audience Xiti

 

ACTUALITE 2009

28 décembre 2009

L’Eglise catholique a décidé que c’était la date du Massacre des Innocents, du temps où Hérode (pourtant déjà mort depuis quelques années, ce qui accréditerait que Jésus ne serait pas né en l’an 0, mais en – 5 avant… Lui-même. Il est vrai aussi que si sa date de naissance présumée est invariablement fixée au 25 décembre, sa date de mort varie chaque année, entre mars et avril…) Hérode donc, pour s’assurer de tuer ce dangereux bambin, ordonna un massacre général de tous les nouveaux-nés mâles. A présent ce sont plutôt les petites filles qui n’ont pas toujours le droit de vivre en Chine et en Inde…
Comme on peut constater, mon humeur maussade de fin d’année perdure… Patience… Ainsi qu’annoncé, dès l’Epiphanie, je retrouverai le sourire. Pour le moment je n’ai pas même été visitée par L’Inspiration, cette déesse ailée qui m’avait en fin d’année 2008 soufflé ma nouvelle La Petite caille. Pour ceux qui en auraient raté la lecture, ils peuvent aller cliquer sur ce titre à la table des titres, ou redescendre, dans cette actualité, à la date du 4 janvier 2009.
Dès le 25 décembre, j’ai reçu les premiers vœux pour 2010. Ils étaient de Christian Moullec, auquel on doit en grande partie l’existence du film de Jacques Perrin Le Peuple migrateur, qui connut un beau succès au cinéma et sera visible sur le petit écran, ce soir (France 5). Christian me pardonnera de reproduire sa carte ici, car je ne saurais priver les internautes d’une si grande beauté :


Et j’espère que Voutch me pardonnera également de lui emprunter un dessin (déjà ancien), à quelques jours de la goinfrerie finale (autre massacre d’innocents !):


Christian et Voutch, même combat, me semble-t-il…


18 décembre 2009

Ma claustration volontaire pourrait être une claustration de prudence : il neige depuis hier, les routes sont dangereuses…
J’ai épuisé mes lectures. J’explore ma collection de cartes postales. Et je suis frappée par la ressemblance de la vignette photographique (chaise et livre) de mon actualité du 15 avec Le fauteuil de Gauguin, peint par Van Gogh en 1888.


Le photographe (dont j’ignore le nom hélas) a sans nul doute voulu rendre hommage au peintre.
Et puisque j’en suis au petit jeu des comparaisons (que pratique depuis un moment déjà Claude Duty sur son site, à partir de la toile Les énervés de Jumièges), voici deux Madeleine :


Simon Vouet (1590-1649)


Georges de La Tour (1593-1652)

Ces deux peintres ont été des contemporains, et pourtant leur manière diffère beaucoup. Quoique ces deux œuvres peuvent être classées dans la catégorie des Vanités (genre qui eut droit , en 1990-91, à Caen puis Paris, à une très belle exposition – dont je garde précieusement le volumineux catalogue). Mais celle de Vouet ( La Madeleine repentante) ne s’est pas encore dépouillée de ses vêtements luxueux ; le décolleté, la grâce du cou que dégage le chignon, les mains potelées disent sa sensualité encore à l’œuvre. Celle de La Tour (Madeleine à la veilleuse) semble, sous l’effet hypnotique de la flamme, retirée en elle-même. Les livres sont fermés, comme si le soutien des textes n’était plus nécessaire à la pensée, à la foi. Et ce n’est pas sur la croix (symbole du martyr mais aussi de la résurrection du Christ) qu’elle pose sa main, mais sur le crâne. Un autre instrument du supplice – la corde, tressée ou non en fouet) est visible trois fois : posée sur la croix (qui n’est pas dressée comme dans le tableau de Vouet), reflétée dans l’huile de la veilleuse, tenant la jupe de la femme surprise dans cet abandon (que traduit la position des genoux, le corsage tombant d’une épaule). Mais un détail m’intrigue : si le symbole mortel est bien au centre du tableau, n’y a t’il pas, juste à côté un ventre dont la rondeur est comme soulignée par le rouge du tissu et la corde-ceinture. Une Madeleine … enceinte ?
Je laisse mes internautes méditer…
Et, s’ils apprécient mes commentaires sur ces œuvres, je les renvoie à ma rubrique Un tableau à lire, dans laquelle j’aurais pu inclure mon actualité du jour.
Une dernière précision quant à Georges de La Tour. Louis XIII fut si frappé par son talent, qu’il fit un jour décrocher tous les tableaux de sa chambre pour n’en plus tolérer qu’un, de ce peintre (ultérieurement tombé dans l’oubli et qui ne fut remis à l’honneur qu’au XX° siècle). Et Louis XIII aimait également beaucoup… les chats : il interdit cette très barbare coutume de les brûler dans les feux de la saint Jean. Pauvres chats, si longtemps maudits, considérés comme alliés des sorcières, suppôts du Diable. Autre variante de barbarie à leur égard : pour chasser le mauvais œil, on enfermait un des leurs, vivant, entre deux cloisons lors de la construction d’une maison. J’ignore si Louis XIII interdit cela aussi. Mais un de ces malheureux, devenu une pauvre momie naturellement desséchée, est visible à l’aître St Maclou de Rouen
Cyber ignore la chance qu’il a d’être né au XXI° siècle…


15 décembre 2009

J’ai donc été malade…
Plus longtemps que n’avait prévu le médecin…
J’ai été bien sage, prenant tous les médicaments indiqués sur l’ordonnance et passant mes jours à peu près comme mes nuits : au lit.
J’y ai d’abord beaucoup dormi et peu lu. Puis la tendance s’est inversée…


J’ai dévoré 5 romans (2 de mon très cher Finlandais Arto Paasilinna – comment ferai-je quand j’aurai épuisé tous ses titres traduits en français ? – 3 d’une Suédoise : Camilla Läckberg) et traînaillé sur un livre de mémoires prêté par une amie, que … je préfère oublier (le livre, pas : l’amie !)
Ces lectures ne m’ont pas consolée d’avoir raté, outre ce que j’indiquais déjà dans la précédente actualité, les annuelles Rencontres céramiques de Lillebonne, un dîner chez des amis, quelques films, et un concert :


Je n’ai hélas pas raté toutes les mauvaises nouvelles vomies par la télé. Le rendez-vous mondial de Copenhague fera-t-il vraiment barrage au réchauffement climatique, ou devrons-nous nous préparer à cela :


avec l'aimable autorisation de Heula

A présent que je suis à peu près rétablie, je ne vois pas pour autant la nécessité d’abandonner mon lit, n’ayant devant moi que ces fêtes de fin d’année, si détestables.
Allez, c’est dit : je dors jusqu’à l’Epiphanie…
Que quelque prince songe alors à me réveiller, non pas d’un baiser, mais d’un parfum de galette des rois encore tiède d’un four de pâtissier…
Avant de fermer l’œil cependant, je souhaite, pour ceux qui aiment, un…


On excusera la maladresse du dessin : je ne devais guère avoir que 8 ou 9 ans quand je l’ai commis. Le compagnon de mon enfance s’appelait Minet. Et il montrait beaucoup de patience quand je le confondais avec mes poupées…


… peut-être parce que ma mère, complice le temps d’une photo, le plaignait d’une voix bien douce.
Ils sont morts l’un et l’autre depuis longtemps. Mais j’ai gardé ma petite chaise tressée, la valise en carton de mes poupées, et la jolie robe, le fin bonnet dont j’avais accoutré Minet.
Quelle mélancolie d’avoir ressorti cette vieille photo.
Dormir, j’ai dit…
C’est un oubli si doux…



27-29 novembre 2009

C’était un joli week-end en perspective :
1°) un vernissage…


… pour admirer l’impressionnante collection :


… d’Yves Richard (ci-dessous avec moi lors d’un vernissage à la galerie Tuffier des Andelys en 1995)


2°) fêter la St Eloi (patron des forgerons) au moulin St Gilles (l’un de ceux sauvés par le CHS de Jean-Pierre Engelhard, voir actualité du 10 novembre)…


… autour de la forge :


… sans oublier d’aller au cinéma dimanche matin (moins cher, moins fréquenté que les soirs de semaine ou le dimanche après-midi)
HELAS !
De très méchants microbes m’ont attaquée lors d’un précédent vernissage. Comme d’habitude, j’ai prétendu les ignorer, en ignorant médecin et pharmacien. Et je n’ai rien changé à mon programme de la semaine, où j’avais un invité avant-hier midi, et 4 autres hier soir. Pari tenu donc, de faire comme si je n’étais pas malade. Mais les microbes sont d’une nature susceptible, et ne m’ont pas pardonné d’ainsi les tenir pour rien. Ils sont amplifié leurs assauts cette nuit, et la forteresse est tombée ce matin : j’ai capitulé, prenant rendez-vous chez le médecin. Hors cette sortie, je passerai tout mon week-end au lit. Qu’on ne me plaigne pas : j’y aurai la compagnie de quelques livres pas encore lus…


22 novembre 2009

Ah, quel bonheur d’être au théâtre L’écho du Robec, à Darnétal (à deux pas de la rue où naquit mon père, et où, dans sa petite enfance, il dut bien faire quelques bêtises).
Bonheur avant même de pénétrer dans la salle d’ailleurs, car elle précédée d’un jolie pièce agrémentée d’un bar, un piano, quelques tables, et, surtout, sur ses murs, d’une exposition double de petits portraits peints et de masques originaux :

...

Entrons dans la salle-même, où le décor de scène est déjà visible : une terrasse, un muret, avec un chien de pierre et une grosse potiche portant une plante ; derrière, sur un écran, la photographie géante d’une maison… de retraite. En fait, la maison de retraite – la vraie – est en déplacement exceptionnel, ce dimanche après-midi, pour assister au spectacle. Une partie des pensionnaires a déjà été livrée, mais la seconde se fait attendre, son taxi tombé en panne. Serait-ce un canular ? Songe-t-on, si c’est vrai, à faire pousser le véhicule par ses occupants ? Les questions fusent, quand ce qui semble un second gag vient s’ajouter : une spectatrice avait soufflé à l’ouvreuse, en entrant, que l’auteur de la pièce, Gérald Sibleyras, déjeunait chez sa fille, à Rouen. On pressa la dame d’appeler sa fille, et le portable passa au-dessus de quelques fauteuils, pour arriver, en avant-scène, dans les mains de l’ouvreuse, qui se trouva en communication avec l’auteur. Lequel n’était plus à Rouen, mais parti admirer la côte normande, à Varengeville. Conversation animée, portable dirigé vers le public pour faire entendre les applaudissements, promesse de venir à une prochaine représentation. L’ouvreuse assurait fort bien cet Impromptu pendant l’attente des derniers vieillards. Rien d’étonnant puisque qu’elle est surtout, dans ce théâtre, comédienne : c’est la jolie Geneviève Tourret (ci-dessous au réveillon de la Saint-Sylvestre 2004, où nous étions ensemble, dans un autre théâtre)


Finalement, les deux premiers rangs ont leur comptant de vieillards, qu’on a convaincu d’abandonner leurs cannes et d’ôter leurs manteaux, le spectacle peut commencer :


MAGISTRAL ! Un parfait équilibre entre le texte, la mise en scène de Daniel Charlot et le jeu des trois comédiens Michel Delplanque Daniel Deprez Régis Tellier, avec une mention spéciale pour le second, éblouissant dans son rôle d’atrabilaire. J’ai souvent ri aux éclats, et je n’étais pas la seule. Nul doute que je serai fidèle à L’écho du Robec, dont le spectacle de ré-ouverture, fut déjà, à l’automne 2006, un grand moment


Ce même jour s’achève, sur les quais de Rouen (rive gauche), la foire Saint Romain, qui demeure la plus ancienne de France puisqu’elle a passé le millénaire, mais qui n’est plus qu’une fête foraine. Une fête foraine qui a elle-même bien changé depuis mon enfance. J’en ai égrené quelques souvenirs, dans un texte de 1998, que je viens d’ajouter à la rubrique consacrée à Rouen. Pour le lire il vous suffira de cliquer sur Foire Saint Romain dans la liste des titres de ce site.


15-21 novembre 2009

Agréable concert de la sainte Cécile, le dimanche 15, à la salle Guillaume-le-Conquérant de Bois-Guillaume (petite ville sur les hauteurs de Rouen, qui ne fut jadis qu’un bois où chassait le célèbre Guillaume). Jean-Pierre David était à la baguette de son orchestre à plectres (pas moins de 14 mandolines !). Le public, bavard, m’a hélas un peu gâché mon plaisir. Pourquoi faut-il donc, quand un spectacle est gratuit, manquer de respect aux artistes ?
Du lundi 16 au mercredi 18 je m’en fus à Trouville rendre visite à Laurence David (aucun lien de parenté avec le chef d’orchestre sus-cité, mais on peut retrouver un excellent article de Ouest France la concernant dans mon actualité des 4-7 octobre), qui s’est récemment illustrée à Montréal, en jouant dans … 12 kinos pour le 10° anniversaire d’Off-courts (ce jumeau de l’Off-courts de Trouville). Ci-dessous en plein tournage dans le métro de Montréal.


Elle avait beaucoup à me conter. Mais nous avons également cédé aux tentations de la gastronomie, au Norois puis au restaurant du casino, et nous avons fait de romantiques promenades sur les plages de Trouville et Blonville. J’ai pris quelques photos, qui ne seront visibles qu’une fois la pellicule terminée et développée (on connaît mon entêtement pour l’argentique). Pour aujourd’hui il faudra vous contenter de celle-ci-dessous, récemment faite par Marc Prieur, à Deauville, où le passage de Parker Posey au festival 2008 du cinéma américain de Deauville a été immortalisé


Vendredi 20 : vernissage à Yerville, sous la présidence d’Albert Trassy-Paillogues, député-maire et conseiller général. Annie-Claude Ferrando en est l’invitée d’honneur.


Elle sera entourée de 8 peintres (où la parité est respectée) et d’une sculptrice. Et Mireille Bialek, conservateur du musée Jacques Emile Blanche dédicacera son livre Offranville le dimanche 22, à partir de 15h. Jacques Emile Blanche (1861-1942) est surtout passé à la postérité pour ses talents de peintre, mais il fut également un écrivain prolifique. On trouvera mon commentaire d’une de ses oeuvres dans ma rubrique Un tableau à lire, et un texte d’atelier qui me fut inspiré par une autre de ses toiles (dans la table des titres, cliquez sur : La mère de l’artiste et sur : Le portrait)
Samedi 21 encore un vernissage :



<12 novembre 2009

J’étais hier soir, en compagnie de Claude Duty, chez mes amis Martine et Jean-Pierre Fournier, sous prétexte de leur livrer le DVD de Little Appaloosa (Claude en a fait éditer une trentaine), alibi pour partager un dîner dans cette chaleureuse maison (que j’ai prise pour cadre d’une de mes nouvelles il y a quelques années - pour ceux que ça intéresse, cliquer sur La méprise dans la table des titres). Certes, la nuit venant à présent très tôt Claude ne put admirer le jardin de cette maison, si agréable en été.

...
(Eté 2003;
pendant l’été 2002 j’avais préféré le dessin à la photo,
voir au titre : Comment ne pas écrire en été)

Mais hier les bonheurs du jardin étaient remplacés par ceux du feu à la cheminée et d’un délicieux dîner concocté par nos hôtes :
Salade composée
Chaudrée acadienne
Fromages
Tarte fine aux pommes du verger

La Chaudrée acadienne est un peu une fausse jumelle de la Marmite dieppoise, ce qui n’a rien d’étonnant. C’était ce soir-là, une allusion à nos ateliers d’écriture du printemps 2008, consacrés aux liens anciens entre Dieppe et la Nouvelle-France, où le maître de maison séjourna à plusieurs reprises (Montréal, Québec, Acadie), avec son épouse ou … ses élèves. Et de rêver que nous irions ensemble assurer des ateliers d’écriture là-bas…
Je passe le relais de ce rêve aux nombreux internautes canadiens qui se penchent régulièrement sur mon site. Auraient-ils une filière, des noms d’établissements, ou de personnes auxquels nous adresser pour que ce souhait devienne réalité ?
Merci d’avance


11 novembre 2009

En ce jour d’armistice, une pensée émue pour mes grands-parents, qui ont souffert, à divers titres, de la guerre de 14-18. Cette guerre mit aussi leur empreinte sur mes parents, nés avant ce conflit (mon père en 1910, ma mère en 1913), et qui, dans leur âge adulte, durent encore subir le conflit suivant (tout comme mon frère, né en 1936) J’évoque toutes ces figures familiales dans mon site Passage du temps (http://passagedutemps.fr).
Moi-même je demeure curieuse de ces terribles années, non par goût morbide, mais parce que je veux savoir, et, par cette connaissance, en quelque sorte partager la douleur de ceux qui ont vécu cela.
Je me souviens n’avoir pas réussi à m’endormir la nuit suivant la projection du film de Stanley Kubrick Les Sentiers de la gloire, d’après le livre éponyme (et unique !) de Humprey Coob, Américain engagé à 17 ans dans l’armée canadienne pour combattre en France, durant cette première guerre. Il y fut blessé et gazé (cette 1ere guerre mondiale étant aussi la 1ere où fut utilisée une arme chimique : l’ypérite). Le livre fut écrit en 1935, le film sortit en 1957, mais fut interdit en France jusqu’en 1975. . Il devrait être projeté dans tous les collèges et lycées. Tout comme devrait l’être le plus récent Joyeux Noël (2005) de Christian Carion.
Je me souviens également avoir vu avec beaucoup d’émotion, en 1998, à Bernay, une exposition consacrée aux carnets de guerre d’André Mare (1885-1932). Ce Normand fut peintre, décorateur, architecte d’intérieur. Mais il fut aussi un soldat, pendant la première guerre mondiale, et, ayant respiré de ce terrible ypérite, il mourut, bien plus tard, de tuberculose. Ci-dessous deux de ses auto-portraits, l’un réaliste, l’autre cubiste

...


