Passage du temps
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CHAPITRE IV
(1946-1957)

La course en youpala


On me raconta souvent quelle joie fut ma naissance après les épreuves de la guerre…
Fin 1998-début 1999, désireuse de prolonger la mémoire de mes parents morts (en 1988 et 1997), je décidais de faire un récit de cette tradition orale, et ce que j’avais pu grappiller d’informations concernant la guerre – oui : grappiller, car, en cela semblables à tous leurs contemporains, mes parents parlaient peu de cette époque, c’était cette vieille guenille dont il fallait impérativement se défaire, pour se vêtir des beaux habits neufs de l’avenir. Pour m’aider à écrire ce texte, j’avais, une nouvelle fois – car c’est une de mes pratiques courantes, de mes T.O.C. pourrait-on dire – brassé la boîte aux photos anciennes. Le texte ci-dessous fut initialement publié dans la revue Rouen-lecture

Mon existence a commencé dans une lettre des années de guerre, portant un cachet étranger : Quand je rentrerai, nous aurons une fille.
L’épistolier réclamait de la nourriture, des vêtements chauds, les nuits étaient froides dans les baraques du camp. Il ne disait rien du simulacre de fusillade auquel il avait été soumis, avec ses camarades, contre le mur d’une église, à Coutances, quand ils avaient été capturés, le 19 juin, après que son régiment, ayant fait sauter les ponts de Rouen, incendié les réserves de pétrole sur la rive gauche, se fût replié. Rien de ses larmes lorsqu’il avait aperçu, par la si étroite ouverture du wagon à bestiaux l’emportant en Allemagne, la silhouette familière des ruines du prieuré de Beaumont, où il était arrivé l’été 1933, où il avait épousé la destinataire de la lettre, le 9 juin 1937.
Elle fit un colis, y glissa une photo où elle posait dans un champ, en lisière de forêt, avec d’autres adultes, des enfants. De ces photos qui semblent si petites à présent, rectangulaires, aux bords dentés, en noir et blanc, et que le temps a incurvées, légèrement jaunies. Le seul homme et les cinq enfants sont assis , les trois femmes agenouillées derrière eux. Ma mère est au centre de ce trio féminin. Sa robe de crêpe moule joliment ses seins, et son chapeau de feutre sombre, crânement relevé, accentue la pâleur de son visage Elle ne sourit pas, ses paupières baissées dérobent son regard ; ses mains sont ouvertes devant elle, comme si elle avait lâché quelque chose. Au dos de l’image, elle a écrit, d’une plume ferme trempée dans l’encre violette : je pense à toi et j’aurais certes meilleure figure si tu étais dans mes bras.


