Passage du temps

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CHAPITRE VIII
(1998- ?)

Libertés ...


En même temps que je retrouvais la liberté d’une vie célibataire, je retrouvais mes meubles et mes livres (dont la plupart avaient dormi au garage et au grenier car le peintre s’était adjugé, dans la maison où nous avions vécu ensemble quatre années, les deux chambres pour en faire son atelier). Marino goûta ce retour au confort autant que moi.


Depuis 1996, j’avais ajouté à ma carrière d’auteur, d’assurer des ateliers d’écriture (voir à cette rubrique sur mon site http://pagesperso-orange/simarese), qui se déroulaient dans des établissements scolaires, des musées ou autres sites culturels, et, pour les classes Maupassant créées à l’initiative de Jean-Pierre Fournier, à la ferme de l’Archelle (www.archelle.com). C’est dans ce lieu que Thierry Goulpier, enseignant doublé d’un photographe me tira ces deux portraits (dont l’un avec la très brave Juberte, jument boulonnaise).

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Le manuscrit que j’avais achevé le 31 décembre 1997 parut en 1999, sous le titre Madame la Comtesse préfère le jazz


Pour marquer cet événement, je fis une réception-dédicace dans une salle de La Maison Pellissier à Maromme, en mai. J’avais transporté là (depuis mon 4° étage sans ascenseur) mon bureau d’enfant


Bien sûr cette réception était une nouvelle occasion de réunir mes amis, parmi lesquels Claude Duty


En juillet, les grands voiliers (habitués des quais de Rouen tous les 4 ans) revinrent. J’avais pris une semaine de congé pour cet événement, car j’accueillais chez moi des amis venus d’Indre-et-Loire, des Etats-Unis et … un inconnu m’ayant demandé l’hospitalité par téléphone. Inconnu de 28 ans, que je n’avais jamais rencontré, pas même vu en photo mais qui s’était présenté comme le fils de Suzanne, l’amie de ma jeunesse à Marlieux. Accompagnée des mes autres amis, nous allâmes le chercher en gare et prîmes immédiatement une photo sur les quais, pour sa mère.


Même tenue, même semaine, mais les bords de Seine remplacés par les bords de Risle, à Beaumont-le-Roger


En août, l’éclipse du siècle, que je vis dans le jardin de mes amis Guy et Jeannine Gouzien, à Sotteville. Aucun de nous trois ne verrait la prochaine, ce qui nous mit, ce jour-là sur un pied d’égalité, qui n’était plus notre quotidien : Guy mourrait bientôt, d’un cancer de la gorge qui le torturait depuis des années.


En août encore, barbecue champêtre, chez d’autres amis.


Novembre : départ en retraite d’un ami peintre (Jean-Marie Petithon). Je me suis engagée pour cette fête depuis des mois, j’y apparais donc comme on m’y attend : parée, joyeuse. Et pourtant je suis bien triste d’avoir dû faire euthanasier mon vieux Marino (18 ans !) la veille


Je ne suis pas retournée en Italie depuis l’enterrement de ma belle-mère (1988), qui a précédé d’un mois celui de mon père. Mais en mai 2000, je pars une semaine à Venise, en compagnie de Jeannine Gouzien, cette amie récemment veuve, avec laquelle je vécus l’éclipse solaire de l’été 1999. Nous consacrons une journée à mon beau-père, qui, ravi, étonné (car je suis légalement séparée de son fils depuis des années), nous emmène déjeuner dans les collines au-dessus de Padoue, et nous permet de visiter une des villas de Palladio


En septembre, inquiète pour la santé de mon vieil ami trappiste (qui a été plusieurs fois hospitalisé), je retourne à Marlieux. Dans le TGV qui m’emporte vers Lyon je lis le très beau et très mélancolique livre d’Anne Wiazemsky Une poignée de gens. A Marlieux Denis, le fils de Suzanne, m’attend, m’emmène revoir le parc du château de ma marraine où je suis saisie d’une vive émotion ; le soir je retrouve enfin Suzanne, et le lendemain celui pour lequel je suis venue. Il se porte mieux, est heureux de me revoir (la fois précédente c’était en … 1987), nous partageons brioche et vin sous la jolie tonnelle du monastère, où je n’avais jamais pu venir auparavant. Et je peux même visiter l’hôtellerie, où il avait accueilli mon père en … 1971. Mieux encore : Denis (qui m’a accompagnée à la Trappe et se met complètement à ma disposition pour ce court séjour) obtient du père supérieur que ce soit lui (plutôt que l’habituel taxi) qui emmène notre ami commun à l’hôpital de Bourg, pour une consultation de contrôle. Violentes émotions partagées, décidément, en quatre petits jours que je n’oublierai jamais, bonheur et nostalgie intimement mêlés.


