteurs impeccables là-aussi, même les rôles secondaires : ah, Derek Jacobi, qui fut, en 1976, cet extraordinaire rôle-titre du feuilleton de la B.B.C. dont je ne ratais pas un épisode : Moi Claude empereur. A propos : celui-là non plus n’était pas destiné à régner et bégayait… Ce fut même son bégaiement qui le sauva des diverses purges assassines du moment : on le supposait trop idiot pour régner. On se trompait. Mais, côté mort violente, ce ne fut que partie remise car il fut empoisonné par sa 4° épouse Agrippine la jeune, qui souhaitait placer son fils Néron sur le trône. Mais Néron, fils ingrat, tua également môman, après avoir éliminé Britannicus, le fils de Claude, héritier légitime de la couronne. Comme on s’aimait, dans les familles patriciennes du 1er siècle…
Ces vieilles histoires me ramènent à
- un autre film, de … 1951, vu dans le petit cinéma enfumé de Port-Lesney (ce village du Jura où serait tourné, bien plus tard, le Mado poste restante adapté de mon premier roman) : Quo Vadis, de Mervyn LeRoy (1900-1987), où Peter Ustinov (1921-2004) campait un inoubliable Néron. Ce péplum (un genre que j’adorais, en littérature comme au cinéma) était tiré du roman éponyme de Henryk Sienkiewicz (1846-1916), qui, pour cette œuvre, reçut le Nobel de littérature en 1905.
- un (des 2367) livres de ma bibliothèque : Le Roman d’Agrippine de Roger Vercel (1894-1957), que je lus et relus sans me lasser.
Et ces anciennes lectures me ramènent à celles de la semaine :
- La Peine du menuisier, premier ouvrage de Marie Le Gall, présenté comme un roman mais dont je soupçonne qu’il s’agit peut-être d’une autobiographie, certes morbide mais très touchante
- Les Taiseux, de Jean-Louis Ezine, autobiographique lui aussi, si magistral qu’il me fait bien regretter de n’avoir su porter si haut Marchands d’oublies mon seul manuscrit autobiographique (que je n’ai présenté à aucun éditeur, trop conscience de ses défauts).
Pour en terminer de cette actualité livresque, une citation (découverte dans le livre d’Ezine) d’Agatha Christie : Faites comme moi. Epousez un archéologue. Plus vous vieillirez, plus il vous aimera. Cela demande réflexion, car vieillir me trouble d’autant plus que, très récemment, on me prit pour la mère d’un ami qui n’a que … 8 ans de moins que moi. J’en ai sacrifié mes longs cheveux neigeux, pour une coupe courte que j’espère rajeunissante, et je m’interroge : tricherai-je en transformant cette neige des années en blond fatal ? En roux pétard ? Et vais-je mettre cette annonce sur les sites de rencontres, afin de trouver quelque compagnon pour ma fin de vie : vieille petite grosse, sans revenus conséquents, très flemmarde, n’aimant ni la bouffe ni les voyages, et encore moins les tâches domestiques, perchée dans un 4° étage sans ascenseur (d’une ville sans intérêt), cherche archéologue pas trop décati, très bricoleur, aimant les chats (non momifiés). Certes les archéologues qui viennent d’être chassés de leurs chantiers égyptiens doivent avoir du temps libre pour fouiller Internet ; mais une annonce aussi réaliste que la mienne me vaudra-t-elle vraiment quelque proposition galante ?


24 janvier 2011

Il existe, à Rouen, au 21 de la rue Percière, une librairie spécialisée dans le roman policier, intitulée Polis, mot qui, en grec ancien, signifie … cité. Mais elle aurait pu tout aussi bien se nommer Agora, qui, dans la même langue, signifie la place publique, où l’on discutait. Car cette librairie (http://www.librairie-polis.com) possède un orateur, en la personne de Patrick Grée, qui évoquait, jeudi, deux auteurs, dont le premier, Jean Amila, m’était bien connu (car j’ai nombre de ses titres dans ma bibliothèque) et le second, André Héléna, m’était inconnu. J’écoutais donc, avec le plaisir qu’on imaginera, ce conférencier (qui pousse la gentillesse jusqu’à fournir à ses auditeurs quelques pages bio-bibliographiques sur les auteurs dont il disserte).

