Passage du temps

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CHAPITRE VI
(1973-1987)

Un mari, des livres

Déguisée en Charlot, pour l’anniversaire d’un ami, en mars 1973


C’est au tour de maman de m’accompagner en vacances. Pour son 60° anniversaire, nous choisissons l’Italie. Je confie mes poissons rouges à papa. Réglisse s’y intéresse de près…


Nous visitons Pompéi (but précis du voyage, car je rêvais de la cité disparue depuis que j’avais lu, dans mon enfance Les derniers jours de Pompéi de Edward Bulwer-Lytton, et, plus tard La gradiva de Wilhelm Jensen) mais aussi Herculanum, le musée de Naples. Nous montons sur les pentes du Vésuve. Et un client de Casa Albertina (l’hôtel où nous résidons à Positano) nous fait découvrir Amalfi (sa cathédrale), Ravello (ses ruines arabo-normandes dans les magnifiques jardins où composa Richard Wagner). Maman nous photographie sur la terrasse de Casa Albertina.


Il s’appelle Alberto Arese. Il vient de terminer ses études de lettres classiques à l’université de Turin.


Tandis que je retrouve Rouen, la bibliothèque universitaire, il part faire son service militaire (à Palerme). Je m’installe enfin dans un appartement, dont maman vient retapisser les murs avec moi. Déjà du bleu turquoise pour la pièce principale, et du bleu et blanc pour ma chambre où fut prise cette photo


Nous nous écrivons beaucoup Alberto et moi. En novembre, une de ses lettres est une demande en mariage, que j’accepte. Pour les vacances de Noël, alors qu’il a une permission, je vais le retrouver, à Padoue, où je fais connaissance de sa famille.
Un mariage en 1974. Ce n’est pas encore le mien, mais celui de Jean-François, l’ami (connu au lycée de Vernon), chez lequel j’apparus en Charlot l’année précédente. Je suis d’ailleurs le témoin du marié. Et pour ce très chic mariage je me suis fabriqué deux tenues (cousues main !) : un ensemble court, en guipure et crêpe bleu, pour le mariage civil qui a lieu le matin…


… et pour le mariage religieux, qui a lieu l’après-midi, j’ai opté (comme cela était souhaité par les mariés) pour un ensemble long : robe à corsage noir et jupe imprimée, veste imprimée assortie. Sans oublier l’indispensable chapeau (qui me fera beaucoup de profit : c’est encore le même – avec de nouveaux rubans – au mariage de ma petite-cousine, en … 2007 !)

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Et puisque moi aussi j’ai trouvé mon prince charmant, comme dans les livres de mon enfance (celui-ci est illustré par S. Beckett)…


… je me marie également, le 5 avril 1975, à Beaumont-le-Roger (mais oui : mes parents ont vendu leur commerce, quitté Elbeuf, et commencé une retraite heureuse dans ce village qui nous est si cher)

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(photos Rémi Weykmanns)

Sur la pièce montée (faite par le second successeur de mon père), j’ai demandé que soit inscrite la phrase ornant la boutique du boulanger, à Pompéi : Hic habitat felicitas (ici habite le bonheur). D’ailleurs, le choix du manoir où a lieu la réception ne fut pas innocent : nous étions tombés en arrêt dès l’entrée, où nous attendait une reproduction de la très célèbre mosaïque au chien (cave canem) de la cité campanienne.

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(Photos Rémi Weyckmanns)

Alberto vivait avec moi depuis janvier, mais nous avions attendu avril pour nous marier, car j’avais gagné un voyage de noces en Sicile, et nous pensions qu’avril y serait plus agréable que janvier…
Gagné comment ? C’était le prix unique d’un concours intitulé J’ai rencontré l’homme de ma vie. Mon récit fut mon premier texte édité (dans la revue Mariages, organisatrice du concours). Ci-dessous Alberto au creux d’un olivier sicilien, dans les ruines de Sélinonte


Ensemble, en 1976, dans un parc parisien


Mes parents, dans le jardin de leur maison louée au Bourg-Dessus (le hameau sur la colline au-dessus de ma chère église Saint-Nicolas). Après la vente de leur commerce elbeuvien en 1974 ils étaient retournés à Beaumont, passer une retraite méritée, mais avaient dû transiter par un appartement avant de pouvoir emménager, en juin 1975, dans cette maison. Ils y furent très heureux…


… tout comme Réglisse et son copain Chicorée, trouvé dans une rue d’Elbeuf à l’automne 1973.