Ils durent patienter cinq ans pour ces retrouvailles. Le prisonnier s’évada deux fois, fut repris avant la frontière. L’épouse demeurée en France changea d’emploi, d’adresse, au fil des bombardements qui arrosaient le village de la vallée en même temps que le terrain d’aviation ennemi, sur le plateau. Les Anglais et les Canadiens, audacieux, descendaient assez bas, pour ne pas rater leur cible, et quelques-uns payèrent de leur vie cet héroïsme. Leurs tombes, identiques, sont au fond du cimetière, sur cette colline disputée à l’ennemi, à proximité des soldats de la guerre précédente. Quand je passe fleurir la dalle sous laquelle j’ai vu s’enfoncer les cercueils de mes parents, je vais parfois lire leurs noms, comme si ma voix, un moment, pouvait ressusciter ces si jeunes morts d’un temps que je n’ai pas connu.
Les Américains, gardant de la hauteur, eurent le tir moins précis. Toute sa vie ma mère conserva le bruit des sirènes d’alerte dans ses oreilles. Il fallait courir vers la colline, de jour, de nuit, s’enfoncer sous les vestiges des remparts que Du Guesclin, reprenant la ville aux Anglo-Normands en 1378, avait rasés, ou sous les ruines du prieuré, démantelé à la Révolution. L’inscription Abri , et la flèche empennée qui souligne le mot sont encore visibles sur l’enceinte médiévale. Il fallait attendre, dans l’obscurité humide, que la vague d’assaut fût passée. Et, sortant, fouiller les décombres, compter les morts – ceux qui n’avaient pas eu le temps d’atteindre l’abri, ou qui avaient préféré se terrer dans leurs caves – Un jour elle n’eut plus d’habitation, vécut quelque temps dans une forêt, avec une petite communauté également privée de toit. Châtel-la-lune : c’est un joli nom pour un mauvais souvenir… Bourvil et Fernandel vinrent y tourner des scènes de La Cuisine au beurre, bien plus tard, dans les années soixante, et logeant à L’hôtel de Paris, si proche du commerce de mes parents, ils mirent quelque effervescence dans Beaumont.
Le prisonnier fut libéré le 25 avril 1945, par les Américains. Il eut du mal à reconnaître la rue Saint Nicolas où il avait vécu sept ans : il en manquait la moitié, celle des numéros impairs, où il avait cuit ses gâteaux (dans un four à bois). Il recommença, dans un de ces baraquements provisoires, qui durèrent si longtemps, sur la place de la poste, puis côté pair de la rue Saint Nicolas, dans l’ancienne boutique d’un peintre. L’atelier devint le laboratoire (équipé d’un four électrique, singulière innovation), surveillé par un nid de guêpes ayant apprécié le changement de commerce. Le pâtissier dut trouver des œufs dans les fermes, de la farine chez les minotiers établis dans les moulins de la Risle, du sucre à la Raffinerie Bouchon de Nassandres, tout cela en plus grande quantité que n’autorisaient les tickets de rationnement. On n’avait pas idée d’exercer un métier aussi futile après une si terrible période ! Le pâtissier fut surveillé, dénoncé. Il reçut un papier bleu lui enjoignant de baisser son store – en avait-il un ? – pendant deux mois. A la lecture du billet, il devint carmin, et sortit tel une bombe (l’expression est de ma mère, qui s’y connaissait), sans ôter son tablier, signe d’un trouble extrême. La rue le vit passer, véloce, remontant vers l’Est et l’office de l’huissier, un qui ne s’était pas battu, qui n’avait pas donné cinq ans de sa vie, ah, il allait l’entendre, ce planqué, ce faux-jeton, j’en oublie sûrement, ma mère n’avait pas suivi pour me rapporter. Je n’étais pas vraiment arrivée, mais, dans son ventre, je dus sentir son émotion, sa peur, je dus entendre la colère homérique de mon père, et la porte qu’il claqua furieusement en quittant la maison. Allait-il assommer l’auteur du billet bleu ? Ma mère vérifia que le rouleau était resté sur la farine incriminée, et elle attendit le retour du furieux, son cœur battant plus qu’à l’accoutumée.
Il n’y eut pas de blessé, mais la loi fut appliquée. Et détournée, il fallait bien vivre. Les gâteaux, fabriqués de nuit, étaient portés avant l’aube au bar Régulus, où régnait La Princesse, une belle femme à lourd chignon sur la nuque, perles aux oreilles, lèvres peintes et qui, nonobstant cette façade avenante, possédait une autorité sans faille derrière son zinc. Le zinc qui cacha les gâteaux. Réceptionnant la marchandise illicite par l’entrée de service, l’époux de La Princesse (Daniel Leprince) s’informait à voix basse : Alors, toujours rien ? Rien, c’était moi. Le pâtissier s’était tellement appliqué sur la pâtissière qu’on n’avait aucune idée de la date où j’allais naître. Le ventre qui me portait était si modestement renflé que la sage-femme devant présider à mon entrée dans le monde avait prédit une crevette en place d’un bébé.
Le matin du 17 mai 1947, ma mère ne parut pas au rez-de-chaussée. Il était près de sept heures. Mon père monta à l’étage pour s’informer du motif d’une pareille grasse matinée. La pâtissière changeait les draps du lit conjugal, sortait des serviettes de l’armoire, annonçant très calme : c’est pour aujourd’hui. Elle ajoutait qu’il fallait prévenir sa sœur, et madame Angèle, la pythie accoucheuse.
Quand je jaillis devant ces dames, à 10h20, mon père, également présent, jubila : j’étais courte, certes, mais dodue comme une brioche. Il m’abandonna aux serviettes de l’armoire, à la balance qui avait attesté mon poids (2kg500), aux bras des trois Parques, descendant une nouvelle fois dans la rue, vers l’Ouest, pour porter à Régulus la confirmation qu’il était parrain. Entre la pâtisserie et le bar, il ouvrit toutes les portes – côté pair comme impair : on avait reconstruit - pour ce cri de triomphe redoublé : J’ai une fille ! J’ai une fille ! La Princesse suspendit son geste de servir un troisième Picon à un pochard mâtineux, déclarant : On ferme.
Le parrain tira de sa cave les bouteilles de champagne réservées pour l’occasion, et le pâtissier retourna chez lui sous cette escorte d’une princesse blonde et d’un héroïque consul romain chargé de bulles. La rue qui avait précédemment hué l’huissier et les gendarmes applaudissait l’heureux père. Les bouchons sautèrent près de mon berceau. J’eus droit à quelques gouttes pour porter bonheur, et on s’esclaffa de me voir passer ma langue sur mes lèvres, en précoce connaisseuse.
Deux semaines plus tard, les cloches de Saint Nicolas sonnèrent à toute volée pour les communions et mon baptême…