10 novembre 2009


Berlin, hier, fêtait donc un anniversaire, et Rouen en fêtait un également : les 20 ans du C.H.S. (Centre d’histoire contemporaine), fondé par Jean-Pierre Engelhard, qu’on voit ci-dessous :


Il est à droite de la photo, près de Michel Bérégovoy, député de Seine-Maritime (au centre) et son frère Pierre Bérégovoy, ministre. Derrière eux, sous sa belle casquette, Jean-Paul Proust, préfet. C’est une photo ancienne puisque le ministre est mort le 1er mai 1993 (thèse officielle : suicide - pour cet événement aussi, j’ai un arrêt sur image : j’appris la nouvelle dans un restaurant, dont je ne saurais plus ni citer le nom, le village où il se situait, ni le menu : nous nous étions arrêtés là, simplement parce qu’il était l’heure de déjeuner. Mais je nous vois encore, Daniel Caplain et moi, demeurer la fourchette en l’air, une chape de tristesse nous tombant dessus, alors qu’à la minute d’avant, de retour d’une jolie semaine dans mon cher Jura, nous étions encore joyeux). C’est une photo officielle, à laquelle je préfère nettement la suivante :


Elle est parue avant-hier dans l’hebdomadaire local (Liberté-Dimanche, phagocyté par Paris-Normandie). Dans son jardin, sur la balançoire de ses petits-enfants, Jean-Pierre (né en 1932) y semble quelque allégorie espiègle de l’Eternelle jeunesse. Merci au photographe Boris Maslard, d’avoir très exactement saisi l’âme de son sujet.
Mais qu’est-ce que ce C.H.S. ?
Roger Balavoine (qui fut critique d’arts à Paris-Normandie) l’exprime si bien, dans le livre d’or publié pour ce 25° anniversaire, que je reproduis son texte d’introduction, avec son aimable permission :
L’homme et la Machine
(une histoire sans fin)

Le premier a inventé la seconde pour alléger son fardeau, son travail. La Machine fut longtemps sa complice – son assistante pour lui permettre de réaliser un travail bien fait. C’était hier. Dorénavant, le travail bien fait appartient à l’histoire. La machine a pris le pouvoir, elle a relégué l’homme au rang de serviteur. Elle gère le temps donc l’argent, elle sert la rentabilité qui a banni l’homme de sa vie.
On peut voir là la nécessité de revenir sur le passé, de le redécouvrir – de le connaître. Le feu dans la cheminée, les veillées de lecture offrent une alternance à la vitesse, aux bruits qui tuent le silence – au stress omnivore. On fonce. Vers quoi ? Vers le néant, vers l’uniformisation, vers la pensée unique, parfaitement ductile qui ne perturbe plus personne. Sauf certains, qui disent non, qui refusent la société aseptisée soumise au pouvoir universel de l’argent. Ceux-là son plus nombreux qu’on ne croit. Regardez cette (longue) liste d’hommes et de femmes sui honorent le Livre d’Or des vingt-cinq années du Centre d’Histoire Sociale. Avec Jean-pierre Engelhard et ses amis qui ont voulu que le passé industriel et artisanal ne passe point, ils ont contribué à forger cet outil – utopiste à l’heure de sa conception – qui entend sauver le patrimoine industriel au même titre que le patrimoine architectural ou artistique. Et comme ce sauvetage nécessite du travail, de l’intelligence et de la volonté, le C.H.S. a embauché ceux que la vie avait laissés sur le bord de l’autoroute de la rentabilité. Erémistes, chômeurs, gens perdus sans avenir ont sauvé ces machines rouillées, ces architectures d’autrefois : ils ont relevé des ruines, restauré des ferme et des moulins abandonnés aux orties ; ils ont rendu la vie au passé que la fuite en avant avait détruit comme on se débarrasse des déchets de la consommation exacerbée.
Aujourd’hui, on fait le point. On mesure la lente progression d’une idée toute simple facilement oubliée : les hommes d’aujourd’hui doivent tout à ceux qui ont travaillé pour que leur avenir soit meilleur. C’est en mesurant la valeur du passé des ouvriers, des artisans qui aiment le travail bien fait qu’on pourra – peut-être… - envisager des lendemains qui chantent.
Si le Centre d’Histoire Sociale n’existait pas, il faudrait bien l’inventer.
Merci, les gars,
Et bon vent !…


L’exposition, qu’il faut absolument visiter, présente, au cœur de l’église St Ouen (déconsacrée, à présent vouée à des manifestations culturelles), nombre de ces machines (en état de fonctionner, car les sauver sans les restaurer n’aurait pas eu de sens), encadrées par des panneaux photographiques illustrant les si nombreux sauvetages dus à Jean-Pierre Engelhard et ses équipes.
Ci-dessous quelques documents personnels concernant une part infime de ces sauvetages :

...

Le Moulin de la Pannevert, dont le Robec put à nouveau faire tourner la roue, et devant laquelle pose ma si chère maman, en février 1994

...

Le mécanisme intérieur de ce moulin, et maman devant le four banal (où les mitrons de l’Ecole de boulangerie viennent, les jours de fête, cuire des fournées qu’on s’arrache)


En amont de ce moulin, un bâtiment qui pourrait bien être devenu le théâtre, avec, derrière, la silhouette de l’usine Fromage, devenue l’école d’architecture.


En aval, l’ancienne teinturerie Auvray (avant restauration), car le Robec (canalisé depuis l’occupation … romaine) n’avait pas aimanté vers lui que des moulins, mais aussi des manufactures destinées à teindre les textiles

...

Le moulin Amour (du nom de son dernier meunier), dans l’Eure
Je pourrais aussi faire figurer quelques photos du moulin St Gilles, siège du C.H.S. (http://www.EXPOTEC103.com) mais je réserve cela pour une prochaine actualité : on fêtera là-bas la St Eloi (patron des forgerons) les 28 et 29 novembre. Qu’on se le dise, et qu’on afflue!
N’ayant pas don d’ubiquité, je ne pus figurer, ce 9 novembre, à un autre vernissage où j’aurais pourtant également aimé être présente car il concerne la famille de cet Albert Parissot auquel Daniel Hervé et moi-même avons consacré un site internet (http://parissot.com).

...

Le Pecq n’est pas exactement proche de Rouen, mais Daniel (qui habite toujours mon village natal, à 60km. de Rouen) et moi étions bien décidés à nous rendre là-bas, si nous pouvions. Hélas, Daniel (qui devait être le chauffeur de notre tandem), à, cette semaine-ci un horaire de travail difficile, puisque aujourd’hui il devait commencer à … 3 h. du matin, ce qui nous fit renoncer à notre équipée en région parisienne.
L’actualité de ce jour étant donc consacrée à cette mémoire collective qu’est notre patrimoine historique, je ne peux qu’y ajouter une petite annonce également consacrée à ce patrimoine. Elle émane de Eric Thierry :
Si vous avez un peu de temps libre, vous pouvez cliquer sur le lien suivant : http://www.vimeo.com/7288458 pour regarder une vidéo dans laquelle je présente mon édition en français moderne des œuvres de Champlain par l’éditeur québécois Septentrion. Le premier tome (Les Fondations de l’Acadie et de Québec, 1604-1611) est paru l’année dernière, et le second (A la rencontre des Algonquins et des Hurons, 1612-1619) sera disponible pour les fêtes de fin d’année.
Si vous vous cassiez la tête pour trouver un cadeau intelligent à mettre sous le sapin (pauvre sapin, qui aurait sûrement aimé continué sa vie forestière au lieu de venir mourir en appartement !), le voici tout trouvé, et même justifié par un anniversaire : celui de la mort de Samuel de Champlain le 25 décembre 1635.
Pour les internautes qui ne seraient pas familiers de l’histoire des relations anciennes entre la Normandie et la Nouvelle France (actuel Canada), voici un petit rappel (très succinct !) :
Samuel de Champlain (né vers 1567/1580), partit, sur les traces de Jacques Cartier (1491-1557) vers le Nouveau Monde. Après avoir exploré le golfe du Mexique, il fonda, le 3 juillet 1608, la ville de Québec (où il mourut), remonta la rivière des Iroquois (devenue rivière Richelieu) jusqu’à un lac auquel il donna son nom, en 1609. René Robert Cavelier de La Salle s’illustra également parmi ces navigateurs-découvreurs. Mort en 1687 en Louisiane (alors française), il était né en 1643, à Rouen. Les ports de Rouen, Dieppe, Honfleur ont été très concernés par ces expéditions lointaines, comme on pourra le vérifier sur mon site, à la rubrique Dieppe et le Canada. Deux autres navigateurs, les frères Verrazano (Italiens, qui francisèrent leur nom en Verrazane) appartiennent également à l’histoire de Rouen, où ils s’étaient installés, avant d’être envoyés en mission par François 1er. Il découvrirent la baie de New York, qu’ils baptisèrent Nouvelle Angoulême. New York a honoré leur souvenir en donnant leur nom à l’un de ses ponts – et j’aurais bien aimé que le nouveau pont de Rouen portât aussi leur nom, mais la vox populi en a décidé autrement. Une conférence leur a été consacrée le 7 novembre, sur la péniche Pompon du musée maritime de Rouen, où j’étais déjà allée écouter, le 3 octobre, une conférence sur Jean de Béthencourt, conférence qui m’a assez séduite pour que j’achète ensuite le livre de son auteur, Jean Braustein :


Et je signale également la parution très prochaine, du récit de Jean de Béthencourt. Ce n’est pas un inédit. Mais il n’était, jusqu’à présent, paru qu’en … espagnol. Il s’agit donc d’une 1ere édition en français, due à Bruno Malfante, responsable du musée Jean de Béthencourt, à Grainville-la-teinturière, où naquit (1362) et finalement mourut (1425) l’éphémère roi des Canaries




9 novembre 2009

La question du jour est évidemment : que faisiez-vous le jour de la chute du mur de Berlin ? Car nous nous souvenons tous de ces moments d’Histoire où nous nous sommes figés - de bonheur ou de chagrin - et où nos gestes, alors suspendus par la nouvelle, sont demeurés dans nos mémoires. Ce sont, dans nos vies, des arrêts sur image, car nous savons parfaitement, des années plus tard, où nous étions, et ce que nous faisions ce jour en question. Moi, banalement, j’étais allée travailler, et, en rentrant dans notre appartement rouennais du Vallon suisse, je m’étais immédiatement mise à cuisiner, mettre la table, car j’avais une dizaine d’invités ce soir-là. Je me rappelle le nombre, mais je ne suis pas certaine de pouvoir les citer tous, pas plus que je ne saurais dire pour quelle raison précise je les avais conviés, ni ce que je leur mitonnais. Ma mémoire est, exceptionnellement, prise en défaut. Car les détails de cette soirée ont été gommés par la nouvelle. Plusieurs de mes invités étaient déjà arrivés, et nous patientons dans l’attente des autres, en prenant l’apéritif. Celle qui arrivait d’assez loin avait, dans sa voiture, écouté la radio, et nous annonça, d’entrée : Le mur de Berlin est en train de tomber. Nous fîmes répéter, incrédules, l’un de nous alluma la télévision, qui nous permit de voir l’événement. Un frisson de joie passa sur nous tous, et les verres furent levés sur un cri unanime: « A la chute du mur ! » Un grand désordre régna ensuite car la télévision n’étant pas exactement près de la table (c’était un de nos grands principes, divisé en 2 parties : 1°) pas de télé en mangeant, 2°) pas de télé quand nous avons des invités), il y eut sans cesse du va-et-vient entre cette table, le téléviseur, la cuisine.
Ce soir, je n’aurai pas d’invités, mais, de nouveau je regarderai la télévision, pour revivre cet événement.
Et je me poserai cette autre question : quand, et avec qui, lèverai-je mon verre à la chute du mur de Jérusalem ?


4 novembre 2009

Nul n’est prophète en son pays, prétend un proverbe. C’est sans doute la raison pour laquelle je fus invitée au vernissage du salon d’Yvetot (où je n’ai ni vécu ni travaillé) et que je fus oubliée par ceux de Rouen (où j’ai vécu de 1968 à 1998 – dont 4 années en compagnie d’un peintre) et de Maromme (où je vis depuis 1998, fus conseillère municipale 18 mois). Donc : qu’on ne compte pas sur moi pour évoquer ce que j’ai pu voir à ces salons…
Je signale plus volontiers un salon de sculpture à Barentin, dont Annie-Claude Ferrando est une des invitées :


J’en resterai donc à ma boutique : la littérature. La saison ensoleillée n’étant plus qu’un souvenir, je trouve agréable de rester calfeutrée à lire. Mes derniers enthousiasmes en la matière vont à :
Une exécution ordinaire de Marc Dugain, dont je suis sortie assez sonnée.
Le fils du dieu de l’orage de mon si cher Arto Paasilina, dont la fantaisie débridée me divertit toujours.
L’atelier d’écriture de Chefdeville (nom qui semble être un pseudonyme) où je me suis également terriblement amusée des déboires de cet animateur. On sait que j’ai moi-même assuré de nombreux ateliers d’écriture, en tant qu’écrivain. A propos : il y a quelques années, lors d’un stage professionnel destiné aux bibliothécaires (et où j’avais passé sous silence ma qualité d’écrivain), j’ai entendu, de la bouche de l’animateur, que les écrivains n’étaient pas les mieux placés pour assurer ces ateliers d’écriture, car ils n’avaient pas suivi de formation ! J’ai cru en avaler ma langue… Mais il faut se faire une raison : tous les métiers artistiques sont parasités par des gens qui n’ont pas nécessairement de talent, mais doivent, comme ceux qui en ont, manger. Haro donc sur les écrivains, les peintres, les musiciens, les comédiens et vive les animateurs, médiateurs, agents et autres insectes suceurs, qui ont eu l’habileté de s’inventer de nouvelles professions ! Qu’on ne s’étonne pas, cependant, que je n’écrive plus (mais que j’assure toujours des ateliers d’écriture quand on m’en propose car je ne crois pas y avoir démérité !)
Me voilà embarquée dans un ton papiers d’humeur, probables effets conjugués de l’arrivée de l’automne, pluvieux, sombre, et du réveil de ma phobie des fêtes de fin d’année dont la gabegie à venir fleurit déjà dans les vitrines. Bref : j’entre bientôt dans mon habituelle hibernation boudeuse.
Revenons-en aux livres :
j’ai découvert que le titre Little Appaloosa (dont nous avions rebaptisé notre film puisque le titre initial - Appaloosa – était celui d’un film américain, présenté au festival de Deauville 2008 juste au moment où nous commencions le tournage de notre court-métrage) était aussi le titre d’un livre pour enfants, de Berta et Elmer Hader, paru en … 1949, à New York. Ce couple d’auteur-illustrateur (nés à la fin du XIX° siècle et morts en 1973 et 1976) connut un grand succès. On peut trouver beaucoup de renseignements sur eux, et voir nombre d’illustrations en cherchant sur Internet (ce que j’ai fait). J’ai également appris que la race des chevaux Appaloosa (du nom de la rivière Appalouse) était l’œuvre d’une sélection menée par les Indiens Nez percés (établis dans l’Idaho et au nord de l’état de Washington) à dater des années 1880. Quant à Géronimo (dont notre vedette Kawa voulait figurer le cheval au cinéma), c’était un Apache.
Idée pour ma prochaine lecture : retourner à cette Histoire des Indiens d’Amérique, acquise dans mon adolescence (je l’avouerai : dès mon plus jeune âge je fus du parti des Indiens plutôt que des cow-boys. Et pourtant les westerns de ma jeunesse en donnaient surtout une image négative ! Comme quoi mon esprit de résistance aux normes ne date pas d’aujourd’hui !)


25 octobre 2009

Un anniversaire que cette date correspondant à la St Crépin (patron des cordonniers) : il y a très exactement 30 ans, je signais mon 1er contrat d’édition, pour Mado (dont le titre d’origine était : Chroniques de St Crépin)
Mais pour aujourd’hui c’est de peinture dont il est question :


Je ne rate évidemment pas le vernissage de ce salon, dont la qualité augmente d’année en année. La foule y est toujours aussi dense, et il faudra que j’y revienne pour mieux voir les œuvres (ainsi que je dis toujours : au vernissage, on voit surtout les copains, on papote, on écoute – d’une oreille – les discours, on trinque, et notre œil n’est pas vraiment attentif). Mais je peux cependant préciser mes préférences pour ce crû 2009 :
- Côté sculpture, une charmante famille éléphant (3, comme les 3 ours de boucle d’Or, ou les 3 petits cochons ?), d’ailleurs vendue dès ce vernissage (mais toujours visible pour la durée du salon bien sûr). En acier, elle est l’œuvre de Patrick Beuzelin
- Côté aquarelle, la Rue de Bordeaux, de Maximilien Hauchecorne
- Et côté ceux que j’aime depuis longtemps :
Les aquarelles candides, au charme désuet, pleines d’humour de René Cogagne (qui illustra les livres de pérégrinations de Robert Bruce et son âne Platon)
Les vaches d’Eric Malandin
Les encres et crayon si précises, si parfaites de Gérard Pelisse.
Mais il y a beaucoup d’autres œuvres de qualité, d’une exposition qui s’étend sur deux étages. Même le web-master du site de l’AYAC (Michel Hubin, également web-master - entre autres - de 3 de mes sites) a croché aux cimaises un joli souvenir alsacien : Eguisheim.
Ayant moi-même séjourné dans cette ville au printemps 2002, je vous livre quelques images vivement colorées de cette belle région :

...

...



......
Et qu’on ne croit pas que l’inclinaison de la dernière photo était due à quelque dégustation. Ce serait faire injure à l’artiste que je tentais d’être…


23 octobre 2009


J’étais invitée, hier soir, à voir Les Sillons de la mémoire. Mais j’ai choisi d’en mettre mes commentaires à la rubrique papiers d’humeur (où auraient pu être également rangés nombre de textes mis dans celle titrée Rouen…) car cette projection m’a un peu échauffé la bile. En prime, vous trouverez un texte de 1997, sur une autre projection de films d’archives, dont je n’étais pas mécontente…


17 octobre 2009

… où il ne sera question que de cinéma :
1°) il faut retourner voir l’actualité du 18 septembre, où quelques photos prises pendant le festival d’Off-courts ont pu être rajoutées.
2°) on peut voir les kinos (61 !) tournés pendant ce festival sur :
www.off-courts.com/kino/kino_2009
(ne croyez pas que j’ai commis une erreur en laissant un espace entre kino et 2009 : il y a un tiret bas entre les deux, que la ligne (dont mon ordinateur a cru bon de souligner la référence) dissimule fourbement)
Ceux de ces kinos concernant, à divers titres, mes amis Marc Prieur, Annick Delaunay Vasse et moi-même sont titrés :
Touring, de Armin Mobasserri
Meuh cola (épisode les vieilles), de Vincent Wilson
Noces d’étain, d’Anne Revel
Je pardonne, d’Antoine Leclercq-Carrière
Ayez un peu de patience pour le chargement et n’oubliez pas de cliquer sur l’icône plein écran
3°) c’est aujourd’hui que notre Little Appaloosa est programmé au Melville (Rouen), grâce à la complicité de Jean-Michel Mongredien et Isabelle Duault. Cette date était arrêtée depuis un moment, les invitation parties, et nous n’en avons donc pas changé bien que Pascal Sanchez et Philippe Davenet ne puissent être présents, sollicités par des concerts en Bourgogne (Pascal, avec le cithariste Martial Murray) ou en région parisienne (Philippe). Ce court-métrage, tourné pour rire, et qui ne devait avoir aucune carrière est donc projeté pour la 4° fois (les 3 précédentes ayant eu lieu à Houlgate en juin et à Trouville pendant le festival Off-courts). Tous les invités de Lafine & Kipe (identité supposée de nos producteurs, qui donne déjà le ton de notre film !) rient et applaudissent sans se lasser (car nous le projetons deux fois !). S’ensuit un pot amical dans le hall du Melville, où Claude Duty et moi troquons nos casquettes de réalisateurs pour celles de préposés au bar. Sollicités par les bavardages (car tous les amis veulent connaître les détails du tournage, et nos projets), nous en oublions de prendre des photos et Claude sort trop tardivement sa caméra (celle-là même qui a tourné Little Appaloosa). Désolés pour nos internautes…
Le dernier carré termine la fête (et les reliefs du buffet !) chez Claude…
Je ne saurais citer tous les invités présents (70 ? 80 ? Nous n’avons pas compté !), mais je remercie plus particulièrement ceux venus de loin : mon web-master, Michel Hubin, encore en vacances dans la Somme (d’où un certain retard de mise en ligne des dernières actualités de ce site), Françoise Boudier, arrivée tout droit de son château d’Etelan. Je pourrais tricher un peu en disant qu’on s’est également déplacé du … Brésil, mais ça ne serait pas tout à fait vrai, car José Ventura, authentique Brésilien, n’est venu que de … l’université de Mont-Saint-Aignan, où il enseigne (et où j’avais donc fait sa connaissance il y a quelques années, du temps où j’étais encore bibliothécaire). Mais enfin, ma carrière internationale, commencée à Trouville (puisque j’ai tourné une pub. avec un Canadien, concocté des synopsis pour un Allemand et un Camerounais) va peut-être s’étendre au Brésil grâce à José ! On peut toujours rêver…
C’est ce que nous faisons, en pensant à notre prochain court-métrage. Claude a souhaité un conte de fées, je l’ai écrit, les rôles sont distribués. Ne reste plus qu’à tourner. Mais même dans un conte de fées, ça ne se fait pas d’un coup de baguette magique…


11 octobre 2009

La fête à Montmartre avait commencé dès le 7 octobre et se terminait le 11.