Nous partons trois semaines avec mes parents, l’été 1976, tandis qu’à Beaumont l’amie Jeannette garde la maison et les chats. Nous les emmenons dans ma belle-famille, avec escapade à Venise.


Nous rentrons par la Suisse.


Le même été, retour en Grèce pour moi, avec Alberto, qui y vient pour la première fois


Malgré ce bonheur que racontent les photos, nous ne sommes pas épargnés d’un gros souci, car Alberto n’a toujours pas trouvé d’emploi. Il n’y a pas encore d’équivalence de diplômes entre nos deux pays. Alberto passe un B.T.S. de traducteur commercial, obtient un diplôme de la chambre de commerce italienne de Paris. Sans plus de résultat.

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A ce souci s’en est ajouté un autre : le bail de mon petit appartement n’est pas renouvelé, car il est mis en vente. Ne pouvant l’acheter, nous déménageons, dans un plus grand, dont le loyer est évidemment plus élevé. C’est alors qu’Alberto trouve enfin un emploi, de gardien du donjon où fut enfermée Jeanne d’Arc. La gravure est d’Albert Robida, qui avait également commis une très romantique gravure du prieuré de Beaumont. Ce donjon m’inspira un joli conte intitulé Canards à la rouennaise. On peut le lire sur mon site http://pagesperso-orange.fr/simarese


Quant à Alberto il inspira également Roger Balavoine, dont le reportage ci-dessous (fait en juillet 1984), parut, agrémenté de deux photos de Christian Boulanger le 29 août 1985, sur une demie-page, dans la série estivale de Paris-Normandie : Une Journée avec…

Alberto Arese,
Gardien du donjon de Philippe Auguste
Le silence, l’histoire, la lecture et l’inquiétude pour l’avenir