En novembre, mon gentil chauffeur vient chez moi, et j’organise une fête en son honneur, chez une amie


Dédicace de mon 5° roman aux Rencontres du livre de Maromme


Denis a si bien apprécié le cercle de mes amis qu’il revient pour le réveillon de la Saint Sylvestre, qui se passera chez une amie. Me voici déguisée en Shéhérazade (costume fait de mes mains, sans patron ni machine à coudre) et lui en Touareg


Et Shéhérazade troque sa coiffe contre une toque de cuisinier, une mouvette à tourner les sauces, un tablier de pâtissière, pour accompagner notre hôtesse (Monique Rousseau) chantant une chanson d’enfance, dont elle s’est souvenue fort à propos, et que je vous livre sous la photo :


On veut que je chante, je vais obéir
Je serai contente de faire plaisir
Mais si l’on m’invite à chanter l’opéra
Je suis trop petite pour chanter cela
*
Chanter la cuisine me plairait assez
Lapin Bécassine poulet fricassé
Grosse carpe frite jambon et rata
Je suis trop petite pour manger tout ça
*
De ma chansonnette j’ignore l’auteur
C’est une bluette qui part du cœur
Si je la mérite on applaudira
Bien que trop petite j’aime beaucoup ça

*

2001 : attention, sérieux, il ne s’agit plus d’un déguisement, je suis bien devenue conseillère municipale, en charge d’une délégation du livre, et autorisée à marier.
La même année je deviens également membre de l’association du C.H.E.N.E., où j’œuvrerai en vice-présidente chargée de la communication plusieurs années


Vernissage d’une expo d’Annie-Claude Ferrando, à l’ancienne chapelle du carmel de Bois-Guillaume. Elle m’a demandé d’assurer le service du buffet, ce que j’ai accepté, à condition de me déguiser en … serveuse de buffet (avec le petit tablier de broderie anglaise de mon passé de vendeuse en pâtisserie quand j’étais enfant – mais oui : je conserve tout !)


Pour mon 54° anniversaire, j’ai rendez-vous au Jardin des plantes de Rouen, avec Dominique et Williams Cordier, qui ont souhaité me tirer le portrait dans l’excentrique tenue où ils m’avaient vue en 1999. Ils préparent en effet une exposition sur les célébrités rouennaises


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Parution de La nuit d’Etelan, celui de mes livres dont je suis le plus fière, écrit en 1990 et refusé par … 20 éditeurs. Un 21° a enfin été conquis !


Cette parution est encore l’occasion de faire une fête, avec pièce de théâtre autobiographique (voir Un coup d’talon sur l’édredon, rubrique théâtre de mon site http://pagesperso-orange.fr/simarese) suivie d’un buffet. Un p’tit rock avec Denis également…


Non pas couchée dans le foin avec le soleil pour témoin (ainsi que chantait Mireille), mais allongée contre un talus bien trop haut pour moi, afin de cueillir du lin…


Encore déguisée, en Catherine de Médicis, pour une réception au château d’Etelan (où cette reine passa une nuit, sujet de mon livre)


Et en pensionnaire de saloon, pour une soirée country chez une amie…


Tenue plus sobre, pour le vernissage du salon de peinture à Maromme


Pâques 2002 : Mes amis Véronique et Jacques Beneteau m’emmènent revoir mon cher moine, qui n’est plus à la Trappe de Marlieux (il en a été chassé, avec ses 6 derniers frères - tous des vieillards - pour laisser la place à la communauté laïque et mixte du neuf chemin) mais dans celle d’Alsace, où il regrette son beau jardin, ses étangs, sa mobylette… Je ne le sais pas (mais le soupçonne ?) : c’est la dernière fois que je le verrai, car il fera une congestion cérébrale en juin 2003. Apprenant son hospitalisation, Denis fera alors le voyage jusqu’à lui, afin de lui tenir la main, au moment du passage. Moi c’est par une lettre du supérieur de l’abbaye d’Oelenberg (me retournant un courrier que mon vieil ami, déjà inconscient, n’avait pu lire) que j’apprendrai et son accident et sa mort.