Elle offrait des concerts, des conférences, des expositions, des bals, un feu d’artifice, un village du goût, des menus spéciaux dans les restaurants, bref : un énorme plat garni autour de ce qui la suscite : les vendanges des vignes parisiennes.
Les premières furent plantées sous l’occupation romaine, (quand Paris s’appelait Lutèce et que l’empereur Probus en autorisa la plantation en 281, sur la montagne Sainte Geneviève), et les dernières faillirent disparaître en 1930, suite à un projet immobilier, qu’une vigoureuse opposition, menée par Francisque Poulbot fit capoter. On replanta donc de la vigne, sur ce terrain vague où demeurait le souvenir d’une guinguette champêtre nommée Le Parc de la Belle Gabrielle car elle était située au voisinage d’une maison qui aurait appartenu à Gabrielle d’Estrées, maîtresse d’Henri IV. Le Clos Montmartre était né, entre l’ancienne demeure d’Aristide Bruant et le Lapin Agile (déformation de lapin à Gill, du nom du caricaturiste qui en peignit l’enseigne, où un lapin s’échappait d’une casserole, allusion alors transparente à son auteur, communard ayant échappé à la sanglante répression). Les premières vendanges furent faites à l’automne 1934, sous le parrainage de Fernandel et Mistinguett.
C’est aujourd’hui le plus célèbre des derniers vignobles de Paris, alors qu’au fil des siècles, il était quasiment devenu de la piquette, dont on disait : qui en boit pinte en pisse quarte.


Le plus goûteux fut, sous le roi Louis IX (1214-1270, déclaré saint en 1297), un vin blanc nommé Goutte d’Or, qui donna son nom à un quartier de Paris. Son souvenir perdure grâce à un jumelage avec Viré-Clessé, une commune de Bourgogne (qui, pour fêter le 50° anniversaire de ce jumelage, a créé la cuvée Goutte d’or). En dehors du Clos Montmartre, on ne trouve plus à Paris que quatre vignes, d’implantations récentes : à l’hôpital Bretonneau, dans la rue du Ruisseau, au Parc Georges Brassens (où se trouvaient, jusqu’en 1975, les abattoirs de Vaugirard) et sur l’emplacement des anciens entrepôts de Bercy, détruits à partir de 1979, et où je fis une promenade mélancolique durant cette période…


… n’y rencontrant plus que ces chats, immortalisés par A. Sabatier en 1875 :
… pendant le jour,
ils dorment nonchalamment
posés sur les fûts,
sur les toits,
partout où vient un rayon de soleil.
Ils sont très familiers,
connaissent admirablement
ceux qui les caressent…
Bercy est à eux,
chaque dimanche
et chaque soir
et ils en sont les gardiens fidèles…

Ceux de ma promenade mélancolique n’étaient plus familiers : ils avaient appris que les hommes pouvaient les abandonner, et détruire leur habitat séculaire…
En ce dimanche d’octobre 2009, je ne rencontre aucun chat, mais beaucoup d’humains agglutinés ; ça se presse à m’étouffer dans le hall du théâtre Trianon (boulevard Rochechouart) ; ça menace de faire exploser les portes vitrées, bref : la révolte gronde dans la file d’attente, pour cause d’organisation pour le moins aléatoire. Ayant bien piétiné et sué, protégée de l’étouffement par mes très fidèles amis Annick et Marc (dont la carrure dissuade d’écraser ses protégées), je finis tout de même par entrer dans cette belle salle aux ors ternis.


Nous y sommes invités par cet autre fidèle qu’est Philippe Davenet, accompagnant au piano Anne Sylvestre, dont l’apparition clôture ce concert dédié à Jacques Canetti (1909-1997, frère cadet de l’écrivain Elias Canetti, prix Nobel de littérature en 1981), qui fit éclore tant de talents au cabaret des Trois baudets, dont la réouverture, attendue depuis des années, eut lieu pendant cette mémorable fêtes des vendanges 2009.
Notre impatience d’entendre Anne et Philippe une nouvelle fois est tempérée par la qualité et la variété des artistes les précédant, sous la houlette de François Morel en Monsieur Loyal. Qu’on en juge :
Agnès Bihl
Lise et Jeanne Cherhal
Clarika
Les Franjines
La Grande Sophie
Madjo
Magali Noël
Anne Roumanoff
Carmen Maria Vega
Ils sont tous excellents, dans leurs registres personnels comme dans leurs hommages à Boris Vian, Georges Brassens, Robert Lamoureux, les Frères Jacques, Serge Gainsbourg. J’avoue toutefois mes préférences sentimentales :
- Magali Noël, que je trouvais si sublime dans Amarcord (en … 1973 !) et qui reprend ici le célèbre Fais moi mal Johnny (de Boris Vian), lui ayant valu une interdiction à la radio au moment de sa sortie (les temps ont bien changé, car le déballage intime de monsieur et madame Toulemonde, souvent à vomir, est à présent de mise à la télévision)
- Les Franjines, qui, redonnant vie au répertoire des Frères Jacques, sont un peu ma madeleine de Proust. En effet, alors que j’étais enfant, mes parents, qui, tous provinciaux qu’ils étaient, fréquentaient assidûment les spectacles parisiens, m’emmenèrent un soir voir La Belle Arabelle, de Francis Blanche, avec le célèbre quatuor, dont Les Boîtes à musique me séduisit particulièrement. Cette belle Arabelle était une péniche, et j’ignore toujours si elle avait été baptisée ainsi en hommage à une autre Arabelle, dernière sirène de son état, créée en 1950 par le dessinateur Jean Ache (1923-1985), et dont je suivais régulièrement les aventures et celles de son amoureux Fleur-Bleue sur la dernière page de France-Soir
Quant à mon coup de cœur il va sans conteste à Carmen Maria Vega, très jolie brune au tempérament bien trempé.
J’allais oublier : l’apparition si émouvante de la fanfare des P’tits Poulbots, descendue du fond de la salle pendant l’entre actes !


Enfin c’est l’apparition d’Anne, dans une somptueuse robe de circonstance : d’un violet de raisin Cardinal ! Elle chante seule, puis en duo, en trio, en quatuor, terminant par un texte qui m’émeut particulièrement : Ecrire. Le public l’applaudit debout, en redemande. Tous les artistes sont conviés sur scène, et, en compagnie de la fille de Jacques Canetti, du maire du 18° arrondissement, des directeurs du Trianon et des Trois Baudets, ce chœur improvisé entonne, relayé par le public (toujours debout !) la Non demande en mariage de Brassens. J’en connais donc les paroles ? Et même : je sais chanter ? Quelles découvertes !


Nous retrouvons le métro…


… et le carrosse de Marc (prudemment stationné loin de la foule festive ! ), qui ne s’est pas transformé en citrouille, et nous rentrons sur Rouen, avec Philippe. Merci à lui de nous avoir permis d’assister à ce spectacle inoubliable…


4-7 octobre 2009

Je suis retournée à Trouville ! Invitée par une de mes nouvelles copines ! Et j’ai pu en revoir d’autres, dont Laurence, juste avant son départ pour Montréal, et qui avait les honneurs de la presse régionale

3-4 octobre 2009

Un week-end très riche :
- Une conférence sera donnée sur Jehan de Bethencourt (1360-1425), un de ces audacieux navigateurs normands (que j’ai moi-même évoqués à diverses reprises, dans des articles et conférences reportés sur ce site), qui fut roi … des Canaries. Elle aura lieu le 3, à 15h, dans la péniche Pompon du musée maritime de Rouen (sur les quais).
- L’annuel salon du livre de Bois-Guillaume se tiendra, tout le week-end, au gymnase Apollo de cette ville.
- Le 16° salon des minéraux et fossiles se tiendra, également ces 3 et 4 octobre, à la Halle aux toiles de Rouen
Je compte bien être à ces trois endroits (mais pas en tant que fossile…)

1er octobre 2009

Ainsi que je l’ai précisé dans la rubrique avertissement/remerciements de ce site, nombre de mes nouvelles ont été publiées dans la revue Rouen-lecture, créée en 1992 par Philippe Galmiche, qui en demeure l’unique directeur-rédacteur-maquettiste-copiste-diffuseur. On peut lui tirer son chapeau car la durée de vie d’une revue littéraire est souvent écourtée par les nécessités économiques. La sienne perdure donc, et je viens de recevoir le n° d’octobre, qui comporte une nouveauté.
Changement de mise en page, de format ? Que nenni. Philippe s’en tient à sa création d’origine comme à son imprimeur.


La nouveauté est dans une petite ligne en bas de page :
Du neuf ! Site Web : http://www.normandie-lecture.com
Je vous laisse donc découvrir ce site.
Je signale également l’ouverture d’une exposition très intéressante (dans les grand et petit salon de l’Hôtel du département, quai Jean Moulin, à Rouen) et sur laquelle vous pourrez trouver plus de détails dans le magazine du Conseil Général de Seine Maritime, sur le site : http://www.seinemaritime.net




27 septembre 2009


Après Germain Bésus dimanche dernier, Philippe Davenet hier, je vais encore écouter un pianiste aujourd’hui : Jonathan Soucasse, dans la peau d’un pianiste suédois nommé Ingmar Bruteson. Ce personnage forme, avec la diva Katia Von Bretzel (interprétée par Cathy Heiting) un couple aussi infernal que talentueux, mélangeant les genres musicaux, les généalogies des compositeurs, et s’exposant, avec panache, à des morceaux de bravoure. Bref : il s’agit d’un spectacle burlesque, comme je les goûte…




Ne ratez surtout pas ce spectacle quand il sera programmé près de chez vous. Il réjouira vos oreilles et vous dilatera la rate. Les spectateurs de Canteleu ne s’y sont pas trompés, qui ont fait un triomphe à ce singulier duo.


26 septembre 2009

Notre 5° lecture musicale…
Déjà !
La 1ère exista grâce à Philippe Davenet qui souhaitait accompagner quelques-uns de mes textes au piano. C’était me faire un honneur extrême car son talent est vraiment immense.
Cette lecture des origines eut lieu chez Marc Prieur, dans ce que j’ai pompeusement rebaptisé le Bâtiment des Fêtes. On peut la revoir en consultant mon actualité en date du 16 septembre 2007. On peut également revoir les suivantes aux dates des 1er juin 2008, 10 août 2008 et 13 décembre 2008 (ces deux dernières ayant eu lieu chez Chantal Baudoin et Gérard Gros) On peut également voir les deux premières en vidéo sur le site de Claude Duty.
Pour cette 5° lecture, j’ai choisi pour thème un art qui se perd : celui de La Correspondance




Après un citation d’Evelyn Waugh (en forme d’avertissement) : Méfiez-vous de m’écrire, je réponds toujours, je mets en écho des textes de Crébillon fils, Louise Labé, Paul Géraldy, Anne Sylvestre (dont Philippe est le pianiste attitré) et … moi-même. Mes partenaires de ces lectures sont Marie-Christine Garay (du Théâtre de l’Echarde) Hervé Boudin (un de mes plus anciens amis puisque nous nous sommes connus sur les bancs du lycée de Vernon, en … 1964) et Philippe lui-même, qui ajoute à ses talents de pianiste ceux de comédien. En matière d’accompagnement il a sollicité Danglebert, Beethoven, Chopin, Jean Wiener, et, pendant que je retraverse la pelouse de Marc pour chercher un texte oublié dans la maison, il improvise un Simone courant dans la prairie que je crois mémorable même si je n’ai pas le bonheur de l’entendre !



...

Puis, selon une tradition bien établie, cette lecture musicale est suivie d’un buffet (dans la prairie que Philippe vient d’immortaliser !), organisé par nos hôtes, et auquel nos invités ont participé en cuisant pizza, gratin de courgettes, clafoutis divers…
Bref : encore une de ces très belles journées dont je me dis toujours : c’est ça de pris sur la Mort
Et je retrouverai le cercle des amis très prochainement puisque Marc sera sur scène, parmi d’autres choristes :



25 septembre 2009

Les peintres aussi ont leur rentrée
Pour Dominique Vervish, ce sera au célèbre Palais Bénédictine de Fécamp, où son exposition sera visible tous les jours jusqu’au 31 décembre (exception faite du jour de Noël)



20 septembre 2009

Pour cette seconde journée patrimoniale, je m’éloigne peu puisque ma destination est Sahurs, pour un concert…


…au manoir de Marbeuf…

...

...

…où je suis accueillie par Germain Bésus lui-même


Ce manoir fut construit dès 1515 pour Louis de Brézé, petit-fils de Charles VII et d’Agnés Sorel (qui mourut non loin, dans le manoir portant encore son nom. Sénéchal de Normandie, il est surtout passé à l’Histoire pour avoir épousé, à 55 ans, une beauté de 15 ans : Diane de Poitiers. La belle fut heureusement veuve à 30 ans et ne se remaria pas, ayant trouvé une situation nettement plus glorieuse puisqu’elle fut la maîtresse très aimée du roi Henri II (qu’elle aurait déniaisé, à la demande de François 1er). C’était rétablir quelque équilibre puisque Diane passa d’un mari qui avait 40 ans de plus qu’elle à un amant qui en avait 20 de moins.
La chapelle du manoir fut édifiée en 1520, et reçut l’autorisation papale pour être dédiée à Notre Dame de la Paix en 1637, alors que le manoir était passé aux mains de Pierre de Marbeuf, né à Sahurs en 1596. Ce dernier reçut la charge de maître des Eaux et Forêts (qu’avait déjà son père), après avoir étudié le droit à Paris, en compagnie de Descartes. Il s’illustra dans la poésie, comme ces deux autres normands, qu’il connut peut-être : Marc Antoine Girard de Saint Amand (1594-1661) et Isaac de Benserade (1612-1691, également maître des Eaux et Forêts, à Lyons-la-forêt), tous deux huguenots.
Cette même année 1637, la Reine Anne d’Autriche (espagnole comme son nom ne l’indique pas) fait porter un vœu à la chapelle, pour le retour de la paix et l’espérance de donner enfin un dauphin à son époux le roi Louis XIII (lequel ne goûtait guère les dames, pas même la sienne). Miracle sans doute : elle accouche l’année suivante de Louis Dieudonné, qui deviendra le XIV° du nom (n’aimant pas plus cette malheureuse Anne d’Autriche, qu’on priva de sa cour espagnole, mais qui consola sa régence avec son ministre italien : Mazarin). En remerciement de cette naissance tardive (le mariage avait été consommé quelques 23 ans plus tôt, alors que les mariés n’étaient encore que deux adolescents), la Reine envoie à la chapelle une statue en argent de la Vierge, d’un poids égal à celui du nouveau-né (près de … 6 kilos). Statue qui fut hélas fondue au moment de la Révolution, où l’on avait plus souci à détruire le patrimoine qu’à le conserver…
Le concert auquel j’assiste dans cette chapelle privée de sa Vierge d’argent est à quatre mains, sur un piano Pleyel de 1857.


Les pianistes y serviront très brillamment Beethoven et Schubert, ils seront vivement applaudis et accorderont très volontiers un bis du rondeau. Qu’ils en soient remerciés…


19 septembre 2009

Vagabondage patrimonial en compagnie de Claude Duty…
Nous commençons par un arrêt à Caudebec-en-Caux, avec visite de l’église Notre-Dame, commencée en 1426, consacrée en 1484. Les deux dernières travées furent élevés entre 1520 et 1539, et le portail achevé au début du XVII° siècle. Il est très richement décoré comme on peut voir ci-dessous


Quant à l’intérieur, tout y est remarquable, qu’il s’agisse des vitraux anciens, des fonds baptismaux, dont le couvercle est orné de scènes bibliques…


… des clés de voûtes pendantes…


… de la chapelle du Saint Sépulcre


… et du grand orgue, construit sous François 1er, sur une belle tribune Renaissance de 1539. Il est l’œuvre d’Antoine Josseline


Nous avons également admiré, sous une vitrine reflétant un vitrail, un précieux devant d’autel rebrodé de perles dorées…


…avant de terminer notre visite par une photo espiègle où l’église est à l’envers dans un plan d’eau


Nous avons continué notre périple en passant le superbe pont de Brotonne pour emprunter la route des chaumières, en direction de Vatteville-la-rue, et Aizier.


J’ai déjà évoqué les églises de ces deux villages dans mon actualité du 9 août 2009, alors que j’allais, en compagnie de Marc Prieur, au moulin de Hauville et à La Haye-de-Routot (en bas à droite de la carte). Outre son église (surtout connue pour ses graffiti marins, ce qui fait parfois oublier ses beaux vitraux), Vatteville possède un magnifique manoir du XVI° siècle, pavillon de chasse de François 1er


…ainsi que les ruines d’un château médiéval.
L’église d’Aizier étonne par son clocher (XI) siècle) en pierre de Caen. Mais ma préférence va à la chapelle St Thomas, (également évoquée dans mon actualité du 9 août) située au cœur de la forêt, et près de laquelle on découvrit, il y a quelques années, les traces d’une léproserie

...

...

De là, nous abandonnons la route des chaumières pour des vicinales ou communales de hasard, qui nous mènent à Tocqueville, où nous attend la surprise d’une église moins connue que celle de Vatteville…


… et où , pourtant les graffiti marins ornant les murs ont mieux traversé les siècles…

...


… et où un très vieil if met son ombre bienveillante sur le cimetière :

...

Nous terminons par Sainte-Croix-sur-Aizier, et son église, également riche de graffiti marins.
Ces graffiti avaient à peu près la même signification que les maquettes de bateaux mises en ex-voto à l’intérieur d’autres églises : ils étaient liés à la protection divine. Les premiers étaient pour l’implorer, avant un de ces voyages maritimes, toujours périlleux, les secondes remerciaient d’avoir échappé aux naufrages.


19-20 septembre 2009

Les traditionnelles journées du patrimoine.
Comme d’habitude il y a beaucoup à voir, et je signale ceci à l’attention des curieux :


18 septembre 2009


Je n’ai toujours pas toutes les photos espérées, mais avec celles de Marc Prieur (numériques), et les miennes (papier) je peux tout de même vous donner une idée parcellaire de ce 10° festival Off-courts
Accueil en mairie, pour commencer, car Off-Courts a le soutien inconditionnel de Christian Cardon, maire de Trouville, qui n’hésite jamais à jouer dans quelques kinos

Après le second accueil (au village d’Off-courts, qui ne se tient plus sur l’arrière du casino mais dans l’ancien bâtiment du Crédit lyonnais), première projection au cinéma (demeuré dans le vaste bâtiment du casino), intitulée Made in Trouville, car elle propose quelques courts-métrages en rapport avec le festival ou/et la ville. Et notre Little Appaloosa en fait partie. C’est donc pour nous une première vraiment publique, puisque la précédente était privée… Quelle émotion, pour ce 1er soir.
Mais il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers. Dès le lendemain matin, je propose mes services d’écriture lors de la première réunion kino, dont le meneur de jeu n’est plus, cette année, Jéricho, mais François (tout aussi Canadien et ci-dessous en photo avec Emmanuelle Bataille, comédienne, trouvillaise, et membre du jury)


La réunion, commencée vers 10h, s’achève en fin de matinée, et les plus courageux attaquent de faire leur film, qui doit donc être prêt pour la première soirée kino, qui a lieu le… lendemain soir.
Deux jeunes kinoïstes, allemand (Armin Mobasseri) et camerounais (Jean-Théophile Mvogo), m’ont demandé un synopsis, pour les kinos qui seront présentés mardi et jeudi. Je travaille aux aurores, dans la chambre silencieuse qu’Annick Delaunay-Vasse a mise à ma disposition dans sa maison de week-end, à Deauville, comme en 2007 et 2008.