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Un grand mur de pierres presque noires d’un côté, le fossé de l’autre, au fond du fossé : des arbustes. Entre sa cabane adossée au mur et le donjon qui se vrille dans le ciel gris, Alberto Arèse, la veste bleue et l’air tranquille, reçoit les visiteurs. Il est gardien du donjon du château de Philippe Auguste depuis six ans. Depuis onze ans, il vit à Rouen. Il est italien, de Padoue. Il est venu à Rouen par amour, pour s’y marier : Simone Arèse est romancière. C’est l’auteur de « Mado », qui en est à son second tirage, et de « Mado à Paris ». Alberto est devenu gardien par hasard :
- J’ai répondu à une annonce qui demandait un gardien. J’étais un peu aux bois, je venais de vivre trois ans de chômage. J’aurais bien accepté l’inconfort : ici tout était à l’abandon. Il m’a fallu peu de temps pour m’adapter, pour comprendre certaines choses. On a vu tout de suite que j’étais un type calme. On m’a fait confiance.
Depuis, des travaux ont été entrepris dans le donjon du XIII° siècle restauré par Viollet-le-duc, qui l’a remonté à son niveau primitif et coiffé d’un toit rond et pentu, ce qui n’est peut-être pas conforme aux plans des châteaux-forts du Moyen-Age.
Le gardien des lieux vit là, dans ce jardinet austère et accueillant où les bruits de la ville s’amortissent. On entend surtout les oiseaux chanter, et un certain silence. Alberto aime le silence.
La moyenne quotidienne des visiteurs est de 80/90 personnes en été, une vingtaine au plus froid de l’hiver.
- Y’a-t-il des jours sans aucun visiteur ?
- Non
Lorsqu’il ne voit qu’une personne dans la journée (c’est arrivé), Alberto, dans sa cabane, lit. Peut-on dire maintenant que ce n’est pas un gardien comme les autres ? Il a une licence de lettres en Italie, et, en France, un B.T.S. de traducteur commercial ainsi qu’un diplôme de la Chambre de commerce italienne de Paris.
Les gens pénètrent lentement dans le jardin. Ils ont l’air d’hésiter, comme s’ils dérangeaient. Ils lèvent la tête, le gardien les salue et leur tend des tickets. Petit recul, parfois, des visiteurs. C’est gratuit, précise Alberto. Ils sourient, prennent leurs tickets et pénètrent dans le donjon.
Des documents sont exposés sur les trois niveaux, sur le château lui-même, sur Jeanne d’Arc dont on retrace la vie. Il y a même une vidéo sur le procès. L’escalier est rude, raide, il donne le tournis. Cela tient du mystère parce qu’on cherche à lire le passé sur les pierres (celles qui sont authentiques) et de l’inconnu. Que va t-on voir là-haut ?
Né à padoue, près de Venise, Alberto Arèse s’est bien adapté à la France, passées les premières années où il cherchait un travail :
- J’attendais des réponses durant six, huit mois.
Il a tout cherché, des postes d’enseignant, d’interprète.
- J’ai trouvé ma bouée de sauvetage ici.
Les visiteurs viennent par couples. Ce sont des touristes. L’hiver, des Rouennais, et même des gens qui passent en attendant leur train, la gare est proche…
- Ici, j’ai un contact avec les gens.
Certains bavardent, d’autres pas.
Les oiseaux chantent toujours, le ciel est resté gris.
- Vue de l’extérieur, Rouen est une ville carrée, bien tranchée, où chacun a sa place. C’est une ville florissante, par son commerce, par son port, c’est donc une ville d’échanges. Mais les Normands sont méfiants au départ, il faut les connaître, entrer dans leur système. Le dialogue est très difficile pour un étranger, il faut une culture de base pour entrer dans ce monde assez clos
Le gardien ne s’ennuie jamais. S’il n’a rien à faire, il prend un livre. Des ouvrages d’histoire, d’économie. Il aime aussi les romans. Ses relectures, Kafka, Dostoïevski, Albert Cohen (il a gardé Belle du seigneur pour cet hiver), des Anglais, comme John Fowles, les américains, Hemingway, Faulkner et aussi Umberto Eco, dont il a dévoré au nom de la rose.
- Vous pensez écrire un jour ?
- Peut-être, je ne sais pas…
Il rêve. Il s’inquiète pour l’avenir :
- Il y a des choses qui se préparent et on ne sait as exactement ce que ça va donner. Je pense qu’on va voir la montée du fanatisme islamique ; tout cela est très décourageant. Est-ce que les techniques nouvelles vont apporter quelque chose de bon ? Je suis un peu sceptique. L’informatique, c’est redoutable, ça risque d’éliminer beaucoup de monde et de donner d’autres forme d’esclavage. J’ai peur de cela, si la machine décide, l’homme n’est plus rien. Et je crains que cela arrive.
Le donjon absorbe les visiteurs dans son ombre, on a l’impression qu’ils disparaissent. On les reverra un peu plus tard , comme s’ils se réincarnaient à nouveau ; ce qui reste du château de Philippe-Auguste aurait-il des pouvoirs occultes ?
Le silence résiste aux agitations, ralenties, de l’après-midi. Les visiteurs viennent par courtes vagues, dans la même vacuité, un peu perdus. Les rendez-vous avec l’histoire semblent toujours insolites, flottants, indécis.
- J’aime le silence.
Il est bien là Alberto, serein, volubile, l’air presque absent et toujours bien présent. Il a l’air d’être l’officiant distant d’une cérémonie bizarre qu’on ne définira jamais.
- Il y a des habitués ?
- Quelquefois, un homme vient s’asseoir sur le banc.
C’est un voisin, qui vient chercher ici le silence qu’il ne trouve pas au square Verdrel.
- J’aime l’art roman, les abbayes cisterciennes…
Le téléphone somme. Il va répondre, revient dans le jardinet.
- Vous aimez jardiner ?
- Un peu, j’ai appris.
Mais il n’a jamais eu de jardin, pas même à Padoue, où sa grand-mère était encore bouchère à 72 ans
- Aujourd’hui, on ne croit plus à rien, c’est une erreur capitale. Nous sommes dans une période de reflux, ça peut donner un flux nouveau, religieux ou mystique. Il y a les sectes, même s’il y a une manipulation à l’intérieur, leur existence correspond à un désir des gens et pas à une fuite.
- Ils s’ennuient les gens aujourd’hui ?
- Surtout le dimanche, les gens viennent ici parce qu’il faut sortir, c’est un peu triste.
Alberto Arèse lit Le Monde quotidiennement, la revue Esprit, il va au cinéma (Fellini, Kubrick, Altman, Resnais, Truffaut, Rosi, les Risi du début) et au théâtre. Il n’aime pas tellement l’opéra.
- Vous éprouvez des regrets ?
- Pas du tout. Il faut regarder en avant, le passé ça m’a été utile. Je ne peux pas le changer. Je vis ici avec ma femmes qui écrit, sa vie est importante, la mienne est tranquille.
Et un instant plus tard :
- Je n’ai pas fait mes preuves. Il faut être coriace ; les études ne sont rien si on n’a pas l’expérience de tous les jours. Ce que je trouve un peu décevant, c’est qu’avec tous les efforts que j’ai fait, personne ne m’a donné une chance, sauf les conservateurs du Musée des antiquités.
Des cloches sonnent, au loin. C’est l’heure de fermer. Le gardien prend son trousseau de clés, vérifie si tout le monde est parti ; jusque-là il n’a jamais enfermé quelqu’un dans le donjon.
L’été dernier, Aglaé, la cane adoptée par Alberto, restait dans les douves du donjon. Depuis qu’elle a emmené ses six canetons au square Verdrel (son domicile légal), ce lieu, chargé d’ombres tenues et tenaces reste désert la nuit. A moins qu’un fantôme… Mais Alberto nous l’aurait dit… il voit tout.
L’inconvénient d’un emploi à caractère touristique est que les vacances sont à l’automne. Et qu’à l’automne, c’est le coup de feu à la bibliothèque universitaire, au moment où les étudiants s’inscrivent. Il est difficile d’être en congé en même temps. Nous y parvenons tout de même. Voyage en Italie en automne, avec retour par les Baux-de-Provence, déserts, à l’exception de ce somptueux chat qui accompagne notre promenade.