J’avais précédé cette conférence, d’un passage au cinéma, pour voir Incendies du réalisateur canadien Denis Villeneuve, d’après la pièce de Wadji Mouawad (né en 1968 au Liban, qu’il dut quitter dès 1976, pour vivre en France puis au Canada). Un notaire québécois ouvre le testament d’une de ses employées récemment morte, pour en faire lecture à ses héritiers (des jumeaux), assez stupéfaits d’apprendre que l’une (la fille) devra rechercher leur père (qui n’est pas mort ainsi que l’avait prétendu la mère) et l’autre (le fils) devra se mettre en quête d’un frère (dont ils avaient toujours ignorer l’existence). Le refus du fils de mener cette quête est, initialement, frontal. Mais la fille plie et s’embarque à la recherche de ses racines familiales, bien éloignées de ce Québec où ils vivent depuis leur petite enfance : au Liban, d’où étaient originaires ses parents. Le film navigue alors entre passé (l’histoire de la mère, en cette années guerrières ayant dévasté le Liban) et présent (la quête de la fille, qui ne possède aucun indice quant à l’identité du père). Son frère, et le notaire la rejoignent finalement, pour continuer cette double enquête. J’avoue ne pas être sortie indemne de ce film (acheté par 30 pays, ayant déjà reçu 11 prix internationaux) qui s’apparente à une tragédie antique. Comme quoi la violence des hommes et le malheur des femmes, des enfants, sont toujours d’actualité en ces XX° et XXI° siècles.

Samedi c’est aux peintres et sculpteurs régionaux (plus de 60 !) que je consacrais un long moment pour leur exposition annuelle au casino de Bonsecours (lequel n’est plus un casino depuis longtemps mais en a gardé l’appellation). C’était soir de vernissage, où l’attention est toujours un peu distraite par les rencontres, les discours, la cohue du buffet. J’ai cependant regardé du mieux que je pouvais, mais j’y retournerai tout de même car les œuvres sont vraiment d’une grande qualité. Avis aux amateurs : on peut les voir tous les jours, de 14h à 18h, jusqu’au 6 février.

Dimanche matin, ce fut, de nouveau, cinéma :


De ce film-ci (qui, lui aussi, cumule déjà quelques prix internationaux) je ne sortis pas indemne non plus. Il me semble à présent avoir en tête un triptyque sur les méfaits de la colonisation espagnole en Amérique latine, avec ces deux autres films que j’avais également beaucoup apprécié : Aguire (1972) de Werner Herzog, d’après les chroniques du dominicain Gaspar de Carjaval (1500-1584) et Mission (1986) de Roland Joffé. Sans oublier l’excellent téléfilm La controverse de Valladolid (1992) de Jean-Daniel Verhaeghe, d’après la pièce éponyme de Jean-Claude Carrière (où le personnage de Bartolomé de las Casas (1474-1566), présent dans Même la pluie, apparaissait déjà.)
Et sans doute la force d’Incendies et de Même la pluie ont-ils nui à un autre film (H.H. de Frédéric Sojcher) vu l’après-midi, et que venait défendre Micheline Presle, fêtée par l’ l’Omnia (cinéma venant de rependre son nom d’origine).


Quelques discours saluèrent la grande dame, seule rescapée de la brochette d’acteurs présente à son ouverture (en 1952), car tous les autres sont morts. Parmi eux : Jean Marais (1973-1998) que je revis avec plaisir il y a quelques semaines (à la télévision) dans Les Mystères de Paris (1962) d’André Hunnebelle (1896-1985) en partie tourné à Rouen, dans les taudis des quartiers qui, à l’est, n’avaient pas encore été abattus. Le temps n’était pas alors à la réhabilitation, restauration (comme ce fut le cas plus tard), mais à la reconstruction d’après-guerre, dans une capitale normande largement détruite par les bombardements. Le premier Omnia disparut à ce moment-là, fut donc reconstruit en 1952, avec un magistral escalier d’honneur et de somptueux plafonds peints, qui, aux grands regrets des Rouennais, disparurent quand les multiplex instaurèrent leur loi commerciale. Je me souviens parfaitement de ces plafonds, où Orphée jouait de sa lyre, car mes parents n’hésitaient pas, dans mon enfance, à venir de Beaumont-le-Roger (60 km. de Rouen) pour voir un film (après avoir dîné au Niko, brasserie proche à présent disparue).
Ce renouveau de l’Omnia actuel a été précédé de quelques mois de travaux, peu évidents aux spectateurs car ils n’ont pas concerné les parties publiques (hall, salles, toilettes) mais les cabines de projection. Le confort des corps devrait suivre le confort de l’œil durant les deux prochaines années…