Cette fois d’ailleurs Annick et Marc sont présents, ayant décidé de se mettre en vacances pendant ce festival. Marc est d’ailleurs titillé par l’envie de participer activement, et il décroche un rôle dans le kino d’Antoine Leclercq Carrière (mère française, père canadien, le profil parfait pour Off-courts !). J’ai également une proposition, pour tourner, en compagnie de Laurence (oui, je sais : il manque et manquera des noms propres dans ce récit, mais c’est que le seul prénom est l’usage le plus répandu dans ce festival !) dans une des 3 publicités de 15 secondes, tournée par Vincent Wilson (Canadien), au profit d’une nouvelle boisson, normande et équitable : le Meuh-cola.
Ce tournage a lieu le lundi matin, dans la magnifique prairie de Pierrick. Et je regrette bien d’avoir oublié mon appareil photo (par manque d’imagination, car j’avais supposé qu’une pub de boisson nouvelle ne pouvait se tourner qu’à l’intérieur d’un bar). Laurence est plus prévoyante…

...

...

A ce point de mon récit, je dois faire un flash-back : à peine arrivés vendredi, Claude Duty et moi avions un peu déliré en imaginant les nuits d’insomnie d’un couple de retraités logeant à l’hôtel le plus proche d’Off-courts. Car les nuits d’off-courts sont animées par de la musique, pas nécessairement au goût de vieux qui chercheraient le calme. Bien sûr ce couple n’existait que dans notre imagination. Mais bientôt j’eus envie de lui donner chair dans un kino. J’avais un couple sous la main : Annick et Marc (moins vieux que le couple imaginaire, certes…). Me restait à écrire ce que j’appelais, dans ma naïveté de profane, un scénario, et qui n’était guère qu’un synopsis dialogué. Le plus simple est donc terminé le mardi matin. Reste le plus difficile : trouver un réalisateur et une équipe de 3 personnes (pour le son, l’image, et le montage). Le réalisateur est une réalisatrice : Anne Revel-Bertrand,
à laquelle Marc me souffle de faire cette proposition. J’ai fait connaissance d’Anne l’année d’avant, grâce à l’indispensable Claude, membre du jury avec elle. Anne accepte immédiatement et fait preuve d’une efficacité redoutable, constituant une équipe, réservant le matériel, transformant mes lignes en scénario véritable, avec découpage des plans de tournage.
Mercredi matin, nous sommes à pied d’œuvre (avant même que la terrasse d’Off-courts soit opérationnelle comme on peu remarquer sur les photos, où les chaises sont encore sur les tables)


Anne, avec preneur de son et caméraman


Anne avec Annick et Marc
Quant à Claude, il passe beaucoup de temps au téléphone, pour savoir quand arrivent ses partenaires de Canal Plus, et le Pôle images rouennais, et les copains parisiens. Mais il garde aussi un œil sur nous et viendra nous visiter dans la chambre du Beach Hôtel qu’a retenu Anne pour ce tournage de Noces d’étain


Ce tournage a lieu durant la journée la plus chaude de la semaine, et nos comédiens ont un peu chaud sous la couette et l’éclairage artificiel…

..

Heureusement, on peut prendre l’air au balcon, s’interrogeant sur les lettres tombées du bâtiment voisin : qu’est ce que ça signifie : URES MA IN ?

..

Vous avez restitué CURES MARINES ? Très bien. Mais il n’y avait rien à gagner…
Le tournage se termine par quelques scènes en extérieur (après passage chez un charmant notaire nous ayant autorisé l’accès à son balcon qui domine la terrasse d’Off-courts).
Au montage, ces scènes maritimes(romantiques à en être mièvres, c’était notre but !) seront accompagnées par ce tube du regretté Joe Dassin (qu’Anne eut le plaisir de connaître): le dernier slow

..
..

Mercredi : Marc tourne son autre kino, Anne peaufine le notre au montage, Annick et moi essayons d’aller photographier le premier (qui photographie sa partenaire canadienne)…


… nous livrons l’ordinateur de Marc à Anne, et préparons le dîner d’anniversaire de Claude
Jeudi la fatigue commence à se faire sentir. Samuel Prat, le créateur d’Off-courts, semble ébloui par le soleil, alors qu’il prend son petit-déjeuner en terrasse…


… Anne (qui était du dîner d’anniversaire, entre deux séances de montage) s’assure de n’oublier personne au générique…


Sandra Dalhie Goyer ne lève pas les yeux de son ordinateur…


… seul un photographe canadien semble faire la pause, après avoir, avec un compère français, tiré le portrait de tout le monde…


La fièvre monte à mesure que la journée avance. A 15h une rumeur circule : trop de kinos pour la projection du soir (la 3° et dernière), il faudra réduire. Noces d’étain est déprogrammé. Le moral chute. A 17h, notre kino est reprogrammé. Le moral remonte. Epuisant le cinéma, vraiment !
La foule arrive sur la terrasse


Parmi elle, pour cette projection conséquente, notre ami Philippe Davenet, qui vint à plusieurs reprises durant cette décade…


… et la célèbre Vivi, des grandes heures du journal quotidien d’Off-courts…


…ainsi qu’ un kinoïste du Burkina…


… Assises, les deux plus célèbres chevelures blanches d’off-courts : la très belle Dorothée Blanck et la dynamique Laurence, dont on ne compte plus les apparitions dans les kinos, chaque année…


… Armin enfin, dont le kino Le cycliste est une pure merveille, qui lui vaut les vifs compliments de Claude.


... et Vincent Wilson, me serrant de sa main valide (ce n'est pas moi qui lui ai esquinté l'autre!)


Allez, pour finir en beauté, encore une petite démonstration d’Air Guitar


… dont Carnior (alias Super-Québec-Man) est le champion.


Vendredi premiers départs. Ciel ! Je n’ai pas pris toutes les photos, noté toutes les adresses… Je me rabats sur la jolie boutique du fleuriste de la rue des bains.

...

Samedi, Claude et moi prenons le temps d’aller voir l’expo Jeux de plage, au musée de Trouville, situé dans la Villa Montebello, juste derrière les appartements des Roches noires, où flotte le souvenir de Marguerite Duras.





...

Mais à 16h, rejoints par Marc et Annick, nous sommes au cinéma, pour le second passage de Made in Trouville. On me demande d’y présenter Little Appaloosa, ce que je fais en compagnie de Pascal Sanchez, arrivé à point nommé.


Et c’est la soirée de clôture, avec, cette année une innovation : trois critiques débattront en public, modérés par Claude Duty, afin d’attribuer le prix de la critique…


… avant que Sandra et Samuel ne remettent les autres prix.



... renforcés du jury au grand complet : Jean-Pierre Lazzerini, Anne Revel Bertrand, Claude Duty, Emmanuelle Bataille, Sophie Dupuis



  Notre dernier dîner, à l’Inattendu, partenaire d’Off-courts (avec le Central), où les couverts sont joliment présentés dans une pochette papier…



A ma droite: Jean-Louis Gonnet, réalisateur

..

… et où Claude continue d’apprivoiser le nouveau jouet de son anniversaire



17 septembre 2009

On nous parle beaucoup de la grippe A dans les médias : le Ministère de la Santé y va de ses recommandations, et les journalistes se délectent d’effrayer les populations. Pourtant, on ne vous dit pas tout : certains symptômes sont passés sous silence. Ayant quelques relations dans le milieu médical j’ai cependant pu obtenir la photo d’un malade. Si, vous regardant un matin dans votre miroir, vous vous trouvez quelque ressemblance avec lui, n’hésitez plus : faites-vous hospitaliser en urgence


16 septembre 2009

Comme d’habitude Claude Duty a été plus rapide que moi ! Sa vidéo de 13 minutes sur le festival Off-courts est sur son site : http://www.claudeduty.com


14 septembre 2009


Un peu de patience !
Le festival s’est achevé hier. J’ai donc regagné mes pénates (et retrouvé mon chat, en pension de l’autre côté du palier), mais il faut m’accorder le temps de rédiger le récit de ces jours fabuleux, de regrouper les photos numériques des amis, d’attendre que les miennes, obstinément sur papier, soient développées (mercredi). Et ensuite il faut encore accorder le temps (au web-master) de transférer le tout sur mon site. Bref : revenez ici en fin de semaine…


4 septembre 2009

C’est aujourd’hui que je pars à Trouville, en compagnie de Claude Duty, pour assister au festival Off-courts (et, accessoirement, à celui du film américain à Deauville). Nous y retrouverons Annie Vasse-Delaunay, Philippe Davenet, Marc Prieur et Pascal Sanchez, les héros de Little Appaloosa, car ce court-métrage, dont Claude et moi sommes conjointement les réalisateurs, est présenté en ouverture du festival, sur proposition de son organisateur Samuel Prat
Vous imaginerez facilement notre joie, notre impatience et… la très conséquente actualité qui figurera sur nos sites quand nous rentrerons de ce festival (13 septembre). Si vous souhaitez être informés avant cela, quotidiennement, il vous suffit d’aller sur le site : http://www.off-courts.com


03 septembre 09

On me communique ceci que je soumets à votre perplexité...

  Objet : Matière à réflexion...
UNE PANDEMIE DE PROFIT
Quels sont les intérêts économiques derrière cette grippe porcine dont on nous rabat les oreilles ?
1 million de personnes par an meurent dans le monde de la MALARIA, qui pourrait être prévenue avec une simple moustiquaire.
   Les journaux n’en parlent pas!

2 millions d’enfants par an meurent dans le monde de la DIARRHÉE, alors que l’on pourrait l'éviter avec un banal sérum à 0€25 la dose.
   Les journaux n’en parlent pas!

10 millions de personnes par an meurent de la ROUGEOLE, PNEUMONIES et INFIRMITÉS, que l’on pourrait guérir avec de simples vaccins.
   Les journaux n’en parlent pas!

Mais il y a de cela 10 ans, quand la fameuse grippe aviaire est apparue...
Les journaux mondiaux nous ont inondés d’informations à ce sujet... :
Une épidémie, la plus dangereuse de toutes... Une PANDEMIE !
On ne nous parlait que de la terrifiante maladie des volatiles.
Et pourtant, la grippe aviaire a causé la mort de quelques 250 personnes en 10 ans... 25 morts par an.
La grippe commune, tue un demi-million de personnes par an, dans le monde. Un demi-million contre 25 !
Un moment... Un moment s’il vous plaît !
Alors, pourquoi un tel remue-ménage - un scandale- autour de la grippe Aviaire?
Parce que derrière les poulets il y avait un "Coq", un coq à grande crête.
L’entreprise pharmaceutique internationale ROCHE avec son fameux TAMIFLU vendu à des millions de doses aux pays asiatiques.
Bien que l’efficacité du Tamiflu soit douteuse, le gouvernement britannique en a acheté pour 14 millions de doses pour protéger sa population. La France 94 millions !!!
Grâce à la grippe aviaire, ROCHE et GSK, les deux des plus grosses entreprises pharmaceutiques qui vendent les antiviraux, ont obtenus des millions de dollars de bénéfices.

Alors, en avant avec les oiseaux et maintenant avec les porcs.
Eh oui ! Maintenant commence la psychose avec la grippe porcine. Et tous les médias du monde ne parlent que de çà.
Et je me demande : Si derrière les poulets il y avait un "Coq"... N’y aurait-il pas derrière les cochons un "Gros Porc"?
L’entreprise nord-américaine Gilead Sciences détient le brevet du Tamiflu. Le principal actionnaire de cette entreprise n’est autre que le sinistre, Donald Rumsfeld, secrétaire d’état à la défense de Georges Bush, l’artisan de la guerre contre l’Iraq...
Les actionnaires des entreprises pharmaceutiques ROCHE et GSK doivent se frotter les mains, ils doivent être heureux avec les millions de nouvelles ventes du Tamiflu et de Relenza.
La véritable pandémie est celle de l’argent, les énormes bénéfices de ces mercenaires de la santé.
Je ne nie pas les précautions nécessaires qui sont entrain d’être prises par tous les Pays du globe.
Mais si la grippe porcine est une pandémie aussi terrible que l’annonce les médias, si l’OMS se préoccupe tant de cette maladie, pourquoi ne déclare-t-on pas cette pandémie comme un problème mondial de santé publique ?
Pourquoi ne pas autoriser la fabrication de médicaments génériques pour la combattre ?
Se passer momentanément des brevets des entreprises ROCHE et GSK et distribuer les médicaments génériques gratuitement à tout les pays, et plus particulièrement aux pays les plus pauvres.
Ne serait-ce pas la meilleure solution. Ou alors c'est une farce et aucune menace réelle ne pèse sur le genre humain !!!
Avez vous remarqué que malgré le très grand risque lié à la prolifération de cette maladie, aucune précaution n'est prise à l'égard des destinations à risques?
Aucuns médias ne se fait le relais de la prévention ni ne met sérieusement les gens en garde comme le voudrait le bon sens.
Demande-t-on aux gens d'éviter de se rendre aux Etats-Uunis?  Non!
Que fait-on concrètement pour enrayer le risque de s'engager dans une pandémie?
Rien!  
Pourquoi ?  On est inscrit dans un contexte de crise financière ayant entraîné une crise économique. Une des plus grâves que l'on ai connu.
 
Pour détourner l'attention du peuple et sa méfiance, relancer l'économie "florissante" et ultralibérale avec les mêmes personnes qu'avant, il faut une situation de crise visant les personnes dans leur intégrité physique.
On sait tous qu'en temps de crise, les gens se jettent sur les magasins pour faire des stocks de tout et de rien.
La preuve, certains font déjà des listes de survie pour pandémie.
On a vu ça avec les différentes guerres au 20ème siècle, les gens vont naturellement acheter plus et font des réserves.
Une guerre mondiale ne pouvant être déclarée (logique) rien de tel qu'une bonne pandémie!



1er septembre 2009

Après avoir organisé, pour mon 57° anniversaire, un pique-nique au Parc Parissot, afin de faire mieux connaître ce lieu et le personnage qui en est à l’origine (voir mon site http://parissot.com ) je suis retournée à plusieurs reprises jouer les guides touristiques à Beaumont-le-Roger, afin que les amis qui n’avaient pu être du pique-nique découvrent à leur tour les merveilles de ce village. L’été 2008, ce fut une visite avec Claude Duty (armé de sa caméra, comme d’habitude) et de Philippe Davenet(que nous terminèrent, à l’heure de l’apéritif, au Bouche à oreille, ce très étonnant bar à tapas qui fait aussi brocante dans l’ancienne église du quartier de Vieille). Cette année c’est à ma chère Sophie que je présente les ruines du Prieuré, l’église St Nicolas, ma maison natale (au 8 de la rue Saint Nicolas), puis, après l’indispensable pique-nique au théâtre de verdure du parc Parissot, le Hom, et nous éloignant de quelques kilomètres, la ferme très kitch du Val Galerand, les halles du XIV° siècle de La Ferrière. Et, bien sûr, la Risle courant partout, surmontée de jolis ponts, bordée de lavoirs anciens, où des canards semblent vivre tranquilles.
Pas d’images de cette journée cependant, car elles abondent déjà à la rubrique ma maison, mon village du dernier-né de mes sites (http://passagedutemps.fr ) C’est là que j’ajouterai les images pieuses achetées à l’église St Nicolas (ah, le joli bruit de mes pièces dans le tronc !), car ce sont des photos sépia des statues qu’elles contiennent.


1er septembre 2009


(photo Michel Hubin)

N’était-elle pas craquante la petite renarde orpheline recueillie au CHENE, que Sophie avait élevée au biberon et que j’avais eu le bonheur d’une fois tenir dans mes bras ?
Ce n’est pas A-M et J-M. Hardouin, ces photographes animaliers (http://www.naturesauvage76.com) qui me démentiront, eux qui observent et défendent la faune sauvage depuis des années.
Hélas leur paisible passion leur a valu des ennemis, parmi les quelques chasseurs enragés, hors-la-loi que compte aussi notre Pays de Caux, et dont ils ont dénoncé les braconnages. Evidemment ces chasseurs n’ont pu demeurer sur de tels affronts et emploient la méthode forte pour intimider les amis de la faune. Récit :
En mars 2006 A.M. et J.M. Hardouin surprennent deux chasseurs déposant du Temik (poison violent interdit) dans des terriers de renards. Altercation, on s’en doute. Suite à cela, nos amis reçoivent des appels téléphoniques injurieux, évidemment anonymes, et nocturnes. Dans la journée, les chasseurs préfèrent faire hurler les klaxons de leurs voitures en passant devant la maison de A.M. et J.M. Hardouin. Mais tout cela est encore quasiment innocent au regard de ce qui suit : des cadavres de volailles sont déposés devant leur porte, puis, en avril et mai 2007, ce sont des renardeaux et une renarde massacrés qu’ils trouvent devant leur portail. Choqués, ils déposent plainte, alertent les médias. FR 3 se déplace, pour un reportage télévisé où il est question d’actes de barbarie. De plus en plus furieux, les chasseurs entreprennent une campagne auprès des agriculteurs, afin que ces derniers interdisent aux Hardouin l’accès des terres où ils ont l’habitude de photographier. Dans le même temps, menaces, insultes, courriels avec photos de massacres continuent. Mais l’imagination des chasseurs ne s’arrête pas là : ils ont l’idée d’un stratagème destiné à nuire financièrement, en déposant à leur tour des plaintes, qui, à la différence de celles des Hardouin, sont basées sur de fausses accusations. Nos amis sont donc convoqués à la gendarmerie.
N’est-ce pas le monde à l’envers ?
Ils ont besoin de soutien, moral et financier.
Chers internautes, ne vous contentez pas de visiter leur site, et de leur envoyer des messages, signez également la pétition contre les pratiques abusives des chasseurs à cette adresse électronique :
http://abolition-deterrage.com
Merci pour A.M. et J.M. Hardouin, pour la faune sauvage, et pour …vous-mêmes, car nous devons tous nous sentir concernés par des actes indignes, qu’ils soient dirigés contre les animaux ou les humains. Nous faisons partie de la même planète. Nous y sommes tenus pour l’espèce la plus évoluée. Prouvons-le…



24 août 2009


Les vacances sont terminées pour mon web master, qui reprend son service en mettant à jour mes actualités de ce mois estival.
Qu’on ne cherche pas à l’identifier sur ce charmant dessin, que je conserve depuis des années (il figure d’ailleurs, encadré, dans ma salle de bain). Il est l’œuvre de Léone Berchadsky (dont j’ai bien eu du mal à lire le nom, sous le 1er personnage à droite), dont on peut trouver le site sur Internet. J’espère que cette brillante illustratrice me pardonnera de reporter ce dessin ici car cet emprunt est un hommage que je rends à son talent.