1980 : publication de mon premier roman (ou, pour être exacte : première publication d’un de mes romans). Il est bien accueilli par la critique (qu’on peut lire sur mon second site : http://simone.arese.free.fr), sera réédité en 1984 chez son éditeur d’origine (Balland) et en 1985 chez France-Loisirs


Le jeune fils de mon amie Ninette m’offre ce dessin, en hommage


Portrait à la maison du Bourg-dessus, avec Chicorée…


… et portraits contre le mur du Palais de justice, à Rouen, pour des journalistes…

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… qui se déplacent parfois jusque chez moi (depuis Paris !), avec leurs photographes, comme ici ceux de F Magazine : Michel Delluc


En janvier 1981, la librairie de Bernay m’invite à venir dédicacer mon roman dans ses murs. Nouveaux journalistes


Répit pendant nos vacances cévenoles. C’est une région que j’ai découverte avec l’épouse et la fille d’un ami, pendant que nos maris travaillaient, et où je suis retournée avec Alberto. La maison où nous logeons (dans l’ancienne magnanerie) me plait tant que je la dessine


Mon frère vient nous y rendre visite, avant que nous n’allions ensemble à Florence ensemble l’année suivante.


Ce même été 1981, une photo prise au bord du lac de Saint-Mandé. Bien que j'y semble unijambiste, elle me plaît : teint doré, jolie robe (qui n'est pas de mes créations, achetée en boutique), et cette coiffure en couronne de nattes, remise à la mode, bien plus tard, par certaine première ministre ukrainienne...