17 janvier 2011

Côté cinéma l’année a bien commencé puisque, en deux semaines, j’ai vu trois films qui m’ont plu : Un balcon sur la mer, De vrais mensonges, et Poupoupidou, que je recommande vivement…


… en particulier à tous les cinéphiles chagrins d’avoir perdu le festival de cinéma nordique car ce pourrait être un substitut à quelque polar des pays enneigés…
Je suis également allée à l’Académie de Rouen, sur invitation de son président de l’année 2011 – Philippe Davenet - pour écouter une conférence de Jérôme Coignard, intitulée Une femme disparaît : le vol de la Joconde en 1911.
Et j’ai profité de la proximité de l’Académie et du Musée des Antiquités pour visiter l’exposition des collections égyptiennes, un temps disparues pour de nécessaires restaurations. Contrairement à la salle de conférence de l’Académie, le musée était quasi désert. Je fus même tout à fait seule dans la salle d’exposition, située au sous-sol. C’était bien agréable après l’inévitable foule de la rue, prise de folie en ce premier samedi de soldes et de soleil. Quelle fureur consommatrice… J’avoue m’être tenue au large des magasins.
Et dimanche, toujours dans cet objectif d’éviter la foule, j’étais dès l’ouverture (9h) au salon des livres et documents anciens, qui se tient chaque année à Bonsecours. Les deux ouvrages que j’y ai achetés n’étaient d’ailleurs pas très anciens, puisque Protestants de l’Ouest 1517-1907 de Nicole Vray date de 1993, et La Maison sublime de Jacques-Sylvain Klein de 2006. Mais la vie des livres en librairie est à présent si écourtée…
Je n’ai pour le moment lu que la préface du premier, mais déjà regardé toutes les photos du second, qui en abonde :


Petit rappel historique concernant ce monument rouennais qui, selon l’expression consacrée, défraya la chronique au moment de sa découverte. Rouen possède un très beau palais de justice, du XVI° siècle, aussi orné qu’une église, et qui, comme ces églises, dû être restauré après les bombardements de la 2° guerre mondiale. Il y avait tant à faire, dans cette Normandie tellement pilonnée, que les travaux durèrent des décennies. Quand enfin ce fut terminé, on songea à refaire également le pavage de la cour, passablement bosselé. C’était au mois d’août 1976. Une pelleteuse était en action quand un trou profond s’ouvrit sous l’engin. Un trou révélant un monument absolument inconnu, mais dont on put vite déterminer qu’il datait de 1100 et qu’il était juif, ce qui n’avait rien d’étonnant puisque le palais de justice était construit sur l’ancien emplacement du clos aux juifs. La pelleteuse sortie de son trou on stoppa en effet la réfection de cette cour (visible de la rue) et divers historiens et archéologues se penchèrent sur ces murs, qu’on dégagea. Savants locaux certes, mais également internationaux. Ce fut un véritable feuilleton, des mois durant. Car enfin qu’était ce monument ? Une synagogue (hypothèse avancée par Bernard Blumenkranz, chercheur au CNRS) ? La maison d’un riche particulier ? Ou une école rabbinique (hypothèse de Norman Golb, débarqué de Chicago) ? Ces diverses sommités ne tombèrent d’accord que sur un point : ce bâtiment arasé (car il avait dû, à l’origine, comporter plusieurs étages) était le plus ancien monument juif d’Europe. Les fouilles terminées, on l’enterra de nouveau sous la cour (repavée), mais il put se visiter, en groupes restreints, avec un guide. J’ai donc eu la chance de le voir le plus rapidement qu’il ait été possible. Son succès fut tel que les visites furent ultérieurement suspendues, pour des années. On peut à nouveau y descendre, mais sur rendez-vous, en téléphonant 48 heures à l’avance à l’Office du tourisme (sis dans l’ancien Hôtel de finances, en face de la cathédrale 02 32 08 32 40). Le livre de J-S. Klein est une mine de renseignements, non seulement sur cette Maison sublime (titre choisi en référence à une citation du Livre des rois gravée sur un des murs : que cette maison soit sublime) mais sur l’histoire de la communauté juive de Rouen, qui fut très importante.
J’ai donc de la lecture pour la semaine qui s’ouvre aujourd’hui. Mais j’ai également des projets de sorties théâtrales : Platonov de mon très cher Anton Tchekhov, et La cantatrice chauve d’ Eugène Ionesco par la compagnie Catherine Delattres.
Pour en rester à cette rubrique théâtre, je signale à ceux qui auraient raté, en 2010, la très brillante prestation de Geneviève Tourret, qu’ils auront une deuxième chance très prochainement, au même endroit :