13 Août 2008

Encore une fois au château d’Etelan !
Pour un concert du :
Quatuor SOGNANDO

« Quatre jeunes mousquetaires, tous lauréats du CNSM de Paris, le Quatuor SOGNANDO a reçu le Prix du Forum de Normandie à Dieppe en 2008, très remarqué par la clarté de son exécution, la beauté du son, la palette sonore de son jeu et l’osmose qui réunit les 4 artistes »
Etaient au programme :
Wolfgang Amadeus MOZART quatuor en ré mineur K 21
Dominique PRESCHEZ quatuor nomade
Robert SCHUMANN quatuor op. 41 n° 1
Par:
Boris Rojanski 1er violon
Sylvain Favre 2ème violon
Adrien Boisseau alto
Florent Maigrot violoncelle

J’avoue qu’en matière musicale, j’ai les mêmes goûts que mon cher Cyber : la musique contemporaine m’irrite les oreilles. Même en présence du compositeur de ce quatuor nomade. Mais je suis une inconditionnelle d’Etelan. Je serais capable d’y écouter une partition pour casseroles et bidons (d’ailleurs j’ai même dansé sur une telle partition, à Badoudou, le jour où j’ai été intronisée vice-présidente des femmes de ce village de brousse, dans l’estuaire du Siné-Saloun, au Sénégal. Il doit y avoir une photo sur ce site, ou peut-être sur cet autre : http://passagedutemps.fr).
Je souffris donc en silence, entre Mozart et Schumann, qui me conviennent mieux que Dominique Preschez.
Et je profitais de ce passage au château pour y terminer ma pellicule…




… qui ne fut achevée que par un portrait d’un autre quatuor, derrière le mur du cimetière de l’église de Norville, contemporaine du château d’Etelan






12 Août 2009


Ne dirait-on pas une carte postale vantant la Normandie ? Ou la prairie de Repas de noces à Yport (voir rubrique à ce titre) abandonnée par les convives et le peintre (Albert Fourié), rendue aux vaches débonnaires ?
Ce n’est pourtant qu’une de mes photos, prise ce jour à Imbleville, où je suis en balade avec Sophie. Non : nous n’avons pas emmené sa jolie Manon (voir actualité du 5 juin), confiée à ses grands-parents, ravis de l’aubaine, et Imbleville n’est pas en bord de mer. Au mois d’août je snobe la côte et ses touristes, lui préférant l’intérieur du Pays de Caux. Imbleville est particulièrement cher à mon cœur puisque c’est dans ce village que naquit Maria Augustine Vallée, mère de mon père, qui y vécut lui-même deux années dans son enfance.
En fait, avant cette photo, nous commencons par garer notre véhicule place de la mairie (qui jouxte ce qui fut l’école de garçons, inévitablement fréquentée par mon père entre 1917 et 1919), car Sophie, qui me croit plus extravagante que je ne suis, doute qu’un hameau s’appelle Ecoute s’il pleut. Je pointe donc le doigt sur le panneau installé sur la place. Il comporte même l’étymologie de ce curieux nom, déformation d’une expression anglaise du temps que, prétendent les historiens, la Normandie était anglaise (moi je dis : du temps que l’Angleterre était normande, car c’est tout de même bien un certain Guillaume le bastard, qui envahit l’Angleterre, devenant du même coup Guillaume le Conquérant).
Ce premier point culturel éclairci, nous prenons, après un pont franchissant la Saâne, ce qui n’est qu’un sentier, fait à notre goût…


… car on y rencontre silence, vaches et buissons de mûres. On peut également y jouir d’une jolie vue sur le village


Ce sentier (de randonnée) joue à cache-cache avec la Saâne puisqu’il descend vers elle, qui se traverse par un autre petit pont, commodité succédant au passage à gué, encore emprunté par les cavaliers. Sophie est fascinée par la végétation, qui lui rappelle une étude qu’elle fit sur la flore des rivières. Après le pont, et la pépinière (fermée, je le regrette, car elle aussi mérite une visite), nouveau sentier, privé, car il ne mène qu’à un ancien moulin, transformé en habitation.


C’est à droite de ce sentier qu’est la prairie aux vaches de la photo introduisant cette actualité.
Nous reprenons notre sentier dans l’autre sens, retrouvons notre véhicule (heureusement garé à l’ombre) pour joindre le magnifique château de La Couture, où nous n’entrerons pas (mais saluerons le cygne des douves)…


… car je réserve à Sophie la surprise d’un autre petit chemin, traversant de nouveau la Saâne (pont ou gué au choix…) et qui permet une belle vue sur l’arrière du château.


Autre château, qui fut celui d’ Issac Dumont de Bostaquet, émigré contre son gré en Irlande dans les temps troublés des guerres de religion. Il termina sa vie dans cet exil, en rédigeant ses Mémoires, qui se lisent d’un trait, comme un roman d’aventures. N’allez point cependant, chers internautes, courir les librairies pour trouver cet ouvrage, qui fut publié au Mercure de France, dans la collection Mémoires retrouvées (où l’on trouvait également celles de la Palatine, cette princesse célèbre à la cour de Louis XIV, dont elle devint parente par mariage) : ce titre est, comme bien d’autres, épuisé. Tournez-vous vers les bibliothèques ou Internet.
Point de photo de ce château, nous sommes trop pressées de joindre la si jolie église de La Fontelaye

.....

… dont l’intérieur est pétrifiant de beauté, ayant gardé (ou retrouvé ?) les couleurs initiales de ses peintures et statues




Ma Sophie, éblouie, en a larmes aux yeux. Et c’est bien la meilleure récompense possible pour ce guide improvisé que j’incarne ce jour.
Nous n’omettons évidemment pas de lire les trois sentences, dont voici la première en image…


… et les deux autres, pieusement recopiées (orthographe d’époque):

Toi qui dans le lieu saint te comporte si mal
Hélas d’un œil jaloux ton juge t’y contemple
Tu le reconnoitras mais sur son tribunal
Si tu n’as scu le révérer dans son temple

Demeurez fermes et constants auprès de la croix
Et même sur la croix
Si dieu veut bien vous y mettre
Bienheureux sont les crucifiez
Car ils seront glorifiez

Il en manque une quatrième, beaucoup plus récente, sur un papier punaisé à l’extérieur :

Les visiteurs sont priés de refermer la porte
Pour empêcher les feuilles d’entrer.

Je trouvais pourtant cette formulation bien jolie, qui animait les feuilles d’une volonté, comme une résurrection du paganisme qui a bien dû être pratiqué sur ce lieu avant que le christianisme ne s’en emparât. Ce que j’aime par-dessus tout dans ces lieux habités (et celui-ci l’est aussi d’une qualité de silence extraordinaire), c’est la pérennité de l’espérance, quel(s) que soi(en)t le(s) dieu(x) qu’on y vénère. Ici et maintenant c’est surtout sainte Rita (la patronne des causes désespérées) qu’on implore, sur un petit cahier mis à disposition des visiteurs.
Derrière l’église, nous retrouvons notre fidèle Saâne, et un autre ancien moulin, avec une chute d’eau où trois enfants courageux se baignent à grand bruit. Car la Saâne, dont la source est si proche, est particulièrement froide.
La source… nous la chercherons vainement, à Varvanes. Je l’avais découverte pourtant, l’été 2002, émue encore d’un petit édifice dédié à St Sulpice. Qui me dira quelle nymphe des eaux précéda ici le saint ? Ces créatures me paraissent toujours plus aimables que tous les saints et martyrs chrétiens…

9 Août 2009


Or donc je m’en fus avec charmant seigneur Marc m’esbaudir du talent des gens du Vieux Savoir et de La Mesnie de la Licorne, qui, tout prônant savoir et grimoires anciens, ont adopté techniques nouvelles car ils ont comme moi sites internet. Le charmant seigneur Marc ne m’avoit d’ailleurs point enlevée sur beau cheval blanc mangeant belle herbe verderette, mais dans sa voiture marine roulant énergie fossile, pour notre promenade dominicale au vieux moulin de pierre de Hauville, qu’il ne connaissoit point encore, alors que j’y avois sévi maintes fois en ateliers d’écriture auprès d’escoliers (on peut retrouver ces textes en tapant à ces deux titres dans la table des titres de ce site : A l’heure de paraître, Marinette)


Guidés par un pèlerin en partance pour St Jacques de Compostelle (ainsi que l’annonçait sa coquille)…


…nous pûmes marchander onguents et tisanes (sans doute concoctés par quelque sorcière) …


…et ripailler sous les tentes…




… avant que de nous exercer à jeux divers …






Nous pérégrinons ensuite à Routot (belle église)…


et surtout à La Haye de Routot…

…où notre gourmandise espère quelque brioche juste tiède du four à pain. Las ! Elles ne sont point encore enfournées. Déçus nous en négligeons le musée du sabot, mais pénétrons dans l’enclos du cimetière pour y admirer les deux ifs millénaires, qui se sont naturellement creusés de l’intérieur. Dans ces deux creux, des homme pieux installèrent des chapelles…






…qui ne sont pas sans rappeler celles du chêne d’Allouville-Bellefosse, qui est cependant en moins bon état, car il faillit mourir, dut être étayé, demeure très surveillé (interdiction d’en cueillir feuilles et glands) …

.....

… mais fut la vedette du film Le chêne d’Allouville, avec Bernard Menez (voir rubrique à ce nom) et figure dans le beau livre Rencontres avec des arbres remarquables de Thomas Pakenham (qui ignore les ifs de La Haye de Routot, on lui pardonnera de ce qu’il est anglais !)
Sous ces ifs gigantesques, un guide bénévole attend les visiteurs, pour donner, s’ils souhaitent, des détails sur les chapelles des ifs comme sur l’église attenante (car ici, le cimetière n’a pas été expatrié loin de la maison divine). Nous l’écoutons de bonne grâce, car c’est un de ces érudits locaux, comme il s’en trouve parfois encore, auxquels suffit, pour toute planète, leur village. J’avais déjà eu ce bonheur, il y a quelques années à Vatteville-la-rue (surtout connue pour ses graffitis marins, du temps que ce village était un port de Seine), pendant les journées du patrimoine.


Notre guide nous fait d’abord tourner autour de cette église qui possède quelques raretés dans ses murs : une fente (hélas bouchée lors des travaux de restauration) qui servait, lors des grandes épidémies de peste et choléra, à donner la communion aux malades contagieux sans qu’ils se mêlassent à la population. Il y aurait eu – toujours selon notre guide – une léproserie près de ce village. J’évoque la fente semblable de l’église de Dives-sur mer


…et les traces récemment découvertes d’une léproserie, près de la chapelle St Thomas dans les bois d’Aizier

.....

… dont l’église renferme nombre de saints guérisseurs.


Le vieil homme rayonne de sentir sa passion partagée, et la visite se continue avec un jeu de questions-réponses dans lequel je ne démérite pas trop. La seconde curiosité, sur le mur du chœur, est une très ancienne sculpture, où la tradition d’allumer des cierges juste au-dessous a disparu en même temps que la pièce de ferronnerie sur laquelle on plantait ces cierges. Ils ont été remplacés par ces curieux ex-voto – essentiellement des mouchoirs, qui me font supposer avoir été abandonnés là par quelques grands enrhumés.


Point ! Les guérissons accordées par ce Précieux sang ne concernent que les cardiaques, et plus récemment les leucémiques. Ne serait-il pas plus joli d’aller suspendre des petits cœurs de feutrine, amoureusement cousus ? Je me garde d’une telle suggestion, me rappelant qu’à Aizier, l’origine d’une tradition a été détournée. Il y avait là-bas un saint guérisseur pour les enfants noués (j’avoue ne plus être certaine de la signification de ce mot. Il me semble que c’était des enfants qui ne parlaient pas alors que le dictionnaire traduit : enfants rachitiques. Mais le dictionnaire prétend aussi que l’expression date de 1718 alors que moi je la crois très antérieure. Appel aux spécialistes, s’il en est qui se penchent sur mon site). Pour obtenir la guérison il était nécessaire de nouer entre elles deux jeunes branches d’arbres. Si, un an plus tard, le nœud n’était pas défait, que les branches continuaient à vivre, l’enfant était (ou serait ?) guéri. Cette tradition s’est gauchie car ce sont à présent des amoureux qui viennent martyriser les malheureuses branches, dans l’espoir de pérenniser leur passion. Accrocher de petits cœurs derrière l’église de La Haye de Routot risquerait bien de gauchir également dans ce sens les vœux émis sous ce Précieux sang
Nous terminons notre tour extérieur en admirant une belle Pieta du XVII°, lovée dans une niche au-dessus d’une petite porte. Notre guide prétend que cette porte était très basse pour obliger ceux qui la franchissaient à s’incliner en signe de respect. Et moi j’en tiens pour une autre version : si la porte, située sur le côté, est si discrète c’est qu’il s’agit de la porte des morts. Nos ancêtres craignaient beaucoup le Diable. Et pour empêcher celui-ci d’emporter l’âme des défunts, ils avaient recours à une ruse : on faisait pénétrer le cercueil par la grande porte, devant laquelle patientait le Diable dans l’attente de la sortie de messe, moment où il s’emparerait de l’âme du défunt. Mais le Diable attendait en vain, car le cercueil était sorti de l’église par cette petite porte, promptement mis en terre. L’âme ne pouvait plus être saisie par le Malin (pas si malin que ça…) et gagnait le Paradis.
Nous entrons enfin dans l’église, dont notre guide nous fait admirer les nombreuses statues de saints, nous contant leur histoire. Il a un faible pour Sainte Barbe, sa patronne puisqu’il fut, entre autres, pompier. Mais le saint local est un certain Clair, qui finit décapité, et qu’on fête chaque année en lui allumant un grand feu, sur une pyramide de bois construite à mains d’homme (mains et épaules, car il n’est pas question d’utiliser échelles ou échafaudages pour l’élever, chaque homme montant sur les épaules du précédent). Un panneau montre quelques photos de ce feu annuel, très couru. Il nous signale encore un emblème maçonnique (que j’avais parfaitement identifié. Encore un point au jeu des question-réponses !) sur la chaire, et nous remarquons la fine dentelle de bois sur la tribune d’orgue, qui l’apparente à quelque moucharabieh oriental. Nous sommes revenus à la porte de l’église (la grande, celle des vivants !), nous quittons notre guide sur une promesse : je lui enverrai des cartes postales des beaux vitraux de la cathédrale de Rouen narrant l’histoire de Julien (saint également présent dans cette église de La Haye de Routot) car j’ai entendu un regret dans sa voix quand il nous a dit : je ne suis jamais allé à Rouen.
Nous remontons une nouvelle fois dans la voiture (après un crochet vain par le four à pain : brioche toujours pas enfournée) pour nous rendre au château d’Etelan



.....

Marc est aussi enthousiasmé que l’avait été Claude Duty quelques jours plus tôt et ne résiste pas à me photographier devant … ma photo prise ce jour où je m’étais royalement costumée. Photo que Françoise Boudier maintient toujours en bonne place, accueillant chacun de mes passages d’un Ah voilà ma reine qui étonne parfois les visiteurs, auxquels elle me désigne par cette identité usurpée dans mon 5° roman publié : je vous présente Catherine de Médicis


Et moi je ne résiste pas à une image-souvenir de notre châtelaine auprès de Marc.


Ah ! Nous serions bien restés assis là, à jouir de la beauté du paysage qui, sous la terrasse, s’étend, inchangé, jusqu’à la Seine…


Mais l’heure du retour est arrivée, même si elle n’est pas lisible au cadran solaire




6 Août 2009

J’emmène Claude Duty découvrir le château d’Etelan. Au retour il concocte une jolie vidéo sous le titre renaissances, qu’on peut voir sur son site :
http://claudeduty.typepad.fr
Pour votre plaisir, n’oubliez ni de cliquer plein écran sur le menu de cette vidéo ni de mettre le son

5 Août 2009,
juste avant le jour

Le ciel est encore gris. Non pas d’une menace de pluie ou d’orage, mais de la nuit qui s’achève. Et sur l’horizon, la frange lumineuse, qu’Homère nommait l’aurore aux doigts de rose, caressant la croupe noire d’une colline forestière, repousse doucement la masse nébuleuse. La couleur de Paradis, d’espérance, de ciel d’opéra, gagnera, comme chaque jour, sur l’obscurité, les frayeurs de la nuit. Le ciel sera lavé de sa grisaille, le blanc y triomphera, avant de céder la place au bleu, et la forêt, se dépouillant de son deuil nocturne, remettra son habit vert - verts pluriel, de toute la variété de ses essences. Le rose alors se retirera poliment, sur la pointe des pieds, comme une fée ayant, d’un geste léger, fait son oeuvre, secoué sa baguette, et nous quittant pour d’autres sortilèges.
Je suis si heureuse de contempler cela, debout devant ma porte-fenêtre. Le chat est resté dans la chambre, sur le lit où il est venu me rejoindre, après que nous ayons déjeuné, un peu avant 4 heures. C’est un chat étrange, qui ne me tient compagnie dans cette pièce du sommeil que s’il fait jour ou que si la lumière y est allumée. Quand ce n’est pas le cas, il persiste dans ses quartiers de la salle, définis par son panier, la chauffeuse devenue sa banquette personnelle, et deux cartons, où il fut précédé par des fruits et légumes, et qui n’auront qu’une vie éphémère, car il s’applique férocement à y planter ses crocs pour en faire de la charpie. Dans le plus grand des deux j’ai passé une ficelle, et je le promène dans ce véhicule improvisé, qui glisse si bien d’une pièce à l’autre. En général, je me fatigue avant lui, comme lorsque nous jouons à la balle ou à cache-cache. C’est qu’il est plus inventif, car il ne se contente pas, comme moi, de s’embusquer dans les angles des pièces ou des meubles : il complique le jeu, en ouvrant d’une patte énervée la seule porte que je tiens fermée (celle des toilettes) ; en ouvrant à peine, juste les quelques centimètres nécessaires à son corps élastique, et il m’attend là. Il sait bien que je finirai par me lasser d’être recroquevillée dans mon coin, et que j’en sortirai, disant d’une voix effrayée (quelle comédienne je peux être !) : Mais où donc est le chat ? Le chat a disparu ! J’ai perdu le chat ! Comment vais-je vivre sans le chat ? Lui, qui connaît tous ses noms (Cyber est l’officiel, Lecha en est un autre, mais je n’avouerai pas toute la série, qui achèverait de me ridiculiser), il commence à jubiler dans sa planque préférée, et se prépare à bondir, car il sait que je vais passer, dans une apparence d’innocence, devant cette porte si peu ouverte que je la croirai encore fermée, et il jaillira alors, debout, tel un fauve se jetant sur une proie. Mais il n’aura pas sorti ses griffes redoutables, et son bond sur moi pèsera d’une plume, juste un élan pour se transformer en ressort, et, de cette détente, n’être qu’un éclair entre cette porte franchie, et le couloir où il s’élancera, prenant un virage à la corde, et disparaîtra dans quelque nouvelle cachette. Je les connais toutes, aussi bien qu’il connaît les miennes (moins nombreuses : il me faut plus de place !), mais nous ne nous lassons pas du jeu quotidien. Quand je l’interromps trop tôt à son goût (le plus souvent, j’ai la graisse pesante, le souffle court) il miaule, plaintivement, et j’entends alors très bien qu’il dit : encore, encore ! Mais je triche, faisant semblant de ne pas comprendre son langage, je l’abandonne à son éphémère désespoir, retournant à mes activités humaines, parfois si étranges. Et je lis bien, dans son œil réprobateur, le fond de sa pensée : quelle engeance, tout de même, que ces bipèdes, si peu persévérants… Dégoûté, il ferme cet œil, ses deux yeux, avec leurs doubles paupières – deux précautions valent mieux qu’une – et il s’écroule sur sa banquette ou se tasse dans son panier. Je peux reprendre mon souffle, et le livre délaissé.
Celui que je viens d’achever, juste avant de contempler l’aurore, est une merveille (qui m’a embelli l’aurore, peut-être ?). Je n’avais pas eu tant de bonheur depuis ceux d’Arto Paasilinna, en avril. C'est une œuvre à quatre mains, de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, joyeusement titrée Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (l’éditeur a dû condenser car le nom exact de ce cénacle improbable est Le cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates de Guernesey). Il s’agit de correspondances entre une écrivaine, son éditeur, sa meilleure amie, son amoureux, et, le plus intéressant de l’affaire, ces îliens, inconnus d’elle, et qui suscitent assez sa curiosité pour qu’elle débarque dans leur île. Elle n’est pas déçue du voyage, et j’ai moi-même bien jubilé durant ces 391 pages. La première lettre est datée 8 janvier 1946, la dernière 17 septembre de la même année. Mais les dates sont aussi fausses que les lettres, car le livre a été écrit récemment, publié, dans son édition originale, en 2008, et, en français (ainsi qu’en d’autres langues, car son succès fut immédiat), en 2009. Mary Ann Shaffer, née en Virginie en 1934, fut bibliothécaire et libraire, avant d’écrire, tardivement, ce premier roman épistolaire, avec sa nièce Annie Barrows, auteur de livres pour enfants. L’aînée est morte en 2008, peu de temps après avoir appris qu’elle serait publiée.
Quoi que vous ayez eu projet de faire après avoir lu mes lignes, chers internautes, renoncez. Eteignez l’ordinateur, habillez-vous à la hâte si vous ne l’êtes pas, remettez à plus tard de nourrir le chat, et foncez jusqu’à une librairie pour acheter ce livre. Je ne vous autorise qu’une seule question : mais pourquoi donc, cette Simone Arese, qui fut bibliothécaire pendant 39 ans, et a commis elle-même quelques livres, n’a pas, sur ce site, une rubrique intitulée Lectures, où elle évoquerait les livres qu’elle aime ?
Réponse : je vais y songer…