En 1982 mes parents vont aux Canaries…


… où maman se laisse photographier pour un montage burlesque


… et c’est nous qui gardons leur maison, leurs deux chats, auquel nous offrons un jeune camarade de jeu, trouvé très malade dans un jardin public de Rouen. Nous l’avions ramassé, conduit chez le vétérinaire le lendemain. Il n’a guère que six mois et vivra près de 18 ans. Nous l’avons nommé Marino (dit Le chevalier Marin ) en hommage au poète italien, que lisait ma chère Sévigné.


Et pour qu’il ne s’ennuie pas trop, rentré à Rouen, nous lui offrons un autre camarade, chaton roux et blanc né chez un ami. Je le nomme Meringue.


Avril 1983 ouverture de la librairie-galerie Ponctuation, dans Rouen.


C’est en même temps le vernissage du premier artiste exposé : Denis Pouppeville, qui nous offrira ces deux petits dessins, faits spécialement pour nous


Elle a 70 ans en juillet 1983. pour l’occasion : déjeuner familial et amical au Bœuf couronné, à Rouen. Elle pose ici entre mon frère et moi.


Les halles à vin de Bercy, abandonnées, vont être rasées. Vite une visite, avant que ne passent les bulldozers !


Si nous ne sommes pas chez mes parents, ce sont eux qui sont chez nous.


Pris de courage nous changeons quelques papiers peints de notre appartement


Octobre 1984 : Alberto a obtenu la nationalité française. Nous faisons évidemment une fête, avec parents et amis (ici Guy Gouzien) auxquels nous avons demandé d’être habillés aux couleurs du drapeau français. Le gâteau est évidemment l’œuvre de papa…


… car papa n’a pas perdu la main, comme en témoigne cette photo de son 75° anniversaire (mars 1985), au Bourg-dessus…


Et cette charlotte au chocolat, décorée de Chantilly, n’est-elle pas somptueuse ? Mais je ne me souviens plus de l’occasion pour laquelle elle fut faite. Nombre modeste de bougies, pour un anniversaire néanmoins pluriel…


En retraite, papa avait découvert une autre plaisir : dessiner et peindre. L’idée lui en était venue en me regardant … tirer l’aiguille (pendant plus d’une année !) sur un patchwork que j’avais créé pour fêter la naissance de jumelles chez une amie (qui fut une collègue et la dédicataire de Mado)

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Il eut tant de bonheur à découvrir ce loisir qu’il en perdait la notion du temps, et souhaitait s’inscrire à des cours. On jugera qu’il en avait besoin, sans doute. Mais qu’importe ? Moi, ce dont je me souviens, c’est de la jubilation qu’il avait à manier crayons et pinceaux

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Après les fleurs et les fruits il s’attaqua aux monuments. Reconnaît-on le château de Vascoeuil ?


Il avait jadis acheté un tableau à un peintre du dimanche beaumontais. Il tenta de copier deux fois cette œuvre, qu’il tenait en grande estime

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Mais il se désola toujours de ne pas savoir rendre la perspective. Quand il buttait sur une autre difficulté (ici : dessiner un chien) il s’en tirait par l’humour


Ce nouveau loisir ne l’empêcha nullement de poursuivre les précédents : jouer aux cartes ou aux dominos, avec le club des cheveux d’argent


… et s’il ne fréquentait plus depuis longtemps les déjeuners des pâtissiers, il fréquentait encore ceux des anciens combattants, et ceux du 3° âge. Ma mère avait parfois déserté les premiers, n’avait jamais fréquenté les seconds, mais l’accompagnait aux derniers. Elle est ici en compagnie de sa cousine Léa Landrin …


… et sur cette autre et de sa sœur Jeanne Guillaume


Photo prise par Alberto, dans le jardin du donjon.


Elle est destinée au service de presse de Mado à Paris, qui paraît en 1985. André Balland a dû insister (et me refuser deux romans) pour que je m’attelle à cette suite de Mado


Vacances estivales en Italie. Excellent déjeuner à Torcello


Nous emmenons mes parents dans le Massif central, pour le mariage du second fils de mon frère. J’aime beaucoup cette photo de maman repassant la ceinture de ma robe. Elle n’est pas toujours aussi souriante.