10 janvier 2010

le 8, donc musée-château de Dieppe :




Y revoir toutes ses précieuses collections y fut un grand plaisir. Mais l’exposition consacrée à Abraham Duquesne


… nous déçut un peu. Nous nous en consolâmes au Temple, où le concert fut exceptionnel. Qu’on en juge, au moins par le programme - qui n’exprime rien, hélas, du talent de ses musiciens : Valérie Balssa (traverso), Mathilde Hénin (viole de gambe), Elisabeth Sotinel (clavecin, basse continue) Daniel Dehais (hautbois baroque) Guillaume Hénin (violon baroque), Benoît Toïgo (flûte à bec) :
Suite en sol majeur extraite des « Trios pour le coucher du Roy » de Jean-Baptiste Lully (1632-1687)
Prélude pour viole seule de M. de Machy (ed. en 1685)
Cinquième suite de Pierre Philidor (1681-1731)
2° suite Op. 6 pour deux flûtes sans basse de Jacques Hotteterre (ed. 1717)
Deuxième suite en sol mineur extraite des Pièces en trio pour les flûtes, violons et dessus de viole… de Marin Marais (1656-1728)
Le 9 : galette-partie chez Claude Duty, avec nos plus proches amis, auxquels nous pûmes enfin remettre le calendrier que nous avions concocté pour eux, depuis des mois :


Ne me trouvez-vous pas élégante, avec ce chapeau excentrique ?
Sachez qu’il ne s’agit que d’une … passoire pliable, que Claude manipula devant moi alors que je déjeunais chez lui. Je n’avais jamais vu de passoire pliable (il l’avait tout de même achetée à … New York) et demandais illico à m’en coiffer. Claude me photographia (sur son téléphone portable), et, par jeu, nous continuâmes à improviser des tenues et coiffes rocambolesques à partir de tout ce qui nous tombait sous la main dans son appartement…
Pour en rester à cette saison des vœux, j’ai reçu un joli carton d’invitation …


… qui me permettra d’ entendre ceux du maire et conseil municipal de Maromme (dont je fis partie 18 mois), aujourd’hui. Ce portrait de Jean Jaurés (1859-1914) est accompagné d’une citation du grand homme, que je laisse méditer à mes internautes :
Il faut aller à l’idéal en passant par le réel.

7 janvier 2011

L’année commence par une double exposition, de Simonne L’Hermitte. L’artiste, pour un moment redevenue rouennaise, a en effet accroché ses petits formats à la galerie Rollin (jusqu’au 29 janvier) et ses grandes toiles à l’Hôtel de Bourgtheroulde (jusqu’au 31 janvier). Qu’on se presse pour les admirer car elle y montre un talent de plus en plus affirmé. Au passage, je dirai deux mots de l’Hôtel de Bourgtheroulde, célèbre monument rouennais, ci-dessous sur une carte postale ancienne (alors qu’on ne pratiquait pas encore le ravalement de façade)…


… et photographié par moi, dans toute la splendeur retrouvée de sa pierre blonde, le 14 février 2001 (prouvant que les hivers normands peuvent être ensoleillés malgré tout ce que prétendent la mauvaises langues)

...

Construit en 1501 pour Guillaume II le Roux, seigneur de Bourgtheroulde, il fut prolongé, en 1520, d’une galerie à l’italienne, dont le mur intérieur représente l’entrevue de François 1er roi de France et d’Henri VIII roi d’Angleterre, au camp du drap d’or. Ces sculptures sont toujours visibles. En 1770 un incendie détruisit l’aile nord du bâtiment. Restauré, il abrita une banque, de 1848 à 2008. C’est à présent un hôtel de luxe.
Quant aux Dieppois, ils pourront, les 8 et 9 janvier, s’instruire sur Abraham Duquesne (1610-1688), pour le 400° anniversaire de sa naissance dans leur cité. Une exposition lui est consacrée (au château-musée) ainsi qu’un colloque (à la salle des congrès). Nul doute que sa statue sera également fleurie sur la place portant son nom. Il fut un marin d’exception, obtenant son 1er commandement à 18 ans, et terminant sa carrière presque amiral. Le presque tient à sa … religion. C’était en effet un huguenot et Louis XIV, malgré toute l’estime qu’il avait pour ce loyal serviteur, n’osa en faire un amiral, en un temps où il pourchassait cruellement ses coreligionnaires.
Cet anniversaire (organisé par Les Amys du Vieux Dieppe) comprendra, le 8, à 18h15, un concert au Temple, que j’irai entendre avec mes bons amis Jean-Pierre et Martine Fournier, à présent que la neige a quitté leur rue et leur jardin de Lintot-les-bois :

...