26 juillet 2009

Mes bons amis Annick et Marc (qui s’étaient illustrés dans les rôles de star glamour et de producteur américain pour Little Appaloosa) m’enlevèrent dès 6 heures, ce dimanche matin, pour m’emmener en Vendée, au …

…pour voir et surtout entendre…


Nos chambres étaient réservées à l’hôtel Fontarabie, qui, construit en 1520 (dans ce qui n’était encore qu’un champ) servait de relais aux marchands basques espagnols venus à la foire de Fontenay-au-Comte pour vendre leurs balles de laine en même temps qu’échanger leurs chevaux nains contre des mulets de Vendée. L’histoire ne dit pas s’ils continuaient leur voyage jusqu’à Rouen où une forte colonie espagnole troquait également ses balles de laine contre d’autres marchandises à rapporter au pays. Il y aurait sûrement un lien à établir, une nouvelle à conter… si j’étais courageuse. Mais c’est l’été, le temps porte plutôt à l’indolence…
Cet hôtel comporte une jolie cour intérieure agrémentée d’une énorme glycine, sous laquelle nous surprend Marc :


Les mêmes, la surprise passée, buvant à la santé du photographe :


Dur, dur de grimper les rues vers le château, après l’excellent déjeuner. On y rencontre de jolies maisons…


une église …


et la tour Rivalland…


Construite en béton (matériau alors nouveau) en 1880, cette tour octogonale fut édifiée par un riche franc-maçon, qui lui donna son nom. Il souhaitait que la flèche de l’église Notre-Dame ne fut pas le seul monument dominant le ciel de Fontenay. Il couronna l’édifice de ce qui peut paraître une coupole mais qui était une cage de Faraday.
Actuellement, sans doute pour s’aligner sur l’esprit novateur du sieur Rivalland, le FRAC régional a sévi en posant une œuvre le long de cette tour. Nous nous sommes fait préciser la chose car, supposant la tour en travaux, nous avions pris cette superposition de poubelles colorées pour un commode tunnel à gravats…
Enfin, nous atteignons le château de Terre Neuve, que nous souhaitons visiter avant le spectacle. Première photo devant un charmant escalier sous la terrasse


Ce château, classé monument historique, fut construit par l’architecte Morisson, en 1580, pour Nicolas Rapin, poète, grand prévôt de la Connetablie de France et compagnon du roi Henri IV.
Au XIX° siècle, devenu propriété de Octave de Rochebrune, il fut enrichi de quelques éléments prélevés aux châteaux de Chambord et de Coulonges-les-Royaux. Cet Octave de Rochebrune (1824-1900) fut un célèbre aquafortiste (il n’en fit pas moins de… 492, parmi lesquelles nous avons retrouvé avec bonheur notre célèbre Fierte St Romain rouennaise).
Les photos étant interdites à l’intérieur, il faudra, chers internautes, vous contenter de celles prises en extérieur.


Plus ancien : un sarcophage mérovingien, dont l’ancien occupant, hante peut-être le parc :


et, bien vivants, ces petits chevaux, dont je me suis demandé s’ils descendaient de ceux vendus par les Basques de Fontarabie au XVI° siècle :


La fatigue de la promenade et de la visite commence à se faire sentir. J’aurais bien emprunté cette jolie monture


… pour retourner au cœur de la ville, où nous visitons l’église Notre Dame, édifiée à partir de 1423 et qui ne fut terminée que dans le premier quart du XVI° siècle (à une époque où Rabelais vivait à Fontenay-le-Comte). Mais à peine était-elle achevée qu’il fallut en partie la reconstruire. Puis elle fut dévastée, pillée, incendiée pendants diverses guerres, fermée au culte, rouverte au culte. De nouveaux travaux durèrent jusqu’en … 1952.
L’angélus du soir sonne quand nous la visitons, et la crypte du XI° siècle nous rafraîchit agréablement, car sur le parvis ensoleillé, face au musée que nous n’aurons plus le temps de visiter hélas, la température est encore de … 36°. Les petites laines de nos valises seront inutiles pour le spectacle du soir, auquel nous nous rendons, après de nouvelles agapes sous la glycine de notre hôtel. La nuit n’est pas encore venue mais notre Philippe est déjà sur scène


Et une dernière surprise nous attend après ce spectacle (applaudi debout !), sous forme de carton d’invitation, pour boire du champagne dans la cour intérieure du château. Nous immortalisons le moment avec Philippe




Grand merci aux artistes pour leur talent (et le cuisinier-pâtissier de l’hôtel Fontarabie peut être inclus dans les artistes !), ainsi qu’à Marc Prieur pour avoir assuré au volant de sa voiture et à l’illustration de cette actualité (car j’avais bien, moi aussi, mon appareil photo, mais … vide de pellicule ! Honte à moi !)


23 juillet 2009

Christian Moullec (voir rubrique à ce nom sur ce site) a les honneurs du J.T. de la mi-journée sur TF1 aujourd’hui, pendant le feuilleton hebdomadaire concernant les voyages en montgolfière, plaisante manière de découvrir nos belles régions de France. Au message me signalant ce passage, il avait joint quelques-unes de ces très belles photos dont il a le secret (et dont un agrandissement, qu’il m’avait offert, dédicacé, et dont j’avais cru bon d’orner l’escalier de mon immeuble à été détruit par un(e) des habitant(e) de cet immeuble. Comme quoi les messages des amis de la nature ne sont pas toujours bien appréciés comme il se devrait !)





Et pour en rester aux amis de la nature, Gérard Gautier, autre grand veilleur ailé, a eu la joie de découvrir récemment qu’une des femelles phoques recueillies par le CHENE et remise dans son élément naturel il y a déjà un moment a eu un petit, preuve de sa bonne réintégration dans le groupe dont elle était originaire.


Merci à Christian et Gérard pour leur excellent travail


3-31 juillet 2009

Actualité théâtrale… en déplacement :

La Pie Rouge, qui a présenté avec succès sa nouvelle pièce à la chapelle St Louis de Rouen (voir actualité du 26 mai/7 juin) récidive, au Moulin d’Andé (Eure) les 3 et 4 juillet, à 20h. Les places étant limitées, la réservation est indispensable au 02 32 59 42 69

Quant à Marie-Christine Garay, qui a présenté, avec beaucoup de succès, et en de multiples lieux, Odalo, elle prend ses quartiers d’été à Avignon




2 juillet 2009

Actualité cinématographique
Il faut défendre le cinéma indépendant, dont Le Melville est, à Rouen, un des plus beaux fleurons.
N’hésitez donc pas à signer la pétition que l’association Le Deuxième Souffle a créé sur ce lien :
http://www.mesopinions.com/detail-petition.php?ID_PETITION=d0a76f0e209a1380a766de06553c5dc0


20 juin 2009

ENFIN : la première de Little Appaloosa !
Au cinéma de Houlgate, où nous sommes accueillis pour la 2° fois, puisque nous y avions tourné une des scènes de ce court-métrage, en septembre 2008.
Mais le soleil qu’on nous avait promis n’est pas au rendez-vous. Il fait bien froid sur cette terrasse où nous espérions installer notre petit buffet-post projection
..

..


Nous avons heureusement un autre soleil…


…le sourire d’Annie-Claude Ferrando

Allez, on rentre, c’est l’heure…

..

Jolie caisse à l’ancienne

....

Public et membres de Lafine & Kipe s’installent


Simone Arese et Pascal Sanchez
(sans la vraie vedette du film : le poney Kawa)



Philippe Davenet
(à l’affiche à 2 titres :
Dans le rôle du directeur du festival Off court de Trouville, et prêtant sa voix à Kawa)

Réalisateur et scénariste-dialoguiste présentent le film


Claude Duty et Simone Arese

C’est parti !


Et puisque le soleil nous a boudés, notre petit buffet est installé sous les feux de la rampe !




Discutant avec Pascal Sanchez : Chantal Baudoin (rôle de la serveuse du bar) et Gérard Gros,
qui nous accueillirent sur leur terrasse des Hauts Poiriers, pour une scène du film en octobre 2008



En couleurs lumineuses : Geneviève Seminel, ma si serviable voisine


Derrière les belles bacchantes de Guy Faucon (théâtre de la Pie Rouge)
Simone Arese discutant avec Samuel Prat (directeur du Festival Off Court de Trouville)



La Reine des Elégances :
Véronique Beneteau,
accompagnée de Jacques Beneteau
(à l’élégance plus … ironique !)



Le spécialiste du Cerdon, vérifiant si la cuvée est bonne


Incroyable : le soleil est apparu !


Marc Prieur (alias Harry Bronxwater dans notre film),
A Guy Faucon :
- Tu tournes à l’église, tu prends à gauche, puis à droite où il y a la cabine téléphonique, et tu arrives


… au barbecue…


chez Annick Vasse-Delauney (notre star glamour April Verdura),
en position de départ pour les salades, avec du renfort familial

Certains cherchent déjà l’ombre…


D’autres préfèrent le soleil


Sous le chapeau : Marie-Christine Garray (théâtre de l’Echarde)

Mais nous sommes tous heureux

..

..

..

Il y a même un anniversaire à souhaiter…

..
que Sylvie Habault (théâtre de La Pie rouge) immortalise avec la célèbre petite caméra de Claude Duty

Et Marc Prieur, toujours généreux, offre le chapeau de son rôle d’Harry Bronxwater à celui qui vient de souffler les bougies


Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette fête, en particulier Richard Patry, qui nous a accueilli dans son cinéma, ainsi qu’à Annick et Marc, nos hôtes du barbecue
Les photos de ce reportage sont de Annie-Claude Ferrando, Gérard Gros, Jean-Pierre Seminel et Marc Prieur (décidément partout : sur l’écran, aux cartes routières, à la grillade des merguez et à l’appareil numérique !). Qu’ils soient également remerciés.




19 juin 2009

A dire vrai, c’est une actualité intemporelle. C’est en toutes saisons que nous devrions faire attention…

Coucou à tous les automobilistes !
Je suis juste là pour vous rappeler de faire bien attention sur la route
car c'est la période des bébés hérisson !




Ce serait dommage d’écraser ça ! Non ???

11 juin 2009



Oui, oui : il y a de l’anniversaire dans l’air ! Mais il n’y a pas besoin de tant de bougies, deux suffiraient pour marquer la naissance de ce site.
En sa première année d’existence, il eut 2440 visiteurs.
Et pour la seconde 3509.
Ces internautes se sont connectés à partir d’une cinquantaine de pays, dont, essentiellement la France et les pays francophones (Canada en tête).
Alors, à mes lecteurs de tous ces pays :
MERCI !



10 juin 2009


Joli, n’est-ce pas, ce tableautin (22 cm/16 cm.) ?
Son acquisition, assez étrange, est à l’origine d’un texte, que je ne savais pas bien classer : récit autobiographique, nouvelle ?
Balançant entre l’un et l’autre, je choisis finalement de vous le proposer dans la rubrique nouvelles.
Pour le lire, il suffira d’aller à la table des titres pour y cliquer sur Pointe du Vent.
Cette pointe du vent (qui devrait s’écrire van semble-t-il car le nom daterait d’une époque où l’orthographe n’était pas fixé) est située dans le Finistère. Avec sa grande sœur la Pointe du Raz, elle enserre la Baie des Trépassés, qui dut faire frémir plus d’un marin.


7 juin 2009

Fête des mères, invention pétainiste, ensuite relayée par le commerce…
Encore un rite à supprimer donc…
Non que je sois pour supprimer tous les rites. Mais nous pourrions faire un peu preuve d’imagination, pour en inventer de nouveaux…
En hommage cependant, à ma mère que j’ai tant aimée, une photo d’elle, dans toute sa beauté d’après-guerre.
Oui, oui : c’est bien moi à côté d’elle.
Cette photo est de celles qu’on trouvera sur mon site tout neuf Passage du temps (voir actualité du 5 juin)




6 juin 2009

65° anniversaire du débarquement en Normandie. Le monde entier a vu, comme moi, les images télévisées de cet événement.
J’ajoute quelques photos personnelles, prises dans la ville de Caen en avril 2004…


.
.

… ainsi que la photo d’un cimetière militaire proche (non, ce n’est pas celui de Colleville, américain. Je crois me souvenir que c’est le cimetière britannique)


Tout cela est très beau, très lisse. On a du mal à imaginer ce que fut cette bataille de Normandie. Je n’ai pas de photo de Caen à ce moment-là. Mais en voici une de Rouen, où les bombardements, destinés à détruire les ponts, avaient écrasé toutes les maisons de la Seine à la cathédrale (qui fut elle-même touchée, en porta un temps les stigmates, comme le rappellent quelques photos à l’intérieur du bâtiment)




05 juin 2009

De même que j’aurais pu titrer l’actualité de 17-18 mai :
Cerdon et Kibitka
(sur le modèle de mon conte Agapanthe et Coquecigrue),
je pourrais titrer celle d’aujourd’hui :
Carnet rose

J’ai en effet deux naissances à vous annoncer.
Vous vous souviendrez peut-être de la maman des phoques, hérissons et autres orphelins du CHENE, que des journalistes vinrent souvent photographier, et dont Pompon, le talentueux illustrateur de la Feuille du CHENE fit un portrait certes moins réaliste que les photographes, mais tellement plus exact :


Hé bien cette jeune et jolie personne, qui ne croyait jamais que materner des exemplaires à plumes ou à poils, enfants de l’air, de l’eau, des talus et terriers, hé bien Sophie a mis au monde (au monde qui va si mal, ce pourquoi elle hésita longtemps à participer à la surpopulation de notre planète, cause de tous les maux) une petite Manon, le 21 avril, qui n’a ni plumes ni poils, ni pattes griffues ou palmées, bref : une enfant de femme et d’homme.


Ayant justifié le proverbe : qui se ressemble s’assemble, l’heureux papa est un ancien bénévole du CHENE. Voici une photo où ils figurent ensemble, un jour où ils relâchaient un phoque à la mer (Sophie à l’arrière droite de la caisse son futur compagnon à l’avant gauche)


Quant à moi, qui ne croyais qu’ accoucher de livres et ne materner que des chats, dont le dernier fut le brillant chroniqueur du CHENE de novembre 2004 à juin 2006 (on peut retrouver ses textes sur ce site, à la rubrique Cybers’s chroniques), hé bien moi je peux vous annoncer la naissance de mon troisième site, intitulé Passage du temps, à présent en ligne. Le premier présentait mes œuvres littéraires, le second (http://simone.arese.free.fr) les critiques suscitées par ces œuvres, le troisième (http://passagedutemps.fr) a été constitué à partir de ma collection de photos et illustrations diverses : j’en ai choisi … 430, que j’ai commentées. C’est une manière un peu particulière d’écrire mon autobiographie.
J’ai donc à présent de nombreux enfants de papier et 4 enfants de toile (on n’arrête pas le progrès !), car il ne faut pas oublier mon site (antérieur aux 3 cités) consacré à Albert Parissot et au parc portant son nom : http://parissot.com
Bonnes lectures…
Une photo de Manon dans les bras de sa maman, peut-être, pour terminer ce Carnet rose ?


Et pour faire bonne mesure avec les bébés, je vous offre toute une nursery : moi-même…


… et quelques-uns des précédents bébés de Sophie (que je remercie de m’avoir permis de présenter ses photos personnelles sur mon site) :

















3 juin 2009


Mon web-master était en vacances depuis le 7 mai, comme en témoigne la carte postale qu’il m’a envoyée. Le voici rentré. Toute mon actualité de son absence est donc mise en ligne d’un seul coup, ci-dessous


30-31 mai-1er juin 2009

Enfin du soleil!


Trois jours de suite ! Cela tient du miracle, en Normandie !
Et comme ce week-end prolongé est une fête religieuse, je vous offre une photo de circonstance : moi en aube immaculée, tenant mon missel doré sur tranche ! Ce 1er juin est d’ailleurs l’anniversaire de ma communion (1958), et de mon baptême (1947)


Que ces photos vous donnent un avant-goût de mon site Passage du temps bientôt mis en ligne


26 mai-7 juin 2009

Je suis une fidèle des spectacles de La pie rouge (qui n’est pas une variété de pie, mais une variété de … vache, normande). Le 1er spectacle que je vis de cette compagnie (qui existe depuis 40 ans) était intitulé Plein feu sur Jeanne d’Arc : miracle rock. C’était exactement il y a 30 ans (j’y fais une allusion dans mon texte Fêtes Jeanne d’Arc, à la rubrique Rouen). Et le dernier en date était, jusqu’à hier : Potlach, le massacre des Troyennes (voir ma critique à ce titre, rubrique théâtre - je rappelle au passage que pour trouver rapidement un de mes textes sur ce site, il suffit d’aller cliquer sur son titre dans la table des titres). Mais hier j’en vis un nouveau : Voyage de noces (dont on trouvera ma critique à la rubrique théâtre)



17-18 mai 2009

Selon une tradition établie depuis quelques années, je fête mon anniversaire chez des amis, pas toujours les mêmes, mais possédant de préférence un jardin, où nous espérons, incurablement optimistes, déjeuner au soleil. Cet espoir est parfois déçu, et c’est alors au cœur de la maison qu’ont lieu les agapes. Ce fut le cas cette année, et le fait d’être à l’intérieur nous réserva une surprise. Un inconnu frappa à la porte (vitrée, la maison est l’ancien café épicerie de ce petit village cauchois). Déjà, un inconnu, à pied dans la rue, à l’heure sacrée de l’apéritif dominical, c’était incongru. Je m’exclamais, mise en joie par le Cerdon (ce délicieux vin pétillant, peu connu, fabriqué dans les vignobles du Bugey): Ciel, un prince charmant ! On lui ouvrit, s’enquit de ce qu’il voulait. Il répondit en tendant un petit papier, où il se présentait, en anglais : étudiant polonais, en vacances en France, vendant quelques dessins ! L’incongru tournait à l’exceptionnel. Notre hôte fit entrer le grand jeune homme timide, qui tira d’un sac plastique les dessins en question (tirages photographiques de dessins en fait). Le maître de maison les regarda un à un, les fit circuler, tandis que les questions fusaient, dans nos anglais plus ou moins approximatifs. Nous n’apprîmes pas grand-chose. Il restait encore de ce Cerdon (rose, pour voir la vie sous cette couleur) j’ en offris un verre à notre visiteur, révélant que c’était mon anniversaire, mon … 25° anniversaire, précisais-je, histoire de le détendre d’une boutade. Il s’assit, but, son sac plastique toujours près de lui. Le maître de maison, qui avait choisi d’acheter un dessin de paysage (15 euros) décida qu’il m’en offrait un également, ce qui suscita quelque pagaille, car les invités proposèrent de partager ce cadeau supplémentaire (j’avais déjà eu des verres, des livres, une souris d’ordinateur en forme de… grenouille, dont on m’avait assurée qu’elle se transformerait en prince charmant si je l’embrassais) car ils durent ouvrir les sacs à mains ou porte-monnaie, parfois restés dans les voitures. Je passais en revue les paysages, les nombreux chats, chien et même sirène, arrêtant mon choix sur un paysage présentant, au premier plan, une kibitka.