Et voici la pièce montée que les mariés n’ont pas hésité à réclamer à mon père.


Maman au Bourg-dessus, sortant de chez la coiffeuse, et posant avec Réglisse


14 juillet 1986 (et lendemain d’un mariage d’amis, où j’étais de nouveau témoin), à Etelan


Les jumelles bretonnes ont grandi. A chacun de mes passages nous faisons des représentations théâtrales pour les parents et grands-parents, leur mère au piano et aux costumes. Cette année là, je leur apprends à construire une cabane de branchages recouvertes de fougères (transmission d’un savoir enseigné par mon cousin Claude !), et nous jouons à être des Indiennes, de la Tribu des chattes sauvages.


Il est paru (janvier 1987) sous le titre qu’on n’a pas osé me changer (parce qu’emprunté à un poème de Victor Hugo ?)


Pour l’occasion j’organise une petite fête réunissant mon éditeur, ma famille, quelques amis (dont, ci-dessous Guy et Jeannine Gouzien avec leur fille Nathalie), le photographe François Dugué et des journalistes bien sûr…


… dont l’un, un peu plus tard, vient me photographier devant l’entrée du donjon


Mars 1987 : mon père – qui joue aux cartes chaque semaine au club des 4 jeudis – a bien envie de se déguiser pour le bal de ce club (que ne fréquente pas ma mère, la sauvage), mais il est bien triste à l’idée de s’y rendre seul. Je propose de l’accompagner, également déguisée. Du coup, ma mère vient aussi


Peu après, un ami marocain ayant proposé de nous préparer un couscous, le projet se gonfle : le couscous sera préparé chez nous, avec l’assistance de mes parents…


… et dégusté chez mes amis Guy et Jeannine Gouzien (figurant, avec leur fille Nathalie, sur la photo de la fête de février), avec d’autres amis. Bien sûr les déguisements sont de rigueur, une nouvelle fois


9 juin 1987 : 50° anniversaire de mariage de mes parents. Déjeuner familial et amical à l’Hôtel de Paris, dans ma rue natale. Derrière mes parents : mon frère et Jeannette (qui a beaucoup maigri, atteinte d’un cancer qui l’emportera quelques mois plus tard)


14 août 1987 : 40° anniversaire d’Alberto. Fêter le sien d’autant mieux que nous n’avons pas fêté le mien, en mai, car mon père était alors hospitalisé.


Septembre 1987 : seconde manière de fêter les 50 ans de mariage de mes parents : nous les emmenons quelques jours à Port-Lesney, dans l’Hôtel du parc, qui, construit en 1700, fut le château du Marquis de Germigney

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Mon ami Hervé Boudin (connu au lycée de Vernon), qui a fait le détour par Port-Lesney, afin de passer une soirée avec nous alors qu’il se rendait en Yougoslavie, nous offre le champagne au dîner. Mes parents s’endormiront très joyeux dans leur chambre Louis XIII, avec lit à baldaquin. Mais le meilleur de cet hôtel étonnant, c’est le couple de propriétaires : Jacqueline et Bob Brocard. Elle est aux cuisines, d’où elle hèle la clientèle quand les plats sont prêts, et lui est … à la distraction des clients, auxquels il a toujours quelque tranche de vie à raconter. Et puis, le service fini, ils viennent, ensemble, pousser la chansonnette


De cette petite semaine dans le Jura (où nous avons encore une fois visité les salines d’Arc-et-Senans et de Salins-les-bains), nous avons distrait une journée pour rendre visite à la nièce de ma marraine, à présent octogénaire (la nièce, car ma marraine est morte cinq ans plus tôt, à … 97 ans, alors qu’elles vivaient toujours ensemble, dans un appartement de Châtillon sur Chalaronne) ; nous l’inviterons au restaurant, puis nous rendrons visite à Suzanne, et à mon cher moine


Pour dernière photo de ce chapitre, le rire de mon père. Bientôt, je ne l’entendrai plus…

 

copyright Simone Arese   dernière mise à jour
le 15 avril 2009