J’ai noté que Jacques-Martin Hotteterre (1674-1763) figure au programme de ce concert. Ce célèbre flûtiste du roi Louis XIV avait des origines normandes puisque sa famille venait de La Couture-Boussey (déformation de : la culture du buis !), petit village de l’Eure, qui s’illustra – et s’illustre encore – dans la facture des instruments de musique. J’ai découvert ce musicien grâce à mes ateliers d’écriture, qui me menèrent au musée des instruments de musique dans ce village. Et de cette visite, j’ai tiré deux textes, le premier, écrit pendant cet atelier, s’intitule Vibrations, le second, rédigé ultérieurement (car il nécessitait quelques recherches historiques !) est titré Le Fifre. Je renvoie mes lecteurs à ces deux textes (voir table des titres) car ils concernent l’un et l’autre la vocation musicienne de ce village. Même la brasserie, installée là depuis quelques années, célèbre son plus célèbre enfant, dont une bière porte le nom d’Hotteterre !
Le fils du flûtiste prolongea l’œuvre du père et sa fille (ou petite-fille ?) épousa Claude Balbastre, autre musicien (dont Jean-François Parot fait un personnage fort antipathique dans les diverses aventures de Nicolas Le Floch’), Jean-Philippe Rameau
étant de leurs témoins.
Après ce concert, je reviendrai chez moi, pour, le lendemain, tirer les rois chez Claude Duty. J’apporterai les galettes, il fournira de quoi arroser les éphémères royautés de cette Epiphanie décalée.


2011 !

Pour cette nouvelle année, une lettre vieille de cent ans, découverte à l’intérieur d’un volume des œuvres de Tchekhov. Ce livre porte le tampon de la Société d’Alphabétisation des Cochers, et la lettre semble avoir servi de marque-page.

1er janvier 1911

Cher Président de la Société d’Alphabétisation des Cochers,

Moscou serait une ville agréable si n’y circulaient tant de fiacres, qui me découragent parfois de sortir de chez moi. Vous n’ignorez pas comme j’étais casanière quand je vivais en province dans ce pensionnat de jeunes filles que je dirigeais avec mon mari Ivan Ivanovitch Nioukhine. Je pensais que, changeant de lieu, je changerais d’habitudes. Mais on ne se refait pas quand on a atteint le demi-siècle. Nos filles, par contre, s’en donnent à cœur joie et je suis souvent seule à la maison, avec cependant mon toujours cher petit chien, qui jouit à présent d’une jeune compagne, que j’ai sauvée d’une mort certaine alors qu’elle venait de se faire renverser par un de ces damnés fiacres. S’il vous arrive d’encore prier mon mari de quelque conférence, songez à lui en souffler une sur les méfaits de la circulation.
Mais je n’ai pas pris la plume pour vous conter ma vie nouvelle. Je tenais seulement à vous présenter mes vœux et vous signaler que des photographies existent d’une de ces conférences, celle sur les méfaits du tabac je crois. Un journaliste de la revue « Ecrire c’est vivre multiple » était dans la salle probablement. Si vous souhaitiez les voir, il faudrait consulter leur n° du 30 septembre de l’année écoulée. Mais comptez quelques jours d’attente pour que l’archiviste vous le tienne prêt. On connaît les méfaits de l’Administration.
Une rumeur m’a rapporté, qu’après mon départ, mon mari s’était mis en ménage avec la cuisinière de notre pensionnat, ce qui lui avait coûté de perdre les services de Volodia, notre concierge. Mais je n’en crois rien.
Au plaisir de vous lire, ou peut-être de vous revoir si vous passiez par Moscou, je suis très respectueusement votre :
Anna Valentinovna Nioukhina.


Si quelque internaute érudit pouvait me renseigner sur les expéditrice et destinataire de cette lettre, je lui en serais reconnaissante.


 

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