…Ces trois cloches que les raids aériens avaient épargnées alors qu’ils avaient écrasé, en quelques minutes d’une nuit de 1944, la moitié de cette église édifiée sur cinq siècles, la seule qui resta des dix que comptait Beaumont au moyen-âge. Ces trois cloches qu’Henri IV, roi à l’oreille musicale, avait souhaité emporter en Paris sa grand ville, et que le curé du temps nous avait conservées en répliquant audacieusement : Sire, il vous faudrait aussi emporter nos collines, pour l’écho.
Du haut de ce clocher, Régulus, l’automate en fer du 19° siècle chargé de donner l’heure, surveillait la foule des brassards et voiles d’organdi, ainsi que la terrasse du bar éponyme. La Princesse officiait toujours derrière son zinc, ses serveuses en extra roulant des hanches entre les tables, portant haut des plateaux chargés de verres. Le Prince, de sa fine écriture de comptable, calligraphiait le nom des convives sur les menus, fraîchement imprimés, du dîner à venir. Le pâtissier se brûlait en collant les choux des pièces montées qui porteraient les effigies des communiants.
On prit des photos sur le parvis de l’église, dans la cour de la pâtisserie, en divers groupes, qui me font penser à ces alliances provisoires, mouvantes, incomplètes, du jeu des sept familles. Les personnages sont dans l’ombre portée par la haute tour de l’escalier de notre maison. Il devait être quatre heures, les dames avaient remis leur chapeaux pour les vêpres.

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Le second coup de feu passé, on put songer au festin chez Régulus :

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On notera qu’il n’y avait pas moins de cinq desserts. Quant aux liquides, évidemment choisis par le consul romain, ils me mettent des frémissements aux papilles à mesure que j’en consulte la liste. On n’avait même pas oublié la Bénédiction du Ciel, qui, entre les deux viandes, était probablement du Calvados, pour sacrifier à la tradition du Trou normand.
Yvonne, une des serveuses du matin, passait les plats, en commençant par ma mère, certainement heureuse de lui avoir cédé cet emploi qu’elle occupa un temps pendant la guerre, avant qu’un des quarante bombardements n’eût raison de la belle verrière sous laquelle s’épanouissaient plantes tropicales et clients assoiffés.

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Pensa-t-elle, en se servant avec parcimonie, à l’épisode terrible où un soldat allemand, qu’elle avait refusé d’abreuver, lui braqua une arme contre la tempe ? Daniel Leprince téléphona à la Kommandantur, évidemment installée au château réquisitionné de la Duchesse de Magenta, et une voiture militaire, chargée de plus sobres représentants, vint passer la pépie de l’agressif éméché. Ma mère put s’asseoir, les jambes en coton, et pleurer dans les bras de La Princesse, en jurant : les salauds, les salauds !


Ce 1er juin 1947, on porta encore des toasts (de crûs que n’avaient pas eu les Boches) à la victoire et à la toute fraîche baptisée. Hélène Salvadori, veuve sans enfant d’un capitaine corse, n’avait pas été peu fière de tenir sa filleule au-dessus des fonts baptismaux (XVI° siècle), dans ce qui restait de l’église, derrière une palissade dissimulant les gravats ; et, n’ayant ôté ni son étole en renard argenté ni son chapeau malgré la canicule sévissant cette année-là, elle animait la soirée d’un canular, se faisant passer, auprès du simplet de service – celui qui n’avait pas obtenu son troisième Picon le jour de ma naissance – pour l’épouse du Ministre de La Guerre.
Un gramophone fut posé sur le zinc, Yvonne élevée au grade de disquaire. Madame l’Epouse du Ministre ouvrit le bal avec l’innocent subjugué – qui s’en vanterait des années – mon père invita La Princesse car ma mère était indisponible : elle avait tant ri à la comédie d’Hélène qu’elle venait d’en mouiller sa culotte. On lui en trouva une autre sur place : il n’était pas question qu’elle perdît une minute de ce bonheur à courir jusqu’à sa maison pour se changer. Elle put enfin valser entre les bras de mon père, étourdie de joie, de champagne, sous la nouvelle verrière laissant apparaître le ciel étoilé.

Ce texte et quelques autres, plus anciens, concernant mon enfance, mes parents, furent réunis, étoffés de nouvelles pages, en 2006, afin de constituer un manuscrit autobiographique, titré Marchands d’oublies, que j’ai déposé, ainsi que je l’avais fait pour celui de mon père à l’A.P.A. ( http://sitapa.free.fr)
On me voit ci-dessous dans les bras de mon frère, de mon père…

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…dans mon énorme landau, mes parents et ma marraine têtes tournées vers le ciel, où les avions ne les menaçaient plus de bombes.