Je prononçais le mot, interrogative, en direction du visiteur, qui hocha la tête, et je précisais à mes hôtes et invités qu’il s’agissait d’un mot russe. L’une des amis exprima l’incrédulité générale : elle nous ferait croire qu’elle parle russe, maintenant ! Je remis à plus tard de les convaincre de ma science, texte à l’appui, tandis que notre dessinateur retournait dans la rue, pour frapper à d’autres portes. Il n’y avait plus de Cerdon, nous passâmes à table (décorée par mes soins d’un bouquet du jardin).


Après cet apéritif et les deux entrées (dont ce foie gras de lotte, œuvre d’Annie-Claude Ferrando)…


… les pintades, qui avaient passé deux heures au four, furent vraiment bien cuites. Vins d’exceptions, fromages faits à cœur, gâteau planté de … 3 bougies (non que j’eusse encore rajeuni depuis le Cerdon, mais qu’il y eût 3 anniversaires à souhaiter).


Au café, il était quasi 18h. Nous n’avions pas oublié l’étonnant visiteur, il divisait même l’opinion, notre hôte et moi-même tenant à ne pas mettre en doute son image d’étudiant en vacances, son épouse et nos invités plus partagés : ne faisait-il pas partie d’un réseau ? Mais d’un réseau de quoi ? Encore sous l’effet du film Welcome


… j’avançais que, peut-être, il s’agissait d’un clandestin, essayant de gagner l’argent destiné à son passeur pour l’Angleterre.
Les invités partirent. Je suivis, un peu plus tard. Rentrée chez moi, je retournais à mes textes, retrouvant celui où, évoquant un livre de Pouchkine (La fille du capitaine) j’avais cité ce mot : kibitka. On allait voir si je ne parlais pas russe !
Je promenais aussi le dessin offert sur mes murs, pour voir où je l’encadrerais. Mes murs affichent complet depuis un moment déjà.
Je finis par me coucher, dormir, et, au réveil, comme d’habitude, je servis d’abord le déjeuner du chat, puis, tandis que ma cafetière mettait sa jolie rumeur chuintante dans la cuisine, je sacrifiais au second rituel matinal : ouvrir mon ordinateur, pour voir combien de visiteurs avait eu ce site la veille, et de quels pays ils étaient originaires. Le gros des troupes est toujours français ou de pays francophones. Stupeur : j’avais eu un visiteur polonais ! Je pris cela comme une preuve : le vendeur de dessins n’était pas plus étudiant que membre d’un mystérieux réseau ou clandestin en transit. C’était bel et bien un prince charmant , victime d’un sortilège que le Cerdon, ce breuvage magique, avait désensorcelé. Il avait pu rentrer dans son pays, grâce à sa kibitka volante, et nous envoyait ce petit signe de remerciement par ordinateur interposé. Je fis part de cette interprétation à mes hôtes et amis, qui n’ont pas commenté.
Et pourtant, n’est-ce pas le seul refuge encore possible contre la dure réalité du monde: l’imaginaire des contes, des fictions ? Car, pour en terminer sur cet émouvant plaidoyer qu’est Welcome, si l’inconnu ayant erré, hier, dans ce village cauchois, était un clandestin, mes hôtes, mes invités et moi-même sommes devenus hors-la-loi : nous l’avons laissé entrer, nous lui avons servi un verre, nous lui avons donné de l’argent. Nous devrions être condamnés à cinq ans de prison !
Je vous laisse à vos réflexions, chers internautes…
Et si vous souhaitez lire mon texte évoquant Pouchkine il faudra vous rendre sur mon nouveau site Passage du temps, qui sera mis en ligne prochainement.
En attendant, vous pouvez toujours vous divertir avec La méprise, sur ce site-ci, une nouvelle qui m’a été inspirée par un geste de sollicitude, qu’eut, déjà, la maîtresse de maison, il y a des années : offrir un café à un routier entré chez elle par habitude car il ignorait que ce commerce était devenu une maison particulière.
Bien sûr, j’ai, dans cette nouvelle, beaucoup extrapolé. L’imagination, vous dis-je…


16 mai 2009

D’abord, vagabonder (je suis connue pour ne jamais prendre les routes les plus directes, mais leur préférer les départementales, communales, vicinales), pour le plaisir des yeux …


… qui précédera le plaisir des oreilles :



Et comme, malgré mon chemin des écoliers, je suis tout de même en avance, à ce château d’Etelan que je fréquente depuis plus de 30 ans, muser encore, découvrir une petite porte jamais approchée, dans l’ancien mur d’enceinte…


… descendre au jardin sous la terrasse :




9 mai 2009

Invitation à un concert privé, chez une amie de Philippe Davenet. Il est évidemment au piano, accompagné par une cantatrice (euh… je ne suis pas certaine d’avoir bien formulé la chose : n’est-ce pas le pianiste qui accompagne la cantatrice et non pas l’inverse ?) et un violoniste, quand ce n’est pas, pour des textes, par un comédien.
.. ....
photos de Yves Habas

Bref : 45 minutes de pur bonheur pour le public.


Notre hôtesse embrassant le pianiste.


D’autres plaisirs suivirent ceux destinés à l’oreille, car la maîtresse de maison s’était également distinguée au … piano (celui de sa cuisine), pour un magnifique buffet commençant au champagne.


Nous en revînmes pourtant un moment aux plaisirs de l’oreille, car, de manière impromptue, un des invités, s’accompagnant au luth, nous chantera les psaumes 124 et 90 (en hébreu puis en français, dans sa propre traduction)


Il faisait assez beau pour que nous puissions passer de la maison au jardin

..

Et puisque j’évoquais le jardin, le voici, en partie, car il est si grand que c’est plutôt un parc, planté d’essences rares.


photos Marc Prieur


28 avril 2009

De nouvelles photos du parc Parissot restauré (voir actualité du 17 avril 2009 pour les documents précédents, ou le site http ://parissot.free.fr si votre curiosité vous pousse plus loin)

..
..

Ces photos sont l’œuvre (et la propriété) de Daniel Hervé, web-master du site Parissot, que j’ai conçu avec lui en 2004


27 avril 2009

Je reçois ce matin un courriel que je m’empresse de porter à la connaissance de mes fidèles internautes :
A 80 ans, Pierre Etaix, clown, dessinateur et cinéaste ne peut plus montrer ses films !
Ses 5 longs-métrages (dont 4 co-écrits avec Jean-Claude Carrière) sont aujourd’hui totalement invisibles, victimes d’un imbroglio juridique scandaleux privant les auteurs de leurs droits, et interdisant toute diffusion (même gratuite) de leurs films.
Alors si vous souhaitez comprendre les raisons de ce rapt culturel cliquez sur :
http://sites.google.com/site/petitionetaix
Vous y trouverez une pétition à signer, avant le 10 mai, date à laquelle elle sera remise à madame Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication.

26 avril 2008

D’ultimes photos du festival de cinéma nordique 2009, dues au cinéphile Pierrot Beltante, que je remercie vivement

..

On aura reconnu, à mes côtés, Claude Duty


25 avril 2009

Vous souvenez-vous des pochettes-surprises de votre enfance, chez le boulanger ? Un gros paquet de papier coloré, en forme de chapeau de fée, dans lequel on trouvait quelques rares friandises (rares par rapport à la taille du paquet), bonbons à l’aspect guimauve, en beaucoup plus dur, de ce pur sucre qui ferait bondir les nutritionnistes d’aujourd’hui ; bonbons d’abord négligés car l’important, c’était la surprise, la babiole, le jouet miniature…
Et bien nos nouveaux confiseurs Dame Lagarde et son suzerain Sarko 1er viennent d’en concevoir une version plus contemporaine: dans la pochette prime à la casse, la babiole, le jouet miniature, c’est la vignette automobile, ressuscitée sans doute pour les nostalgiques des impôts défunts.
J’ai appris cela de source bien informée, comme on verra ci-dessous.
Automobilistes mes sœurs, mes frères, que vous ayez une vieille voiture comme la mienne (bientôt 110 000 km ; à classer dans la catégorie des polluantes donc?) ou une jeunesse dont tous les chromes rutilent, éblouissent vos voisins, avant de mettre votre bulletin dans l’urne des prochaines élections européennes, méditez…



23 avril 2009

On me communique ce texte d’Eva Joly, que j’ai eu le bonheur d’écouter récemment (voir ma rubrique cinéma, festival cinéma nordique 2009). Je m’empresse de le rapporter ci-dessous :

Supprimer le juge d’instruction ?
Le « coup de gueule » d’Eva JOLY Ancienne magistrate


Monsieur le président,
Supprimer le juge d'instruction ne constitue pas une simple réforme de notre système pénal, mais porte atteinte au plus haut de nos principes, celui de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir politique.
Votre discours ne mentionne aucune garantie d'indépendance pour les enquêtes.Ce silence, dans un domaine qui constitutionnellement vous échoie, porte la marque du stratagème politique.
Mais le verbe haut et toute la rhétorique du monde ne suffiront pas pour convaincre les Français qu'un parquet soumis aux instructions du ministre constitue une meilleure garantie pour le justiciable qu'un juge indépendant.
Vous affirmez que notre pays est marqué par une tradition de "rivalité" entre le politique et le judiciaire.La rivalité n'est pas du côté des juges, elle est le fruit de la peur des politiques.Vous pensez que la légitimité politique prime sur tous les pouvoirs. Or c'est précisément pour contenir le désir de toute-puissance qui s'empare naturellement des gouvernants que les Lumières ont forgé le concept de séparation des pouvoirs.br>John Locke l'a observé justement : "C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites."
Il ne fait pas bon en France incarner une de ces limites. Plus d'un magistrat en France peut en témoigner.
Qui peut encore croire que le juge d'instruction est "l'homme le plus puissant de France"
Certainement pas vous, Monsieur le président. L'homme le plus puissant de France, c'est vous.Vous avez le pouvoir de faire saisir un tribunal arbitral qui attribue 285 millions d'euros à un de vos soutiens. Vous avez le pouvoir de déguiser une grâce individuelle à un préfet dévoyé en grâce collective.

LE SPECTACLE DE L'IMPUNITÉ
A de rares exceptions, en matière financière, il n'y a plus que des enquêtes préliminaires, et des dossiers bouclés dorment dans les tiroirs.
La liste des enquêtes non effectuées est impressionnante : les soupçons de corruption à l'encontre de Christian Poncelet, ex-président du Sénat ; les flux financiers allégués de Jacques Chirac au Japon ; les fortunes apparemment mal acquises des présidents africains placées en France ; le rôle supposé de la BNP Paribas dans les montages corrupteurs au Congo-Brazzaville et Congo-Kinshasa.
La justice aurait dû enquêter pour crever l'abcès.
Elle ne l'a pas fait, laissant se répandre le poison du soupçon et le spectacle de l'impunité.
Une justice dépendante, c'est une justice qui n'ouvre pas d'enquête lorsque les faits déplaisent au pouvoir.
Rappelez-vous du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Il n'y eut jamais aucune enquête ! Aucune condamnation ! Parce que le parquet ne le jugea pas opportun. Est-ce cette face-là de la justice qu'il faut faire ressortir au XXIe siècle ?
Le juge d'instruction est le fruit de notre histoire. Il n'existe pas ou a disparu en dehors de nos frontières. Il peut évidemment être supprimé, mais à condition que sa disparition entraîne davantage de démocratie et non davantage d'arbitraire.
Peu importe qui mène les enquêtes pourvu que les magistrats soient préservés des pressions ; pourvu que les investigations puissent être conduites, ne soient pas étouffées dans l'œuf.
Vous voulez confier les enquêtes au parquet ?
Cela se peut, mais il faut alors rendre le parquet indépendant de votre pouvoir, ce qui, vous en conviendrez, n'a guère été votre choix.
Les contempteurs des juges d'instruction affirment qu'il est impossible d'instruire à charge et à décharge. Si le parquet enquête, il héritera du même dilemme. A moins que vous n'ayez l'intention d'accorder aux avocats un pouvoir d'enquête. Non seulement la justice sera aux ordres, mais elle deviendra inégalitaire, à l'image de la justice américaine.
En somme, vous aurez pris le pire des deux systèmes : l'arbitraire et l'inégalité.
Face à un projet qui foule aux pieds l'idéal de 1789 d'égalité des citoyens devant la loi, face à une réforme qui risque de transformer notre pays en République oligarchique, à la solde de quelques-uns, j'appelle les Françaises et les Français épris de justice à la mobilisation contre votre projet.
Eva Joly, ancienne magistrate


18 avril 2009

Il y eut d’abord, dans ma boîte aux lettres, ce délicieux faire-part (dessiné par le futur marié) :


Ce 18 avril, sous une pluie battante, les fiancés arrivèrent dans leur superbe voiture (restaurée par le futur marié également, qui a tous les talents).


Les invités s’étaient déjà entassés comme ils pouvaient dans la salle de la mairie d’Allouville-Bellefosse, devenue trop petite pour les abriter tous.
La maire fit un fort joli discours, qui tira beaucoup de rires à l’assemblée car elle contait quelques aventures farfelues de Jean-Pierre Jacques, surtout connu pour être le fondateur du CHENE (Centre d'Hébergement et d'Etude de la Nature et l'Environnement, voir ma rubrique animaux du CHENE), qui a pris une retraite méritée en 2005…
On peut être retraité, grand-père cinq fois et avoir encore un cœur de jeune homme, qui s’emballe pour une charmante blonde…


… une belle leçon d’optimisme, en ces temps obscurs où les angoisses de l’avenir roulent leur tonnerre sur nos têtes !

17 avril 2009

Une actualité où je vais un peu remonter le temps : en 2003/2004, désespérés par l’état du Parc Parissot, Daniel Hervé, (habitant Beaumontel, où se trouve ce Parc) et moi-même (qui ai tellementt hanté cet endroit dans mon enfance) constituons un site internet dans l’espoir de réveiller les consciences des autorités laissant ce parc dans un si pitoyable état, et réhabiliter ce personnage injustement oublié lui ayant donné son nom.
Ce site comporte un livre d’or, dont j’extrais deux messages de Maxime Depierre (25 ans) :
En date du 11 octobre 2008 :
Les dernières lignes de votre site m’ont particulièrement touché, je suis amoureux de cet endroit. Avec mon meilleur ami nous allons même jusqu’à dire qu’il est le plus bel endroit du monde… Des tonnes de souvenirs y sont entassés et les odeurs de chacune de ces allées ancrées au fond de mon cœur, d’ailleurs j’ai encore fait une petite balade nocturne samedi soir. Je suis tout comme vous attristé par les différentes dégradations, en particulier celle du kiosque, j’aimerais qu’il retrouve sa splendeur d’antan. Ma mère habitant toujours là-bas j’ai la chance de pouvoir encore profiter de cet endroit lors de mes visites.
Je participe en ramassant les papiers, cannettes, bouteilles qui peuvent traîner un peu partout. Si vous comptez mener des actions pour cette forêt, j’aimerais, s’il vous plaît pouvoir vous aider, j’espère qu’à la lecture de ces lignes vous comprendrez mon attachement à ce petit bout de paradis et je serais heureux de le voir resplendissant pour la mémoire de monsieur Parissot.
A bientôt et encore félicitations pour toutes les photos se trouvant sur le site (je ne connaissais pas ce centaure).
En date du 25 février 2009 :
Je suis heureux !!! oui d’un bonheur inexplicable pour les gens qui ne connaissent pas ou qui n
’ont pas vécu sur ces terres accueillantes du Parc Parissot. Alors je vous raconte : ce soir, rentré tôt de mon travail, j’ai décidé d’une petit balade dans mes bois (oui : je suis assez possessif avec le parc Parissot : c’est à moi, ça fait 25 ans que j’y traîne mes baskets) ; déjà, sur le stade je vois 2 biches, ce qui est assez rare, je passe devant l’obélisque de ce bon monsieur Parissot en lui faisant un p’tit salut amical. Et, de loin, je vois une couleur rouge, comme une toiture récente, et me disant que les maisons sont quand même loin, je continue vers le kiosque sans trop réfléchir. Et là je découvre que les arbres proches de ce kiosque ont été abattus, et là, deuxième stupeur, bonheur, joie, sourire jusqu’aux oreilles : un panneau indiquant : rénovation !!! La toiture a été refaite !!! Il a fière allure, ce brave kiosque, même si pour le moment c’est encore un chantier interdit au public. Mais en voyant ça, j’étais submergé de bonheur, de joie, comme un gamin découvrant ses cadeaux le soir de Noël. J’ai pris cette photo avec mon téléphone portable


Je retournerai plus que régulièrement au Parc, croyez-moi, pour en prendre d’autres et voir l’avancée des réparations…
On devinera comme je suis-moi-même heureuse qu’ENFIN cette restauration soit entreprise, car lorsque j’avais emmené Claude Duty et Philippe Davenet découvrir cet endroit, en août 2008, rien n’était commencé. Et je désespérais que quelque chose soit jamais entrepris…
Cher Maxime Depierre, je compte sur vous pour surveiller ça de près et nous tenir au courant…
Quant à vous, fidèles internautes de mon site Ecrire c’est vivre multiple (des statistiques figureront ici le mois prochain, pour le second anniversaire de ce site), je compte que vous alliez visiter, au moins virtuellement, ce lieu qui nous est cher. Il vous suffira de taper http://parissot.free.fr

13 avril 2009

Il m'arrive souvent d'être insomniaque. Et si ce n'est moi c'est mon chat, à présent réveillé par les premiers chants d'oiseaux. Alors, dans l'ordre, je lui sers son déjeuner, puis prépare le mien, et, tandis que le café passe, j'ouvre mon ordinateur, pour voir quelle a été la fréquentation de mes sites la veille, et si quelque ami(e) également insomniaque m'aura laissé un message. J'en avais un très joli, cet avant-aube, en forme d'injonction à cliquez sur: http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=2539741

1er avril 2009

Dernière image d’un film du festival nordique 2009 (qui s’est achevé le 29 mars ; tous mes commentaires en fin de rubrique cinéma) ?


Copyright Denis Perret

Non : un somptueux coucher de soleil dans cette région de la Dombes qui m’est chère. A chacun son Jutland…

4 avril 2009
JOURNEE SANS ACHAT(S)
CHICHE ?......
Comme le dit le cinéaste engagé Gilles Perret, c'est un geste citoyen que de poser des actes de résistance, nous en avons si rarement l'occasion...

SAMEDI 4 AVRIL 2009. journée SANS ACHAT(S)!