Eté 2002 : visite du château de Bosmelet (près d’Auffay) : le chien du domaine se montre spontanément affectueux avec moi !


Octobre 2002 : voyage au Sénégal, dans l’estuaire du Siné-Saloun. J’en reviendrai avec un nouveau titre : vice-présidente des femmes de Badoudou !


De rares photos : prises à la bibliothèque universitaire, où je m’étais beaucoup ennuyée et où, depuis l’arrivée de l’informatique, je m’énerve terriblement

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Persistance des foulards colorés sur la tête, dans le jardin de Jeannine, à Sotteville


2003 : en pique-nique avec Denis près de la maison d’André Gide (fermée aux visites hélas) à Cuverville


Et pique-nique sans Denis, mais avec une vingtaine d’amis au Parc Parissot, près de mon village natal, pour mon 57° anniversaire. Occasion de réhabiliter un personnage oublié car je viens de créer un site avec Daniel Hervé : http://parissot.com


Juin 2004 : en atelier d’écriture au musée des Beaux-Arts, photographiée par Dominique Cordier


Tristesse d’automne, qu’il faut absolument combattre :


Il fait très bien son boulot…


… sans rien perdre de sa majesté naturelle


(photo de Pierre Vaysse)

Il apprécie la télévision, pour peu qu’il soit au plus près de l’écran (et que le programme soit une émission animalière ou un dessin animé !). Il sait évidemment lire autant qu’écrire et devient chroniqueur au C.H.E.N.E. (33 chroniques – qui commencent par le récit de son adoption – répertoriées à la rubrique Cyber’s chroniques de mon site Ecrire c’est vivre multiple : http://pagesperso-orange.fr/simarese)


Non : je ne suis pas infidèle aux chats. Mais mademoiselle Bettina, récemment adoptée par des amis, a très envie de me lécher le museau. Il semble que je recule…


Non encore : je ne suis pas déguisée. Seulement invitée au mariage d’une de mes petites-cousines, à Beaumont (photographe : Jean-Pierre Copitet). Il fut un temps où les photographes étaient plus galants, me semble-t-il, et gommaient les rides des dames…


J’ai eu 60 ans la semaine qui précède, et le bonheur de quitter enfin la bibliothèque universitaire. Discours, fête et cadeau interdits, bien que je sois demeurée 39 ans dans cet établissement. Motif invoqué : on fête un départ en retraite, mais on ne fête pas une fuite…
Mais j’ai fêté mon anniversaire chez l’ami Marc Prieur


… n’ayant pas hésité à fabriquer trois desserts, qu’admire Jean-Pierre Fournier


… et qu’immortalise Claude Duty (entre Philippe Davenet et Hélène Boudin)


Il y avait eu, ce jour de mon 60° anniversaire, un complot, ourdi par Michel Hubin (qu’on voit nous lisant son discours de circonstance, auprès d’Annick Delaunay-Vasse et de Martine Fournier) pour m’offrir, collectivement, un ordinateur plus performant


Je pus ainsi inaugurer le site internet consacré à mon œuvre (http://pagesperso-orange.fr/simarese), et dont le oueb mastère fut évidemment ce même comploteur.
Mousse Leclerc s’étonna de mon goût soudain pour l’informatique, dans une jolie lettre que j’ai encadrée …


J’ai pu, sur ce site, faire figurer non seulement de très nombreux textes (plus de 250 dès son ouverture), mais aussi d’autres photos, anciennes ou récentes (puisque ce site est en évolution constante et comporte une rubrique actualité, mise à jour plusieurs fois par mois).
Et j’ai, en 2008, inauguré un autre site consacré aux critiques de mon œuvre : http://simone.arese.free.fr

copyright Simone Arese   dernière mise à jour
le 15 avril 2009