Vint mon premier portrait officiel, chez Lenrouilly, dont voici les épreuves. Mes parents choisirent d’agrandir le cliché où j’étais relativement sérieuse, mais je préfère celui où je ris largement

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Puis vint mon 1er anniversaire, qui fut fêté. J’ai nommé cette photo le gynécée. On y voit, de gauche à droite, les 4 amies de mes parents : Jeanne Rapin, Hélène Salvadori (ma marraine), l’épouse de mon parrain (dite La Princesse), Delphine Ollegini, émigrée italienne, puis ma mère et ma tante. On constatera que deux des femmes tiennent le youpala, pour m’empêcher de me précipiter en une course effrénée dans notre cour pentue. Je me souviens fort bien avoir adoré courir ainsi, partagée entre la crainte d’être emportée par la vitesse due à la pente et l’excitation d’entendre derrière moi la voix de ma mère, elle aussi partagée entre le rire et la frayeur


Les hommes n’étaient pas loin de ce gynécée : mon parrain derrière ma marraine, mon père tendrement tenu par La Princesse. Mon oncle et Alphonse, le mari de Delphine, étaient probablement là aussi, mais ne figurent pas sur les photos prises ce jour-là.

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Quel rare chagrin pouvais-je bien avoir, cet autre jour, dans ma si jolie poussette ?


Sur cette autre, je devine pourquoi j’étais boudeuse : maman portait son tailleur cintré, ses hauts talons, son sac à main, ses bijoux, son chapeau avec des cerises, elle avait passé du rouge sur ses lèvres : nulle doute qu’elle me quittait pour se rendre à quelque cérémonie, peut-être suivie d’un banquet, dont elle ne rentrerait qu’à la nuit, attentive à ne pas me réveiller. Je devrais m’endormir sans son baiser, sans le parfum fugace de sa poudre de riz quand elle se penchait sur moi.


Mon frère essaie de détourner mon attention de la fugueuse, en nous faisant poser avec mon Bambi


…ou la bicyclette de notre mère


C’est à mon tour d’avoir un chapeau, pour la promenade dans ce parc Parissot, que j’ai assez aimé pour lui consacrer un site internet en 2004 (http://parissot.com)

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Deuxième portrait officiel, qui est un montage car j’y ai deux robes et deux coiffures différentes (avant les bigoudis de mon adolescence il y eut les papillotes de mon enfance)


Revoilà la très tentante bicyclette, devant la pâtisserie de mes parents


Et le photographe a encore été convoqué, pour ces Pâques 1950
Ne serait-il pas temps de vous présenter ma maison, mon village ? Il suffit, pour visiter l’une et l’autre, de pousser la porte du magasin ci-dessous d’un clic de souris. Et ces visites faites, vous pourrez reprendre le défilé de mon enfance ici-même.

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La dernière photo de mariage à l’ancienne : avec tous les invités regroupés autour des mariés. C’est la fille d’Alphonse et Delphine qui se marie. Ses parents sont à sa gauche, les miens derrière eux. Moi je suis entre le marié (René Talleux) et sa mère. J’ai sur la tête un très joli bonnet de satin rebrodé de perles – que je possède toujours, tout comme mes vêtements de baptême


Une sortie à la plage, avec la bonne, déjà en bikini, alors que ma mère porte un maillot une pièce, de laine verte et marron, qui mettait deux ou trois jours à sécher. Mais quand donc l’a-t-elle mouillé, puisqu’elle ne savait pas nager, au contraire de mon père ? Derrière ce trio une dame en robe de satinette sombre tricote ; c’est l’ancienne patronne de mon père, la veuve de M. Lemarié, qui vivait avec nous et que j’appelais mémée


Assez de photos, laissez-moi jouer…


Voici l’heure du goûter, où je trouvais toujours, rentrant de l’école, mon ours et mes poupées attablées, gardées par mon grand cheval de carton. Il semble que Monique Knoff, la bonne qui aimait les bikinis et la lecture de Nous deux m’ait chaussé pied droit avec chaussure gauche et pied gauche avec chaussure droite ce jour-là…


… La bonne, qui m’emmenait à l’école Jules Ferry (plus tard rebaptisée Commandant Cousteau et où on ne sépare plus depuis longtemps les filles des garçons), sur le porte-bagages de la bicyclette, mes deux pieds dans les sacoches. Ah comme j’ai aimé apprendre à écrire, et à lire, avec mes différentes maîtresses (de même que les bonnes n’étaient pas encore des employées de maison, les maîtresses n’étaient pas encore des institutrices) : Mlle Cambou, Melle Monteil (devenue madame Lebras), Madame Perriers, Madame Minard. Au fil du temps, bien sûr, je les perdis de vue. Mais la seconde vint assister, en 1981, à la dédicace de mon premier roman (voir rubrique bibliographie de mon site Ecrire c’est vivre multiple : http://pagesperso-orange.fr/simarese). Quant à la 4°, j’eus l’occasion, sollicitée par sa belle-fille, de lui écrire une lettre d’anniversaire, plus récemment (voir rubrique correspondance, sur le site ci-dessus indiqué)

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Je possède toujours mon album préféré…