D'autres pays l'ont déjà fait. Et ils ont réussi à faire baisser le prix des pâtes alimentaires pour l'Italie. Deux jours de grève d'achats ont suffi pour faire reculer l'énorme augmentation du prix des pâtes. Même action au Liban pour le prix du pain : le lendemain de la grève d'achats le prix du pain reprenait son ancien prix.
PARTICIPEZ AU MOUVEMENT NATIONAL SAMEDI 4 AVRIL 2009
LE GOUVERNEMENT ET LES GRANDS FINANCIERS DE CE PAYS S'EN SOUVIENDRONT :
Vous êtes invités, tous et toutes, ce jour-là à ne RIEN ACHETER
PARTICULIEREMENT :
L'ESSENCE - GAZOIL - TABAC
JEUX DE HASARD (tous les jeux de la Française des Jeux)
ALCOOL
BOYCOTT DE LA GRANDE DISTRIBUTION
ESSAYER DE NE PAS ETRE VERBALISE (radars, feu rouges stationnement....)
ET TOUS LES ACHATS QUI NE VOUS SONT PAS INDISPENSABLES CE JOUR-LA
(vêtements, chaussures, cadeaux, parfum, matériel photographique, électronique, etc...)
Ne téléphonez pas, ne postez pas de courrier, ne signez pas de chèque, n'utlisez pas votre carte bancaire. Soyez vigilant avec l'eau, l'électricité, le gaz que vous utlisiserez
Avec un minimum d'organisation, nous pouvons tous y arriver. Ce message n'est issu d'aucun parti politique ni d'aucun syndicat.
Imaginez l'effet que ce mouvement solidaire national pourrait engendrer.
Cette action peut être aussi efficace que grève ou manifestation
CETTE ACTION FERA CHANGER LES CHOSES ;
DIFFUSEZ CE MAIL A... TOUS VOS CONTACTS INTERNET...FAITES VITE, la date sera vite arrivée
PREVENEZ VOS AMIS, COLLEGUES, FAMILLES... qui eux mêmes préviendront à leur tour, leurs amis, familles, etc ......
L' EFFET BOULE DE NEIGE SE FERA NATURELLEMENT
Servons nous d'internet, cette merveilleuse invention. AIDONS NOUS et nous parviendrons à faire reculer la vie chère. Ne dites pas "cela ne servira à rien " Observez le 5 avril les réactions constatées grâce à vous, grâce à nous. Cessons de nous plaindre et AGISSONS


21 mars 2009

J’ai toujours aimé les loups…
Je répercute donc ce courriel reçu cette semaine, pour la cas où un internaute consultant mon site aurait le profil de cette proposition :
Volontariat en Russie avec l’association Lupus Laetus


Vladimir Bologov et Laetitia Becker recherchent des volontaires, durant l’été, pour les aider dans leur mission de réhabilitation de louveteaux en Russie. Toutes les infos sur
:
http://www.lupuslaetus.org
et : http://www.loup.org/spip/volontariat-en-Russie-avec-Lupus.966html

… et bien sûr je compte sur les internautes pour également répercuter l’information autour d’eux.

18-29 mars 2009 (suite)

Je hante donc le festival de cinéma nordique. Compte-rendu de quelques films dans ma rubrique cinéma, quotidiennement (ou presque).
Un caprice de mon scanner m’empêche d’y joindre les photos ad hoc. Elles seront installées ultérieurement.

18-29 mars 2009

Histoire de chasser l’hiver, un dernier petit coup de froid annuel, pour nous chauffer le cœur et l’esprit (en précisant que l’adjectif nordique, amputé de ses dernières lettres n’est ni un caprice de mon scanner, ni une maladresse à m’en servir : l’invitation est bien reproduite telle quelle)



28 février/22 mars 2009

Annie-Claude Ferrando (www.ferrandoannieclaude.com) est très sollicitée : elle exposera sur le thème Au fil de la Normandie, à la chapelle de la Congrégation du Sacré Cœur (130 rue de Freneuse Saint-Aubin-lès-Elbeuf) du 28 février au 22 mars


28 février/8 mars 2009

Le temps qui passe : tel est le thème du salon national d’art photographique, organisé par le Photo club de l’Association Loisirs et culture de Saint-Wandrille Rançon. Plus de 300 photos à découvrir (salle de l’oiseau bleu), du 28 février au 1er mars et les 7 et 8 mars. Voilà un thème qui suscite ma curiosité, car je prépare actuellement mon … 3° site internet (grâce à l’assistance technique de Michel Hubin, comme d’habitude), dont le titre sera Passage du temps. Il sera effectivement constitué de photos (plus de 400) qui constitueront donc une autobiographie en images (évidemment commentées). Mais il faut encore patienter quelques semaines, voire quelques mois avant qu’il soit mis en ligne. Je ne manquerai pas de l’annoncer ici-même ;

16 février 2009
Matinée d’enregistrement pour une partie de l’équipe de Little Appaloosa : Philippe Davenet doit devenir la voix de notre poney-vedette, Marc Prieur et Pascal Sanchez doivent faire un raccord d’une conversation où les mugissements de la tempête couvraient trop leur dialogue le jour du tournage à Blonville, et Pascal doit jouer de la guitare sur cette scène de tempête.
Première étape : faire découvrir le film monté à ceux qui ne l’ont pas encore vu en son entier (ou pas vu du tout) : Philippe, Marc, Annick Delaunay-Vasse, Vincent Letellier, et, bien sûr, notre hôte : Gérard Yon . Deuxième : enregistrer, puis trafiquer la voix de Philippe pour qu’elle ressemble ( !) à celle d’un poney. Déjà, cette idée peut paraître idiote, car jamais poney ne parla de voix humaine ! Mais stupéfaction : au 1er essai, nous trouvons tous que ça ne peut être la voix de notre poney : trop grave ! Au 2° nous trouvons que ça s’améliore, et au 3° ça nous semble exactement ça. Conclusion : nous devons tous être complètement barrés (selon une terminologie en vogue). Mais que c’est bon de délirer en groupe, sur un projet artistique… Un déjeuner commun au bar de l’église de Franqueville St Pierre en fut l’indispensable continuation.
Claude Duty va devoir ensuite intégrer cette bande son au film, qui sera, cette fois, vraiment terminé.
A quand le prochain ? Nous y songeons tous car nous nous sommes vraiment beaucoup amusés…
Ci-dessous quelques photos prises par Marc (merci à lui !) ce 16 février :


Philippe Davenet et moi arrivant au studio

Gérard Yon devant sa table de travail

Gérard Yon, Claude Duty et Pascal Sanchez

Philippe Davenet, Annick Vasse-Delaunay
(la star glamour April Verdura du film)
et moi

10 février 2009

N'ayant pas eu de réponse d'un courrier adressé au magazine du Conseil Général de mon département, j'en fais une lettre ouverte à ... tous les internautes:

Je viens vous  faire part de mon indignation au sujet de l'article consacré à un jeune toréador, qui fit la couverture  du n° 43 de votre magazine Seine-Maritime. En effet comment oser ainsi faire l'apologie d'une telle "profession" (guillemets de dégoût)? Elle n'est rien d'autre qu'une survivance lamentable de ce que la civilisation romaine - par ailleurs remarquable - avait de pire : les jeux du cirque. On en serait donc encore là, deux millénaires plus tard?
Il est précisé que ce jeune homme songea à ce "métier" dès l'âge de 11/12 ans, moment où il assista à sa première corrida. Le fait entraîne deux questions:
1°) comment des adultes peuvent-ils traîner un jeune enfant à un spectacle aussi violent?
2°) comment les parents de cet enfant ne s'inquiétèrent-ils pas d' une précoce vocation pour une "profession" aussi barbare?
Apparemment, ils n'ont rien tenté pour faire barrage. Ont-ils donc cru, comme beaucoup de parents actuels, que l'éducation d'un enfant consistait à ne rien interdire?
De même votre magazine ne s'est pas interdit de rapporter cette histoire lamentable. Sans doute pour obéïr à ce devoir sacré d'informer? On a les sacralisations qu'on mérite - ou plutôt : le sacré est décidément mis à toutes les sauces, et le métier de journaliste, que je respecte, voire : vénère, ne s'honore pas avec ce papier.

2-20 février 2009

Je signale ici une exposition intéressante, au sujet assez incongru :

13 janvier 2009

Des nouvelles de :

Ce court-métrage, tourné en 2008 (voir à ce titre dans la rubrique cinéma, et aussi dans l’actualité d’octobre 2008), avance, car Pascal Sanchez et moi sommes allés en terminer le montage avec Claude Duty, dont l’ordinateur a bien chauffé car nous avons travaillé tous les trois de 14 h à 22 h. Travaillé aussi sérieusement que joyeusement, car (est-il besoin de le préciser ?), malgré l’affiche qui semblerait annoncer un drame, ce film (de 13 minutes 35 secondes 1 dixième) sera plutôt gai. L’affiche n’est en effet qu’un pastiche de celle d’un film américain récent, titré Appaloosa


Donc : toutes les images sont à leur place (une dernière séquence ayant été tournée chez Claude ce 13 janvier 2009), avec une partie du son direct et de la musique. Les génériques de début et de fin sont également calés. Il ne reste plus qu’à enregistrer en studio la suite de la musique et la voix du héros : le poney Kawa, qui s’est déjà illustré au théâtre, en Provence comme en Normandie, et a fait de la figuration au cinéma. Comme Kawa, malgré tous ses talents, ne sait pas imiter une voix humaine, c’est Philippe Davenet, le musicien et comédien bien connu, qui lui prêtera la sienne.
Où ce film sera-t-il visible ? Uniquement sur nos sites, car n’étant qu’un divertissement entre amis, aucun avenir professionnel ne lui est prévu.

4 janvier 2009

Ah bonheur que ces fichues fêtes soient terminées, et que la vie normale puisse reprendre son cours…
Bonheur de courte durée. Qu’est-ce que j’apprends ? Une course auto/moto, dont je m’étais tant réjouie qu’elle soit annulée en janvier 2008 a été remise en service cette année. Des générations de prof. de géo vont s’en retourner dans leurs tombes, car Dakar capitale de la pampa argentine c’est tout à fait nouveau. Et on va encore faire la leçon à tous les pauv’ travailleurs de not’ pays afin qu’ils co-voiturent pour aller au turbin chaque jour, histoire d’économiser l’énergie fossile et de permettre à la planète de mieux respirer. De qui se moque-t-on ? Combien d’essence brûlée inutilement sur cette course ? Combien de pollution supplémentaire ?
Moi qui me disais : enfin je vais pouvoir de nouveau regarder les informations télévisées sans saturer de celles concernant les cadeaux de Noël, les menus des réveillons (suivis des bons plans pour échanger les premiers, des recettes pour éliminer les excès des seconds), voici que je vais saturer du feuilleton de cette course pendant deux semaines. Quelle futilité décidément…
Pendant mon Retirement du monde annuel (du 15 décembre au 2 janvier), j’ai beaucoup lu mais aussi écrit un court texte, que je ne comptais pas livrer à la curiosité de mes internautes, car il est destiné à faire partie d’un ensemble de récits biblhomériques que j’espère voir publiés un jour. Mais, finalement, le voici :

La petite caille

J’aurais dû me douter que rien ne serait simple avec elle. On m’avait assez prévenu, d’ailleurs, avec plus ou moins d’élégance : passe qu’un homme de ton âge épouse une jeunesse, ça te raffermira le poireau, mais une jeunesse en cloque, tu cherches les emmerd. Sais-tu de qui il est seulement, ce têtard qui lui gonfle le ventre ? Qui te garantit qu’elle ne retournera pas voir le coupable quand elle aura dégonflé ? Pire : qu’il viendra un jour te réclamer la fille et son gniard, quand t’auras fait le plus gros de l’éducation ? On en a vu des revirements de ce genre. Alors ta petite caille pour bâton de vieillesse, bernique !
J’avais écouté d’une oreille distraite, bientôt fatiguée. De quoi se mêlaient-ils, ces donneurs de conseils ? La petite caille, comme ils disaient, elle était venue vers moi, désemparée, ne comprenant pas ce qui lui arrivait, craignant d’être battue par son père, chassée par sa mère. Elle rentrait d’une escapade chez une cousine, dont elle avait espéré quelque appui. Mais elle avait trouvé la cousine enceinte elle aussi, alors qu’elle avait largement passé le moment de pouvoir l’être. Et cette vieille femme de se réjouir d’être mère à l’âge d’être aïeule, de croire à un miracle, de remercier Dieu, d’en appeler à l’ange qui l’aurait visitée. Bref : la cousine semblait quelque peu dérangée, parlant sans discontinuer, comme pour compenser que le mari fût, de stupéfaction, devenu muet. Ma petite caille revint de cette maison plus tourneboulée qu’elle n’y était partie. Elle avait dû cependant réfléchir en chemin, faire le tri de tout ce qu’elle avait entendu, supputer si quelque élément de la fable qu’on lui avait servie là-bas ne pourrait pas lui être utile pour me révéler sa grossesse sous un angle acceptable. Elle était ma fiancée, garantie vierge par son père, comment allait-elle me faire avaler qu’aucun éjaculateur précoce n’avait sévi avant que moi, qui ne bandais plus guère, ait seulement tenté de la déflorer ? Elle était encore naïve, proche de l’enfance, ayant besoin des contes de nourrice. Elle choisit donc la version : Un ange m’a dit. Sans doute le même que celui de la cousine, pensais-je, sans faire cependant aucune remarque, car j’attendais la suite, prévisible. La pauvre enfant affirma en effet être encore vierge. J’aurais bien, par amour, et pour que cessât son effroi, avalé cette couleuvre. Mais elle ajouta, sans doute pour faire barrage à toute question concernant le géniteur, que celui-ci était Dieu Lui-Même. Je ne fis aucun commentaire, la renvoyais chez son père – il était tard, l’heure de la soupe passée – méditant de remettre ma décision au lendemain, quand ma légitime colère serait apaisée. Au moment de me coucher, j’avoue que je ne pensais qu’à rompre. J’eus du mal à trouver le sommeil. Et quand finalement je m’endormis, je fis à plusieurs reprises le même rêve, dont la conclusion m’éveillait à chaque fois : un ange me visitait, confirmant les dires de la petite, ajoutant que le têtard aurait un grand destin, qui ne serait pas de tout repos pour ses parents.
Les noces se firent. La grossesse suivait son cours, sans problème particulier. Ma petite caille semblait heureuse. Il fallut alors entreprendre un voyage assez long, de la ville où j’avais mon commerce, à celle dont était originaire ma famille, pour être recensés par l’état civil de l’occupant. La comptabilité est une de leurs marottes, avec l’architecture et les bains publics. Nous arrivâmes tard, ne trouvâmes aucune chambre dans les hôtels du centre. Ni dans ceux plus excentrés. Nous étions encore dehors alors que la nuit était tombée. Devant nous la campagne commençait, obscure, incertaine. Il fallait nous mettre à l’abri au plus tôt, avant que ne rôdassent les voleurs et les assassins. Une étoile brillait particulièrement, au-dessus d’un bâtiment où s’égosillait un âne en rut. Nous portâmes nos pas fatigués jusque là. L’endroit était coquet, bien tenu, du foin frais dans la crèche, un gros bœuf placide dégageant une bonne chaleur. L’âne s’était calmé. Nous allions pouvoir dormir… C’est alors que ma petit caille se mit à souffrir, à perdre les eaux, et à finalement accoucher entre mes mains maladroites. Mon fils, j’avais un fils, soudain il était mien ! On ne résiste pas à ces petites choses fragiles, gluantes, braillardes. Je le nettoyais du mieux que je pus, avec quelque harde trempée dans l’abreuvoir, je l’enveloppais de mon manteau de voyage, le couchais dans la crèche, submergé de bonheur. Nous allions pouvoir dormir, ainsi que je l’avais dit deux heures plus tôt. C’est alors que nous entendîmes des sonnailles, des bêlements, tout le fracas d’un troupeau en transhumance. Des bergers venaient à nous, guidés par l’étoile, nous dirent-ils quand ils eurent envahi notre refuge. Ils firent griller quelques agneaux, sortirent divers fromages et autres rogatons de leurs musettes. Ma petite caille reprit des couleurs à ce repas improvisé. Puis elle s’endormit, alors qu’un jeune pâtre jouait un air mélancolique sur son fifre. Aussi doucement qu’ils le purent ses compagnons poussèrent les bêtes à l’extérieur, et toute la troupe, hommes et moutons, reprit le chemin des pâtures.
Nous nous réveillâmes fort tard. Et comme personne ne parut pour se préoccuper du bœuf et de l’âne, nous restâmes là quelques jours, le temps que ma petite caille reprît des forces. L’enfant la tétait avec appétit et dormait paisiblement. Je repensais à mon rêve ancien, riant de mes craintes : comment ce petit-là pourrait-il un jour n’être plus de tout repos pour ses parents ?
C’est alors que nous eûmes de nouveaux visiteurs. Je crus qu’il s’agissait de comédiens ambulants, car leurs costumes étaient chamarrés, et leurs montures inhabituelles. Ils se présentèrent comme trois rois, venus de loin, eux aussi guidés par l’étoile. J’étais prêt à leur donner l’argent que nous n’avions pas dépensé à l’hôtel tant je les trouvais crédibles dans leurs rôles. Mais ils sortirent des cadeaux somptueux des fontes de leurs dromadaires : myrrhe, encens, or. Je compris alors qu’ils étaient vraiment des rois, car qui d’autre aurait pu offrir des présents aussi saugrenus à un nouveau-né couché dans la paille d’une étable ?
Ils nous quittèrent, et nous nous apprêtions à également partir le lendemain, pour enfin nous présenter aux bureaux du recensement et rentrer chez nous. Mais ma petite caille semblait inquiète car les rois l’avait prévenue contre notre tétrarque, qui, sur la foi d’une prophétie, avait décidé d’un massacre général des nouveaux-nés mâles de notre peuple. Elle ne voulait plus entendre parler de ce recensement, qui, selon elle, faciliterait la tâche des assassins. Moi j’avais toujours respecté les lois, même les plus absurdes, et je crus bon d’avancer qu’un massacre à si grande échelle était impossible à exécuter. Elle ne voulut rien entendre, et je dus promettre que nous rentrerions directement chez nous. En fait, j’espérais que la nuit lui porterait conseil et qu’au matin elle se montrerait plus raisonnable. Mais cette nuit-là, l’ange vint de nouveau visiter mon sommeil, confirmant le danger, et m’ordonnant de fuir dans le pays voisin, avec la mère et l’enfant. De fuir sur l’heure. Je réveillais ma femme, détachais l’âne, sur lequel je l’installais avec notre enfant. Dehors l’étoile brillait toujours, imperturbable. Mais des lueurs plus sinistres venaient aussi de la ville, et des cris, des pleurs. Nous ne pouvions plus douter que le massacre avait commencé. Nous nous enfonçâmes dans la campagne, évitant les larges voies pavées tracées par l’occupant, préférant les chemins de terre, les sentiers à travers bois, les pistes des animaux. Nous avions encore quelques provisions offertes par les bergers, et les présents des rois, qui nous servirent à payer les passeurs quand nous atteignîmes enfin la frontière. Ils nous conduisirent à des tunnels creusés sous cette frontière. En sus de l’or, la myrrhe et l’encens, ils gardèrent l’âne, sous prétexte qu’il risquait d’alerter les gardes par ses braiments dans le tunnel. Ma petite caille a dû mettre pied à terre, entrer dans ce trou obscur, notre enfant serré contre elle. Je la précédais, avec une chandelle que nos passeurs nous avaient concédée. Nous devions avancer courbés, craignant à tout moment que le tunnel, qui n’était pas étayé, s’effondrât. Je fus effleuré par la pensée impie que le Dieu qui avait engrossé ma fiancée semblait se désintéresser passablement de son sort. La chandelle s’éteignit. Mais c’était le vent de la liberté qui avait soufflé dessus, au bout du tunnel.
A présent, il ne reste que d’espérer la mort de notre tétrarque, et un nouveau message de l’ange. Cela peut advenir dans un mois comme dans cinq ans. Mais nous sommes capables d’attendre dans la quiétude, car j’ai rapidement trouvé de l’ouvrage : pour un bon charpentier il en existe partout. Et quand j’ai fini ma journée, que ma petit caille et l’enfant sont endormis dans le campement de fortune des réfugiés, je vais étayer les tunnels par où continuent de fuir nos frères.

25 décembre 2008

 

  Classement de sites - Inscrivez le vôtre!