… qui semble être aussi celui de mon chat Cyber, se prélassant au soleil, sur la moquette de mon actuel appartement (2008). Mais oui, ce chat sait lire aussi bien qu’écrire puisqu’il fut un temps le chroniqueur du CHENE. On peut d’ailleurs lire ses chroniques (au nombre de 33) sur un autre de mes sites (Ecrire c’est vivre multiple http://pagesperso-orange.fr/simarese)


L’auteur-illustrateur de ce livre était Guy Sabran (né en 1902, illustrateur de 1943 à 1959 ; une conférence de Michel Manson vient de lui être consacrée à la B.N.F. le 26 septembre 2008). De lui, je possédais (possède toujours, n’ayant jamais pu me séparer d’aucun livre) cet autre :


J’aimais beaucoup les cirques dans mon enfance

Jamais, de toute mon enfance, mes parents ne reprirent une parole donnée, ne rompirent un vœu. Engagés, ils tenaient, envers et contre tout. Y compris contre les saisons. Ainsi je me souviens d’un jour d’hiver où il neigeait épouvantablement, et où j’attendais pourtant le soir avec assurance car mes parents avaient promis que nous irions au cirque, à quelque vingt ou trente kilomètres de Beaumont.
Depuis une semaine je bavais littéralement devant les affiches collées un peu partout pour annoncer le spectacle. Des fauves semblaient prêts à y dévorer des dompteurs dans une grande cage sans toit au-dessus de laquelle des dames et des messieurs pailletés se lançaient témérairement d’un trapèze à l’autre, et des clowns riaient de toute leur bouche immense et cramoisie dans des trognes lunaires aux sourcils asymétriques. Nous ne pouvions pas rater ça puisque mes parents avaient promis.
Ils hésitèrent pourtant à sortir la Juva IV, que mon père conduisait encore avec la fantaisie d’un chauffeur débutant. Ma mère, surtout, à juste titre, voyait l’imprudence de l’équipée, car le vent soufflait, et la température baisserait avec la nuit. N’y aurait-il pas des congères ? Des plaques de verglas ? Est-ce que le cirque serait chauffé ? Si nous réchappions de l’accident qui lui paraissait inévitable, nous n’éviterions pas la pneumonie nous saisissant sur les gradins de la tente. Aucun de ces arguments, de ces menaces, ne parvint à dissuader mon père, qui ne savait pas résister à mes prières.
Nous partîmes, emmitouflés dans des manteaux, bonnets et couvertures les voitures n’étant pas plus chauffées que les cirques.
Il n’y avait personne sur les routes, ce qui accréditait la thèse maternelle : il fallait être fou pour sortir d’un temps pareil. On ne voyait rien. Mon père avançait au souvenir (d’une route qu’il connaissait), dans le lourd rideau des flocons, les yeux exorbités contre le pare-brise, sachant que le pire était à venir : après la plaine, il y aurait la forêt.
La forêt où les congères confirmèrent les prédictions maternelles. La forêt qui pour moi, inconsciente du danger, ressemblait tant, dans la lumière des phares, à notre petite pièce au moment de Noël, quand mes parents y dressaient des tables où poser les bûches en commande. Nous roulions dans le sucre glace, et j’écarquillais moi aussi les yeux : n’y avait-il pas là, dans ce chemin de traverse que nous venions de dépasser, un traîneau tiré par des rennes, que guidait un vieux barbu en houppelande rouge ? J’étais persuadée d’entendre ses clochettes dans le mugissement de la tempête, dans les protestations de la voiture. Nous arrivâmes enfin, surpris d’y trouver d’autres fous venus de Beaumont : Riton et sa femme, ayant également tenu la promesse faite à leur fille Lysiane.
Je ne me rappelle rien du spectacle, qui dut, comme toujours, être inférieur aux promesses des affiches. Je ne me souviens que du souci de ma mère et du rire de mon père, essayant de la détendre. Je ne me souviens que de leur chaleur. Ils m’avaient assise entre eux – écrasée entre eux – serrée – étouffée – dans la couverture. Je n’étais plus que deux yeux émergeant des strates laineux.
Je dormis sur la route du retour, me réveillais le lendemain dans mon lit sans le souvenir d’être passée de la voiture aux draps. J’allais pouvoir me vanter à l’école d’avoir vu des lions en vrai, et des otaries savantes, et des éléphants dressés à danser la polka.
Hélas, ni mes petites amies ni ma maîtresse d’école ne crurent une minute que nous avions eu l’imprudence de sortir par un temps pareil .On reprenait l’expression de ma mère, comme le refrain d’une chanson. Je fus outrée de passer pour une menteuse. J’en appelai au témoignage de mes parents, qui ne s’étaient guère vantés de leur audace, et de Riton, qui, essuyant les verres derrière son zinc, racontait l’équipée téméraire à ses clients, concluant avec une satisfaction non dissimulée : Y’a que Gaston et moi pour faire des coups pareils.

Cet autre encore, illustré par René Caille


Ces aventures de Zig et Puce, d’ Alain St Ogan (né en 1895, il est d’abord dessinateur de presse, puis il crée, en 1925, ce célèbre duo, dont le succès durera 30 ans. Il fut également homme de radio, et le célèbre festival de B.D. d’Angoulême lui rendit hommage en le nommant président l’année même de sa création, en 1973. Ce fut une des dernières joies de ce dessinateur hors pair, qui mourut l’année suivante)


Je m’essayais moi-même à dessiner cet univers


Plus tard, apprenant ce que les numéros coûtaient de souffrance aux animaux, je ne fréquentais plus les cirques. Mais j’ai écrit Le Noël du petit cirque, en 1987, pour l’hebdomadaire régional Liberté-Dimanche. On peut lire ce texte sur mon site Ecrire c’est vivre multiple (http://pagesperso-orange.fr/simarese)
Enfin dans les illustrateurs que j’aimais, il y avait Benjamin Rabier (1864-1939. Comptable au Bon Marché puis aux Halles, il est également dessinateur, rapidement publié (dans des revues françaises, anglaises, américaines) grâce au soutien de Caran d’Ache. Il fut également créateur de dessins animés, entre 1922 et 1925). De lui, je possédais Les fables de La Fontaine (trop grand pour être passé à mon scanner) et quelques albums :

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J’eus le plaisir, il y a quelques années, de pouvoir admirer des œuvres de lui lors d’une exposition-vente-aux-enchères qui se tint, non pas à Rouen comme écrit sur ce catalogue, mais à Darnétal (où se déroule chaque année un festival de la bande dessinée). Bien sûr, je n’achetais rien. Mais le plaisir des yeux n’a pas de prix…


Je devais avoir 5 ans et Lysiane 4 quand il y eut cette fête normande à Beaumont. Nous étions debout sur une chaise de la cuisine et l’inoubliable bonne nous habillait. Puis mon frère, ou peut-être le père de Lysiane, nous photographia, dans notre cour, qui semblait être – je le constate en triant toutes ces photos anciennes – le lieu de prédilection pour y sacrifier à ce rite d’immortaliser quelque moment heureux ou singulier. Ainsi parées, on nous mit dans une jolie charrette, tirée par un âne paisible et ornée de roses naturelles, dont les épines piquaient mes petits bras. Mais je ne me plaignis à aucun moment, trop heureuse de me sentir si jolie sous ma coiffe de dentelle. Des adultes, également costumés, étaient sur d’autres charrettes, et des musiciens accompagnaient notre défilé dans les rues du village


J’ignore la date et la circonstance de cette unique fête normande où je figurais. Mais je me souviens d’avoir toujours attendu avec impatience, chaque été, la Fête de la Madeleine, patronne de Beaumont. Pourtant ce n’était guère qu’une fête foraine, comme dans cet autre album de Guy Sabran


J’ai 5 ans ! Un bon goûter réunit ce petit groupe. Je suis à gauche, au premier rang, à côté de ma cousine Colette, elle-même assise près de mon amie Chantal et ses habituels nœuds blancs dans les cheveux. Derrière Chantal, ma cousine Claudine, mon amie (et quasi voisine) Lysiane, et enfin Ninette, l’amie préférée, dont les nœuds de cheveux (ici invisibles) étaient toujours rouges


Une couronne de fleurs artificielles dans les cheveux, mais de vraies roses encore, en pétales, à jeter sur le passage des communiants ; je cours vers Lysiane, pour que nous partions ensemble, mais ses parents ne fréquentent pas l’église, elle n’a ni couronne, ni petit panier suspendu au cou. Pire : elle ne doit pas me suivre, quel gros chagrin, qui me laisse embarrassée, tournant gauchement un de mes pieds sur le trottoir, comme s’il voulait demeurer avec elle quand l’autre ne pensait qu’à rejoindre le défilé des fillettes en robes blanches, des garçons en brassard


Avec Lysiane encore, à la Folletière, une Maison d’Enfants, à Turin dans les monts lyonnais. Respirer le bon air, prendre des kilos…


Les parents de Lysiane et ma mère, le même été (en allant ou en revenant de La Folletière ? Je ne sais plus). C’est mon père qui prend la photo.


A chacun son tour. C’est la mère de Lysiane qui prend la photo. Quel regard d’adoration a mon père pour ma mère !


Et moi, donc : je ne la regarde pas avec adoration, ma mère ?


Toujours le même été : arrêt à Marlieux (Ain), pour saluer ma marraine, qui dirige à présent une maison de retraite, dans un château entouré d’étangs. Comme sur la photo précédente, j’ai emprunté le collier de maman. Un collier d’ivoire, que je ne porte évidemment plus, horrifiée que nous ayons participé, si peu que ce soit (et dans l’ignorance de ce péché) à la disparition des éléphants


Ah, je suis bien fière de faire du pédalo avec mon papa, sur le lac d’Annecy…


Retour en Normandie : je frime à Deauville…

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… mais je n’ai pas la compagnie du joli nounours de Nounouk. Cet Album est l’œuvre de Germaine Bouret (née en 1907, en même temps qu’un jumeau, dont elle restera inséparable, et qui ne se mariera qu’après la mort de sa sœur. Elle devient dessinatrice de mode chez Jeanne Lanvin dès 1924, publie son premier livre en 1927. Meurt d’une crise cardiaque en 1953)


Je connaissais aussi cette illustratrice pour une de ses nombreuses publicités, qui vantait les gâteaux. Et j’eus le bonheur de trouver un jour un de ses dessins, d’un assez grand format, chez un antiquaire. Sur le même thème de cette gourmandise pâtissière, il fut un cadeau de Noël très apprécié de mes parents. Plus tard encore, je trouvais, dans une foire à tout, une version plus tardive de l’affiche ci-dessous, où le slogan était réduit à sa plus simple expression : Mangez des gâteaux. Finalement, en 1998, j’achetais le livre qu’Yves Frémion, lui consacra


Et je viens de retrouver un de mes propres dessins d’enfance, qui n’était qu’une copie maladroite d’un des siens. La petite coquette m’avait-elle plu à cause de son bibi ? Le dessin de Germaine Bouret était sous-titré : La femme fatale


La fête de fin d’année scolaire avait pour thème les saisons, et nous avions bien répété dans nos jolis costumes en papier crépon fabriqués par notre institutrice, madame Perrier. Moi j’étais … la messagère du printemps, un très joli rôle, n’est-ce pas ? La photo n’est pas prise à l’école, mais dans le jardin de L’hôtel de Paris, dont le restaurant, tenu par un couple d’Alsaciens, était très réputé. Il voisinait la pâtisserie de mes parents, et c’est mon père qui assurait les tartes aux mirabelles du dessert.


Mon frère est devenu un bien beau jeune homme !


Il se marie !

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Et pour la circonstance, j’ai une jolie robe d’organdi, qu’immortalise M. Lenrouilly


Ma tante m’a emmenée à Paris, avec mes cousines Claudine et Colette, pour aller voir le Père-Noël, invité d’un grand magasin.


Mais est-ce que je crois encore au Père-Noël, si souvent rencontré dans mes albums ? Quelques camarades d’école décidèrent de me déniaiser sur le sujet, m’annonçant qu’il n’existait pas, que les cadeaux déposés sous le sapin étaient achetés par les parents. Je fus d’abord incrédule : comment mes parents auraient-ils pu me mentir, faire partie d’un complot englobant tous les adultes ? Quand j’admis que ces détestables camarades avaient dit vrai, j’eus tellement honte pour mes parents que je fis semblant de continuer à croire au Père-Noël…


Encore le jardin de l’hôtel de Paris, avec mon amie Caroline, à la sortie de la messe dominicale


Quelle chance de s’appeler Caroline, comme l’héroïne de cet album de Pierre Probst (né en 1913, à Mulhouse, dans une famille vouée au dessin et à la broderie des cotonnades. Il suit d’abord cette voie, puis devient dessinateur de presse et de publicité. Installé à Paris en 1947, il sort cette Fête chez Caroline en 1953, premier album d’une série qui en comptera 43, dont le succès ne faiblira pas. L’auteur en dédicaçait encore au salon du livre de Paris en mars… 2007. Il devait décéder un mois après, d’une crise cardiaque). Je ne rêvais pour moi que d’une fête semblable, avec des amis qui soient des animaux !


Toujours déguisée pour la mi-carême. Cette année-là en japonaise…

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…comme l’une des poupées de l’album à succès La Poupée surprise écrit par Morell Gipson (née en 1920 en Caroline du sud, où elle a grandi. Auteur d’une douzaine de livres pour enfants et éditeur d’une centaine d’autres. Vit à présent à New York) et illustré par Steffie Lerch. Cet album, publié en 1949 a été récemment ré-édité


Coucou ! Me voici en forêt, où nous allions nous promener dès que possible. A pied, avec mes cousines, mes amies, en vélo avec mon père, le commis, ma mère restant toujours consignée dans son magasin. Ma jolie robe de lainage jaune et gris, avec empiècement de velours jaune, a été faite par notre couturière habituelle, à partir d’un manteau qui n’était plus à ma taille. Que n’ai-je encore, en 2008, une couturière, pour m’habiller sur mesures ! Au lieu de ça je dois subir l’humiliation du regard des vendeuses, le passage décourageant par les cabines d’essayage, dont je ne parviens jamais à totalement fermer les rideaux, désespérée qu’on puisse apercevoir un peu de ma graisse. Ce qui va bien en haut coince en bas, et si le bas est à ma taille, le haut tombe des épaules. Et tout est toujours trop long, car si je n’ai plus grandi, j’ai bien élargi…





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La forêt...la forêt des contes, comme je l’ai aimée ! Et pourtant, la forêt des contes est souvent hostile, comme dans ce Petit Poucet illustré par Féodor Rojankovsky (né à Mitava (Lettonie – alors russe) le soir de Noël 1891, dans une famille où les parents encouragent leurs enfants (5) aux études. Fédor, qui souhaite être peintre, intègre une école d’art à Moscou, en 1912. Mais il doit servir dans l’armée russe pendant la première guerre mondiale, et il est fait prisonnier en Pologne, où il retourne travailler après cette guerre. Puis il émigre en France, en 1927, où il illustrera une trentaine d’ouvrages. La seconde guerre mondiale le rattrape dans cette nouvelle patrie, qu’il quitte en 1941 pour émigrer aux Etats-Unis, où il continuera une brillante carrière (une centaine d’ouvrages illustrés) jusqu’à sa mort à New York en 1970).


Moi je me suis toujours sentie chez moi, dans la forêt, comme si j’en étais un des animaux. La forêt était pour moi un giron rassurant, où je pouvais me faire des cabanes avec des branches recouvertes de fougères, où je grappillais les buissons de myrtilles . A présent je n’ose plus m’y enfoncer, à cause des chiens qui accompagnent les promeneurs. Et il n’y a plus de myrtilles, seulement des canettes vides, du papier toilette…
La forêt, c’était pour les promenades. Mais que faire de moi pendant les grandes vacances (mes parents ne prenaient les leurs, brèves, sans moi, qu’en octobre) ? Les colonies de vacances succédèrent aux Maisons d’enfants (je n’ai jamais bien perçu la différence), mais cela ne planifiait que 4 semaines sur ces deux mois et demi. Mes parents eurent parfois recours à Yvonne, une des deux cousines de mon père. Je connus dans sa ferme du pays de Caux, au Cent acres exactement, un grand bonheur : vastes plaines ou soufflait le vent (je croyais y entendre Dieu me parler), chemins de terre, animaux divers (dont les chevaux de passage, à la forge tenue par le mari d’Yvonne : Georges Yvonnet). Devant la ferme, sur le bord de la route – où ne passaient guère que des tracteurs - il y avait une petite statue de Vierge miraculeuse, que les femmes stériles imploraient. Si la Vierge intercédait en leur faveur (ce fut le cas d’Yvonne, qu’une naissance vient combler), les heureuses mères remerciaient selon la tradition : en accrochant les premiers bottons du bébé près de la statue, derrière la vitre qui en protégeait la collection. Suite à ce miracle d’une naissance qu’elle n’espérait plus Yvonne était très pieuse, et m’emmenait à la Messe des blés, qui se déroulait dans un champ moissonné, aux Grandes Ventes ; ça me paraissait merveilleux une messe en plein air, dans la chaleur de l’été, tellement préférable au grand froid de mon église beaumontaise. Sur cette photo où je suis entre Yvonne et Christiane, une cousine d’une branche éloignée, je tiens Kitty dans mes bras. Kitty, qui pouvait être des mois sans me voir, mais qui dansait de joie quand je reparaissais…


Chez Yvonne, c’étaient Les Vacances de Zoupette, si bien illustrées par Guy Sabran. J’étais l’enfant de mes livres, autant que l’enfant de mes parents…


Papa n’a plus sa première voiture, une Juva 4 (conçue sans chauffage), mais une Aronde, qu’il n’oublie pas de photographier avec nous, ce jour où nous allons à la mer. L’Aronde dans laquelle Jeannine Bérubé (sœur aînée de cette Christiane que je retrouvais chez Yvonne) est en train de mettre son maillot de bain. J’en ai un bien joli, non ? Mais pourquoi maman fait-elle une figure si maussade dans son élégant ensemble de crêpe mauve ? Je parie qu’elle se plaignait du vent, qui lui fut toujours insupportable.


Jeannine a mis son maillot, mais nous tournons le dos à la mer, préférant ramasser des coquillages. Quelle prudence que d’avoir ma bouée, si loin de l’eau…


Encore avec Jeannine (qui vécut un temps chez nous, fut notre dernière bonne), mais à la piscine d’Evreux cette fois. Papa nous attend sur un banc. Sans doute a-t-il déjà nagé dans le grand bain. Il était fils de l’eau autant que fils de la forêt, bien plus heureux à l’extérieur qu’enfermé, au contraire de maman. Moi je tenais des deux, car l’enfermement c’était aussi le plaisir de la lecture, qui ne m’a jamais quittée


Le Père-Noël ne m’a jamais apporté le petit frère ou la petite sœur que je lui réclamais chaque 24 décembre. Mais en voici un parfait substitut (qui n’a pas été livré par le vieux barbu) : Patrice, mon neveu. Je suis très fière d’être appelée tata


copyright Simone Arese   dernière mise à jour
le 04 juin 2009